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	<title>FoulExpress</title>
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		<title>Ecolier, tes papiers !</title>
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		<pubDate>Fri, 18 May 2012 03:00:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Leyluna</dc:creator>
				<category><![CDATA[Eco/Social]]></category>
		<category><![CDATA[Education]]></category>
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		<category><![CDATA[école]]></category>
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		<description><![CDATA[« Donne-moi ton carnet !»  Cette phrase (un peu ringarde je vous l’accorde) est parfois prononcée par un professeur quand il veut signifier à un élève que son comportement n’est pas correct (on écrit rarement sur le carnet de correspondance d’un élève, et c’est un tort, un mot gentil à faire signer par ses parents). Pour certains [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_5101" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a href="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/école-et-sans-papiers1.jpg"><img class="size-large wp-image-5101 " title="école et sans papiers" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/école-et-sans-papiers1-600x397.jpg" alt="" width="600" height="397" /></a><p class="wp-caption-text">Crédits : Guignatius</p></div>
<h1 style="text-align: justify;"></h1>
<h1 style="text-align: justify;"><strong>« Donne-moi ton carnet !» </strong></h1>
<p>Cette phrase (un peu ringarde je vous l’accorde) est parfois prononcée par un professeur quand il veut signifier à un élève que son comportement n’est pas correct (on écrit rarement sur le carnet de correspondance d’un élève, et c’est un tort, un mot gentil à faire signer par ses parents). Pour certains élèves, il y a d’autres types de documents qui peuvent être exigés et qui sont, malheureusement pour eux, difficiles à présenter : des papiers d’identité ! Ils s’appellent Ilyes, Suzanna ou Kante. De prime abord, rien ne les distingue de leurs camarades de classe. Rien ne montre qu’il leur manque une carte d’identité française ou un titre de séjour.</p>
<p>Ainsi, des jeunes, même mineurs, se font arrêter à la sortie de leur école ou au guichet de la préfecture (alors même qu’ils viennent faire une demande de régularisation en bonne et due forme). Ils sont transférés en centre de rétention. Les enseignants apprennent parfois la situation de leurs élèves  uniquement après leur expulsion dans leur pays d’origine. Avoir à rayer d’une liste d’élèves le nom d&#8217;un enfant dans ces circonstances est insupportable.</p>
<p>Et pendant ce temps, nous apprenons à ceux qui ont la <em>chance</em> de pouvoir rester sereinement en cours les beaux principes de notre société : liberté, égalité, fraternité&#8230; comme si ces valeurs n’étaient que pure théorie.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h1><strong>Le parcours du combattant</strong></h1>
<p>Avant le fameux aller sans retour gracieusement offert par l’Etat, c’est le parcours du combattant pour certains jeunes. Je me souviens d’un élève ayant passé avec brio une année dans une classe de primo-arrivants dans un lycée où j’enseignais.  Il avait obtenu le DELF (Diplôme Elémentaire de Langue Française) et  décroché un stage. Il a dû abandonner son stage de peur de se faire contrôler sur le trajet (trop long) entre son domicile et l&#8217;établissement qui demandait de nombreux changements. Il s’est ainsi résigné à un stage moins intéressant mais plus proche de son domicile. Pas facile de se concentrer sur ses études avec l’obsession d’une interpellation et la contrainte d’être balloté d’un endroit à un autre.  Face au refus non argumenté de la préfecture de délivrer le fameux titre de séjour, une seule solution : attendre.</p>
<p>L’évidence de nos papiers d’identité nous fait souvent oublier leur <em>valeur</em>. Comment faire une demande de logement sans papiers ? Comment s’inscrire dans une école ? Comment bénéficier de services sociaux ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<h1><strong>Solidarité : un mot pour guérir les maux</strong></h1>
<p><strong></strong>Certains ont choisi la voix de la solidarité et de la fraternité. <a href="http://www.educationsansfrontieres.org/" target="_blank">Le Réseau Education Sans Frontières</a> par exemple, qui existe depuis 2004, vise à soutenir la régularisation d’élèves et de parents d’élèves contre des lois qui les menacent d’expulsion.</p>
<p>Concrètement, que peut-on faire pour des jeunes en situation irrégulière qui ont envie de vivre et de rester en France pour étudier et font des efforts réguliers ?  Il n’y a pas de lien de cause à effet entre le manque de papiers et la détermination à s’en sortir mais une corrélation indéniable. D’ailleurs depuis 2 ans consécutifs, le titre de meilleur apprenti de France a été décerné à <strong>une </strong> jeune femme d’origine « rom » et sans papiers.</p>
<p>Comment se mobiliser ? Nous pouvons agir en signant des pétitions dans la rue ou sur le web et en diffusant les informations liées aux cas d’expulsions connus. Exiger le soutien de personnalités locales ou nationales n’est pas toujours aisé mais mérite également d’être tenté.  il n’y a pas de petite action quand il s’agit d’arracher des personnes à la clandestinité pour qu&#8217;ils soient tout simplement reconnus dans leur humanité. Car trop souvent, le statut de &laquo;&nbsp;clandestin&nbsp;&raquo;  est déshumanisant, criminalisant.</p>
<p>En tant qu’enseignante, je tiens à affirmer ma solidarité. A en croire les médias, les professeurs ne feraient grève que pour se plaindre de leur salaire (c’est bien connu, on ne fait ce métier que pour l’argent) mais en réalité, un nombre non négligeable de mouvements de grèves des personnels éducatifs viennent soutenir des demandes de régularisation d’élèves.</p>
<p>Au quotidien, je saisis toutes les occasions de leur montrer que l’altruisme, la solidarité et le dévouement à une cause commune ne sont pas que des mots.</p>
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		<title>Sexe, mensonges et idéaux, part I : Le mythe du &#171;&#160;plus vieux métier du monde&#160;&#187;</title>
		<link>http://www.foulexpress.com/2012/05/5061/</link>
		<comments>http://www.foulexpress.com/2012/05/5061/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 16 May 2012 09:17:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marwan Muhammad</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Eco/Social]]></category>
		<category><![CDATA[Une]]></category>
		<category><![CDATA[FEMMES]]></category>
		<category><![CDATA[morale]]></category>
		<category><![CDATA[PROSTITUTION]]></category>
		<category><![CDATA[sexe]]></category>
		<category><![CDATA[statistiques]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; Une question morale Dans l’introduction à cette série d’articles, nous avons analysé la prostitution sous l’angle des valeurs. L’équipe de Foulexpress.com condamne et dénonce la prostitution sous toutes ses formes mais, une fois qu’on a dit ça, on n’est pas plus avancés sur les moyens de l’arrêter. Il faut trouver un autre angle d’attaque. Il est temps maintenant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_5064" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a href="http://www.foulexpress.com/2012/05/5061/heels/" rel="attachment wp-att-5064"><img class="size-large wp-image-5064" title="heels" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/heels-600x400.jpg" alt="" width="600" height="400" /></a><p class="wp-caption-text">Cr Flickr / jaimelondonboy</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<h1><strong>Une question morale</strong></h1>
<p><strong></strong>Dans <a href="http://www.foulexpress.com/2012/05/sexe-mensonges-et-ideaux-partie-1/" target="_blank">l’introduction à cette série d’articles</a>, nous avons analysé la prostitution sous l’angle des valeurs. L’équipe de <a href="http://www.foulexpress.com/" target="_blank">Foulexpress.com</a> condamne et dénonce la prostitution sous toutes ses formes mais, une fois qu’on a dit ça, on n’est pas plus avancés sur les moyens de l’arrêter. Il faut trouver un autre angle d’attaque.</p>
<p>Il est temps maintenant de faire parler les chiffres.</p>
<p>Pourquoi utiliser des statistiques ?</p>
<p>Parce qu’avant d’être un drame humain, la prostitution est pour ceux qui la contrôlent un enjeu économique. Les proxénètes, les têtes de réseaux qui organisent la traite d’êtres humains à des fins sexuelles et les responsables politiques et policiers qui profitent de cette situation le font moins pour des raisons idéologiques que par intérêt pour le pouvoir et l’argent.</p>
<p>Comme dans le cas du trafic de drogue, une approche socio-économique permet de comprendre ce que les arguments éthiques ne suffisent pas à expliquer.</p>
<p>Voir la prostitution comme un business, c’est imaginer des salariés indépendants et d’autres au service d’une multinationale fournissant des services d’une nature très particulière à ses clients, contre une somme d’argent et dans une illégalité très variable en fonction du contexte, allant de la peine de mort à la complaisance la plus cynique.</p>
<p>Ce dossier spécial, organisé en deux articles, vise à répondre à quelques questions essentielles :</p>
<p>La prostitution est-elle un « moindre mal » dans nos sociétés modernes?</p>
<p>Comment s’organise le business de l’esclavage sexuel et à qui profite-t-il?</p>
<p>Quels sont les moyens de lutter efficacement contre la traite des femmes et d’en finir avec la prostitution?</p>
<p>&nbsp;</p>
<h1><strong>Le « plus vieux métier du monde », ou le mythe de la prostitution sympa</strong></h1>
<p><strong></strong>Si la télévision montre des femmes au foyer désespérées, c’est aussi pour mettre en valeur une certaine idée de la transgression. Le fait de casser les codes de la famille, du travail et de la féminité, parfois jusqu’à l’outrance, est montré (et donc perçu) comme une forme de libération de la femme.</p>
<p>La normalité télévisée fait violence à la femme, en ce qu’elle l’hyper sexualise, la ramenant le plus souvent à un statut d’objet du désir masculin, de faire valoir ou d’argument publicitaire.</p>
<p>Sur le petit écran comme au cinéma, la prostituée est un personnage complètement fantasmé (au sens propre comme au figuré). Ce qu’on montre d’elle est aux antipodes de la réalité du terrain : beauté fatale, glamour, femme « libre » et cultivée, convoitée par les hommes et jalousées des autres femmes plus « sages », qui voient en elle une forme extrême d’un mythe féministe post-68, dans lequel une évidence non-questionnée voudrait qu’on se « libère par l’accomplissement sexuel ». Tout un programme…</p>
<p>Malheureusement, la réalité montre un tout autre tableau. Celui d’une vérité sordide, violente, sale. Une vérité qu’on cherche à tout prix à occulter, tant elle dit de la condition des femmes dans nos sociétés modernes, de notre rapport à l’interdit et des « zones grises » de notre morale collective.</p>
<p>Dans une ville occidentale, une prostituée gagne en moyenne 2 à 3 fois le salaire horaire moyen des autres femmes, disons pour un poste d’ouvrière qualifiée. Cette prime de salaire est en large partie économiquement explicable par le renoncement au mariage et à la vie de couple, ainsi qu’un surplus de risque (santé et criminalité).</p>
<p>La vie d’une prostituée, c’est une moyenne de 12 agressions par an et de 300 relations non protégées. Assez pour être en bas de l’échelle de la dignité la plus élémentaire, qu’on les considère comme victimes ou comme coupables.</p>
<p>La situation est pour tout dire dramatique. Suffisamment pour devoir y faire face de manière coordonnée au niveau international, en commençant par déconstruire le discours de légitimation, puisque nos sociétés modernes s’arrangent plutôt bien d’une « zone grise » en matière de morale, capable de relativiser les pires atrocités dès lors qu’une motivation économique ou politique viendrait les justifier.</p>
<p>Trois principaux arguments sont mis en avant en faveur d’une tolérance vis à vis de la prostitution, que je cite ici sous leur forme la plus fréquente :</p>
<p>1) « Ce sont des femmes libres qui ont choisi, en devenant prostituées, un métier comme un autre… »</p>
<p>2) « La prostitution sert de soupape de sécurité aux frustrations sexuelles des hommes et évite de nombreux viols ».</p>
<p>3) « La prostitution permet de palier à la détresse sociale de certains hommes marginaux. Elle s’adresse à des personnes mises à l’écart, en grande solitude… »</p>
<p>Les chiffres permettent de détruire ces arguments l’un après l’autre.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h1><strong>La légende de la « femme libérée »</strong></h1>
<p>Sur la question des<strong> libertés des femmes</strong>, quelques informations pour comprendre : les deux causes principales qui mènent des êtres humains à la prostitution sont la traite des femmes et la précarité financière.</p>
<p>Hormis la prostitution monétarisée (contre de l’argent), il existe une prostitution beaucoup plus informelle qui ne s’exerce pas contre de l’argent, même si elle pallie le plus souvent à un manque matériel (contre un repas, contre un toit, etc.).</p>
<p>80% des prostituées sont aujourd’hui étrangères, alors qu’elles n’étaient que 20% au début des années 90. Cela donne une idée de l’importance de l’influx migratoire qu’a occasionné la traite des femmes.</p>
<p>Lorsqu’il s’agit de les dénombrer, la police indique le chiffre de 20000 prostituées, ce qui semble peu crédible quand on sait qu’un pays comme l’Allemagne en recense plus de 400 000. Cachez ces prostituées que je ne saurais voir…</p>
<p>Lorsqu’on observe leur situation familiale, on se rend compte que la moitié d’entre elles sont isolées de leur famille (privées de leurs enfants, mise sur le trottoir par leur conjoint ou leurs parents, etc).</p>
<p>La très grande majorité d’entre elles ont vécu des violences lourdes avant de devenir prostituées. Rien que durant l’enfance, 48% d’entre elles ont été violées ou battues à un âge précoce.</p>
<p>Leur entrée dans la prostitution augmente la violence dont elles sont victimes : en Union Européenne, elles ont par exemple, en fonction du pays, 60 à 120 fois plus de risques que d’autres femmes d’être battues ou assassinées.</p>
<p><strong>Les deux principales causes de décès sont la violence et la toxicomanie.</strong></p>
<p>Au niveau mental et émotionnel, 60 à 80% d’entre elles souffrent de troubles psycho traumatiques sévères, comme c’est le cas pour les personnes ayant subi des actes de tortures ou les prisonniers politiques.</p>
<p>68% des prostituées sont en situation de stress post-traumatique. A titre de rappel, ce syndrome s’applique habituellement aux survivants de guerres ou aux personnes exposées à des violences d’une grande intensité.</p>
<p>Pour répondre à cette violence, leur corps a appris à supporter. Le Dr Muriel Salmona montre ainsi que « les troubles psycho traumatiques ont des conséquences visibles au niveau du cerveau. L’exposition récurrente à une situation de stress conduit en effet le corps à produire des substances semblables à la morphine et à la kétamine, qui assurent alors une forme de disjonction et d’anesthésie physique et émotionnelle. Le cerveau, confronté à une situation violente, produit donc des drogues dures qui conduisent à un état dissociatif. »</p>
<p>Cet état dissociatif est une espèce d’état d’auto-anesthésie que développent les victimes de violences répétées, comme les enfants très régulièrement battus ou subissant des sévices.</p>
<p>On voit ainsi que le portrait type de l’immense majorité des personnes prostituées est bien loin du choix consenti d’une « carrière comme une autre ».</p>
<p>Par ailleurs, sur le plan moral, il est important de rappeler que le consentement ne supprime<strong> en rien</strong> le caractère violent des actes subis, à plus forte raison quand ce consentement est vicié.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h1><strong>La prostitution limite les viols ?</strong></h1>
<p>A ceux qui pensent que la <strong>prostitution limite les viols</strong>, je propose deux études édifiantes.</p>
<p>La première a été menée aux Etats Unis, dans l’état du Nevada.</p>
<p>Pourquoi là bas ?</p>
<p>Parce que le Nevada a fait le choix législatif de laisser l’autorité à chaque comté de décider de la pénalisation (ou non) de la prostitution. Cette variété des choix permet de faire des comparaisons <strong>sur ce critère précis</strong>, les comtés du Nevada se ressemblant sur les autres aspects (pouvoir économique, démographie, etc).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.foulexpress.com/2012/05/5061/nevada/" rel="attachment wp-att-5062"><img class="size-large wp-image-5062 aligncenter" title="nevada" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/nevada-600x240.png" alt="" width="600" height="240" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L’étude montre que le taux de viol est de deux à cinq fois supérieur dans les comtés qui ont légalisé la prostitution par rapport à ceux où elle est interdite. Cette différence s’aggrave avec le temps. Les chiffres explosent dans le contexte urbain.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La deuxième étude se déroule aux Pays Bas et porte, cette fois-ci, sur la traite des êtres humains :</p>
<p><a href="http://www.foulexpress.com/2012/05/5061/holland/" rel="attachment wp-att-5063"><img class="aligncenter size-large wp-image-5063" title="holland" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/holland-600x372.png" alt="" width="600" height="372" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>On voit ainsi que la dépénalisation de la prostitution en 2000 n’a en rien été un facteur limitant dans la traite des femmes. Plus grave encore, elle s’est accélérée, notamment pour les mineurs. Les chiffres de viols dans les grandes villes du pays montrent une évolution similaire.</p>
<p>Par conséquent, les données démontrent que la tolérance de la prostitution n’est absolument pas un facteur limitant, ni du nombre de viols, ni de l’esclavage sexuel.</p>
<p>On pourrait rétorquer que l’un n’entraine pas forcément l’autre… il faut donc poser la question suivante :</p>
<p>Si ces deux réalités sont corrélées (prostitution dépénalisée &lt;&gt; plus de viols), peut-on également dire qu’elles sont causales ?</p>
<p>Oui.</p>
<p>Car quand on analyse les passages à l’acte de viol, on voit que la prostitution est perçue par les agresseurs comme « une ouverture de droits, non seulement sur le corps des personnes prostituées, mais aussi sur le corps d’autrui, notamment féminin, en entérinant dans les esprits l’idée qu’il s’agit d’un produit disponible que tout homme peut légitimement s’approprier. » (propos de Mme Claudine Legardinier et M.Saïd Bouamama).</p>
<p>C’est <strong>cette</strong> vision de la femme comme objet asservi à la satisfaction des pulsions masculines qui est l’un des catalyseurs du passage à l’acte chez les violeurs.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h1><strong>La prostitution comme thérapie sociale au mal-être des hommes ?</strong></h1>
<p>Beaucoup de défenseurs de la prostitution la présentent comme une <strong>réponse à la misère sexuelle des clients</strong>. Ces derniers sont présentés comme soumis à des pulsions sexuelles incontrôlables. On parle également des prostituées comme d’assistantes sociales étant de bon conseil pour de pauvres hommes en difficulté, à la marge de la société, en proie à un rejet social et amoureux.</p>
<p>Encore une fois, les données disent précisément le contraire. Les clients sont des gens comme les autres. La distribution socio-économique des clients est sensiblement la même que celle de l’ensemble du corps masculin dans la population française. Ils sont juste des hommes comme les autres, sans marquage à un groupe ethnique, religieux, social ou économique en particulier.</p>
<p>L’hypothèse du « client lambda » est renforcée par le fait que la fréquentation des prostituées augmente de 60% durant les jours fériés (une sur représentation qui touche <strong>indistinctement</strong> l’ensemble des classes professionnelles).</p>
<p>Par conséquent, la pratique de la prostitution ne répond pas à une problématique marginale, mais à une banalisation de la consommation sexuelle dans un cadre marchand.</p>
<p>Ainsi, 37 % des clients interrogés déclarent vivre en couple au moment des faits et 71 % l’ont déjà été. Par ailleurs, plus de 50 % des clients sont pères de famille. Une certaine forme de « polygamie informelle » semble donc être devenue une réalité en France, à la différence près que les prostituées ne disposent d’aucun droit ni d’aucune reconnaissance d’ordre marital tandis que leurs « devoirs » sont monnayés, voire extorqués sous la contrainte.</p>
<p>Ce qui est le plus choquant dans cette tentative de légitimation du fait prostitutionnel, c’est cette façon de ramener l’homme au statut d’un animal animé de pulsions sexuelles qu’il DOIT assouvir. On ne se pose pas cette question pour les femmes, et on cautionne sur cette base l’avènement d’une société différenciée et machiste, asservissant les secondes à la satisfaction des besoins biologiques présumés irrépressibles des premiers.</p>
<p>En plus de l’aliénation et de la violence faite aux femmes, c’est cette définition bestiale de la liberté qu’il faut aujourd’hui dénoncer.</p>
<p>La liberté, ce n’est pas de donner libre cours à ses pulsions puis de se trouver des raisons de l’avoir fait, mais plutôt accepter un certain nombre de limites morales jugées utiles et réaliser que notre liberté s’exerce pleinement dans le choix de s’y conformer. Il n’existe pas de libre arbitre sans contrôle des pulsions.</p>
<p>Comprendre cela, c’est déjà sortir du schéma homme-femme archaïque autour duquel s’articule la prostitution et remettre en avant la responsabilité du principal acteur : <strong>le client</strong>.</p>
<p>Reste maintenant à décrypter le sinistre business de la traite des femmes et les moyens de l’enrayer…</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>&#8212;&#8212;</em></p>
<p><em>La suite de ce dossier dans un prochain article, accompagné d&#8217;une bibliographie sommaire pour mieux comprendre le sujet.</em></p>
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		<title>François Hollande président : quelles perspectives pour les musulmans de France ?</title>
		<link>http://www.foulexpress.com/2012/05/francois-hollande-president-quel-perspective-pour-les-musulmans-en-france/</link>
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		<pubDate>Tue, 15 May 2012 09:03:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jehan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Débats]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Une]]></category>
		<category><![CDATA[François Hollande]]></category>
		<category><![CDATA[Musulmans]]></category>
		<category><![CDATA[Présidentielles 2012]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; A l’occasion de l’investiture de François Hollande, Foul Express vous propose une interview croisée de deux jeunes personnalités associatives musulmanes : Nabil Ennasri, président du CMF (collectif des musulmans de France) et Samy Debah, président du CCIF (Collectif Contre l’Islamophobie en France). Quel est votre sentiment suite à la défaite de Nicolas Sarkozy ?  Samy [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_5044" class="wp-caption aligncenter" style="width: 323px"><a href="http://www.foulexpress.com/2012/05/francois-hollande-president-quel-perspective-pour-les-musulmans-en-france/hollande/" rel="attachment wp-att-5044"><img class="size-full wp-image-5044" title="hollande" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/hollande.jpg" alt="" width="313" height="496" /></a><p class="wp-caption-text">Cr: Parti Socialiste</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>A l’occasion de l’investiture de François Hollande, Foul Express vous propose une interview croisée de deux jeunes personnalités associatives musulmanes : Nabil Ennasri, président du <a href="http://www.lecmf.org/" target="_blank">CMF (collectif des musulmans de France)</a> et Samy Debah, président du <a href="http://www.islamophobie.net/" target="_blank">CCIF (Collectif Contre l’Islamophobie en France)</a>.</p>
<div id="attachment_5112" class="wp-caption aligncenter" style="width: 430px"><a href="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/Samy-Debah-et-Nabil-Ennasri2.jpg"><img class=" wp-image-5112 " title="Samy Debah et Nabil Ennasri" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/Samy-Debah-et-Nabil-Ennasri2-600x374.jpg" alt="" width="420" height="262" /></a><p class="wp-caption-text">Samy Debah et Nabil Ennasri Crédits : N. Ruscon et M. Boudabbouz</p></div>
<p><strong>Quel est votre sentiment suite à la défaite de Nicolas Sarkozy ? </strong></p>
<p><strong>Samy Debah</strong> : C’est d’abord un soulagement de voir disparaître politiquement celui qui pendant cinq ans a fait la promotion de l’islamophobie par ses discours et qui emboitait le pas du Front National  en reprenant ses idées, ce qui a laissé un goût amer auprès de la communauté musulmane en France. En effet, nous étions en droit d’attendre de celui qui incarnait la nation de promouvoir la défense des valeurs de la république, dont la liberté de culte. Or pendant cinq ans, nous avons eu droit à de nombreuses attaques avec des lois liberticides comme l’interdiction du voile intégral, la mise en place de débats sur l’identité nationale ainsi que sur la visibilité des musulmans, avec l’éternelle confusion entre immigration et Islam. Aujourd’hui, c’est avec soulagement que nous tournons la page d’un tel personnage qui n&#8217;aura pas fait honneur à la fonction qu&#8217;il occupait.</p>
<p><strong>Nabil Ennasri</strong> : Effectivement, un sentiment de soulagement. Je suis heureux que Nicolas Sarkozy ait quitté le pouvoir car il a représenté ce qui se faisait de pire en tant que président de la République. Il a incarné la présidence de l’arrogance, du mépris des classes populaires et de l’injustice sociale. La dernière phase de sa campagne a été minable et d’un cynisme absurde. Il a été l’accélérateur d’une dérive très droitière de son courant politique et pour tout vous dire sa place est désormais dans les poubelles de l’histoire politique française. En même temps, autant sa présidence est à oublier, autant celle de François Hollande est à surveiller de près. Je serai extrêmement vigilant sur les potentielles dérives de son mandat notamment en matière de falsification de la laïcité, qu’on instrumentalise trop souvent à gauche pour dénigrer les musulmans. En ce sens, les premières déclarations de M. Valls sur la nécessité de « protéger la laïcité » n’augurent rien de bon.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Pensez-vous que François Hollande permettra d&#8217;apporter un climat plus serein en France ? </strong></p>
<p><strong>Samy Debah</strong> : En tout cas, nous l’espérons. Il faut d&#8217;abord retenir qu&#8217;une grande partie de l’électorat de François Hollande a d&#8217;abord voté contre Nicolas Sarkozy. C’est à lui maintenant de faire ses preuves et de redonner ses lettres de noblesse à la fonction de Président. La priorité doit être avant tout la lutte contre le chômage, la croissance, le bien-être pour tous les citoyens en évitant de remettre au goût du jour les problématiques liées à l’Islam. Et s’il décide de les traiter, qu’il le fasse sous le prisme du partenariat avec les institutions musulmanes et la société civile qui sauront être forces de proposition. Cela permettra de normaliser la présence des musulmans dans le pays.</p>
<p><strong>Nabil Ennasri</strong> : Pour tout vous dire, je ne le sais pas mais je l’espère beaucoup. Mais je dois rappeler que trop souvent la gauche nous a habitués au mensonge et aux promesses non tenues. Elle a souvent trahi ses idéaux de justice et de traitement égalitaire des citoyens et a souvent joué un jeu malsain de confiscation de la parole des quartiers au profit d’associations à la légitimité creuse et dont le seul objectif était de devenir des satellites du parti socialiste. Ce que j’espère vraiment, c’est que la classe politique et les autorités de l’Etat en particulier cessent d’utiliser cyniquement les peurs et crispations de la société française pour jeter l’opprobre sur les citoyens musulmans français. On a grandement besoin d’apaiser la société et j’espère qu’il saura concentrer ses efforts pour traiter les vrais problèmes des Français : chômage, crise économique, discriminations, accès aux soins etc.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>En tant que responsable du CMF et président du CCIF, qu&#8217;attendez-vous de ce nouveau quinquennat?</strong></p>
<p><strong>Samy Debah </strong>: Notre exigence est qu’il ne suive pas les pas de Nicolas Sarkozy dans la surenchère islamophobe en mettant en place des lois d’exceptions contre les musulmans par exemple. Il légaliserait les attitudes islamophobes qui sont de plus en plus agressives. Rien ne peut justifier que l&#8217;on empêche des citoyens d&#8217;exprimer leurs convictions personnelles sauf à mettre en péril la sécurité nationale. C’est notre attente et celle de chaque citoyen car l&#8217;islamophobie est au XXIè siècle ce que l&#8217;antisémitisme a été au XXè siècle. En veillant à ce que les musulmans pratiquent librement leur foi, le Président de la République est pleinement dans son rôle de garant de la constitution.</p>
<p><strong>Nabil Ennasri</strong> : Nous attendons de ce quinquennat de la probité dans la gestion des affaires publiques, une moralisation de la vie politique, un souci de respecter les Français d’où qu’ils viennent et quel que soit leur confession et de ne pas courir derrière les électeurs et les thématiques du Front national. Nous attendons de la dignité dans les postures des hommes politiques et que les hommes de gauche soient d’authentiques relais des aspirations du peuple qui les a mandatés. Un peuple qui souhaite tourner la page des déchirements pour aller vers davantage de cohésion. Nous attendons aussi que la justice, que François Hollande a mis comme fil directeur de son mandat, soit appliquée tant au niveau social qu’au niveau international. Qu’il ne se soumette pas au diktat israélien et qu’il soutienne la lutte des opprimés, en premier lieu des Palestiniens. Que le regard change vis-à-vis de l’islam : autant dans le rapport avec la communauté musulmane de France qu’envers ces pays qui se soulèvent contre le joug des dictatures et qui ont le droit de choisir leurs représentants légitimes sans qu’on leur donne des leçons.</p>
<p><em>Propos recueillis par Jehan Lazrak-Toub</em></p>
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		<title>Leopold Weiss, un lion autrichien (1900-1992)</title>
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		<pubDate>Mon, 14 May 2012 11:31:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nabil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Une]]></category>
		<category><![CDATA[Civilisation]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[ISLAM]]></category>
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		<description><![CDATA[Leopold Weiss menait sa barque, humblement et pudiquement. Pourtant, les carcans qui l&#8217;entouraient ne lui permettaient déjà plus de respirer à pleins poumons. Son cœur était à l&#8217;agonie, pris parmi les vicissitudes de la vie occidentale dite moderne, déjà à l’époque dans les années 1920. Son univers, articulé depuis son enfance autour d&#8217;études philosophiques et artistiques [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_5020" class="wp-caption aligncenter" style="width: 410px"><a href="http://www.foulexpress.com/2012/05/un-lion-autrichien-1900-1992/leopold_weiss/" rel="attachment wp-att-5020"><img class="size-full wp-image-5020" title="leopold_weiss" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/leopold_weiss.jpg" alt="" width="400" height="293" /></a><p class="wp-caption-text">Photo tirée du Chemin de la Mecque</p></div>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.foulexpress.com/2012/05/un-lion-autrichien-1900-1992/le-chemin-de-la-mecque/" rel="attachment wp-att-4996"><br />
</a></p>
<p style="text-align: justify;">Leopold Weiss menait sa barque, humblement et pudiquement. Pourtant, les carcans qui l&#8217;entouraient ne lui permettaient déjà plus de respirer à pleins poumons. Son cœur était à l&#8217;agonie, pris parmi les vicissitudes de la vie occidentale dite moderne, déjà à l’époque dans les années 1920. Son univers, articulé depuis son enfance autour d&#8217;études philosophiques et artistiques tout autant que religieuses, s&#8217;était construit patiemment à la lumière des écritures hébraïques originelles. En somme, conformément à sa destinée de citoyen de l&#8217;empire d&#8217;Autriche-Hongrie de l&#8217;époque, descendant d&#8217;une longue lignée de rabbins… Qui saurait définir la part du libre arbitre et de la prédestination, dans la construction de son destin ?</p>
<p style="text-align: justify;">Celui que Dieu guide nul ne peut l’égarer. Mais comment déceler les signes ? Il ne le sait pas encore à vrai dire, mais au fond de son cœur c&#8217;est son corps tout entier qui résonne et qui lui répète inlassablement cette mélodie douce et entêtante, ce cliquetis lancinant de sagesse nomade forgée au rythme des dunes du désert arabe… Et c&#8217;est ainsi que de ce proverbe &laquo;&nbsp;<em>Si l&#8217;eau d&#8217;un étang reste immobile, elle devient stagnante, boueuse et fétide ; elle ne reste claire que si elle remue et coule. Il en est de même de l&#8217;homme qui voyage</em>&laquo;&nbsp;, Leopold en fera une réalité et saura puiser dans ces voyages l&#8217;énergie qui purifiera son cœur. Sont-ils égaux ceux qui savent et ceux qui ne savent pas ?</p>
<p style="text-align: justify;">Mû par une soif inassouvie de découverte, c&#8217;est avec un culot rare et un talent qui l&#8217;est encore plus, que Leopold parcourt l&#8217;Orient en commençant par la Palestine. Tout un symbole pour cet opposant au sionisme, avec une simplicité argumentaire qui n&#8217;a d&#8217;égal que son bon sens. Comme tout Européen moyen, de l&#8217;Orient il ne connait &laquo;&nbsp;pratiquement rien&nbsp;&raquo; en dehors de &laquo;&nbsp;quelques notions romantiques et erronées&nbsp;&raquo;, avoue-t-il lui-même. Pourtant, il sera dès lors adepte d&#8217;un journalisme efficace et sensible qui le mènera vers sa destinée véritable : l&#8217;Islam.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>&laquo;&nbsp;Ce ne furent pas les musulmans qui ont fait la grandeur de l&#8217;Islam, c&#8217;est l&#8217;Islam qui a fait la grandeur des musulmans&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est entre autres l&#8217;aspect visionnaire de ses ouvrages qui trouble le lecteur et évoque un discernement salutaire dont personne ne devrait se départir. Ce <em>Chemin de la Mecque</em> et cet <em>Islam à la croisée des chemins</em>, pour ne citer que ceux-là, ne sont pas des livres à proprement parler. Ce que cet écrivain d&#8217;une sensibilité exacerbée nous offre est d&#8217;une force sans commune mesure : une plongée en abysse dans les tréfonds de notre âme, le dilemme qui anime notre cœur, la liberté exquise de celui qui fait confiance au Très-Haut, l&#8217;espérance et l&#8217;espoir sans cesse renouvelés, la sensibilité d’une fleur qui renaît à la vie dans le désert, le désir de vivre… La liste serait longue et ma gorge se serre tout naturellement à l&#8217;évocation de ces lignes relatives au matérialisme et aux progrès technologiques. Cet extrait montre l’écrivain en conversation avec un cheikh et un jeune bédouin :</p>
<p style="text-align: justify;"><em>« - Vraiment, ô frère ? me demande le jeune bédouin avec vivacité. Est ce vrai que tu as été toi-même un faranji<a title="" href="file:///C:/Users/rachid/Downloads/Asad_FX_review.doc#_ftn1">[1]</a> ?</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Je fais un signe affirmatif et il murmure :</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>- Dieu soit loué, Dieu soit loué. Il guide qui Il veut sur la voie droite… Dis-moi, frère, pourquoi les faranjis se préoccupent-ils si peu de Dieu ?</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>- C’est une longue histoire, lui dis-je, et cela ne peut pas s’expliquer en quelques mots. Tout ce que je peux te dire maintenant est que le monde des faranjis est devenu le monde du Dajjal, le Brillant, le Trompeur. As-tu déjà entendu parler de la prédiction de notre saint Prophète, selon laquelle, dans les derniers temps, la plupart des habitants du monde suivront le Dajjal, croyant qu’il est Dieu ?</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Alors qu’il me regarde d’un air interrogateur, j’expose, avec l’approbation visible du cheikh Ibn Bulayhid, la prophétie relative à l’apparition de cet être apocalyptique, le Dajjal, qui sera borgne, mais doué de pouvoirs mystérieux  concédés par Dieu. Il entendra de ses oreilles ce qui se dit aux coins les plus éloignés de la terre et verra de son œil unique des choses se produisant à des distance infinies ; il volera autour de la terre en quelques jours, amassera des trésors d’or et d’argent qu’il fera soudainement surgir du sol, fera tomber la pluie et croître les plantes à son commandement, tuera et ramènera à la vie, de telle sorte que tous ceux dont la foi est faible croiront qu’il est Dieu Lui-même et se prosternerons devant lui en adoration. Mais ceux dont la foi est forte liront ce qui est écrit sur son front en lettres de feu : Négateur de Dieu, et ils sauront ainsi qu’il n’est qu’une imposture destinée à mettre à l’épreuve la foi de l’homme…</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Mon ami le bédouin me regarde avec des grands yeux et murmure : &laquo;&nbsp;Je cherche refuge en Dieu.&nbsp;&raquo; Je me tourne vers Ibn Bulayhid :</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>&laquo;&nbsp;Cette parabole, ô cheikh, n’est-elle pas une description adéquate de la civilisation technique moderne ? Elle est &laquo;&nbsp;borgne&nbsp;&raquo;, ce qui signifie qu’elle ne voit qu’un aspect de la vie – le progrès matériel – et ignore son aspect spirituel. A l’aide de ses merveilles mécaniques, elle rend l’homme capable de voir et d’entendre bien au-delà de sa capacité naturelle et de couvrir des distances illimitées à des vitesses inconcevables. Ses moyens techniques peuvent &laquo;&nbsp;faire tomber la pluie et croître les plantes&nbsp;&raquo;, de même qu’ils découvrent des trésors insoupçonnés sous la surface du sol. Sa médecine rend la vie à ceux qui paraissent condamnés à mort, alors que ses guerres avec leurs horreurs scientifiques détruisent la vie. Et son développement matériel est si puissant et si éblouissant que ceux dont la foi est faible se mettent à croire qu’il y a une divinité en elle. Mais ceux qui ont gardé la conscience de leur Créateur reconnaissent clairement que l’adoration du Dajjal équivaut à la négation de Dieu…&nbsp;&raquo; »<a title="" href="file:///C:/Users/rachid/Downloads/Asad_FX_review.doc#_ftn2">[2]</a>.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Ce destin singulier et unique le portera au travers de pays dits musulmans, toujours avec une profonde ambition de revivification de la pensée islamique mais surtout de sa mise en application sans se départir d&#8217;un sens critique acerbe et affiné. En ces jours où le Pakistan plus encore qu&#8217;à l&#8217;accoutumée<a title="" href="file:///C:/Users/rachid/Downloads/Asad_FX_review.doc#_ftn3">[3]</a>, souffre en sa chair et est profondément marqué, celui qui fût leur premier ambassadeur à l&#8217;ONU ne manquerait pas de larmes, d&#8217;invocations et d&#8217;efforts pour venir en aide à ce peuple empêtré dans les affres de la douleur.</p>
<p style="text-align: justify;">Résumer sa vie, son œuvre, son combat politique… Tout bonnement impossible. Ces quelques mots ne sont qu&#8217;une invitation à la lecture des lignes écrites par cet homme, né Leopold Weiss, dont l&#8217;actualité est criante de vérité. Enterré à Grenade, au cœur de ce qui fût l&#8217;Andalousie musulmane jusqu’à 500 ans auparavant. Cet homme qui un jour, choisit de devenir Muhammad Asad.</p>
<div><a href="http://www.foulexpress.com/2012/05/un-lion-autrichien-1900-1992/le-chemin-de-la-mecque-2/" rel="attachment wp-att-4997"><img class="aligncenter" title="le chemin de la mecque" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/le-chemin-de-la-mecque1.jpg" alt="" width="240" height="368" /></a></div>
<div></div>
<div></div>
<div></div>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
<div>
<p><a title="" href="file:///C:/Users/rachid/Downloads/Asad_FX_review.doc#_ftnref1">[1]</a> Faranjis : C’est à dire un Européen. Les faranjis sont à l’origine les Francs des Croisades.</p>
</div>
<div>
<p><a title="" href="file:///C:/Users/rachid/Downloads/Asad_FX_review.doc#_ftnref2">[2]</a> Muhammad Asad, Le chemin de la Mecque, pp 267-268, trad. Roger du Pasquier, éd Fayard, Paris, 1976.</p>
</div>
<div>
<p><a title="" href="file:///C:/Users/rachid/Downloads/Asad_FX_review.doc#_ftnref3">[3]</a> Texte écrit en septembre 2010, paru initialement sur <a href="http://katulu.over-blog.com/">http://katulu.over-blog.com</a>.</p>
</div>
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		<title>Bande Annonce : Sexe, mensonges et idéaux</title>
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		<pubDate>Sat, 12 May 2012 12:01:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marwan Muhammad</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; Cet article risque de vous choquer. Il parle de choses que l’on préfère trop souvent ignorer. Pourtant je n’ai pas l’intention de passer sous silence la réalité, crue et violente, que vivent des millions de femmes dans le monde lorsqu’elles sont réduites à l’état d’objets sexuels. La prostitution (le sexe tarifé) est un sujet [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_3831" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a href="http://www.foulexpress.com/2012/05/sexe-mensonges-et-ideaux-partie-1/dsc_9486/" rel="attachment wp-att-3831"><img class="size-large wp-image-3831" title="DESIR Confluence, Lyon" src="/wp-content/uploads/4692257557_d611a40ea5_z-600x399.jpg" alt="" width="600" height="399" /></a><p class="wp-caption-text">CR : carlinow/Flickr</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Cet article risque de vous choquer.</p>
<p>Il parle de choses que l’on préfère trop souvent ignorer. Pourtant je n’ai pas l’intention de passer sous silence la réalité, crue et violente, que vivent des millions de femmes dans le monde lorsqu’elles sont réduites à l’état d’objets sexuels.</p>
<p>La prostitution (le sexe tarifé) est un sujet d’étude complexe, en ce qu’il touche à la morale, aux normes sociales, à l’économie, à l’intimité et à la dignité des femmes. Pour autant, faut-il l’esquiver ? Je ne le crois pas.</p>
<p>De quoi parle-t-on ?</p>
<p>Du fait qu’en échange d’une quantité économique, un être humain consente à pratiquer un acte physique qui relève normalement d’une nature émotionnelle, intime, maritale.<br />
Qu’est-ce qui est le plus choquant  dans cette situation ?</p>
<p>Si c’est la transgression du cadre marital pour s’adonner à la pratique d’actes sexuels, elle est communément tolérée, voire encouragée par des sociétés qui jugent leur modernité comme positivement corrélée à la multiplication des partenaires sexuels. Je déplore et rejette profondément une telle idée, mais j’en prends acte. Aujourd’hui, « être marié » est associé à une posture presque traditionnelle, « être fidèle » une utopie désuète.  Reste la « liberté » : une façon polie de dire qu’on fait quand et comme on veut, donnant ainsi libre cours aux pulsions de l’instant et construisant au fur et à mesure une nouvelle norme et de nouvelles valeurs qui viendront valider à posteriori ce que la part la plus bestiale de l’homme a déjà décidé : JE suis, JE veux, JE consomme. La « libération des mœurs » s’est ainsi soldée par l’asservissement de chacun à ses propres instincts. Comme il est confortable de présenter comme progrès ce qui n’est rien d’autre qu’un renoncement à ce qui fait pourtant la spécificité de l’homme : sa capacité à résister à ses pulsions, à la différence des animaux.</p>
<p>Ce n’est pas ma conception de la liberté.</p>
<p>Je crois que l’homme vaut un peu mieux qu’une somme de viande et de sang livrée à elle-même. Je crois à l’amour sincère, à la construction d’une relation entre un homme et une femme, un époux et une épouse et au fait que fonder une famille soit la plus belle des façons de vivre, pour des êtres qui s’aiment.</p>
<p>A ceux qui penseraient que je vis dans un film, je pose la question suivante :</p>
<p>Qui d’entre nous se berce d’illusions : moi qui pense que la cellule familiale est le cadre idéal pour l’amour entre un homme et une femme ou ceux qui nourrissent l’indicible paradoxe, qui consiste à espérer la venue d’un(e) prince(sse) charmant (e) à l’amour éternel, tout en menant une vie aux antipodes de cela, avec l’espoir quasi-pathologique d’y trouver le bonheur ?</p>
<p>Mis à part la destruction progressive du cadre familial, la deuxième chose qui choque dans la pratique de la prostitution, c’est la violence du geste : le fait d’offrir ce qu’un être humain a de plus intime contre de l’argent porte atteinte à la dignité d’une femme. Ce geste touche à quelque chose d’essentiel dans ce qui différencie l’être humain de la marchandise. Il y a une forme d’aliénation et de modification profonde du rapport à soi dans le fait d’être réduite au statut d’objet. La prostitution est donc par certains aspects plus violente que l’esclavage, en ce qu’elle n’est pas une simple privation de liberté, ni un simple travail forcé, mais en plus de cela une grave atteinte à l’humanité d’une femme.</p>
<p>Enfin, l’aspect purement économique est probablement le plus important dans l’analyse, pas dans ses valeurs mais dans sa capacité explicative. En effet, la prostitution est souvent réduite à la simple idée d’une transaction, un échange entre un service, une prestation d’une part et, de l’autre une compensation, financière le plus souvent. Au-delà du côté abject d’une telle formulation, validant l’idée de marchandisation de la femme, il faut poser les questions suivantes :</p>
<p>Si la prostitution revient à échanger des sentiments et des « actes d’amours » contre une compensation, qu’en est-il des relations amoureuses de manière générale ?</p>
<p>Dans les sociétés dites modernes, quand une femme fréquente un homme pour son statut et son argent, est-ce de la prostitution ?</p>
<p>Existe-t-il une prostitution implicite et, si oui, répond-elle aux mêmes règles économiques ?</p>
<p>Dans cette série de 2 articles qui seront publiés cette semaine sur FoulExpress.com, nous verrons s’effondrer, chiffres à l’appui, nombre de mythes que l’on entretient à propos de la prostitution en particulier, mais surtout des relations hommes-femmes en général.</p>
<p>A suivre…</p>
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		<title>Faîtes confiance à vos émotions</title>
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		<pubDate>Fri, 11 May 2012 03:00:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu</dc:creator>
				<category><![CDATA[Eco/Social]]></category>
		<category><![CDATA[Une]]></category>
		<category><![CDATA[emotions]]></category>
		<category><![CDATA[neurologie]]></category>
		<category><![CDATA[psychologie]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; Nous opposons souvent émotion et rationalité dans notre discours. Pourtant, plus de cent années de recherche académique permettent de mieux comprendre la nature et les fonctions des émotions, contredisant la doxa selon laquelle les émotions parasiteraient les jugements et le raisonnement. Nous proposons dans cet article de revoir notre perception des émotions et de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_4822" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a href="http://www.foulexpress.com/2012/05/faites-confiance-a-vos-emotions/emotions-2/" rel="attachment wp-att-4822"><img class="size-large wp-image-4822" title="émotions" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/émotions-600x298.jpg" alt="" width="600" height="298" /></a><p class="wp-caption-text">crédits : danielito311</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Nous opposons souvent émotion et rationalité dans notre discours. Pourtant, plus de cent années de recherche académique permettent de mieux comprendre la nature et les fonctions des émotions, contredisant la doxa selon laquelle les émotions parasiteraient les jugements et le raisonnement. Nous proposons dans cet article de revoir notre perception des émotions et de décrire, dans différents contextes, le lien entre émotion et prise de décision.</p>
<p><strong>L’émotion : une amie qui vous veut du bien</strong></p>
<p><strong></strong><br />
Avant de définir la nature des émotions, nous rapportons ici une illustration éloquente de l’importance des réactions émotionnelles dans notre vie quotidienne. Les neurochirurgiens spécialistes de la maladie de Parkinson pratiquent l’implantation d’électrodes profondes dans le cerveau  en complément des traitements classiques. Cette technique repose sur la stimulation électrique du noyau sous-thalamique qui permet aux parkinsoniens de retrouver un comportement moteur quasi normal en cas de crise. Cette intervention est pratiquée par des neurologues confirmés, et bien qu’elle soit en constante amélioration, elle n’en demeure pas moins maîtrisée.</p>
<p>Cependant, les médecins en charge du suivi des patients opérés ont eu la surprise de découvrir des effets secondaires inattendus : les patients, suite à l’intervention,  ont une forte propension à s’exposer à des situations à risques, les amenant à mettre en danger leur santé ou leur vie. Des études ont donc été menées afin de définir l’origine de ces comportements. Les résultats montrent que les stimulations électriques inhibent certaines aires cérébrales impliquées dans le déclenchement des émotions négatives. En l’absence de ces dernières, notre corps, par l’intermédiaire du traitement cognitif des réactions émotionnelles, n’est plus capable de nous signaler les situations de danger, aboutissant à des prises de décision allant à l’encontre de nos intérêts [1]. Les évaluations que nous établissons dans la vie quotidienne ont une connexion directe ou indirecte avec la biologie humaine et, en particulier, avec le processus de régulation vitale connue sous le terme d’homéostasie. L’homéostasie s’est développée par l’intermédiaire du système de récompense et de punition, lui-même lié aux expériences vécues durant notre développement. En plus de nous apprendre à vivre dans ce monde (en « prenant du plaisir » à nous alimenter, à nous reproduire, ou au contraire, en évitant les comportements occasionnant de la douleur), ce système serait précurseur des émotions et de leur anticipation (marqueur somatique).<br />
<strong></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Comment peut-on alors définir les émotions ?</strong></p>
<p><strong></strong><br />
Il ne serait pas exagéré de dire qu’il existe autant d’auteurs que de définitions des émotions. C’est pourquoi nous proposons de retenir un cadre conceptuel des émotions le plus complet possible : la théorie de l’évaluation cognitive et dynamique des processus émotionnels (appraisal theory) [2]. Cette théorie définit les émotions comme « un épisode de changements corrélés et synchronisés de l’état des sous-systèmes de l’organisme  en réponse à l’évaluation (appraisal) d’un stimulus ou d’un évènement interne ou externe considéré comme pertinent pour les préoccupations majeures de l’organisme. En d’autres termes, il est suggéré de réserver le terme « émotion » uniquement à cette période durant laquelle plusieurs sous-systèmes de l’organisme sont couplés ou synchronisés afin de produire une réaction adaptée à un évènement considéré comme essentiel pour le bien-être de l’individu » [3]. Chaque émotion intègre donc une réponse physiologique liée aux évaluations qui l’ont produite. Cette réponse physiologique sert essentiellement : i) à préparer physiquement la personne à faire face aux demandes évaluées, et ii) à communiquer l’état émotionnel de la personne et ses intentions comportementales à autrui [3]. Prenons un exemple. Vous avez passé une soirée chez des amis et vous décidez de rentrer. La rue à suivre pour rejoindre la station de métro est sombre et déserte. En marchant, vous repensez aux discussions que vous avez eues avec vos amis. Bien que vous n’en soyez pas conscient, votre cerveau traite continuellement les stimuli/évènements de votre environnement. Soudain, le processus d’évaluation cognitive de vos réactions émotionnelles  mobilise votre attention sur un évènement jugé pertinent: un homme armé d’un couteau vient de surgir dans la rue.</p>
<p>Cet évènement est l’élément déclencheur d’un processus de prise de décision extrêmement rapide reposant sur un épisode émotionnel qui se structure en cinq composantes successives [2]:<br />
1.      La composante cognitive, qui évalue la nature de l’évènement : l’apparition d’un individu menaçant<br />
2.      La composante périphérique efférente, qui régule votre état interne : diminution de la fréquence cardiaque et du cycle de respiration, dilatation des pupilles et focalisation de l’attention<br />
3.      La composante motivationnelle, qui prépare et oriente l’action : initiation de la tension musculaire, sécrétion de la sueur nécessaire au refroidissement de la température du corps en vue d’un effort imminent, accélération du cycle de respiration et de la fréquence cardiaque, augmentation de l’apport sanguin vers la partie inférieure du corps afin de préparer les muscles des jambes à initier le comportement de fuite<br />
4.      La composante expressive motrice, qui communique vos réactions et vos intentions comportementales : tensions des muscles faciaux et orientation du corps pour la fuite<br />
5.      Enfin, la composante du sentiment subjectif, qui contrôle l’état interne en interaction avec l’environnement : rétablissement d’un équilibre physiologique stable pour préserver votre énergie.</p>
<p>Lors de l’épisode émotionnel pris en exemple, les systèmes corporels et mentaux ont été coordonnés et synchronisés, recrutant toutes les ressources disponibles pour pouvoir faire face à ce qui apparaissait comme une situation d’urgence majeure [3]. L’émotion a facilité la préparation d’une réponse adaptée et a optimisé le temps de latence – déterminé par la différence entre le moment où l’émotion est provoquée et le moment d’exécution du comportement optimal – permettant de choisir une réaction optimale parmi une large gamme de comportements possibles (ex : se défendre). Ce temps de latence nous permet d’évaluer davantage la situation et d’estimer la probabilité de succès ainsi que les conséquences d’une action particulière.</p>
<p><strong><br />
L’erreur de Descartes ou l’effondrement du mythe de l’être humain rationnel</strong></p>
<p><strong></strong><br />
Le rôle des émotions a longtemps été ignoré dans l’étude des processus de prise de décision. Ce constat s’explique en partie par les paradigmes scientifiques successifs qui ont longtemps encadrés la réflexion en psychologie et en neurosciences. Depuis notre plus jeune âge, nous apprenons que le calcul rationnel détermine les bases d’une prise de décision équilibrée et que les émotions doivent être dominées pour éviter qu’elles altèrent le jugement. Pourtant, nous avons montré que les émotions étaient indispensables pour prendre une décision préservant notre intégrité physique. Qu’en-est-il des situations de la vie quotidienne? Au cours des années 90, le neuroscientifique Antonio Damasio a étudié le cas de plusieurs patients présentant des lésions du cortex préfrontal ventro-médian (CPVM). C’est l’histoire tragique de Phineas Gage (1823-1861) qui a constitué la base du questionnement scientifique de Damasio, aboutissant à la corrélation des lobes cérébraux frontaux aux processus de jugement, de prise de décision et de conduite sociale [4]. En effet, le comportement des individus ayant subi une lésion du CPVM se caractérise par un déficit grave du processus de prise de décision personnelle et sociale. Ils éprouvent des difficultés à planifier leurs tâches quotidiennes, à choisir leurs amis, leurs partenaires de vie et leurs activités. Leurs initiatives se traduisent souvent par des échecs aboutissant à des pertes financières, sociales et familiales. Ils ne tirent aucune leçon de leurs erreurs passées, les amenant à répéter inlassablement les mêmes comportements à risque.</p>
<p>Le plus troublant chez ces patients réside dans leur capacité à résoudre des problèmes dans un contexte de laboratoire, témoignant de leur intelligence. Plusieurs chercheurs ont mobilisé des tests neuropsychologiques conventionnels pour évaluer l’aptitude de ces patients à raisonner et les résultats ont montré que leurs capacités intellectuelles étaient intactes [5]. La solution à cette énigme se trouve en fait dans l’incapacité des patients à éprouver des émotions et à ressentir des sentiments, déséquilibrant fatalement le raisonnement et le processus de prise décision dans un contexte social [4]. Ces conclusions, à l’origine d’une véritable<br />
révolution paradigmatique, ont donné lieu à une publication de vulgarisation scientifique dont nous conseillons fortement la lecture : L’erreur de Descartes [6].<br />
<strong></strong></p>
<p><strong>Pour ne pas conclure</strong></p>
<p><strong></strong><br />
Le nouveau paradigme initié par les travaux de Damasio a fait écho dans beaucoup de disciplines scientifiques, et en particulier celles qui s’attachaient déjà auparavant à étudier le processus de décision chez l’être humain. C’est le cas de l’économie comportementale qui s’est donnée pendant longtemps la mission d’étudier les processus de prise de décision des agents économiques, considérés comme parfaitement rationnels et capables de traiter consciemment l’ensemble des informations à leur disposition. Les neurosciences contemporaines ont bouleversé le cadre de pensée de l’économie comportementale dans l’appréhension de l’être humain. Afin de créer un cadre de réflexion adapté à cette nouvelle approche du comportement humain, une nouvelle discipline a récemment vu le jour : la neuroéconomie. Nous espérons pouvoir traiter de ce sujet dans un prochain article.</p>
<p>D’ici là, faites confiance à vos émotions !<br />
<strong></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Bibliographie</strong></p>
<p>[1] Péron, J., Biseul, I., Leray, E., Vicente, S., Le Jeune, F., Drapier, S., Drapier, D., Sauleau, P., Haegelen, C., &amp; Vérin, M. (2010). Subthalamic nucleus stimulation affects fear and sadness recognition in Parkinson´s disease. Neuropsychology, 24, 1-8.</p>
<p>[2] Scherer, K.R., (2009). The dynamic architecture of emotion: Evidence for the component process model. Cognition and Emotion, 23, 1307-1351.</p>
<p>[3] Sander, D., &amp; Scherer, K.R. (2009). Traité de psychologie des<br />
emotions. Paris : Dunod.</p>
<p>[4] Bechara, A., &amp; Damasio, A. R. (2005). The somatic marker hypothesis: A neural theory of economic decision. Games and Economic Behavior, 52, 336-372.</p>
<p>[5] Damasio, A.R., Tranel, D., Damasio, H., 1990. Individuals with sociopathic behavior caused by frontal damage fail to respond autonomically to social stimuli. Behavioral Brain Research, 41, 81–94.</p>
<p>[6] Damasio, A.R. (1997). L’erreur de Descartes. Paris : Odile Jacob.</p>
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		<title>Decorum : Dans les coulisses du cirque médiatique</title>
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		<pubDate>Thu, 10 May 2012 11:47:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marwan Muhammad</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Débats]]></category>
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		<description><![CDATA[&#160; Ce texte n’est pas un cri de rage. Il est une farce épique. Celle du cirque médiatique qui occupe nos écrans et nos esprits, des pages de journaux aux ondes radios, propageant une seconde après l’autre la nouvelle vérité : celle que les médias valident, comme instance légitimatrice d’un consensus qui se construit en temps [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_4813" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a href="http://www.foulexpress.com/2012/05/decorum-dans-les-coulisses-du-cirque-mediatique/circus/" rel="attachment wp-att-4813"><img class="size-large wp-image-4813" title="Médias - Cirque" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/circus-600x400.jpg" alt="" width="600" height="400" /></a><p class="wp-caption-text">Crédits : raindog</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ce texte n’est pas un cri de rage. Il est une farce épique. Celle du cirque médiatique qui occupe nos écrans et nos esprits, des pages de journaux aux ondes radios, propageant une seconde après l’autre la nouvelle vérité : celle que les médias valident, comme instance légitimatrice d’un consensus qui se construit en temps réel : l’<em>information</em>.</p>
<p>Depuis la sortie de mon <a href="http://www.foulexpress.com/le-livre/" target="_blank">livre Foul Express</a> et ma prise de position en tant que porte parole du <a href="http://www.islamophobie.net/" target="_blank">Collectif Contre l’Islamophobie en France</a>, ces dernières années m’ont donné l’occasion de côtoyer les médias d’assez près, sans pare-chocs ni maquillage.</p>
<h1></h1>
<h1><strong>Des clowns sans nez rouge</strong></h1>
<p>Petits fours et boissons, sur la table du salon d’attente des invités. Nous sommes à deux pas de l’Arc de Triomphe et dans quelques minutes, je <a href="http://www.youtube.com/watch?v=Jus-YzFiodo" target="_blank">commenterai à l’antenne de la BBC</a> les résultats des élections présidentielles. Quelques secondes avant d’entrer dans le studio, on m’informe que le représentant du FN est là et on me demande si j’accepterais d’intervenir face à lui. En temps normal, je refuse systématiquement les changements de plan. Mais là, ça tombe bien : j’ai deux ou trois trucs à lui dire…</p>
<p>Pendant ce temps là, Christine Ockrent, assise en face de moi, commente hors écran la cravate et la chemise de Gilbert Collard, « l’infâme » avocat de l’audimat qui traîne ses guêtres autour de Marine le Pen : « Il aurait pu boutonner son col, quand même. C’est pas correct… ». Haute est la pensée journalistique, parfois. De son côté, Dominique Moïsi chipe un stylo aux couleurs de la BBC qu’il range dans sa veste. Les invités se suivent dans un exercice de matraquage des « éléments de langage » que leur ont préparés leurs équipes. Le ministre Pierre Lellouche ne tarde pas à arriver tandis que j’explique à l’antenne, les yeux dans les yeux, ma façon de penser au porte-parole du FN.</p>
<p><a href="http://www.foulexpress.com/2012/05/decorum-dans-les-coulisses-du-cirque-mediatique/clowns/" rel="attachment wp-att-4814"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4814" title="clowns" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/clowns-300x227.jpg" alt="" width="300" height="227" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<h1><strong>Dans l’arène</strong></h1>
<p>Avant chaque émission où j’interviens de manière contradictoire, je me suis fixé une règle : ne JAMAIS discuter avec mon adversaire avant d’être à l’antenne.</p>
<p>D’abord pour une raison stratégique : parler, c’est donner une information qui pourrait servir à l’autre. On se prive en outre d’un effet de surprise quant à la tonalité du débat. Le silence crée un malaise qui peut donner un avantage psychologique.</p>
<p>Mais surtout, l’échange cordial crée une connivence, une retenue qui modifie forcément la nature du débat. On a du mal à détruire les arguments d’une personne avec laquelle on a échangé des sympathies autour d’un café avant d’entrer dans le studio.</p>
<p>Par ailleurs, il y a une forme de malhonnêteté vis à vis du public : en effet, quand on fait un briefing préalable à l’émission, chacun sait à priori le contenu des interventions des uns et des autres et on sert, avec l’apparence du direct, un débat très policé, dans le champ de l’<em>acceptable</em>. Que reste-t-il de la confrontation des idées ?</p>
<p>Je suis par contre ouvert au dialogue <em>après</em> l’émission mais, allez savoir pourquoi, <a href="http://www.islamophobie.net/articles/2012/01/19/debat-ccif-laborde-sur-la-loi-anti-nounous-musulmanes-sur-radio-orient" target="_blank">Françoise Laborde (sénatrice PRG qui a porté la loi anti nounou voilées)</a> et Ludovic de Danne (FN) n’ont pas souhaité se lier d’une longue et fructueuse amitié avec moi…</p>
<p>J’ai souvent bénéficié de deux avantages significatifs : être encore relativement peu connu dans les médias et avoir la dégaine d’un « jeune de banlieue » (comprendre « arabe+baskets+sac à dos »), ce qui ne laisse pas trop présager de la teneur de mon discours avant que je n’ouvre la bouche. Ça me va très bien.</p>
<h1></h1>
<h1>Un singe en haute voltige</h1>
<p>S’exprimer dans les médias doit servir un objectif.</p>
<p>On doit choisir de le faire, et non subir l’agenda des médias qui sont friands de « bons clients » capables de faire illusion le temps d’une émission, voire de faire grimper l’audimat.</p>
<p><strong>Dans les coulisses du spectacle:</strong> <strong>Comment fonctionne une rédaction ?</strong></p>
<p>C’est simple : quels sont les sujets du jour ? Terrorisme ? Racisme ? Crise financière ? Trouvez-moi un expert ou une victime pour chacun de ces sujets. Et c’est ainsi que le téléphone sonne pour les demandes d’interviews.</p>
<p>Au bout du compte, on s’en fiche un peu de ce que vous avez à dire. On a du temps d’antenne à remplir entre deux pubs et il nous faut quelqu’un qui fasse l’affaire et n’explose pas à l’antenne. Exploser… au sens figuré, va sans dire (je précise, pour ces messieurs de la DCRI).</p>
<p>Il existe des journalistes d’investigation. Il en existe même qui sont intègres.</p>
<p>Il existe des gens qui sont prêts à sacrifier leur carrière pour dire la vérité et à endurer le dénigrement et la précarité pour cela.</p>
<p>Ils sont bien rares.</p>
<p>Le reste : des employés, des téléspectateurs et des consommateurs comme les autres. Opportunistes, ambitieux, d’un courage et d’une intégrité à géométries variables.</p>
<p>En général, les gens ont tellement envie de voir leur visage sur un écran que le job est facile. Il suffit de demander.</p>
<p>Le matin de l’assaut sur l’appartement de Mohamed Merah, les demandes d’interviews ont fusé. Je les ai refusées en bloc. Je n’avais ni quelque chose de particulier à en dire, ni toutes les infos, ni message à faire passer au nom du CCIF, donc aucune raison valable de m’exprimer à ce stade de l’affaire. Bien sûr, je donnais quand même certaines orientations pour les articles des quelques journalistes dont j’apprécie la qualité de travail, en leur fournissant des éclairages d’un point de vue statistique ou sur ce qui se dit à l’étranger, dans la mesure de mes capacités. Mais rien de plus.</p>
<p>N-ième coup de fil de la journée. Dialogue :</p>
<p><strong>Journaliste d’Al Jazeera Doha </strong>: Bonjour, est ce que vous pouvez aller en studio pour 16h en direct sur Al Jazeera English ?</p>
<p><strong>Moi</strong> : Non.</p>
<p><strong>Journaliste d’Al Jazeera Doha</strong> : Pourquoi ?</p>
<p><strong>Moi</strong> : Je n’ai pour l’instant strictement rien à dire sur le sujet.</p>
<p><strong>Journaliste d’Al Jazeera Doha</strong> : Savez-vous que nous détenons le record d’audience sur cette plage horaire où nous sommes suivis par des dizaines de millions de personnes ?</p>
<p><strong>Moi </strong>: Très bien, comme ça vous pourrez diffuser des spots publicitaires à la place de mon interview&#8230;</p>
<p>Fin de l’entretien.</p>
<p>Un autre jour, une correspondante d’une chaîne étrangère à Paris m’appelle après avoir insisté auprès de mon équipe pour obtenir un entretien. Après avoir passé 30 mn avec elle à faire preuve de la plus grande pédagogie face à ce qu’il convient d’appeler de la débilité (j’ai vérifié le sens clinique du terme au préalable), elle conclut l’entretien en me demandant si je pouvais lui envoyer un résumé de notre conversation. Et pourquoi pas faire son job et toucher son salaire à sa place…</p>
<p>Plus récemment, interview pour le <a href="http://www.washingtontimes.com/news/2012/mar/22/extremist-suspect-upends-french-presidential-race/?page=all" target="_blank">Washington Times</a>. En raccrochant, mon épouse me dit « Mais pourquoi tu lui as dit que cette phrase était en « OFF » ? C’était la plus importante de ton message… ». Bah, justement pour être sûr qu’elle la mette dans son papier.</p>
<p>On rencontre toutes sortes de choses dans le monde des médias :</p>
<p>Il y a l’amie qui veut être sympa et qui donne ton numéro à la terre entière quel que soit le sujet, qu’il soit de près ou de loin lié à tes compétences,</p>
<p>Il y a le journaliste russe qui ne comprend pas en quoi l’islamophobie est un problème (forcément, dans un contexte où il est toléré de faire du hachis de civils en Tchétchénie, on a du mal…),</p>
<p>Il y a le journaliste algérien qui veut entreprendre un débat sémantique sur le premier mot de ta phrase d’introduction et te sert un monologue sur sa façon de voir les choses,</p>
<p>Il y a tous ceux qui copient dans les grandes largeurs les analyses de <a href="http://www.foulexpress.com/" target="_blank">Foulexpress.com</a> sans jamais les citer,</p>
<p>Il y a les journalistes américains qui ne comprennent rien aux phénomènes sociologiques que tu décris mais qui trouvent que tout est « fantastic amazing !!! » tant que ça fait de l’audience,</p>
<p>Il y a le <a href="http://bnr.bg/sites/horizont/Shows/Obzorni/Saturday150/society/World/Pages/2403.aspx" target="_blank">journaliste bulgare</a> qui a lu dans le moindre détail l’ensemble de tes déclarations et qui demande une source pour chaque mot que tu prononces,</p>
<p>Il y a le journaliste connu qui croit que tu rêves de lui donner une interview et qui t’envoie un mail comme si l’affaire était déjà pliée (genre « quand est ce qu’on peut se voir ? J’ai 5 mn pour vous… »),</p>
<p>Il y a celui qui vient avec une idée du reportage déjà toute prête, et qui te souffle le texte au travers de ses questions : « Ne pensez vous pas que les minorités issues de la diversité en France sont de plus en plus dans une situation de victimisation, de par leur souffrance sociale et leur héritage, n’est ce pas ? Si, quand même… »,</p>
<p>Il y a celui qui devrait se réorienter dans les scénarios de science fiction et qui transforme complètement ton propos une fois qu’il le diffuse,</p>
<p>Il y a les invités qui ne veulent pas débattre avec toi parce que tu es trop « controversé » (comprendre « pas d’accord »), il y a les petits arrangements qu’on te propose (« ce serait bien si tu disais que… »), les mecs qui te cirent les pompes en te présentant dans une conférence et te taillent un costume de poignards en ton absence, etc.</p>
<p>Bref, toutes sortes de choses.</p>
<h1></h1>
<h1><strong>Equilibriste sur le fil</strong></h1>
<p>J’en tire quelques enseignements :</p>
<p>1)     <strong>Bien garder la tête froide</strong> : ne pas croire que parce qu’on passe dans une conférence, à la télé, dans les journaux, à la radio, il faille en tirer la moindre fierté. Il faut quand même récurer la cuvette des toilettes en rentrant à la maison et faire face à la réalité le lendemain matin. Les médias et le showbiz sont un cirque : quand on t’y invite, rappelle toi que tu es probablement l’attraction du spectacle. Renouveler ses intentions et ne jamais juger son mérite à l’approbation des autres. Etre lucide sur ce dont on est capable et surtout sur ses limites.</p>
<p>2)     <strong>Avoir une raison de s’exprimer publiquement</strong> : parler sans objectif, c’est plus proche de la thérapie psychiatrique que de l’expression utile. J’ai appris ma leçon de médias en regardant des célébrités s’épancher sur leur vie dans une espèce de spleen, allongés sur des divans, débitant des vacuités, tenant des propos aussi vides que leur cerveau. Il faut avoir une bonne raison de parler à un grand nombre de personnes : dans mon cas, c’est la volonté de <a href="http://www.islamophobie.net/videos/2011/11/05/les-islamophobes" target="_blank">déclencher une prise de conscience</a> sur la situation de l’islamophobie en France (via le CCIF) et de redonner de l’espoir à ceux qui m’écoutent, en les convaincant que dans le domaine de l’économie comme dans celui de l’éducation ou de l’environnement, un autre monde, plus juste, est possible (via FoulExpress). Si on n’a pas un objectif clair et utile quand on ouvre la bouche, mieux vaut se taire, faute de quoi on risque de causer du tort, à soi-même et aux autres.</p>
<p>3)     <strong>Etre prêt</strong> : la parole publique ne s’improvise pas. Il y a un art de la transmission du message ; un art pour toucher les cœurs, pour convaincre, pour expliquer. On peut avoir des facilités d’élocution, mais ça ne dispense en rien de s’exercer pour s’améliorer et parer aux erreurs classiques que l’on fait quand on est mal préparé : une volonté d’être à tout prix exhaustif, une incapacité à voir le dialogue autrement que dans un antagonisme, une trop grande émotivité, un manque de répartie et d’arguments, etc. Tout cela s’apprend et se travaille. En communication, la forme d’un message est malheureusement plus marquante que le fond.</p>
<p>4)     <strong>Savoir choisir</strong> : être capable de dire non à une interview, une conférence, une invitation qui ne correspond pas à l’un des objectifs que l’on s’est fixés (voir point 2) ou qui peut porter préjudice aux idées que l’on défend. Il faut aussi être capable de choisir les messages que l’on diffuse et ne pas se disperser. En général, à chaque série d’interviews et en fonction du contexte, je me fixe 3 informations à faire passer. Je les présente ou les aborde de manière différente en fonction du média et du sujet de l’interview, mais je reviens systématiquement à mes 3 messages, qui doivent servir l’objectif fixé. Tout le reste, c’est de la conversation.</p>
<p>5)     <strong>Se remettre en question</strong> : toujours se demander à quoi ça a servi de parler et quel en a été l’impact, de la manière la plus dure et la plus exigeante possible. J’ai donné plus d’une centaine d’interviews ces derniers mois : Combien en avez vous vues/lues/entendues ? Combien ont été utiles ? Aviez-vous besoin d’être convaincu(e)s qu’il y a de la violence et du racisme en France ou aviez-vous juste besoin de vous rassurer ? L’immense majorité d’entre elles ont été pour des médias étrangers, qui donnent beaucoup plus d’importance au débat contradictoire dès lors qu’il ne remet pas en cause la politique intérieur de leur pays. Ainsi, le quotidien Tokyo Shimbun traite de manière très ouverte le sujet de l’islamophobie en France, mais beaucoup plus difficilement du racisme anti-Coréens au Japon…  Dans ce jeu médiatique là, qui suis-je, moi, Marwan Muhammad, pour <a href="http://www.rue89.com/2011/03/31/reponse-dun-ami-musulman-a-la-lettre-de-jean-francois-cope-197764" target="_blank">donner des leçons</a> ? Personne. Et c’est bien de le rappeler. Si je suis assis dans le fauteuil de l’invité, c’est parce que beaucoup trop de personnes bien plus méritantes que moi l’ont refusé, ou n’y ont simplement pas étés conviées. J’essaie de m’en montrer digne pour ne jamais faire honte à tous ces gens qui placent, injustement à mon avis, des espoirs en moi, mais cela ne doit jamais devenir une vérité durable.</p>
<p><strong><br />
</strong></p>
<h1><strong>Fin du spectacle</strong></h1>
<p>Que reste-t-il des médias une fois la télé réduite au silence ? Que reste-t-il de ceux qu’on y voit une fois les projecteurs éteints ? Pas grand-chose, car la réalité se nourrit d’expériences humaines plus que d’images et de phrases répétées. La vie ne se joue pas dans le cirque médiatique dont nous sommes de dociles spectateurs. La vérité est plus grande, plus complexe et plus riche qu’une <a href="http://www.youtube.com/watch?v=g7avIxE0GiE" target="_blank">vidéo sur youtube</a> ou qu’une coupure de presse. A force de regarder des <em>clashs</em> et de vivre des combats d’idées par procuration, on finirait presque par l’oublier…</p>
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		<title>Revue de presse #36: Que reste-t-il de la démocratie?</title>
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		<pubDate>Wed, 09 May 2012 13:42:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marwan Muhammad</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; &#160; On se demande souvent comment faire pour combattre les injustices et, comme cause emblématique parmi celles ci, la lutte contre la faim. Universcience nous donne des clés de compréhension pour qu&#8217;à l&#8217;échelle mondiale, on puisse efficacement combattre contre le fléau de la famine et éviter les gaspillages qui faisaient dire à Jean Ziegler [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_4794" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a href="http://www.foulexpress.com/2012/05/revue-de-presse-36-que-reste-t-il-de-la-democratie/democratie/" rel="attachment wp-att-4794"><img class="size-large wp-image-4794" title="democratie" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/democratie-600x400.jpg" alt="" width="600" height="400" /></a><p class="wp-caption-text">Cr Flickr / DafneCholet</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>On se demande souvent comment faire pour combattre les injustices et, comme cause emblématique parmi celles ci, la lutte contre la faim. <a href="http://www.universcience.tv/media/4691/comment-nourrir-tout-le-monde--.html" target="_blank">Universcience nous donne des clés de compréhension</a> pour qu&#8217;à l&#8217;échelle mondiale, on puisse efficacement combattre contre le fléau de la famine et éviter les gaspillages qui faisaient dire à Jean Ziegler que <a href="http://www.youtube.com/watch?v=4Qi4R4rdhsg" target="_blank">chaque enfant qui meurt de faim est en fait assassiné</a>.</p>
<p>Côté international, à propos des révolutions arabes, Julian Assange de Wikileaks revient dessus dans un reportage explosif diffusé sur la chaine russe RT. Owni en propose <a href="http://owni.fr/2012/05/08/assange-interroge-les-revoltes-arabes/" target="_blank">une synthèse très intéressante</a>. On y découvre le rôle qu&#8217;ont joué les Américains et les nouvelles technologies dans les soulèvements populaires. C&#8217;est très instructif de lire notamment, entre les lignes, la manière dont Assange et ses interlocuteurs perçoivent et animent ce questionnement.</p>
<p>Plus près de chez nous, dans le contexte européen, LeMonde.fr fait mine de découvrir, au lendemain des élections en France et en Grèce, que <a href="http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/05/09/l-europe-sous-la-pression-des-extremes_1698444_3232.html" target="_blank">nous faisons face à une montée des extrêmes</a> sur le vieux continent. Malheureusement, quand on note le score de Nicolas Sarkozy au 2e tour des élections présidentielles (&gt;48%), on se rend compte que les idées xénophobes et racistes ne sont malheureusement plus à la marge mais au centre du jeu politique conventionnel. Et c&#8217;est bien là le problème: le populisme et la haine de l&#8217;autre sont de moins en moins minoritaires et les cas de violences ou de discriminations à l&#8217;encontre d&#8217;immigrés ou de minorités religieuses ne sont pas l&#8217;unique fait de sympathisants d&#8217;extrême droite mais, comme le montrent les <a href="http://islamophobie.net/sites/default/files/file_attach/rapport_2012_CCIF.pdf" target="_blank">rapports du CCIF</a> ou d&#8217;<a href="http://www.amnesty.org/en/library/info/EUR01/001/2012/en" target="_blank">Amnesty International</a>, largement répartis dans l&#8217;échiquier politique.</p>
<p>A Londres, Boris Johnson a été réélu au poste de maire contre Ken Livingstone. C&#8217;est la victoire de la forme sur le fond, comme <a href="http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2012/may/04/boris-johnson-mayor-ken-livingstone?INTCMP=SRCH" target="_blank">l&#8217;explique Dave Hill dans The Guardian</a>.</p>
<p>Quand on voit ces résultats, ainsi que les 2% de la seule candidate aux présidentielles française qui avait décidé de faire campagne sur le fond, ou encore la <a href="http://lci.tf1.fr/monde/europe/quatre-ans-apres-poutine-retrouve-le-kremlin-7220985.html" target="_blank">mascarade du pouvoir Russe</a> jouant aux chaises musicales depuis près de 20 ans entre Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev, on est en droit de poser une question simple: que reste-t-il de la démocratie? Est elle encore un système politique gouvernée pour et par le peuple?</p>
<p>A ces questions, on répond souvent en opposant, comme seules alternatives : le pouvoir autoritaire dictatorial façon Benalibarak, la junte militaire d&#8217;inspiration Birmano-Coréenne ou la théocratie mode taliban.</p>
<p>Alors c&#8217;est tout ?</p>
<p>Ces régimes, tous vécus au détriment des peuples, sont ils les seules formes de gouvernance que l&#8217;humanité est capable d&#8217;entrevoir?</p>
<p>En analysant les <a href="http://www.france-politique.fr/election-presidentielle-2012.htm" target="_blank">résultats des élections présidentielles</a>, on se rend compte que même dans un système dit démocratique comme la France, le choix des citoyens n&#8217;est pas forcément une question d&#8217;intérêt général: il y a eu 1.12 millions de voix d&#8217;écart entre François Hollande et Nicolas Sarkozy, ce qui veut dire qu&#8217;un peu plus de 500000 voix, dans un sens comme dans l&#8217;autre, auraient fait basculer l&#8217;élections, changeant ainsi l&#8217;avenir du pays pour les 5 années à venir. Il parait surréaliste de se dire que le choix de 0.8% de la population du pays détermine, de manière décisive, le passage du pays dans deux réalités très différentes. Cette puissance d&#8217;arbitrage d&#8217;un nombre restreint d&#8217;électeur est une des failles fondamentales du système démocratique.</p>
<p>Ça remet sérieusement en cause l&#8217;idée selon laquelle le gouvernement d&#8217;un pays serait le reflet de la volonté du peuple.</p>
<p>On dit souvent que la démocratie n&#8217;est pas grand chose de plus qu&#8217;un moindre mal.</p>
<p>La question que j&#8217;aimerais poser aujourd&#8217;hui est la suivante: existe-t-il un moyen de la soigner?</p>
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		<title>Mona El Tahawy et le Monde Arabe imaginaire</title>
		<link>http://www.foulexpress.com/2012/05/mona-el-tahawy-et-le-monde-arabe-imaginaire/</link>
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		<pubDate>Wed, 09 May 2012 11:54:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marwan Muhammad</dc:creator>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[EGYPTE]]></category>
		<category><![CDATA[imposture]]></category>
		<category><![CDATA[mona el tahawy]]></category>
		<category><![CDATA[monde arabe]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; &#160; &#160; Quand 3 filles, plutôt équilibrées et bien informées sur le sujet, te disent que tu as prononcé une bêtise sur quelque chose ayant trait, de près ou de loin, à la condition des femmes, ce serait bien de te poser des questions. Et en effet, le 9 mai à 11h17 j’ai publié [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_4777" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a href="http://www.foulexpress.com/2012/05/mona-el-tahawy-et-le-monde-arabe-imaginaire/tahrir-2/" rel="attachment wp-att-4777"><img class="size-large wp-image-4777" title="tahrir" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/tahrir1-600x400.jpg" alt="" width="600" height="400" /></a><p class="wp-caption-text">Cr Flickr/ Hossam el-Hamalawy حسام الحملاوي</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Quand 3 filles, plutôt équilibrées et bien informées sur le sujet, te disent que tu as prononcé une bêtise sur quelque chose ayant trait, de près ou de loin, à la condition des femmes, ce serait bien de te poser des questions. Et en effet, le 9 mai à 11h17 j’ai publié le tweet suivant :</p>
<p><strong><em>Barres de rire: <a href="https://twitter.com/#!/monaeltahawy">@monaeltahawy</a> se ballade au milieu des manifs égyptiennes sapée comme pour le carnaval et se plaint d&#8217;avoir été agressée.</em></strong></p>
<p><strong><em>11:17 &#8211; 9 Mai 12 via web </em></strong></p>
<p>Ce tweet mérite un article.</p>
<p>En premier lieu, c’est intéressant de voir comment l’exercice auquel on se livre sur tweeter force à utiliser des phrases expéditives, comme des sentences, excluant de fait tout développement d’une réflexion et rendant quasiment impossibles les nuances dans le propos. S’ajoutent à cela des registres presque convenus sur Twitter : fact checking sur l’info d’un journaliste, provocation d’un adversaire idéologique/politique, humour/dérision ou attaque de crédibilité. Mon tweet semble s’inscrire dans cette dernière catégorie, en le relisant à posteriori. Je le classerais volontiers dans une catégorie : « j’ai tiré trop vite mais revenons-y pour revoir l’action au ralenti… »</p>
<p>Maintenant venons en au fond.</p>
<p>Qu’essaie-je de dire, de façon maladroite et inappropriée, dans ce tweet ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Les faits </strong></p>
<p>Le 24 novembre 2011, Mona El Tahawy est agressée et relate, sur Twitter, les violences graves (y compris sexuelles) dont elle a fait l’objet de la part des forces de sécurité égyptiennes. Pour rappel, c’était l’un des moments de grande violence des manifestations et plusieurs femmes, parmi lesquelles des journalistes (y compris étrangères), avaient été victimes de violences dans (ou en marge) de ces rassemblements. Sur la véracité des faits allégués, je n’ai strictement rien à dire (dans un sens comme dans l’autre), la seule information que j’ai trouvée corroborant la version d’El Tahawy étant un communiqué de l’ambassade britannique s’inquiétant des conditions de sa détention.</p>
<p>De telles violences, sil elles sont avérées, sont inacceptables, inexcusables, injustifiables.</p>
<p>Il faut que ce soit dit et entendu.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>« Sapée comme pour le carnaval »</strong></p>
<p>Mona El Tahawy passe l’essentiel de sa carrière à construire une image fantasmée de ce que serait « le monde arabe », l’homme arabe, la rue arabe, etc. Cette vision rencontre un franc succès dans les pays occidentaux. Trop souvent, on aime y donner crédit à des analyses où l’arabité et l’islamité seraient dépeintes comme des réalités totalisantes et globalisantes, en rupture avec les droits de l’Homme, menaçant le droit des femmes, ancrées dans un antagonisme par rapport à l’idée de progrès. Ce genre de courant idéologique a besoin, pour se nourrir, d’idiotes utiles comme Mona El Tahawy, qui viennent légitimer par leur adhésion des idées déjà construites.</p>
<p>L’engagement d’El Tahawy en Egypte est à la limite de l’instrumentalisation. Dans ce pays, elle ne représente absolument rien, si ce n’est l’une de ces étrangères qui viennent porter un regard biaisé, orientaliste, sur une réalité tellement plus complexe. En ce sens, je ne suis pas plus légitime qu’elle.</p>
<p>Comme elle, j’ai la double nationalité égyptienne et je vis à l’étranger. Comme elle, j’étais présent lors de quelques unes des manifestations qui ont eu lieu au Caire. Je me garderais bien d’en faire un fond de commerce ou d’en tirer la moindre conclusion sur ce qu’est, ou devrait être, le « monde arabe ».</p>
<p>Quelques organisations au Caire trouvent en El Tahawy (et d’autres) le relais extérieur qui permet de palier au contrôle des médias en Egypte. C’est déjà salutaire.</p>
<p>Quand on essaie d’étudier une société comme l’Egypte et, plus particulièrement, les révoltes qui s’y déroulent depuis maintenant plus d’un an, c’est important de comprendre le contexte, ses normes, ses idées dominantes.</p>
<p>Dans ce contexte, on peut préciser deux choses :</p>
<p>-          Le harcèlement des femmes est une réalité en Egypte. Pour des raisons qui ont trait à la situation socio-économique du pays (rendant le mariage très difficile), au décalage culturel entre une norme apparente islamique et une culture (y compris télévisée) de plus en plus ouverte sur le mainstream culturel américain, les rapports hommes femmes sont de plus en plus agressifs (vis-à-vis des femmes). Celles-ci, quelle que soit leur tenue, font souvent l’objet de remarques et de gestes déplacés. Le décalage entre une vision fantasmée des relations hommes/femmes (y compris au travers des séries TV/films) et la réalité que beaucoup de jeunes Egyptiens vivent aboutit à une certaine frustration. Ces raisons ne sont pas exhaustives ni suffisantes, mais donnent une idée de ce qui est dominant en Egypte. Cela, encore une fois, n’excuse EN RIEN ces comportements, qu’ils relèvent de l’agression sexuelle (dont beaucoup de femmes ont été victimes en Egypte, même avant la &laquo;&nbsp;révolution&nbsp;&raquo;) ou de la simple remarque déplacée.</p>
<p>-          L’Egypte est une société où la norme islamique est dominante. C’est un fait social et religieux dont il faut prendre compte. Cela se traduit par une norme vestimentaire majoritaire, où les femmes portent de plus en plus souvent le hijab (voile simple sur les cheveux), le niqab (voile intégral) et des tenues longues/amples. Dans ce contexte, les femmes s’habillant « à l’occidentale » (j’aurais beau mettre 15 paires de guillemets, ça restera une expression biaisée – comprendre « tenues plus moulantes, décolletés, jeans, jupes courtes, etc ») se distinguent et sont perçues comme provocantes (d’ailleurs cette norme et ce jugement sur l’apparence s’applique différemment en fonction que la dame en question est musulmane ou chrétienne – on aura, au Caire ou Alexandrie, plus tendance à comprendre une telle tenue chez une chrétienne que chez une musulmane).</p>
<p>Ce jugement sur l’apparence, je ne le cautionne et ne l’excuse pas. Je passe tellement de temps à dénoncer la stigmatisation dont font l’objet les femmes musulmanes qui portent le foulard en Europe pour m’interdire de commettre la même injustice envers celles qui ne le portent pas dans des pays où la norme islamique est dominante. Je suis pour que les femmes s’habillent comme elles le souhaitent et qu’elles se déterminent par elles mêmes. Par conséquent, quand je disais, s’agissant de Mona El Tahawy, qu’elle est « <em>sapée comme pour le carnaval</em> », c’est simplement pour dire que son style vestimentaire dénote par rapport à la réalité majoritaire des femmes égyptiennes et qu’il sera perçu bien souvent comme tel. Est-ce que ça justifie qu’elle soit maltraitée pour cela ? Non. Est-ce que cela excuse qu’on l&#8217;insulte pour cela ? Non plus. Mais ce serait bien naïf de ne pas prendre cela en compte, d’abord dans la compréhension de ce qui s’est passé, mais surtout dans la construction idéologique qu’en fait Mona El Tahawy dans son interprétation des rapports hommes-femmes dans le « Monde Arabe ».</p>
<p>C’est <em>cette attitude</em> que je moque dans mon tweet. L’expression « <em>barres de rire</em> » s’applique donc à la posture idéologique de Mona El Tahawy dans sa construction d’une masculinité arabe imaginaire, et surtout pas à l’agression dont elle s’est déclarée victime.</p>
<p>J’aurais dû supprimer ce tweet immédiatement. Il n’était pas approprié, pas le reflet de ma pensée et, en l’état, condamné à être mal compris. J’ai préféré d’abord l’expliquer.</p>
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		<title>Lettre à François Hollande : Vous président&#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 07 May 2012 12:41:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marwan Muhammad</dc:creator>
				<category><![CDATA[Débats]]></category>
		<category><![CDATA[Une]]></category>
		<category><![CDATA[hollande]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[préside]]></category>
		<category><![CDATA[président]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; &#160; Vous président, prenez la mesure du contexte dans lequel vous êtes élu et soyez digne de la confiance que des millions de Français ont placée en vous. Cette phrase a souvent été répétée par des présidents si prompts à la renier. Montrez qu’elle peut à nouveau avoir un sens. Pour ceux qui ont [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_4756" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a href="http://www.foulexpress.com/2012/05/lettre-a-francois-hollande-vous-president/bastille/" rel="attachment wp-att-4756"><img class="size-large wp-image-4756" title="bastille" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/bastille-600x400.jpg" alt="" width="600" height="400" /></a><p class="wp-caption-text">Cr Flickr / (cc) BY NC SA, Rodrigo SEPÚLVEDA SCHULZ</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Vous président</strong>, prenez la mesure du contexte dans lequel vous êtes élu et soyez digne de la confiance que des millions de Français ont placée en vous. Cette phrase a souvent été répétée par des présidents si prompts à la renier. Montrez qu’elle peut à nouveau avoir un sens. Pour ceux qui ont voté, ou non. Pour ceux qui vous ont soutenu, ou non.</p>
<p><strong>Vous président</strong>, rappelez-vous à chaque instant que vous êtes au service du peuple et non l’inverse. L’humilité, la modestie et la retenue ne sont pas des valeurs infâmantes pour un chef de l’état. Elles sont justement celles qui le rendent digne d’être un modèle pour son peuple.</p>
<p><strong>Vous président</strong>, montrez que la politique peut être autre chose qu’une somme de petits arrangements. Soyez celui qui dépasse les logiques de parti : une bonne idée n’a pas de couleur politique. Un homme intègre le reste au-delà de son appartenance à un groupe. Soyez le président qui fait de « l’ouverture » non pas un alibi mais une force.</p>
<p><strong>Vous président</strong>, ayez le courage de dire la vérité : expliquez les arbitrages à faire, reconnaissez vos échecs pour mieux les dépasser, traitez les Français en adultes capables de faire front à l’adversité comme ils le font chaque jour de leur vie.</p>
<p><strong>Vous président</strong>, restaurez tout ce qui a été abîmé dans ce pays par tant d’années de brutalité politique et qui, en mémoire des efforts de ceux qui y ont contribué et du bien qui en a résulté, constitue le cœur du progrès français : la protection sociale, le système de santé, l’éducation nationale, les réseaux de transports et toutes ces choses qui, bien plus qu’un hymne ou qu’une idée fantasmée de la patrie, méritent qu’on soit fiers de contribuer à ce projet qu’est la France.</p>
<p><strong>Vous président</strong>, ne prononcez plus la devise de la France, si ce n’est pour la faire vivre au-delà du fronton des mairies.</p>
<p>Si vous parlez de <strong>liberté</strong>, ne l’accordez pas aux uns pour la nier aux autres, en fonction de leur appartenance politique, culturelle, religieuse. Ne vous taisez pas sur ceux qui la piétinent, par nécessité impérieuse de vous soumettre aux intérêts des puissants. Le <em>réalisme</em> a été trop souvent l’excuse de la <em>lâcheté</em>.</p>
<p>Si vous parlez d’<strong>égalité</strong>, ne soyez pas un président de plus se servant des laissés pour compte comme d’un marchepied électoral pour mieux les ignorer une fois au pouvoir. N’en faites pas des victimes mais des acteurs du changement que vous prétendez incarner. Ayez la force de faire primer l’intérêt du plus grand nombre et des plus fragiles sur le diktat économique des agences de notation.</p>
<p>Si vous parlez de <strong>fraternité</strong>,  ne divisez plus les Français pour mieux les dominer, ne les montez plus les uns contre les autres, ne faites pas d’une communauté la victime ou le bourreau de l’autre, ne cédez pas aux tentations du populisme et de l’intolérance. Dénoncez le racisme et la haine, même dans votre propre camp politique. L’antiracisme ne doit plus être une posture politique mais un engagement inconditionnel de chacun d’entre nous.</p>
<p><strong>Vous président</strong>, ne faites pas dire à la <strong>laïcité</strong> ce qu’elle n’a jamais été. Ne vous en servez pas comme un outil d’exclusion et de discrimination des croyants. Le vivre ensemble, c’est avant tout l’acceptation de l’autre sans conditions, quels que soient ses choix religieux, vestimentaires ou politiques. Soyez le président du <strong>respect</strong>.</p>
<p><strong>Vous président</strong>, sachez enfin que l’espoir n’est pas un vain mot, que l’intégrité n’est pas lettre morte et qu’il existe aujourd’hui des hommes et des femmes qui, avec constance, continueront à agir pour plus de justice et d’entraide. Soyez l’un d’entre eux. Rien de plus. Rien de moins.</p>
<p>Si vous n’êtes pas <strong>ce président</strong>, alors soyez certain qu’avec la même détermination et la même énergie déployée à faire échec à votre prédécesseur, nous veillerons à vous mettre face à vos manquements et ferons acte de résistance.</p>
<p>Marwan Muhammad</p>
<p>&nbsp;</p>
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