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		<title>Une poignée de femmes prend la République en otage…</title>
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		<pubDate>Mon, 19 Jul 2010 10:23:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rédaction</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[Le gouvernement va ardemment lutter pour baisser ces affreux chiffres liés à la maltraitance sur les mineurs? Eh bien non ! Ces causes sont importantes mais à priori bien moins que LA cause : la loi CONTRE des femmes surarmées en tissus... 
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Article rédigé par Nawel.</p>
<p>-          Mesure passera ? Passera pas ? </p>
<p>-          Mais de quoi parle-t-on ?</p>
<p>-          Je sais ! Je sais ! De la réforme sur l’avenir de nos si fragiles retraites !</p>
<p>-           Non, non attendez. D’une loi qui permettra à notre cher pays, fleuron de l’Europe, de mener le changement tant attendu par des millions de personnes pour sortir de cette crise qui ne dit pas son nom !</p>
<p>-          non, moi, moi je sais ! Le gouvernement va ardemment lutter pour baisser ces affreux chiffres liés à la maltraitance sur les mineurs (chaque année 95000 cas signalés, 2 enfants qui meurent chaque jour sous les coups, 1 enfant sur 10 qui subit des violences sexuelles…)</p>
<p> </p>
<p>Eh bien non ! Ces causes sont importantes mais à priori bien moins que <strong>LA</strong> cause !</p>
<p>Où vivez-vous ? Comment avez-vous pu échapper à ce débat dont l’islamophobie galopante, ou plutôt devrais-je dire fourbement rampante, s’est faite le porte drapeau ?</p>
<p>Je parle bien de la loi CONTRE ces femmes surarmées en tissus et qui, d’après l’énergie déployée contre elles, représentent la plus importante menace que la France ait connu ces dernières années.</p>
<p>Tellement grande que les questions sur une République corrompue ou encore sur l’évasion fiscale (dont la disparition serait « peut être bien » une réponse à la crise) ont été reléguées aux oubliettes.</p>
<p>Sans parler de l’aspect très démocratique de cette loi qui laisse « sans voix » la moitié de l’hémicycle, qui était bien entendu contre cette loi contre les femmes, mais qui a décidé que ce n’était pas la peine de le dire…</p>
<p>On ne va pas leur jeter la pierre, on n’a pas fait mieux aux élections passées…</p>
<p>Bon, je vous laisse, c’est pas tout mais moi je commence à sérieusement m’inquiéter alors je vais me pencher sur les autres actes, paroles, agressions, opérations, lois liberticides, activités, oppressions batailles, guerres contre 10 % de la population Française.</p>
<p> </p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-398" title="burqa" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/burqa.jpg" alt="burqa" width="480" height="244" /></p>
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		<title>Choses vues au Kazakhstan</title>
		<link>http://www.foulexpress.com/2010/07/08/choses-vues-et-entendues-au-kazakhstan/</link>
		<comments>http://www.foulexpress.com/2010/07/08/choses-vues-et-entendues-au-kazakhstan/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 08 Jul 2010 14:47:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>marwan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[Si tu n’es pas fan de dance-music des années 80, si Dr Alban n’est pas ton médecin traitant, si tu n’aimes pas trop te réveiller en Pump it up après une soirée de travail, alors saches que visiter une grande ville d’Asie centrale va te faire mal aux oreilles (et la Chine aussi, et la Russie, etc…).
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J’ai eu l’honneur d’être invité à représenter le CCIF à la conférence annuelle de l’OSCE, consacrée à la lutte contre l’intolérance et la discrimination.</p>
<p>Le Kazakhstan présidant cette année l’OSCE, c’est à Astana que s’est déroulée la conférence, sous le patronage du président Nursultan Nazarbayev et de son gouvernement. Joli prénom, Nursultan. Presque aussi joli que Zine el Abidine, Abdallah ou encore Mohamed Hosni. Curieuse, cette habitude qu’ont les despotes à faire l’opposé de ce que leur dicte leur prénom…</p>
<p>En arrivant à l’aéroport, dans la voiture qui m’emmène à mon hôtel, je découvre la ville et ses avenues. Des bâtiments neufs. Personne dans les rues, mis à part les ouvriers des travaux publics qui s’activent à regoudronner la chaussée, à repeindre les panneaux de signalisation et à préparer la ville en vue de l’arrivée d’étrangers à qui on veut montrer à quel point le Kazakhstan est devenu moderne et développé. Immeubles en forme de missiles, monuments ovoïdes élancés vers le ciel. Si Goldorak avait une ville, ce serait assurément Astana.</p>
<p>Mis à part être un non-lieu sociologique (une ville sans habitants), Astana fait office de ville vitrine à la gloire d’un pouvoir (juste un tout petit peu) mégalomane.</p>
<p> 72 heures plus tard le bilan de la conférence est plutôt positif, tu pourras en juger par toi-même en lisant <a href="http://www.foulexpress.com/2010/07/08/la-ou-les-medias-francais-netaient-pas/">ceci</a> ou <a href="http://www.al-kanz.org/2010/06/30/osce-islamophobie/">cela</a>.</p>
<p>Mais quelques autres questions m’ont traversé l’esprit pendant cette semaine au Kazakhstan, après avoir quitté Astana pour Almaty, la capitale historique.</p>
<p>Vois tu, si tu n’es pas fan de dance-music des années 80, si Dr Alban n’est pas ton médecin traitant, si tu n’aimes pas trop te réveiller en Pump it up après une soirée de travail, alors saches que visiter une grande ville d’Asie centrale va te faire mal aux oreilles (et la Chine aussi, et la Russie, etc…).</p>
<p>Le plan B, si tu veux échapper à ça, c’est une chanteuse russe qui reprend les tubes de Patricia Kaas sur l’esplanade du palais d’Almaty qui est, comme chacun sait, un passage obligatoire pour tout visiteur qui chercherait à se rendre de Gorky Park (le grand jardin) à Kok Tobé (le téléphérique qui offre une splendide vue sur tout Almaty). Après que mademoiselle eût chanté le bluevskaya, qu’elle nous eût parlé de son mec à elleski qui lui-même lui parle d’aventure et de voitures, et dont elle déplore (quelle sotte) croire tout ce qu’il dit, je dois avouer que c’est la mine dépitée et les tympans proches de l’hémorragie ruskomusicale que j’ai finalement rejoint le centre ville. Et là, même spectacle qu’à Astana : alcool à profusion, technotron ringard et quasiment toutes les filles en minijupes, montées sur talons aiguilles et apprêtées comme pour un défilé de carnaval, si bien (ou plutôt si mal) que mes principaux souvenirs d’Almaty et Astana sont la couleur du macadam ainsi que la géométrique perfection de mes lacets entrecroisés.</p>
<p>Ce qui m’amène à poser la question suivante :</p>
<p>Mais où donc est passé l’Islam ?</p>
<p>Bah oui, parce qu’en planifiant mon voyage, j’avais cru comprendre que le Kazakhstan était un pays musulman. Du coup, j’ai été un peu étonné de ne trouver qu’une grande mosquée par ville, ainsi que quelques salles de prière disséminée. Quant à la pratique de l’Islam au quotidien, elle est invisible, mis à part aux abords de la mosquée.</p>
<p>Pour comprendre, il faut faire un petit tour dans l’histoire et la géographie du pays : quand l’Union Soviétique a été formée en 1917, le territoire kazakh a été annexé et incorporé. Le pouvoir soviétique a tenté de sédentariser de force le peuple, ce qui s’est soldé par des massacres et une grande famine dans les années 1929-33. Un tiers de la population du pays a été tué dans ces terribles événements. La religion, déclarée comme ennemi d’état par le pouvoir soviétique, a été progressivement détruite et effacée de la vie publique du pays. Tout opposant était arrêté, jugé, tué ou envoyé dans un camp de détention.</p>
<p>Quatre générations plus tard, il est compréhensible que les traces de l’Islam soient faibles, parfois réduites à une dimension symbolique. Par ailleurs, l’essentiel des populations tenant à l’Islam se sont regroupées dans l’Ouest du pays, sauvegardant autant que possible leur mode de vie et leur pratique religieuse. Comme ailleurs dans le monde, on sent un renouveau de l’Islam avec une génération de kazakhs musulmans qui sont conscients des enjeux du monde moderne et entendent bien affirmer leurs convictions, avec le risque de répression par un pouvoir toujours sous influence russe, si d’aventure ils se montraient trop entreprenants.</p>
<p> </p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-389" title="choses vues" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/choses-vues.JPG" alt="choses vues" width="508" height="332" /></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Là où les médias français n&#8217;étaient pas</title>
		<link>http://www.foulexpress.com/2010/07/08/la-ou-les-medias-francais-netaient-pas/</link>
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		<pubDate>Thu, 08 Jul 2010 14:33:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>marwan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[Si on n’est pas trop fan de football et qu’on n’attend pas grand-chose de l’affaire Woerth-Bettancourt dans une société où la morale et l’intégrité sont foulées au pied, on serait tentés de croire que le monde s’est arrêté. Les médias français n’ont pas l’air de vraiment s’intéresser à autre chose récemment.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Si on n’est pas trop fan de football et qu’on n’attend pas grand-chose de l’affaire Woerth-Bettancourt dans une société où la morale et l’intégrité sont foulées au pied, on serait tentés de croire que le monde s’est arrêté. Les médias français n’ont pas l’air de vraiment s’intéresser à autre chose récemment.</p>
<p>On pourrait croire qu’une <a href="http://www.osce.org/conferences/tolerance_2010.html">conférence internationale de l’OSCE</a>, réunissant 56 états et 120 ONGs autour de la lutte contre l’intolérance et la discrimination aurait pu être d’un certain intérêt pour les médias d’un pays qui, comme la France, prétend incarner une certaine idée des droits de l’Homme.</p>
<p>Apparemment pas, si on se fie aux journalistes français présents à la conférence annuelle de l’OSCE qui avait lieu du 28 au 30 juin à Astana (Kazakhstan). Leur compte, très précisément : zéro.</p>
<p>C’est pas faute d’avoir cherché, ils n’étaient ni dans la salle de presse aux cotés de leurs collègues européens, ni au buffet à volonté tenu au sous sol, pas même au stand de distribution de pin’s et accessoires gratuits.</p>
<p>J’ai essayé de trouvez quelques excuses possibles à une telle absence, que j’offre amicalement à notre excellente presse nationale :</p>
<p>-          On savait pas. Bah oui, le quai d’Orsay n’a pas communiqué dessus. Et comme on cherche pas si on nous dit pas. Alors on y est pas allés.</p>
<p>-          Yavait plus de vols pour Astana. J’ai bien cherché mais le seul truc que j’ai trouvé, c’est par Prague, puis Almaty avant d’arriver finalement à Astana après 36h. Tu comprends 36h c’est pas possible…</p>
<p>-          J’avais une invit’ pour regarder le foot au Ritz avec Rama Yade et j’ai trouvé personne à qui l’offrir. Ca se fait pas de refuser les invitations sur papier en-tête « république française ».</p>
<p>-          C’est pas très important cette conférence. Nous on préfère s’occuper de Paul le poulpe, une espèce de nouveau prophète  qui ne se trompe apparemment jamais. Peut être qu’il pourra prédire pour nous le prochain scoop…</p>
<p>Ne me remerciez pas. On tient vraiment à vous, on ne voudrait pas que vous soyez virés et remplacés par des pires. Et puis, il faut le reconnaître, face à la déprogrammation de toutes mes émissions TV préférées, scanner vos sites webs et lires vos œuvres  est une délectable forme de divertissement. Mais je m’égare. La conférence, donc.</p>
<p>Si on vous pose la question, voici un résumé de ce qui s’y est dit et fait :</p>
<p>-          Le 28 juin, 120 ONGs et acteurs de la société civile se sont réunis pour élaborer des recommandations à soumettre aux 56 états membres de l’OSCE sur les thèmes principaux de la conférence : la lutte contre l’islamophobie, contre l’antisémitisme, contre la violence à l’égard des Roms et les discriminations dues au sexe ou au handicap.</p>
<p>-          Le 29/30 juin, les recommandations ont été faites en séances plénières aux délégations des états membres qui sont invités à les mettre en œuvre en prévision des prochaines assemblées.</p>
<p>-          Quelques organisations sionistes ont tenté de faire pression pour inclure une recommandation qui considèrerait toute critique d’Israël comme assimilable à de l’antisémitisme. La commission des ONGs ne s’est pas laissé influencer et à clairement séparé la critique politique de l’état sioniste des atteintes antisémites dont sont victimes des membres de la communauté juive.</p>
<p>-           La France a été marginalisée devant les autres pays membres par son déni quant à l’islamophobie grandissante au sein de ses frontières. Une attitude dénoncée par plusieurs délégations, dont la représentante américaine chargée de la lutte contre l’anti-sémitisme, qui note que c’est parfois ceux qui en parlent le plus qui en font le moins en matière de droits de l’Homme. L’ambassadeur des droits de l’Homme envoyé par le quai d’Orsay, François Zimeray, a ainsi prononcé, pendant l’une des séances plénières spécifiquement consacrée à l’islamophobie, un discours totalement hors-sujet dénonçant l’anti-sémitisme et l’homophobie, provoquant l’embarassement d’une partie de l’assemblée. Il a quitté la conférence sitôt son dernier mot prononcé, après avoir commencé son allocution par « il est très important pour la France d’être là ».</p>
<p>-          La situation des Roms est plus qu’alarmante et souffre d’un déficit d’image et de représentation dans les instances internationales. Une stratégie à l’échelle européenne doit être pensée pour contourner les intérêts individuels des pays qui, pour l’instant, pratiquent une politique de l’autruche en rendant difficile la sédentarisation des Roms et en les incitant à se déplacer de ville en ville.</p>
<p>-          La lutte contre l’islamophobie a été mise au premier plan comme un défi à relever conjointement. Les dérives inquiétantes auxquelles nous assistons en Europe de l’Ouest ont attiré toute l’attention de l’assemblée :  le premier assassinat islamophobe dont a été victime Marwa El Sherbini en Allemagne, le vote contre les minarets en Suisse, le quasi triplement de la représentation islamophobe au parlement néerlandais, l’ampleur que prend l’English defense league au Royaume Uni et les débats chroniques visant, indirectement ou non, les musulmans de France (voile intégral, polygamie, Ilham Moussaid, etc…) et les instrumentalisant à des fins électorales.</p>
<p>-          Plusieurs associations de lutte contre les discriminations et violences à l’égard des Musulmans, dont le <a href="http://islamophobie.net/">CCIF</a> et le <a href="http://www.cojep.com/">COJEP</a> pour la France, ont pu ainsi alerter les instances internationales sur une situation de plus en plus grave dont les autorités nationales peinent à prendre la mesure.</p>
<p>Dans ce sens, quelques recommandations ont été adressées aux états par le conseil des 120 NGOs réunies lors de la réunion de la société civile, dont les plus emblématiques sont les suivantes (traduction de la section du rapport final de la conférence OSCE qui traite des mesures de lutte contre l’islamophobie):</p>
<p>-          Condamner toutes les formes d’intolérance et de discrimination à l’égard des musulmans et prendre des mesures pour lutter contre l’islamophobie et les stéréotypes.</p>
<p>-          Garantir le droit des musulmans de pratique leur religion et de l’afficher librement, sans discrimination, en accord avec les standards internationaux des droits de l’Homme. Cela inclut le droit de construire des mosquées et de s’habiller comme ils le souhaitent tant que leurs décisions sont prises librement.</p>
<p>-          Respecter le droit international en matière de lutte contre le terrorisme et prendre les mesures nécessaires pour éviter les discriminations que cette lutte occasionne, notamment le profilage racial et religieux.</p>
<p>-          Adapter la législation pour prendre en compte les crimes et agressions commit contre des musulmans du fait de leur appartenance religieuse.</p>
<p>-          Collecter des données publiques sur les crimes et violences à l’égard des musulmans. Ces  données doivent être compilées avec un souci scrupuleux d’exactitude, de méthodologie et de transparence.</p>
<p>-          Faire un effort d’éducation de la société civile autour de l’Islam et des musulmans pour réduire l’ignorance qui renforce la crainte et l’incompréhension. Ces initiatives doivent donner la parole à des femmes musulmanes, sous représentées aujourd’hui dans l’analyse de questions qui les concernent.</p>
<p>-          Adopter une définition inclusive de l’identité nationale, plus en ligne avec la réalité et la diversité du peuple européen. Reconnaître et diffuser l’héritage (passé et présent) que les musulmans laissent au monde et au pays où ils vivent en particulier.</p>
<p>-          Développer des programmes éducatifs de lutte contre l’intolérance et la discrimination à l’égard des musulmans et veiller à ce que les livres scolaires n’incluent pas de préjugés islamophobes.</p>
<p>-          Adopter une décision interministérielle des pays de l’OSCE pour lutter contre l’intolérance et la discrimination à l’encontre des musulmans à un niveau national, régional et international.</p>
<p>-          Utiliser le terme « islamophobie » pour désigner une forme de racisme et de xénophobie à l’égard des musulmans du fait de leur appartenance religieuse.</p>
<p>Alors je sais bien que défendre les musulmans ne constitue pas une cause nationale en France et qu’il fait bon vendre du papier en faisant peur à la ménagère bienpensante en lui montrant à quel point « ouh ça fait peur ces zéstrémistes musulmans » mais peut être qu’à un moment donné il va falloir se regarder dans la glace et voir que la chemise de tolérance et de respect des droits de l’Homme que nous arborons pour nous rassurer, fut-elle de bonne facture, n’est plus si blanche.</p>
<p>A bon entendeur&#8230;</p>
<p> </p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-388" title="osce" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/osce.JPG" alt="osce" width="504" height="332" /></p>
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		<item>
		<title>Jack Bauer avait raison&#8230;</title>
		<link>http://www.foulexpress.com/2010/05/20/jack-bauer-avait-raison/</link>
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		<pubDate>Thu, 20 May 2010 13:04:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>marwan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[Jack Bauer est une espèce d'évangéliste moderne qui prêche la sainte parole («God Bless Amerikkka») à l'aide d'un révolver, d'un cable électrique et d'une cisaille de jardinage. Son intérêt pour les plantes vertes étant limité, ce sont orteils, dents et oreilles ensanglantées d'arabes qui voltigent sous ses mains expertes.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Paris-New York</span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Gabriella est d&#8217;origine équatorienne, elle vit à Miami avec sa fille de 15 ans et gère une entreprise de vente de fruits de mer (que son frère produit en Équateur).  Gabriella a besoin de parler. Elle rentre d&#8217;une tournée commerciale en Europe et a été un peu froissée de ce que nous appellerons poliment « l&#8217;hospitalité française ». La pauvre ressemble à s&#8217;y méprendre à une maghrébine. Forcément, une beurisante qui ne parle pas français et qui essaie de vendre des calamars dans des salons alimentaires en douce France&#8230; ça passe mal. </span> </p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Gabriella avait, tu en conviendras, pris un mauvais départ dans une relation avec nos compatriotes qui aurait pu être tout à fait cordiale, ce que confirmerons les nombreux invités que notre ministre de l&#8217;immigration a pris le soin de faire raccompagner par de bienveillantes équipes de chauffeurs ayant la tape fraternelle et le salut taquin. </span> </p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Trop occupé à analyser et à répéter mentalement les scénarios possibles au moment du prochain contrôle des passeports une fois arrivés à JFK (l&#8217;aéroport de New York, ça fait bien de connaître le sigle), je n&#8217;ai pas vraiment prêté attention  à ses remarques, jusqu&#8217;au moment où Gabriella me dit qu&#8217;elle « comprend la situation des arabes en France ». Elle même immigrée dans un pays où on la renvoie souvent à ses origines, elle est particulièrement sensible à l&#8217;exclusion, aux discriminations, aux tentatives d&#8217;assimilation forcée et aux petites remarques du quotidien qui en disent plus sur le racisme ambiant que tous les discours. </span> </p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Forcément ça ne m&#8217;a pas laissé  indifférent, alors on a d&#8217;abord commencé par échanger des recettes de cuisine, puis elle m&#8217;a confié son sentiment mitigé sur la &laquo;&nbsp;très surfaite&nbsp;&raquo; hospitalité parisienne. </span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Pour elle, la religion fait partie des points litigieux à aborder avec les Français. Gabriella « croît en Jésus-Christ et pense qu&#8217;il est en chacun de nous ». S&#8217;ensuit une discussion franche durant laquelle je lui explique l&#8217;Islam et la place que Jésus y trouve parmi les prophètes. Elle me confie qu&#8217;en tant que croyante, elle n&#8217;a jamais cru à l&#8217;église catholique comme vecteur d&#8217;une fois monothéiste. </span> </p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Personnellement, en tant que musulman, c&#8217;est toujours pour moi un peu confus cette « présence de Jésus en chacun de nous », ainsi que la décomposition entre Père, Fils et Saint Esprit qui ruine la pureté de la foi en un dieu unique, Créateur incréé de toute chose. </span> </p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Gabriella reconnaissait volontiers qu&#8217;elle évitait de se poser certaines questions afin de rester en paix avec sa croyance. Le fait est que, comme beaucoup d&#8217;autres chrétiens, elle croit en un dieu unique, reconnaît les prophètes, de Adam à Muhammad et pense que la Bible dont nous disposons aujourd&#8217;hui est une fabrication de l&#8217;église et non un texte révélé, mais l&#8217;habitude et l&#8217;attachement à une certaine tradition la maintiennent dans le culte catholique, dans un pays où l&#8217;Islam est expliqué au bon peuple américain par Jack Bauer. </span> </p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Forcément ça fait peser quelque crainte sur les épaules de ceux qui penseraient à devenir musulmans&#8230; </span> </p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Avant que tu demandes, Jack Bauer est une espèce d&#8217;évangéliste moderne qui prêche la sainte parole (« God Bless Amerikkka ») à l&#8217;aide d&#8217;un révolver, d&#8217;un cable électrique et d&#8217;une cisaille de jardinage. Son intérêt pour les plantes vertes étant limité, ce sont orteils, dents et oreilles ensanglantées d&#8217;arabes qui voltigent sous ses mains expertes. </span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Bah c&#8217;est obligé&#8230; parce que, vois-tu, l&#8217;arabe est fourbe et têtu (et aussi profondément méchant). Alors oui, je sais bien que c&#8217;est pas super sympa de faire ça à des taxpayers arabisants qui jusque là ne semblaient avoir rien fait de mal mais, comme nous l&#8217;apprend Jack Bauer, ce sont justement ceux qui paraissent les plus sympas qui manigancent le plus avec des organisations Zestrémistes. Leur côté « bon voisin qui offre les gâteaux pour l&#8217;aïd » est justement une couverture&#8230; </span> </p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Jack Bauer est un vrai statisticien dans l&#8217;âme: pour sauver des vies américaines (les seules qui comptent) avec une probabilité incertaine, il est prêt à sacrifier et à faire souffrir, avec certitude, un nombre non-borné d&#8217;hostiles hurlants, barbusants et arabisants. Car (le sais-tu?), dans la pensée bauerienne, un arabe, ça complote, ça complote, ça complote.  </span> </p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Par ailleurs, l&#8217;arabe vise l&#8217;extension du domaine de la lutte, en s&#8217;alliant aux forces de l&#8217;impérialisme chinois, aux fournisseurs d&#8217;armes russes ainsi qu&#8217;au régime coréen pour causer du tord à la patrie de Tom Sawyer, Rick Hunter et &#8230;Magnum. </span> </p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Tu as sûrement remarqué que j&#8217;utilise indistinctement « arabe » et « musulman » alors que ce sont deux appartenances différentes. C&#8217;est que dans l&#8217;arithmétique bauerienne, un arabe = un musulman. </span> </p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Pour reconnaître un musulman? Rien de plus simple: il porte une barbe et a la peau mate. Pas de chance pour ce sikh enturbanné qui s&#8217;est fait lyncher après le 11 septembre. Faut dire qu&#8217;il avait tout du prototype de l&#8217;arabe hostile (excuse ce pléonasme, qui peut être attribué à ce que nous autres, arabes, ne maîtrisons de la langue que le cri « Allaaaaah akbar!!!!! » qui est l&#8217;équivalent du « banzaï !!!!!» que tout kamikaze japonais se doit de hurler – comme chacun sait). </span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Episode après épisode, saison après saison, la vérité s&#8217;affiche sur ton écran, entrecoupée par des interludes publicitaires (voire l&#8217;inverse). Piraté et imprimé sur des DVDs vendus à Hong Kong, téléchargé illégalement sur <a href="http://thepiratbay.org/" target="_blank">thepiratbay.org</a>, affiché sur des t-shirts en nylon fabriqués en Chine et portés en Egypte, le dogme bauerien se répand et gagne chaque jour de nouveaux esprits avec un message clair: </span> </p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;"><strong>Quand on ne comprend pas quelque chose, on gagne toujours à le supprimer. Surtout si ça parle arabe&#8230;</strong></span> </p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;"> </span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Dans le pays où vit Jack:</span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- le président est noir donc vous pouvez pas nous accuser de racisme, </span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- le monde se fait et se défait en 24h, </span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- les arabes s&#8217;appellent Achmed, Habib ou Hassan</span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- les blessures par balles cicatrisent en moins de 20 minutes</span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- pas besoin d&#8217;aller aux toilettes, on a pas le temps pour ça</span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- tous les gens qui t&#8217;aiment vont te trahir, mourir ou être kidnappés</span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- si un musulman à l&#8217;air gentil, c&#8217;est qu&#8217;il prépare un sale coup</span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- tu peux rentrer dans une mosquée avec tes pompes pour tuer des mecs si tu dis « pardon » en sortant</span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- tout le monde veut tuer Jack</span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- si tu tortures quelqu&#8217;un et qu&#8217;il n&#8217;avoue pas, c&#8217;est qu&#8217;il a encore trop de doigts ou trop de dents</span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- si tu penses que Jack a tord, c&#8217;est que tu es musulman</span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- si tu es musulman c&#8217;est que tu es (au minimum) suspect</span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- manger ça sert à rien</span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- les vêtements sont auto-nettoyants</span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- la voiture a toujours le plein d&#8217;essence</span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- le monde se divise en deux groupes: les gentils et les méchants. Entre les deux il y a les morts. </span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- si tu montes dans ta voiture et que quelqu&#8217;un t&#8217;appelle sur ton portable pour te parler d&#8217;un truc sympa, c&#8217;est qu&#8217;il y a une bombe sous ton siège qui va exploser dans 3, 2, 1&#8230;</span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- les verts ont perdu les élections. Sinon ils rouleraient pas tous en 4*4. </span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- le racisme, c&#8217;est quand tu n&#8217;as pas <strong>encore </strong>la preuve que ton voisin arabe complote, complote, complote</span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- de l&#8217;autre côté de la frontière, le monde entier nous déteste et veut  nous tuer. C&#8217;est pour ça qu&#8217;il faut se protéger&#8230; </span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- si la fille de Jack est amoureuse de toi, tu vas mourir dans les prochaines 24h</span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- si Jack t&#8217;a appelé pour te poser une question ou pour emprunter ta voiture, tu vas mourir dans les prochaines 24h</span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- si tu travailles avec Jack et que tu questionnes ses méthodes, c&#8217;est que tu es incompétent et que tu n&#8217;es pas un patriote. Donc forcément tu vas mourir dans les prochaines 24h</span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- si le président de Jack fait une déclaration télévisée pour dire qu&#8217;il faut venir libérer ton pays de la dictature, alors toi, ta femme, tes enfants, tes voisins, les mecs qui te doivent de l&#8217;argent et les mecs qui leurs doivent de l&#8217;argent, vous allez mourir dans les prochaines 24h &#8230;mais au moins vous serez libres. Et ça c&#8217;est cool, pas vrai? </span> </p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Cher lecteur, tu m&#8217;as l&#8217;air un peu déconfit. Et ça, vois-tu, ça pourrait être le signe d&#8217;un manque de patriotisme. </span> </p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Quoi les droits de l&#8217;homme? </span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Quoi la convention de Genève? </span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Quoi le droit des peuples à disposer d&#8217;eux même?</span> </p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Pour Jack, tout ça n&#8217;a été  inventé que pour rassurer les enfants en attendant l&#8217;age où ils pourront eux aussi participer à la « défense de la liberté ». Alors viens, toi, madame et les petits, rejoindre les rangs&#8230;</span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;"> </span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;"><img title="24" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/24.jpg" alt="24" width="432" height="305" /></span></p>
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		<title>Vous pourriez au moins dire merci&#8230;</title>
		<link>http://www.foulexpress.com/2010/04/27/vous-pourriez-au-moins-dire-merci/</link>
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		<pubDate>Tue, 27 Apr 2010 14:50:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>marwan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[Bah oui parce que là c’est le minimum. A force de vous servir des musulmans comme d’un paillasson pour rentrer dans les studios télés, placer vos têtes en première page des journaux, réciter vos psaumes savants sur les antennes radios, il va bien falloir, à un moment donné, rendre à Mouloud, Oussama, Khaled et Fatima les honneurs dus à leur fonction d’unificateurs du bon Parti Islamophobe de France (P.I.F).]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p><strong>Petit message sympa à l’honorable attention de la classe politique et des journalistes à grand spectacle.</strong></p>
<p> </p>
<p>Vous pourriez au moins dire merci…</p>
<p>Bah oui parce que là c’est le minimum. A force de vous servir des musulmans comme d’un paillasson pour rentrer dans les studios télés, placer vos têtes en première page des journaux, réciter vos psaumes savants sur les antennes radios, il va bien falloir, à un moment donné, rendre à Mouloud, Oussama, Khaled et Fatima les honneurs dus à leur fonction d’unificateurs du bon Parti Islamophobe de France (P.I.F).</p>
<p>Unificateur national, un métier d’avenir au service d’un marché florissant : celui du lynchage des musulmans, au sens figuré (mais pas seulement…).</p>
<p>Et en plus, comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, il se trouve que les candidats recherchés pour ce type de poste sont justement surreprésentés parmi les chercheurs d’emploi. Voyez comme c’est opportun ?</p>
<p> Bon… je caricature un peu, mais je pense qu’il y a là une vraie piste à creuser…</p>
<p> Revenons à nos moutons (égorgés dans la baignoire ou planqués dans le coffre d’Harry) .</p>
<p> Je disais donc : vous pourriez au moins dire merci.</p>
<p> Grâce aux musulmans, la France change pour une France meilleure. Jugez vous-même :</p>
<p>-          Disparition du chômage, à moins qu’il soit causé par une immigration non choisie</p>
<p>-          Finie l’insécurité à l’école, à moins qu’elle soit du fait des racailles beurisantes voire islamisantes qui pullulent dans les banlieues, où l’on trouve également (le saviez vous ?) l’Islam des caves, l’enfer des tournantes, le marché des armes et un tas d’autres trucs un peu craignos, vous en conviendrez, que personnellement je n’ai jamais vus mais que tout bon journaliste et intellectuel respectable semble avoir dûment explorés.</p>
<p>-          Adieu le déficit budgétaire, à moins qu’il soit aggravé par l’escroquerie aux allocations familiales par une famille nombreuse par période de Aïd el Kebir.</p>
<p>-          Au revoir la crise, bonjour les bonus. En séance de rédaction chez nos quotidiens nationaux (Le Monde, Libération, France Soir, …) : entre un Nantais polygame et le scandale de Goldman Sachs dont le monde entier paye les conséquences, le choix de la première page est facile : gros plan sur le barbu, silence sur les banquiers… </p>
<p> </p>
<p>Comme vous pouvez l’imaginer, unifier le PIF n’est pas chose facile. C’est un travail de longue haleine. Mais chez nous autres musulmans, c’est presque une vocation.</p>
<p>Au moyen-âge (voyez comme le temps passe…), nous avions déjà à cœur d’unifier l’Europe. Jusque là, cette terre n’était rien d’autre qu’un rassemblement géographique de peuples belligérants : Germains, Francs, Anglais, … chacun son identité définie par l’alter-ennemi : l’Autre,  de l’autre côté de la Manche, de l’autre côté du Rhin, de l’autre côté des montagnes. Cet Autre avec qui on faisait la guerre et par opposition auquel on se définissait, retombant sans cesse dans de sempiternelles querelles frontalières.</p>
<p>C’était sans compter sur l’aide des musulmans. Car voilà que dans ces hordes barbares d’outre Méditerranée, les peuples d’Europe avaient trouvé un ennemi commun, diabolique, sournois et affublé de tous les vices que quelques intellectuels et editocrates du moyen âge pouvaient imaginer en regardant dans la glace pour s’en inspirer dans leur pamphlets anti-mahométans qui, au fil du temps, ont aiguisé la rage, la haine et ont servi de base idéologique au feu de la guerre.</p>
<p>La haine de l’Islam et des musulmans : le ciment unificateur de l’Europe née des croisades.</p>
<p>Tout cela ne nous rajeunit pas, n’est ce pas ?</p>
<p>Mais, vous en conviendrez, quand on nous dépeint les musulmans comme des analphabètes bégayants n’étant sur terre que pour satisfaire leurs instincts primaires par l’asservissement des femmes (emburquées), le prosélytisme en direction de nos petites têtes blondes (embrigadées dans des groupes djihadistes), l’acquisition en quantité de viande rouge (halal) et la pratique d’un mode d’expression gesticulo-vocifératoire (qui fait uper-peur), on se rapproche plus de la Chanson de Roland que de l’analyse journalistique.</p>
<p> </p>
<p>A suivre…</p>
<p> </p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-370" title="Islamophobie" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/Islamophobie.jpg" alt="Islamophobie" width="320" height="240" /></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Rencontre/Dîner le 25 avril 2010</title>
		<link>http://www.foulexpress.com/2010/04/02/rencontrediner-autour-de-foul-express/</link>
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		<pubDate>Fri, 02 Apr 2010 16:39:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rédaction</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.foulexpress.com/?p=359</guid>
		<description><![CDATA[Nous avons le plaisir de vous inviter à une rencontre originale autour de Foul Express, le 25 avril 2010 à 19h30. Après la publication du livre et le lancement du site, nous souhaitons créer un lien réel avec les lecteurs et tous ceux qui, de près ou de loin, ont contribué à faire de Foul Express un projet porteur de quelque chose de positif.
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Nous avons le plaisir de vous inviter à une rencontre originale autour de Foul Express, le 25 avril 2010 à 19h30.</p>
<p> </p>
<p>Après la publication du livre et le lancement du site, nous souhaitons créer un lien réel avec les lecteurs et tous ceux qui, de près ou de loin, ont contribué à faire de Foul Express un projet porteur de quelque chose de positif.</p>
<p> </p>
<p>Si vous avez aimé le livre ou si vous souhaitez le découvrir, si vous avez envie d’en savoir plus sur nos projets ou si vous souhaitez tous simplement nous rencontrer, vous êtes les bienvenus à cette rencontre.</p>
<p> </p>
<p>Le programme :</p>
<p> </p>
<p>-          Une petite présentation dans un style foulistique</p>
<p>-          Un dîner ensemble (autant rompre le suspens, il Y AURA du foul)</p>
<p>-          Echanges et questions…</p>
<p> </p>
<p>Pour des soucis d’organisation, ce dîner rencontre est accessible uniquement sur invitation.</p>
<p> </p>
<p>Pour vous inscrire : rien de plus simple, il suffit d’envoyer un mail à <a href="mailto:contact@foulexpress.com">contact@foulexpress.com</a> avec votre nom et votre no de téléphone (juste pour vous joindre par sms si nécessaire).</p>
<p> </p>
<p>Le nombre d’invités étant limité à 100 personnes, nous comptons sur vous pour vous inscrire uniquement si vous comptez réellement être présents, afin de ne pas pénaliser les autres.</p>
<p> </p>
<p>@ bientôt,</p>
<p> </p>
<p>L’équipe Foul Express</p>
<p>contact@foulexpress.com</p>
<p>www.foulexpress.com</p>
<p> </p>
<p>PS : quelques réponses aux questions usuelles :</p>
<p> </p>
<p>- NON, aucun frais n’est à prévoir, c’est nous qui vous invitons donc…</p>
<p> </p>
<p>- OUI, c’est totalement gratuit</p>
<p> </p>
<p>- NON, nous n’attendons rien de votre part, mis à part votre présence et vos idées. Pas de quête, pas pétition, pas d’adhésion à un parti politique, etc…</p>
<p> </p>
<p>- OUI, il y aura de quoi dîner et nous espérons que ça vous plaira</p>
<p> </p>
<p>- NON, Fadela Amara ne sera hélas pas présente et NON et reNON, on ne passera pas le dernier disque de cheb Foulan…</p>
<p> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" title="repas foul" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/repas-foul-300x160.png" alt="repas foul" width="300" height="160" /></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Portrait de famille, par Nabil E.</title>
		<link>http://www.foulexpress.com/2010/03/05/portrait-de-famille-du-metis-sage-par-nabil-e/</link>
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		<pubDate>Fri, 05 Mar 2010 09:58:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rédaction</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>

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		<description><![CDATA[Voici le cinquième et dernier gagnant du concours d'écriture Foul Express. Il s'agit d'un très touchant portrait de famille écrit par Nabil, qui nous rappelle à quel point chaque famille, au fond, est un mélange d'influences. Entre Rahho et Mama Corsica, on se dit que fonder une famille est un geste qui transcende les conditions sociales, les appartenances ethniques et culturelles.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Voici le cinquième et dernier gagnant du concours d&#8217;écriture Foul Express. Il s&#8217;agit d&#8217;un très touchant portrait de famille écrit par Nabil, qui nous rappelle à quel point chaque famille, au fond, est un mélange d&#8217;influences. Entre Rahho et Mama Corsica, on se dit que fonder une famille est un geste qui transcende les conditions sociales, les appartenances ethniques et culturelles. Le style d&#8217;écriture est également très agréable et touchant, ce qui renforce l&#8217;effet voulu de transmettre l&#8217;idée qu&#8217;une famille, ça éclaire tout un chemin&#8230;</p>
<p><strong>Portrait de famille du métis-sage, par Nabil E.</strong></p>
<p>La vie, à  quoi ça tient ? Une question simple en apparence. Une question existentielle. Une question universelle. J’imagine que cette idée, même fugace et fugitive, vous a tous traversé l’esprit, au moins une fois au cours de votre existence… Dans le cas contraire, un peu de patience, c’est imminent !</p>
<p>Métissage du corps et du cœur, héritage de sons et de couleurs… Mon existence a pris naissance sur les deux rives de la mer blanche intermédiaire, la mer méditerranée. Un franco-italien d’origine marocaine, un marocain d’origine franco-italienne, que sais-je encore ? Poursuivez la liste si ça vous amuse… Les nations, quelle importance ? La médiocrité nous y attache, l’Islam nous en détache. Le métissage n’est pas une fin en soi, quoiqu’en pensent celles &#8211; ou ceux &#8211; qui cherchent et recherchent à tout prix des converti-e-s pour se lancer dans l’aventure… du mariage ! Ce métissage est encore moins un drame. Il est simplement l’une des routes que l’on suit pour arriver à destination…</p>
<p>La vie, à  quoi ça tient ? Aujourd’hui encore, cette idée s’est frayée un chemin à travers les méandres de mes pensées. Aujourd’hui encore, elle frappe à ma porte. Aujourd’hui encore, je lui ouvrirai…</p>
<p>France, 1970.</p>
<p>En ce mois de janvier, l’air est glacial mais ni plus ni moins qu’à l’accoutumée. D’ailleurs, personne ne semble particulièrement troublé. Les passants se croisent, souvent sans un regard, sans un bruit. Le froid semble les avoir envahis. Pourtant, parmi cette multitude, il est un homme dont le corps et le cœur sont saisis à vif. Un manque d’habitude sûrement…</p>
<p>Qui est-il ? D’où vient-il ? Où va-t-il ? Nul ne le sait encore… Et personne ne se le demande, pas même lui. Il sait simplement qu’il vient de quitter sa terre natale, pour un ailleurs dont il ne rentrerait jamais. Une éducation autonome, un père parachuté haut fonctionnaire par les colonialistes français (protectionnistes, pardon !), un grand frère (puisqu’il faut l’appeler comme ça) qui vit en France, un asthme rebelle qui l’empêche de vivre dans cette ville marocaine qui l’oppresse physiquement (tout un symbole) : pêle-mêle, voilà quelques-unes des raisons de son départ. Voilà donc quelques-unes des raisons de ma naissance. Celui qu’aujourd’hui, nous surnommons affectueusement « Rahho ». Mon père…</p>
<p>Vingt ans. Je t’imagine fier, enthousiaste, passionné, rebelle, orateur, excessif, meneur, révolté, bouleversant, rêveur, bouleversé, vivant tout simplement. La vie t’a élevé et tu lui ressembles. Tu es plein de certitudes et tu veux révolutionner le monde. Un idéaliste, voilà ce que tu es ! Un idéaliste, voilà ce que tu resteras…</p>
<p>France, 1971.</p>
<p>Tu as quitté  le Maroc. Tu y as laissé tes proches, tes amis, ta famille, une partie de ton cœur… Tel un arbre élagué qui poursuit sa course vers le ciel avec plus d’aplomb et une force régénérée, ton cœur « amputé » s’en est trouvé renforcé. Libre arbitre et prédestination… « Mektub », un mot magique, presque mystique, qui permet à une communauté de résumer cette équation insoluble qu’est la Vie. Quoiqu’il en soit, nul ne saura jamais la profonde raison de ton exil en France mais ici-même tu as rencontré la Vie justement, l’Amour, la Moitié de ta Foi. Celle qu’aujourd’hui, nous surnommons affectueusement « Mamma Corsica » malgré (ou peut-être à cause de) ses origines italiennes. Ma mère…</p>
<p>Le paradoxe et la beauté d’une Union. Vous n’avez cure des obstacles qui se présentent pour briser une unité naissante et ces insignifiantes poussières sont effacées d’un revers de la main, par la jeunesse et la vigueur de votre Amour. L’avenir vous appartient…</p>
<p>L’avenir, justement parlons-en ! Ou plutôt, le passé… Le nord italien ne lui prédisait rien de bon dans ces années 20. Mon grand-père, auquel je ressemble parfois sur les rares photos que j’ai de lui, avait décidé de tenter sa chance en France. Je n’ai jamais compris pourquoi… Seul, parmi de nombreux frères et sœurs, il a franchi cette frontière naturelle que sont les Alpes et s’est établi comme maçon, la puberté à peine achevée… J’aurais aimé le connaître mieux, mais j’observe ma mère et bien souvent, en arrière-plan je le devine. Tout autant que je devine ma grand-mère, de famille bien ancrée dans le « terroir » français, que je n’ai pas connu… Ce furent les éducateurs de ma mère, cette littéraire autodidacte des travaux manuels, talentueuse et modeste, altruiste au plus haut point tout autant que travailleuse infatigable. Qu’Allah la récompense pour les bienfaits qu’elle distribue tout autour d’elle.</p>
<p>France, 1975.</p>
<p>Tu es belle. Belle comme les Univers, voilà ce que Rahho se plaît à répéter. Voici quatre ans que vous partagez vos vies, votre vie même car vous n’êtes plus qu’Un. « 1+1=1 », la curieuse équation du Bonheur… Le bonheur décuplé, c’est un enfant qui naît. Mon frère…</p>
<p>Un vrai petit Parisien ! Si, je vous assure qu’il y est né, c’est marqué sur sa carte d’identité… N’en déplaise à certains ! La France… Elle change, elle bouge, elle est de toutes les couleurs pour notre plus grand bonheur, du moins on en rêve. Le bonheur, il est dans les yeux et dans le cœur de ses parents… La vie s’accordera désormais aux sons de ce nouveau-né !</p>
<p>Maroc, 1978.</p>
<p>Chamboulement. Autre lieu, autre temps. La vie réserve bien des surprises. Avez-vous hésité à franchir le détroit de Gibraltar, maigre séparation (tant convoitée) entre l’Europe et l’Afrique ? Je ne vous ai jamais posé la question. Je ne la poserai jamais d’ailleurs… « Le passé doit être un ornement, pas un fardeau », se plaît à répéter un frère de cœur ! Impoli, je le suis puisque je parle de moi sans m’être présenté… La famille s’agrandit au crépuscule de l’été. Un casablancais de naissance, le « petit dernier ».</p>
<p>De ces premières années de ma vie, je vous avoue à regret que les souvenirs sont inexistants… A moins que certaines anecdotes ou photographies m’aient permis de matérialiser des images enfouies au fond de mon âme ?! Il paraît que j’y ai au moins pris goût pour la gastronomie marocaine, grâce à ma « nounou » de l’époque. Merci à toi pour tes petits soins à mon égard !</p>
<p>France, 1981.</p>
<p>Je pourrais reprendre la même prose quant aux surprises de la vie, au détroit de Gibraltar, au passé qui doit être un ornement… Rassurez-vous, je ne le ferai pas ! Simplement, après quatre années passées au Maroc, la rupture est brutale et la cassure, définitive. Les idéaux sont révolus tout autant que la révolution reste un idéal… Elle n’aura pas lieu, à tout jamais. Fuir pendant qu’il en est encore temps, fuir avant que LE poisson pourri gangrène tout le panier.</p>
<p>Quelques destinations s’offrent à nous. Mantes-la-Jolie vous avait séduits par ce nom champêtre et bucolique, contrastant avec la réalité bétonnée… Finalement, ce fut le 92 (9-2 dirait-on aujourd’hui) ! Je ne m’embarrasse pas de votre avis et c’est avec un ridicule assumé et un sourire sincère que je me plais à taquiner quelques amis en qualifiant ma ville de « plus belle ville du monde » ! J’y ai grandi non ? Rien que pour ça, la ville vaut le détour. Elle a accueilli l’essentiel de mes jeux, de mes joies, de mes peines. Elle est chargée de souvenirs… La rivière par exemple, ça vous dit quelque chose ? Demandez à Rahho… Les yeux pétillants de bonheur, il vous en parlera et des sanglots muets de nostalgie lui déchireront le cœur… Mais fier comme un « ogre de berbérie », il n’en laissera rien paraître. La rivière, c’est une longue histoire… Toujours est-il que nous la franchissons chaque jour qui passe ! Merci.</p>
<p>Je ne peux me résoudre à refermer ce chapitre. Je pense encore à « ma » première adresse de « banlieusard »… Le début de l’école et de la cantine, un vrai bonheur : sans ironie bien sûr, ce n’est pas mon genre ! Que voulez-vous, il n’y a pas que du bon à la « civilisation »… Les souvenirs sont tous là, au bout de mes doigts prêts à virevolter avec fougue sur ce clavier. Un à un j’ouvrirai les coffres stockés dans mon grenier à souvenirs. Incha Allah…</p>
<p>D’ici là, n’oubliez pas, le bonheur est à portée de mains et la vie n’attend pas. A bon entendeur, salam paix pace.</p>
<p align="justify">
<p align="justify">
<p style="text-align: center;" align="justify"><span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: small;"><img class="size-full wp-image-351  aligncenter" title="metissage" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/metissage.jpg" alt="metissage" width="398" height="400" /><br />
</span></p>
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		<title>Celtophobie, par Eric F.</title>
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		<pubDate>Sun, 21 Feb 2010 18:02:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rédaction</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[Voici le 4e gagnant du concours Foul Express. Nous avons beaucoup apprécié la qualité et l'humour de ce texte. Très élégante, la façon dont l'auteur analyse l'invective islamophobe dont il fait l'objet pour tourner la situation actuelle en dérision. Cela montre aussi à quel point ce genre de positions est grotesque.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Voici le 4e gagnant du concours Foul Express. Nous avons beaucoup apprécié la qualité et l&#8217;humour de ce texte. Très élégante, la façon dont l&#8217;auteur analyse l&#8217;invective islamophobe dont il fait l&#8217;objet pour tourner la situation actuelle en dérision. Cela montre aussi à quel point ce genre de positions est grotesque. Les musulmans convertis semblent poser beaucoup de problèmes à un discours jusque là basé sur des clivages ethniques. Le racisme anti-arabes et noirs des années 80 se transforme ainsi aujourd&#8217;hui en &laquo;&nbsp;racisme&nbsp;&raquo; anti-musulmans&#8230; </p>
<p> </p>
<p><strong>Celtophobie, par Eric F.</strong></p>
<p>Tellement de fois nous avons crié au monde ce que nous sommes réellement en tant qu&#8217; individus, en tant que communauté, justifiant à chaque fois notre droit à l&#8217;existence. On nous prend souvent pour ce que nous ne sommes pas, nous confondant avec un autre jusqu&#8217;à ce que notre véritable identité disparaisse au cours de cette confusion. Ainsi, de ce que je suis, il ne reste que ce que je ne suis pas&#8230;</p>
<p>Et c&#8217;est précisément celui que je suis, que nous lisons dans l&#8217;une des pages du journal de ma vie, un jour comme les autres:</p>
<p>La première fois que j&#8217;ai entendu la douce voix de l&#8217;un de mes concitoyens me déclarer sa flamme en ces termes tellement simples et illustratifs :</p>
<p>“Eh Ben Laden!!&#8230; retourne dans ton pays!!!”</p>
<p>Je dois bien avouer que cela ne raisonna pas telle une harmonieuse mélodie chuchotée avec amour au creux de mon oreille. En revanche il me vint immédiatement à l&#8217;esprit une autre mélodie, ou plutôt un tube de l&#8217;été 1789&#8230; sans aucun doute premier au top 50 à cette époque. Ca se chantait en cœur sur un air entrainant plein d&#8217;espoirs de lendemains ensoleilles&#8230; et je ne parle pas de météo. Ca faisait quelque chose comme:</p>
<p>“liberté ,égalité,fraternité”&#8230;.</p>
<p>vous savez&#8230; c&#8217;était sur le même air que “We are the world”. Tout de même, c&#8217;est fou comme les tubes commerciaux de l&#8217;été peuvent rester en tête, on le chantonne sans même savoir d&#8217;où cela sort. Et bien évidemment, mon courageux et intrépide frère de nationalité a disparu aussi vite qu&#8217;il était apparu. Ai-je rêvé ou était-il vraiment là??? Etait-ce le son de sa voix ou le simple écho du doux message de paix diffusé à la TV???</p>
<p>Puis l&#8217;ode de cet amoureux de la liberté d&#8217;expression pourtant si courte mais pleine de sens, me revint comme le flash info du 6 minutes d&#8217;M6&#8230;. Eh Ben Laden!!&#8230; Ah bon?? Alors je serais Oussama Ben Laden?? Mais non Monsieur, vous faites erreurs, je ne suis pas ce Monsieur Ben Laden et la CIA ne vous donnera pas dix millions de dollars si vous me capturez&#8230;</p>
<p>D&#8217;ailleurs, je ne suis pas natif d&#8217;Arabie Saoudite, mais de Lyon 3eme près de la mairie. De plus, mes origines ethniques ne sont ni du Moyen Orient, ni d&#8217;Afghanistan mais du côté de Saint-Malo en Bretagne&#8230;. Et pourtant, malgré toutes ces différences ethniques, physiques, linguistiques et géographiques c&#8217;est pour moi monnaie courante que d&#8217;être confondu avec ce Monsieur. Peut-être devrais-je me faire broder un maillot de foot avec mon nom dessus, ainsi les gens y verraient plus clair.</p>
<p>Puis la deuxième partie de ce poème lyrique: “Retourne dans ton pays!”. Bon sang, c&#8217;est fou la haine des parisiens pour les bretons!! Et aveuglés par leur rage, ils pensent que la Bretagne a obtenu l&#8217;indépendance&#8230; “TON pays”, un pays distinct, certainement que les indépendantistes bretons se réjouiraient de cette nouvelle si elle était vraie!! KENAVO!!!! Vive la Bretagne libre!!!!</p>
<p>Et chose étrange, lorsque je voyage dans le reste de la France, je retrouve cette même haine du breton que je suis&#8230; peut-être devrais- je monter un collectif de la dénonciation de la “celtophobie”&#8230; Nous autres descendants des celtes avons toujours subi. Cela dit, j&#8217;aurais pu être grisé par cette confusion faite avec l&#8217;homme le plus recherché du monde américain, tel Mesrine, on aurait fait un film sur moi&#8230; A Moi Hollywood !!!! Mais tous ne partagent pas mon enthousiasme cinéphile, tel mon ami Amar-pauvre de lui- qui m&#8217;affirme que mes admirateurs anonymes m&#8217;appelant Ben Laden, savent que je ne suis pas lui et ne veulent par cela qu&#8217;insulter ma religion, mon apparence et sous-entendre que je ne suis qu&#8217;un terroriste.</p>
<p>-Mais voyons Amar, comment peux-tu avoir une si mauvaise opinion de mes concitoyens?? Nous sommes tous enfants de la République unis dans l&#8217;amour de la liberté laïque ( Je sais que ça ne veut rien dire mais c&#8217;est comme les additifs en “E” que l&#8217;on trouve dans la liste des ingrédients des produits que l&#8217;on absorbe sans comprendre ce qu&#8217;ils signifient) cela est impossible! Et c&#8217;est, illuminé par la sacrosainte vision d&#8217;un nain de 1m40, au slogan si philosophique: “ La France on l&#8217;aime ou on la quitte”, que me fut révélée la véritable explication de la tirade du début que je lui transmis en ces termes:</p>
<p>-Me prenant pour Monsieur Ben Laden, ils savent qu&#8217;il est recherché et bien évidemment, se font énormément de souci pour lui. Alors, tel un ami sincère qui veut vous préserver d&#8217;un danger imminent ils m&#8217;appellent et m&#8217;ordonnent avec amour de retourner à Araboland (Entre Burkaland et Terroristeland) car c&#8217;est dangereux pour moi ici.</p>
<p>Autrement dit, le “Eh Ben Laden retourne dans ton pays!” signifie “ attention à toi cher concitoyen, c&#8217;est extrêmement dangereux pour toi ici, il vaut mieux que tu partes pour te protéger!! &#8230;pfff quel esprit mal placé ce Amar! Je le soupçonne même d&#8217;avoir été contaminé par ce virus médiatique qu&#8217;est la victimisation et la perception de l&#8217;islamophobie dans tous les actes du peuple français, qui a l&#8217;évidence a toujours été un farouche défenseur des droits de l&#8217;homme&#8230; blanc et non musulman diront certains médisants. C&#8217;est comme si les Amar et autres n&#8217;avaient jamais écouté le tube de 1789 : “ Liberté, égalité, fraternité, tous les hommes naissent libres et égaux, chacun est libre de sa pratique religieuse etc&#8230;” Pourtant les droits d&#8217;auteur de ce morceau sont du domaine publique, et je n&#8217;arrive plus à dénombrer le nombre de remix servis dans des compiles à la mode par DJ De Gaulles, DJ Chirac et le dernier en date sur un bit funky par DJ Sarko feat les zoulous de l&#8217;Elysée.</p>
<p>La maison de disque “escroquerie&amp; Co”a toujours fait dans le commercial, et on dirait que je suis le seul ringard rétro à écouter encore ce morceau la larme à l&#8217;œil. J&#8217;ai même retrouvé un disque collector à la fnac, uniquement disponible en vinyle, caché entre “viens boire un petit coup a la maison” et “c&#8217;est la danse des canards”. Il était soldé,car plus personne n&#8217;achète un tube vieux de 220 ans&#8230;sauf moi peut-être.</p>
<p> </p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-346" title="celte" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/celte1.jpg" alt="celte" width="500" height="333" /></p>
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		<title>Le Bonheur, par Mickaël B.</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Feb 2010 09:42:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rédaction</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce texte plein d&#8217;humour proposé par Mickaël B. est très agréable à lire. Il détourne une scène de la vie quotidienne pour nous interroger sur la nature du bonheur, sa rareté, sa valeur et les moyens de l&#8217;obtenir. L&#8217;auteur utilise très bien le dialogue entre le client et la vendeuse, parfois désabusée sur l&#8217;usage que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce texte plein d&#8217;humour proposé par Mickaël B. est très agréable à lire. Il détourne une scène de la vie quotidienne pour nous interroger sur la nature du bonheur, sa rareté, sa valeur et les moyens de l&#8217;obtenir. L&#8217;auteur utilise très bien le dialogue entre le client et la vendeuse, parfois désabusée sur l&#8217;usage que font les gens d&#8217;un bonheur si précieux. Chapeau&#8230;</p>
<p><strong>Le Bonheur, par Mickaël B.</strong></p>
<p>10h30 , Paris</p>
<p>Sorti du métro, Montreuil…Enfin…</p>
<p>Quelques sourires dans ma poche… Je les garderais jusqu’à ce soir…Ils sont éphémères, ne durent guère plus qu’une journée, malheureusement…Quelquefois, en fermant longuement les yeux, j’arrive à les faire durer jusqu’à tard dans la nuit. Mais c’est rare.</p>
<p>J’ai faim…Je vois un fast-food pas loin, je vais tenter le coup…</p>
<p>-« Bonjour, je voudrais du bonheur s’il vous plait.</p>
<p>- Sur place ou à emporter ?</p>
<p>Quelle question ! A emporter évidemment ! Je ne veux pas d’un bonheur que je ne peux  garder avec moi. Et encore moins partager. Je veux l’emporter avec moi, le chérir, l’entretenir, le faire vivre…Un bonheur, ça doit vivre non ? C’est quoi du bonheur sur place ? […]</p>
<p>- A emporter…</p>
<p>Elle me tend un paquet marron, soigneusement refermé…</p>
<p>- Qu’est ce qui me prouve que c’est du bonheur ?</p>
<p>- Bah vous savez à quoi cela ressemble non ? Vérifiez vous-même !</p>
<p>Le fait est que je ne sais pas vraiment à quoi ça ressemble du bonheur. J’ai bien vu chez les autres des semblants de bonheur mais je n’étais jamais sûr…Et puis mon bonheur, ce n’est pas forcément celui des autres…</p>
<p>- Je ne sais pas, j’hésite quand même…Je voudrais pas que ce soit du mauvais bonheur…Du malheur pourrait-on dire…Y a rien de pire que le mauvais bonheur, n’est ce pas ? On croit qu’on est heureux, et puis on n’ose pas imaginer qu’on pourrait l’être encore plus, alors on n’ose pas se débarrasser du sac, vous comprenez…</p>
<p>- Bah, dans ce cas, ne prenez pas du bonheur, prenez de la joie. La joie c’est plus visible, ça se manifeste tout de suite. Ca fait pleurer, mais différemment. Et c’est éphémère, mais on le sait, on n’est pas surpris ! On a un menu joie en ce moment, avec en cadeau des amis d’enfance sans aucun intérêt que de vous faire rire…</p>
<p>- Non, non je vais prendre le bonheur… Mais qu’y trouve t-on à l’intérieur ?</p>
<p>- De la vie, des sourires d’adultes et d’enfants, quelqu’un qui vous rend beau, qui vous fait rire, qui aime vos blagues débiles.  De la musique, des feuilles qui tremblent dans les arbres, du soleil, des étoiles, deux regards qui voient le même horizon, des paroles, […], de l’oubli, …</p>
<p>- C’est bon, c’est bon, je crois que je vais le prendre… Mais ça fait beaucoup tout ça…Je veux dire…C’est pas dangereux au moins ?</p>
<p>- Je ne crois pas…En tout cas, personne n’est encore mort du bonheur jusqu’à maintenant…</p>
<p>- Oui, tant qu’on l’a…</p>
<p>- Si vous le perdez, c’est votre problème…On rembourse pas de toute façon…</p>
<p>- Même si je n’aime pas ?</p>
<p>- Vous n’aurez qu’à en prendre un autre ?</p>
<p>- Mais je vais le payer ?</p>
<p>- Oui, on paye toujours pour les bonheurs ratés. C’est ainsi. On ne peut pas se permettre de rembourser les gens pas heureux ! Vous imaginez l’argent que ça nous coûterait ?</p>
<p>- J’imagine…je suis tenté…Les gens qui sortent de chez vous ont l’air heureux, ils ont le sourire.</p>
<p>- Ils sont satisfaits surtout.</p>
<p>- Satisfait de quoi ?</p>
<p>- De leur bonheur…Ils croient l’avoir mérité !</p>
<p>- Oui et c’est marrant, ils partent chacun de leur côté…Avec leurs sourires…C’est bizarre, ils pourraient se regrouper, en parler…</p>
<p>- Pourquoi faire ? Y a que le malheur qui se confie ! Le bonheur fait rarement parti des confidences !</p>
<p>- Cela vous ferait de la publicité, pourtant…</p>
<p>- Oui mais bon, peut être que le bonheur des uns grandit quand les autres sont malheureux. Trop de pub, cela nous tuerait le bonheur, à coup sûr…</p>
<p>- Vous êtes dure là ! Je pense qu’ils n’osent pas l’exhiber c’est tout… C’est de la pudeur…</p>
<p>- Peut être oui… Je suis un peu aigrie par ce boulot…Si vous saviez tout les gens à qui j’ai donné du bonheur et qui l’ont saccagé ! Ca me dégoûte !</p>
<p>- Oui, je pense que peu de gens sont conscients de ce qu’ils ont…J’en parlais tout seul tout à l’heure dans le métro…</p>
<p>- Bon, vous m’êtes sympathique, et tout, et tout, mais…Vous le prenez ce bonheur ou pas ?</p>
<p>- Non…Finalement, je vais aller me promener…Je vais pas l’acheter votre bonheur…Je vais le croiser. »</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-331" title="RondCouleurs" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/RondCouleurs.jpg" alt="RondCouleurs" width="550" height="550" /></p>
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		<title>Belle Sous Ville, par Ahmed B.</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Feb 2010 17:00:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rédaction</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>

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		<description><![CDATA[Au delà de sa qualité de rédaction, nous avons choisi ce second texte pour la précision de la description qu&#8217;il fait du quartier de Belleville. Peu d&#8217;auteurs ont la légitimité pour présenter un quartier de manière fidèle, sans les artifices d&#8217;une mise en scène excessive.  C&#8217;est pour cela qu&#8217;il nous a paru important de mettre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify">Au delà de sa qualité de rédaction, nous avons choisi ce second texte pour la précision de la description qu&#8217;il fait du quartier de Belleville. Peu d&#8217;auteurs ont la légitimité pour présenter un quartier de manière fidèle, sans les artifices d&#8217;une mise en scène excessive.  C&#8217;est pour cela qu&#8217;il nous a paru important de mettre ce texte en avant, proposé par Ahmed qui, en plus de son coup de plume, a mis au service des autres ses qualités dans le cadre de l&#8217;association &laquo;&nbsp;<a href="http://actionvertlavenir.com">Action Vert l&#8217;Avenir</a>&nbsp;&raquo; qui développe des projets de développement durable. C&#8217;est donc une raison supplémentaire pour soutenir une telle initiative&#8230;</p>
<p align="justify">
<p><strong>Belle Sous Ville, de Ahmed B.</strong></p>
<p>Je ne me sens pas Bellevillois, je n’ai jamais aimé les étiquettes. Maintenant, il est un fait, j’y ai toujours vécu, j’y ai même galéré, perdu du temps, gagné des tunes. J’ai du y faire tout ce qu’il est possible de faire dans son quartier, quand on est jeune en construction et avec parfois, l’irrépressible envie de détruire. À Belleville, je connais les halls, les cours d’immeubles, les trottoirs, les parcs, les parkings, les coins et recoins, et j’ai la certitude que nombreux encore me restent secrets. Je connais les restaurants, les bars, les associations, les cafés du coin ; les incontournables et classiques, ceux aussi qui restent déserts à l’exception de rares habitués qui font toujours extraordinairement raccords avec le mobilier, et les autres, plus en vogue, qui surfent sur la vague Bobo, design, vintage. Ceux-là respirent le concept jusqu’au zinc… Aujourd’hui je pourrais être à des années lumières de mon enfance à Belleville, cependant, ce n’est pas le cas. Mes multiples activités associatives, professionnelles, ainsi que mon bagage universitaire m’éloignent d’une jeunesse rythmée par les aléas d’un ancrage particulier au territoire du quartier. Et pourtant Belleville est le dénominateur de la plupart de mes nouveaux projets.</p>
<p>Un quartier évolue, il est souhaitable (?) aussi qu’on évolue, seulement je ne sais pas dans quelle mesure on évolue avec son quartier. Quand j’observe les nouvelles générations, celles qui, toutes prétentions et proportions gardées, arpentent les chemins qu’on a empruntés jadis, j’ai clairement l’impression que Belleville est un éternel recommencement pour ses jeunes. Malheureusement, on peut raconter sa vie aux plus jeunes, mais il semble que l’expérience qu’on leur communique est condamnée à rester une torche sans pile. Tous vont avec plus ou moins de succès, de persévérance, de croyance, de bêtise, s’essayer à la carrière de délinquant. Dans ce cas, à Belleville comme ailleurs, il faut accepter tout ce qui va avec.</p>
<p>Par exemple. Dans les quartiers dits « sensibles », les violences policières, corporelles et humiliations, sont classiques et font partie du quotidien. Elles n’étonnent que les étrangers à ce microcosme lorsqu’ils daignent ouvrir les yeux sur le sort de ces populations.  Moi-même j’ai été, déterminations sociologiques obligent, familier des mauvais endroits et mauvais moments, où, les altercations musclées avec les forces de l’ordre sont si banales que lorsqu’elles n’engendrent pas les circonstances gravissimes, donnent simplement naissance, une fois essuyées, aux rigolades et moqueries. Pourtant mon cas est bien éloigné des parcours marqués par les violences les plus extrêmes, et reste tout communément ponctué par la routine des contrôles et des nombreuses visites au poste. Et il fut seulement deux fois tristement récompensés par deux simples « outrage et rébellion ». Sans avoir attendu mes études pour qu’elles jettent le doute sur ma nature foncièrement mauvaise, elles fournirent au moins, la cynique consolation que nous sommes aussi le fruit des cadres sociaux. Alors, à moins d’être frappé de cécité, nul besoin d’être sociologue pour avoir une idée, même sommaire, des circonstances à l’œuvre dans les quartiers dits « défavorisés », « prioritaires », « sensibles », « difficiles » ou encore, de « l’immigration ». Aux dernières nouvelles, paroles d’élus, tout ceci est en voie d’amélioration. La voie est d’ailleurs, depuis des années, bien engagée. Aujourd’hui, où l’on donne la température des quartiers chauds comme on diffuse les bulletins météos, l’intensification des mesures de l’insécurité montre bien la primauté donnée à la thématique de la sécurité. Elle affecte concrètement mon quartier. La relation entre délinquance et urbanisme n’est pas une corrélation simple et directe ; le climat d’insécurité n’est pas tant un problème de forme que de fond. Pourtant les politiques de la ville semblent accorder une large part à la restructuration. On a pu voir durant la dernière décennie, marquée notamment par la thématique de l’insécurité, des politiques de travaux visant à améliorer le confort d’une partie des habitants, à limiter le champ d’action des indésirables et, dans le même temps, à faciliter l’accès des zones dites de non-droit aux forces de police. Sur le terrain, dans les quartiers de l’Est parisien où j’ai pu les constater le plus nettement, l’accomplissement de ces mesures se réalise par la destruction – rénovation des habitations sensibles (pour cause l’insalubrité et la faune qui y gravite) ; la condamnation – ouverture d’accès ; et la reconfiguration des remparts, barrières, grilles,… La suppression des murets, marches d’escaliers, et autres infrastructures susceptibles de favoriser le squat d’une population de « sauvageons », à qui l’on avait clairement affiché la véritable campagne qu’on menait contre elle, ainsi que la destruction des immeubles et la constitution de nouvelles voies (rue, passage) au sein des blocs d’habitations, comptaient parmi les mesures les plus inattendues et spectaculaires.</p>
<p>Avant de revenir de manière plus fine à ce folklore, on peut faire un tour dans le quartier de Belleville qui est très loin de s’y limiter. Le quartier de Belleville manifeste une grande diversité culturelle. Il présente différentes minorités « visibles » (Attention : je ne pense pas qu’on les voie plus que les autres…) qui divergent par leur ancienneté et leurs modes d’implantation. On pourra apprécier le caractère autonome ou soumis de leurs positions sociales par le nombre et les domaines que recouvrent les commerces, services, lieux de cultes, etc… Ainsi on observe une forte communauté asiatique (à majorité chinoise), juive (séfarade), africaine (constituée en grande majorité de Maliens, Sénégalais, et Maghrébins principalement Tunisiens), indienne, portugaise, espagnole, d’Europe de l’Est, turque et comorienne. Malgré l’illusion de brassage culturel, on constate que les individus vivent chacun au sein de leur groupe culturel respectif et que les contacts interculturels sont peu fréquents. Pas très révolutionnaire comme information ; à l’image de nombreux animaux et autres insectes sociaux, les hommes vivent entre eux. (Je ne parle pas des souches, invisibles par définition…)</p>
<p>Belleville fait l’objet d’un morcellement en une multitude de microterritoires exclusifs, révélateurs des identités des groupes qui en marquent l’appropriation et les identifications. Au sein du quartier où les différents groupes humains sont amenés à cohabiter se jouent les mécanismes d’attractions/répulsions, stratégies d’appropriations, d’évitements, et autres rapports de coopérations, de négociations, de tolérances… Ainsi, les jeunes teneurs de murs sont amenés à composer dans et avec ce microcosme bellevillois cosmopolite où chacun semble étranger ou étrangement invisible à l’autre.</p>
<p>Certes le restaurateur du coin n’est pas forcément plus grec que l’épicier est marocain… Mais là où il était facile d’assigner ce genre de clichés à certaines minorités, la communauté asiatique s’est énormément diversifiée dans son implantation par les services qu’elle propose, et on la retrouve dans des domaines aussi variés que la santé, la presse, les multimédias, l’alimentation, le textile,… Cela étant dit, il faut noter qu’en dehors de la population asiatique, qui, du moins en apparence, se suffit à elle-même (la population s’autonomise et se dégage d’une position soumise envers la terre d’accueil), ce sont les communautés juives, maliennes, sénégalaises et maghrébines qui peuplent le plus le quartier.</p>
<p>Une familiarisation avec Belleville, au risque de flirter avec l’impressionnisme, se doit d’effleurer ces composantes structurantes de son environnement. En nombre, les manifestations urbaines que le quartier accueille sont bien plus compliquées et complexes que le très succinct tableau brossé ici. Seulement, à défaut de précisions, il semble nécessaire d’en donner au moins un aperçu pour en saisir l’originalité. Avec sa voirie fréquemment jonchée de déchets, et cela de manière critique dans certaines ruelles, le sale atteste de ce trait particulier propre au quartier.</p>
<p>À plus d’un aspect, il est limite, théâtre des déviances, de vies et d’économies parallèles. Les phénomènes abordés ont en commun les aspects de la précarité, l’illégalité ou le caractère informel de la ville en général et plus particulièrement de Belleville. Le quartier populaire en est l’hôte, cela est rendu possible par sa propension à tolérer ces aspects marginaux de la ville. Sans entrer dans une lecture écologique on peut affirmer que jusqu’à maintenant, tant que ces manifestations y trouvent place, Belleville est apte à assurer cette fonction dans la capitale. Généralement, c’est sans complexe que ces pratiques se déroulent aux yeux de tous. Avec la routine du quotidien, l’anodin est à peine anecdotique, il n’y est plus prêtée attention. D’autre fois, l’invisibilité est un luxe. Lorsque les signes extérieurs (vestimentaires, faciès, langage) ont une valeur de stigmate, l’expérience de l’altérité peut se révéler une véritable aventure pour les inconnus reconnus, aux traits des « populations visibles ». Aussi, même si elle reste à nuancer, il ne faut pas occulter la dimension protectrice inhérente au quartier. La concentration de populations issues de l’immigration, immigrées et supposées étrangères font de Belleville un quartier multiculturel idéal pour passer inaperçu. À l’échelle mondiale, il est sans doute un des nombreux phares qui rayonnent pour les filières migratoires. L’attraction qu’il génère, chez les populations, repose en grande partie sur les ressources culturelles qu’il propose. Elles y trouvent les pairs, ainsi qu’une offre commerciale et de services spécifiques. Les signes manifestes ailleurs discriminants le sont nettement moins au sein du quartier. Cependant, les forces de l’ordre ne l’ignorent pas ; Belleville est une aire de prédilection pour la traque aux sans-papiers. Pour ces derniers, au caractère protecteur du quartier pluriethnique s’ajoute un aspect non négligeable : la dangerosité des rondes de police et de l’embuscade des contrôles. Stratégiquement, la police opère aux points névralgiques que sont les boulevards, les sorties de métros ou d’écoles et plus rarement dans l’enceinte même des foyers de travailleurs migrants… Écrit sur banderoles multicolores parsemées en de multiples recoins du quartier, on lit le soutien des Bellevillois sensibles à ces questions. Les réseaux d’entraides et les manifestations en faveur des sans-papiers ne sont pas rares. Le quartier reste animé pour le meilleur comme pour le pire…</p>
<p>Si le quartier est vivant, c’est aussi parce qu’il réunit un certain nombre d’activités économiques assimilables aux stratégies de survie. Elles constituent en quelque sorte aussi une part du pittoresque et du folklore local. Leur développement est tout aussi visible dans le quartier populaire où se croise une diversité de situations précaires. Différents publics sont concernés, avec des motivations et des moyens tout aussi variés, chacun s’adonnant aux pratiques de « subsistance ». Pour ces questions de vie et de survie, les moyens déployés et la transgression qu’ils portent sont plus ou moins marginaux, officieux, tolérés, organisés, dissimulés… Les activités se distinguent par leur régularité et leur constance dans les manières de s’établir. Sédentaires si elles disposent d’un endroit relativement attitré pour les accueillir, sinon nomades quand elles parcourent le quartier. Une chaîne de télévision « engagée » a par exemple produit un documentaire d’ « investigation » sur la prostitution de femmes asiatiques à Belleville. En donnant quelque chose de romanesque à son titre, elle l’a intitulé « les marcheuses de Belleville »…</p>
<p>Pour ce qui est de faire vivre la rue, prend malheureusement part au tableau le cas de ceux qui littéralement y vivent. À deux niveaux de la rue Fontaine au roi, installés depuis quelques années déjà, non loin des tentes du canal St Martin rendues célèbres grâce aux Enfants de Don Quichotte, tente et matelas à même le sol constituent l’habitat permanent de sans abris, six ou sept environ. Sans doute trop peu nombreux pour susciter l’intérêt des médias, ils ne sont pas moins présents profitant du souffle chaud et gratuit des bouches d’aérations. Ils sont calmes et la rue semble indifférente à leur présence. À l’exception de rares passants enjambant et s’aventurant au travers du campement de fortune, la plupart quittent le trottoir pour rejoindre la  large chaussée… À l’endroit où les vendeurs pakistanais et africains du foyer se disputent pacifiquement les clients pour la vente de maïs ou de marrons chauds, selon la saison. C’est-à-dire, un peu plus haut, à hauteur du métro Belleville, côté rue de Belleville et boulevard de la Villette, au carrefour où se situe la station ; un groupe de clochards d’une petite douzaine s’est installé de manière tout aussi durable. Ils stationnent principalement sur la rue de Belleville, mais on peut parfois les retrouver dans le métro, surtout l’hiver, sur les quais de la ligne 11. Impossible de situer dans le temps leur enracinement, ils semblent toujours avoir siégé sur place. Cela dit, ils n’ont pas pris la rue pour habitat, du moins ils ne couchent pas à cet endroit occupé la journée et à la tombée du jour, qu’ils finissent par quitter une fois la nuit bien entamée. Avec leur omniprésence, ils sont connus des Bellevillois, sans compter que vifs et remuants, leur turbulence les range difficilement parmi ceux qu’on ignore. Fortement alcoolisés, ces derniers sont autrement bruyants, ils comptent parmi eux des clochards célèbres pour leurs pitreries quand ils miment et interpellent les passants pour demander de l’argent ou pour le plaisir de l’invective. Fait remarquable à Belleville carrefour de cultures, à ce carrefour (boulevard de Belleville &#8211; rue de Belleville) prend place le groupe comptant une femme et des hommes de types européens, noirs, asiatiques et maghrébins. C’est le seul groupe où se réalise une réelle mixité ; la proximité sociale facilite le dépassement des barrières culturelles…</p>
<p>Cultures, pauvretés et barrières, toujours il est instructif d’examiner les multiples rapports qu’ils entretiennent dans les quartiers populaires. Au sein des enclaves ethniques, la teneur ethnique enrobe jusqu’aux manifestations de la misère. La mendicité orientée vers un segment des Bellevillois illustre bien cet aspect, lorsque les mendiants formulent explicitement leur demande dans la langue de la communauté à laquelle ils s’adressent. Aux abords des mosquées, il n’est pas rare d’y trouver assis des mendiants, hommes et femmes voilées. D’autres, plus organisés, aux « salam alaikoum » approximatifs et accoutrés de sorte à être fondus dans la masse des mendiants, semblent avoir trouvé un filon certain dans la charité…</p>
<p>Par ailleurs, sur la rue de Belleville, en territoire asiatique, un autre type de phénomène illustre les discrètes économies intragroupe. Le placardage d’annonces calligraphiées non traduites assure une communication interne. Les deux trois murs inondés d’affiches, toujours fraîchement renouvelées, attestent de la vivacité de ce moyen de communication, accessible et efficace. On peut y lire des propositions d’emplois et fréquemment des Marlboros à vendre&#8230;</p>
<p>À visibilité variable il est vrai, cependant, si l’on y regarde de près, il s’avère que chaque groupe a développé ses trucs et astuces internes de fonctionnement. À l’inverse, les vendeurs ambulants à la sauvette font figures de franchisseurs de barrières. Ils vendent à tous et à toutes, allant au contact des clients potentiels, sillonnant les rues, restaurants, bars et terrasses. Certains Asiatiques en ont fait une spécialité, parcourant Belleville avec les gadgets qu’ils offrent ; briquet téléphone, briquet couteau, briquet Tour Eiffel, briquet voiture de course…Les Pakistanais vendeurs de roses, Tunisiens de bouquets de jasmin et Maghrébins de Marlboro usent d’un mode opératoire identique.</p>
<p>Le plastifieur de pièces d’identité et autres papiers est un personnage atypique. Il travaille seul et depuis des années il tient fidèlement son poste. Il a installé son stand au carrefour de Belleville, côté onzième, à l’embouchure de la rue Faubourg du Temple. Équipé d’une petite table recouverte d’une nappe rose et de sa machine à plastifier, pour quelques euros, il propose de  recouvrir les documents d’un film plastique. Il occupe un espace de transit où la circulation est abondante. On le retrouve alors chaque jour et non uniquement à ceux du marché.</p>
<p>Le mardi et le vendredi a lieu le marché de Belleville. Il dure jusqu’au tout début d’après-midi, mais les maraîchers les plus rapides remballent aux alentours de treize heures leurs stands. À la clôture du marché, la marchandise non écoulée est laissée sur place. C’est là que débute la récupération pour les habitués de l’après-marché. Le public est varié, les différentes populations bellevilloises là encore semblent représentées, cela dit les personnes âgées sont les plus nombreuses. Tous ne sont pas munis de sacs ou de chariots, chacun y va méthodiquement, sélectionnant les fruits et légumes, décortiquant les abîmés, fouillant et retournant les cagettes, les emportant parfois pleines, en cas d’heureuse trouvaille, ou vides, lorsqu’elles serviront de paniers pour l’occasion. Même s’il faut aller vite, il y a assez de place pour tous. Répartis sur toute la surface, ils ramassent les aliments de leur choix au gré de leurs déambulations en évitant de se marcher sur les pieds. Y mettant progressivement fin, l’arrivée des agents de nettoyage accélère le bal qui se déroule sur le terre-plein central.</p>
<p>Profitant de l’agitation du marché, des fins de marché, et, des va-et-vient des marcheurs lors de ces jours d’encombrements, une équipe de quatre à six hommes et femmes s’invite à la fête. Toujours sur le boulevard, côté vingtième, au niveau du croisement de la rue Bisson, tout près du vidéoclub d’Achour, ils entassent soigneusement, les uns sur les autres, deux ou trois cartons. Ainsi, ils s’improvisent un support stable et aisément démontable. La densité sur les trottoirs fournis en badauds et passants est une aubaine. De l’équipe, chacun connaît son rôle et prend place. Une partie de Bonneteau peut commencer. Rapidement, curieux, joueurs et commentateurs se joignent à eux et viennent grossir les rangs. Les compères du Bonneteau ne font pas régulièrement acte de présence, difficile de saisir une logique dans leurs arrivées. Toujours est il qu’ils profitent et participent eux aussi à l’attraction de ces jours.</p>
<p>Un marché parasite s’est greffé au marché officiel. Sur le boulevard de Belleville, parallèlement au terre-plein central, le marché spontané occupe le trottoir côté vingtième. Initialement ses instigateurs ont profité de l’affluence des jours de marché pour entreposer leurs stands improvisés à même le trottoir. Les contenus sont parfois surprenants, tout y est vendu, le recyclage est de mise, les objets et vêtements de seconde, troisième et énième main sont à la vente. Peignes édentés, mousses à raser, magazines et vidéos pornographiques, livres quelconques, manuels spécialisés, transistors et appareils d’époques incertaines, poupées démembrées et autres jouets aux séquelles rappelant leurs ex-propriétaires enfants terribles, s’empilent vêtements, jeans, pantalons et chemises, montres, lunettes et piles… en définitive un réel bric-à-brac. L’illégalité de ce marché impose  chaque fois le même rituel d’installation. Les vendeurs se rassemblent, attendent, en chiens de faïence, ils tiennent leurs marchandises près d’eux ou les entreposent à quelques pas, nul n’installe son emplacement tant qu’ils ne sont pas en nombre, assez pour que l’un d’entre eux daigne s’y risquer. De manière plus ou moins frileuse, les stands se suivent, les uns près des autres, solidaires dans la transgression, ils organisent la densité de leur occupation. Comme tout ne doit pas être clair c’est une sorte de mêlée qui prend forme. Pour présenter leur étal un drap fait souvent l’affaire ; saisi par les extrémités, d’un seul coup, il est facile d’emporter tout son contenu si l’urgence se présente. En vain la police multiplie les descentes pour saisir vendeurs et marchandises. Visiblement, ces luttes ne sont jamais parvenues à empêcher la tenue du marché parasite, pire encore, au fur et à mesure, le marché ne s’est plus contenté ni des jours de marché, ni de sa place initiale. Lorsque le marché officiel n’occupe pas le terre-plein central, généreusement, il s’en charge. Aux dires de certains Bellevillois, ce recyclage à l’extrême n’a plus grand-chose à voir avec une grande ville européenne comme Paris. Ils y voient là le signe d’une paupérisation inquiétante. Pourquoi pas, mais que dire alors des cigarettes vendues à l’unité, n’a-t-on pas là un autre signe ?</p>
<p>Belleville le jour et Belleville la nuit, c’est le jour et la nuit. À la fin du jour, dans nombreuses rues, l’activité ne fait pas même mine de ralentir. Le quartier est toujours aussi sonore, tard les bruits se laissent encore entendre, mieux entendre, les sources en sont moins diverses. Les rues raisonnent des circulations motorisées, des volumes élevés des notes s’échappant des bars, des automobiles en marche ou à l’arrêt dont les sonos vrombissent des basses grasses, et bien sûr, des cris de Bellevillois qui s&#8217;apostrophent ou communiquent à distance raisonnable pour s’entendre. Chaque groupe constitué a son coin dont il est familier, où ses membres sont assurés de se retrouver, pour discuter, chamailler, disputer, s’encanailler. De temps en temps, des fenêtres, provient l’exaspération hurlée de voisins dont les jeunes enfants dorment, ou dont le travail les attend à l’aube, et qui sait peut-être, les deux…</p>
<p>Les nuits de Belleville sont aussi aux ramasseurs de nuit. Ces femmes et hommes de sorties aux heures tardives, arpentant les rues et examinant les poubelles, traînent leurs chariots pleins des trouvailles de leur excursion nocturne. On les voit fréquemment les soirs où les poubelles débordantes sont sur la chaussée. Préparés pour l&#8217;événement, les mains gantées, parfois même un mouchoir ou un masque sur la bouche et le nez, ainsi que les sacs et chariots qu’ils ont prévus signalent la régularité de leurs escapades pensées jusqu’à l’équipement. Certains des objets retrouveront une autre vie, peut-être les circuits de la consommation. Ils seront proposés le jour, sur les draps tapissant les trottoirs pour la circonstance du marché parasite.</p>
<p>Mais, il n’y a rien à dire, le folklore dont je suis le plus familier avec Belleville c’est : ces rues et ces ruses, celles de ses jeunes qui animent ses rues. Par exemple, en termes d’occupation et d’appropriation à Belleville, les champions de la sédentarisation de l’économie parallèle sont de loin les dealers de shit, pour lesquels est décisive la question du territoire. Ce dernier porte d’ailleurs le nom de « terrain », ou dans l’argot moderne, de « ter-ter ». Il est parfois défendu jusqu’aux dernières extrémités… Un jeune de Ramponneau affirme : &#8211; Ici on l’a tous tétée la rue, cette mère qui ne pleure pas ses morts. Le commerce repose sur la connaissance du « terrain » par les clients, seule garantie de son attractivité et de la bonne marche des affaires. De sorte que dans la rue, être dealer, c’est avant tout la capacité de former, tenir et défendre son « ter-ter ». Entre dealers, les concurrences sont si intenses qu’il peut être inconcevable de le quitter, même peu de temps. Le « terrain » n’est jamais neutre, il va recouvrir de multiples dimensions en étant l’espace où se tissent les relations amicales, de complicités, commerciales, et d’adversités. Il fait l’objet de convoitises manifestées de façon différemment violente…Ainsi, qu’elles aient du temps à perdre ou de l’argent à gagner, le temps d’une journée sur le ter-ter, plus d’une tête se croisent ; amis, compagnons, acolytes, potes, associés… Les interminables stations debout sur le trottoir résument bien ces journées. Les trottoirs sont occupés, jour et nuit, à toutes saisons, durant l’hiver tenace ou sous le soleil de plomb. L’assemblée est peu mobile, mis à part quelques mouvements, rires et discussions…</p>
<p>On peut rappeler les longueurs prises par les sempiternelles joutes verbales. Il serait intéressant d’étudier leurs fonctions sociales ; outre les registres sur lesquels elles portent, les champs lexicaux dans lesquels elles puisent et  l’imagination, la circonspection et l’adresse qu’elles appellent ; comment elles signifient les rôles et statuts (du meneur au bouc émissaire) au sein du groupe. Intéressant aussi de relever les fonctions du rire et de l’ironie auxquelles on peut les relier. Contraste avec ces séances l’atmosphère incroyablement pesante des longs silences que souvent personne ne s’aventure à rompre. Dans ce cas, rarement jovials, les yeux rougis des nuages qui s’échappent de cônes fumants, les visages fermés ont infatigablement les regards projetés dans le vide. Il faut rappeler que la plupart des pensées sont imbibées des vapeurs de t.h.c. ou  d’alcools. En témoigne l’amoncellement de bouteilles vides au sol. La «galère », et les moments d’absence qu’elle impose. La « galère » c’est aussi les patientes et inlassables attentes de « rien du tout ». Invariablement les jeunes donnent le même spectacle sur chacun des microterritoires qui composent Belleville. Le mien c’est Ramponneau, ou c’était, je ne sais plus…</p>
<p>On peut aussi scinder le secteur Ramponneau – Tourtille en deux sous-secteurs : le segment de la rue Ramponneau délimité par la rue Tourtille et le Boulevard de Belleville qui fait office de territoire des plus vieux (25 ans en « moyenne ») et le reste est strictement réservé aux plus jeunes toutes les tranches d’âges confondues. Les jeunes eux-mêmes opèrent ces distinctions en nommant le sous-secteur des plus vieux, « Ramponneau », « le trou », « la Zone », ou « Ramponneau Zoo » (ou Zoo, prononcé à l’Américaine) ; l’autre côté attribué aux plus jeunes est appelé de manière englobante « la Place », ou en verlan, « la Cepla », ou l’ « Autre côté ».</p>
<p>Les « grands » sont potentiellement plus mobiles dans la mesure où l’on peut rattacher la mobilité des acteurs à l’aire d’influence et au capital social dont ils disposent. Deux éléments qui modulent leur ancrage. Les dénominations qu’ils lui attribuent évoquent l’ambivalence du territoire. Ils sont attachés au quartier où se déroule l’essentiel de leurs activités ; mais ils symbolisent aussi leur attachement au territoire de leur relégation. Sorte de condamnation. Leurs appellations sont ironiques, à travers elles ils rient de leur misère. Elles soulignent la marginalité des lieux qu’ils pratiquent et ainsi, ils authentifient leurs identités marginales. « Le trou » est peut-être aussi le gouffre dans lequel ils sont enfouis et « Ramponneau zoo » le théâtre de leurs conduites « immorales », pour ne pas dire inhumaines. À moins qu’il ne faille voir dans ces noms que de simples jeux de langages ? On voit comment ces jeunes ont endossé leurs stigmates, ces noms qu’ils donnent montrent qu’ils en ont relativement conscience, mais jusqu’à quel point ?  Historiquement la rue Ramponneau a longtemps été un repère pour les marginaux et les fêtards, le théâtre de débordements, échauffourées et abus d’alcool. Elle tient son nom d’un certain Jean Ramponneaux, le corpulent aubergiste, si célèbre il paraît. De là est né le verbe dérivé, ramponner, qui signifie frapper et l’expression prendre « un ramponneau », une correction. Aujourd’hui, elle est une zone de passage et de vie pour les habitants de Belleville, mais les Bellevillois n’ignorent pas que la rue Ramponneau est un territoire « sensible » du quartier, là où traînent les jeunes. Ils squattent leur parcelle de rue, y fument et y trafiquent le cannabis, y consomment aussi bières, whisky et champagnes sans motifs apparents. Leur présence et la crainte qu’elle suggère parfois, repousse les habitants loin d’eux ; on change de trottoir, les regards évitent de rencontrer les leurs et l’on presse le pas. D’autres au contraire passent et saluent, parfois même chaleureusement. Les jeunes proposent un coup de main ; ils aident une femme à porter ses courses, un autre homme à charger son auto, etc. Les relations sont variables. Pour certains les jeunes sont la population productrice de l’insécurité, bruyante et délinquante, qui squatte la rue. Pour d’autres, ce-ne-sont-que-des-jeunes, « ils ne sont pas méchants » et font véritablement partie du « paysage » et de l’ambiance du quartier.</p>
<p>Le quartier est occupé du matin au soir, les jeunes commencent à l’animer le plus tôt. Dans la matinée, dès 10h quelques-uns sont déjà levés. Comme ils ne sont pas nombreux, ils stationnent moins et arpentent le quartier à la recherche d’un compère de galère ou d’un « billet à faire ». Les plus vieux de la rue Ramponneau, eux, sont rarement là avant-midi, voire 13 heures. La veille, les plus téméraires ne l’ont pas quitté avant quatre ou cinq heures du matin. Souvent les « tôliers » sont les mêmes, selon l’expression, ceux qui « ferment et ouvrent le quartier ». Mystérieuse est l’origine de cette référence au « tôlier » ; peut-être pour la rudesse de l’emploi. De tout temps aussi, ni la pluie, ni le vent, ni le froid ne gênent son occupation. Les jeunes se montrent inflexibles, inlassablement ils « tiennent les murs ».</p>
<p>Avec l’hiver, on assiste à l’occupation des halls et des cages d’escaliers devenant pour l’occasion de véritables aquariums de fumée. C’est aussi là qu’ils vont prendre un sacré coup de déco. Jamais le projet de les détériorer n’est formulé, je crois que c’est de l’ennui que naît l’amoncellement de traces, débris, tags… Que leur accès soit interdit est insupportable et d’expérience de squatteur de hall, aucune porte ne résiste à un middle-kick bien placé. Les murs ostensiblement blancs semblent formuler une invitation…</p>
<p>L’été, les trottoirs sont largement investis ; les jeux de balles sur la chaussée, les barbecues s’organisent sur les terrains adjacents disponibles, le ghetto-blaster est de sortie et ajoute à l’animation. Mais pour compléter ce tableau, il ne faut pas oublier les traditionnels et bruyants défilés des bécanes de cross. Un été sans les CR, KX, YZ, Piwi, qui brûlent leurs caoutchoucs sur l’asphalte et déchirent la rue des pétarades hurlantes de leurs moteurs nerveux, ne serait plus un été bellevillois. Dès que les premiers rayons de soleil annoncent les beaux jours, tout le monde est à l’affût du premier casse-cou qui inaugurera le bal…</p>
<p>Alors, leur seule présence marque le territoire, à laquelle s’ajoutent quelques détériorations. Les nombreuses bouteilles vides et les mégots de joints, les détritus et les restes d’emballages quelconques, sont au sol. Les portes des halls, nouvellement sécurisés afin d’en limiter l’accès, sont forcées, les rendant à nouveaux accessibles. Sur les murs ont lit quelquefois les inscriptions « Belleville en force », « Belleville Zoo, tu peux pas test », « Belleville si si », etc…</p>
<p>Bref…Voilà un tour, bref et sincère, de mon environnement aussi étroit qu’il puisse sembler. Ici l’élément fondamental qui sert à sa description est ces populations, en effet, c’est ce qui me parle le plus.  Il est vrai aussi que je parle principalement des jeunes de Belleville, des jeunes des quartiers de Belleville. La formule « jeunes de quartiers » que j’utilise ici inonde l’actualité. La population qu’elle désigne est censée aller largement de soi. Les évènements de novembre 2005, ceux qui les ont précédés et succédés, ont mis au premier plan, et à la Une, cette population stigmatisée ou passée sous silence. En dehors de la dénonciation de sa violence ou de ses « incivilités », il est rarement d’usage de porter l’attention sur cette population. Elle est souvent rattachée à toute une constellation de propositions telles que « quartiers de l’immigration », « banlieue », « délinquance », « bandes de jeunes », etc. De telle sorte que lorsqu’il y est fait allusion, il faut fréquemment entendre « les jeunes des quartiers à problèmes ». L’amalgame que concentre cette énonciation est alors loin de retranscrire une réalité rigoureuse, pas plus qu’il rend compte de la diversité des « quartiers ». Apparemment, s’il peut sembler clair que les « marginaux » ne sont pas tous des jeunes de quartiers, il n’est pas toujours évident que les jeunes des quartiers ne sont pas tous marginaux. Toutefois, il existe sans doute des tentatives de retranscrire cette diversité, ou encore, avec les flambées de violences, les journalistes se plaisent généralement à montrer les « modèles d’intégration issus des quartiers ». Je suis moi-même issu des quartiers, d’un Belleville en tout cas, et je ne doute pas de leur richesse, pas plus que je crois en une fatalité. Si certains s’en « sortent », qu’ils s’en félicitent, c’est très bien, ils ont su s’en donner les moyens. Pour les autres, cela ne légitime pas le flirt avec des explications qui supposeraient leur manque de désir de s’en sortir, ou comme je l’ai souvent entendu dire, leur manque de volonté. Voilà pourquoi, mise à part la place qu’ils occupent dans cette modeste ethnographie, il m’a semblé juste d’insister sur leur mode de vie. Cette vie, telle qu’ils la mènent, est une véritable spirale étourdissante, ou plutôt, cet environnement particulièrement étourdissant pour cette vie. Les générations se succèdent et parmi elles, personne n’est à l’abri de ce vertige. Rien ne sert de filer la métaphore et de persévérer dans ce déplacement. Belleville, c’est Belleville, et celui-ci reste le mien…</p>
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