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	<title>FoulExpress &#187; Rédaction</title>
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		<title>Les Autres, par Mel</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Aug 2010 12:55:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rédaction</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>

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		<description><![CDATA[Les autres, ceux qui m’entourent, qui se situent aux frontières de mon être. Les étrangers étranges, qui ne sont pas comme moi, différents de mes semblables, semblables aux autres différents. Les extra-moi, les « extra-ordinaire », les autres, les extra-normaux, car la normalité c’est moi. Ces uns, ces unes, ces riens. Ces gens, ceux là, montrés de loin car être proche peut nous confondre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Article rédigé par Mel.</p>
<p>Les autres, ceux qui m’entourent, qui se situent aux frontières de mon être. Les étrangers étranges, qui ne sont pas comme moi, différents de mes semblables, semblables aux autres différents. Les extra-moi, les « extra-ordinaire », les autres, les extra-normaux, car la normalité c’est moi. Ces uns, ces unes, ces riens. Ces gens, ceux là, montrés de loin car être proche peut nous confondre, toucher leur être même du bout des doigts, voire du bout du bout des ongles pourrait nous remettre en cause. Remettre en cause nous, ce que nous sommes, ce que nous défendons, notre manière de vivre, d’être et de devenir.</p>
<p>Mais qui est ce « nous » dont vous parlez si bien? Qui sont ces autres dont vous parlez si mal? Qui, quoi, où, pourquoi ? Ma tête explose, elle n’arrive plus à entendre ces notes, elles sonnent faux, elles sonnent creux, elles ne sonnent pas. Elles viennent d’un autre monde, que lui je peux définir, un monde sans l’Homme, un monde sans humanité, un monde sans l’autre, un monde sans nous. Un autre monde asile de la peur et la division, un monde de corps, de bras qui dénoncent, de bouches qui crachent, de yeux qui fixent et se détournent, un monde sans âme où le cœur est mort, il a été enterré sous l’autel du ressentiment. Les ressentis, ouverts d’esprit et repentis ont fait quant à eux leurs valises car il n’y a dans ce monde pas de «logements moraux », personne ne veut les « intégrer », car ils sont dangereux les bienheureux !</p>
<p>On préfère les enfermer dans des ghettos au sein desquels on les formate pour qu’ils s’ignorent, se coupent de leurs traditions : pont vertical reliant leur âme au sacré. Les corps font la guerre aux âmes pour qu’elles se meurent, se vident de leur essence, pour qu’elles abandonnent leur être et leur substance. Ces dernières ont tenté de résister avant de partir, mais ce monde là ne leur a laissé aucune chance. Les corps se sont acharné jusqu’à ce que la dernière parte ou ne meurt, ils ont utilisé les médias pour ouvrir en elles des plaies insidieuses qui n’ont jamais pu se refermer, ils ont utilisé l’école pour les déscolariser, ils ont utilisé la mode pour les rendre à jamais démodées.</p>
<p>Les âmes sont lasses de se battre et résister, elles sont usées de tant de batailles, elles qui ont tant de fois tenté de se rassembler…Car oui, les corps ont même utilisé les âmes pour mieux les désintégrer. Ils ont instrumentalisé des unions qui ont fait émerger en leur sein des libérateurs imposteurs, des représentants imprésentables, des corps déguisés en âmes encore plus féroces que ces corps déshumanisés. Alors vint un jour où ces êtres faits de terre abandonnèrent cette terre de feu pour rechercher ailleurs une étendue, l’asile du repos de leur âme.</p>
<p>Dieu avait prévu ce scénario, il savait que cela arriverait lui qui avait crée le monde. Il savait que ce jour créerait un trou béant, qui séparerait à jamais les cœurs du règne des corps. Il a prévu une fin pour l’ensemble de ces autres, de ces « nous », il accueille dans sa lumière les âmes mélodieuses pour les abreuver d’un amour intarissable, elles qui ont tant manqué se laissent enfin porter par les parfums enchanteurs. Quant aux corps, restés corps, les souffrances qu’ils ont fait endurer se retournent contre eux-mêmes…</p>
<p>Dès lors, à l’aune de la vie, toi, lui, elle, moi, nous, qui habitons un corps et une âme, réveillons-nous pour faire éclore un monde où les corps ne règnent pas.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-419" title="metro" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/metro.jpg" alt="metro" width="600" height="335" /></p>
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		<title>Une poignée de femmes prend la République en otage…</title>
		<link>http://www.foulexpress.com/2010/07/19/une-poignee-de-femmes-prend-la-republique-en-otage%e2%80%a6/</link>
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		<pubDate>Mon, 19 Jul 2010 10:23:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rédaction</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>

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		<description><![CDATA[Le gouvernement va ardemment lutter pour baisser ces affreux chiffres liés à la maltraitance sur les mineurs? Eh bien non ! Ces causes sont importantes mais à priori bien moins que LA cause : la loi CONTRE des femmes surarmées en tissus... 
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Article rédigé par Nawel.</p>
<p>-          Mesure passera ? Passera pas ?</p>
<p>-          Mais de quoi parle-t-on ?</p>
<p>-          Je sais ! Je sais ! De la réforme sur l’avenir de nos si fragiles retraites !</p>
<p>-           Non, non attendez. D’une loi qui permettra à notre cher pays, fleuron de l’Europe, de mener le changement tant attendu par des millions de personnes pour sortir de cette crise qui ne dit pas son nom !</p>
<p>-          non, moi, moi je sais ! Le gouvernement va ardemment lutter pour baisser ces affreux chiffres liés à la maltraitance sur les mineurs (chaque année 95000 cas signalés, 2 enfants qui meurent chaque jour sous les coups, 1 enfant sur 10 qui subit des violences sexuelles…)</p>
<p>Eh bien non ! Ces causes sont importantes mais à priori bien moins que <strong>LA</strong> cause !</p>
<p>Où vivez-vous ? Comment avez-vous pu échapper à ce débat dont l’islamophobie galopante, ou plutôt devrais-je dire fourbement rampante, s’est faite le porte drapeau ?</p>
<p>Je parle bien de la loi CONTRE ces femmes surarmées en tissus et qui, d’après l’énergie déployée contre elles, représentent la plus importante menace que la France ait connu ces dernières années.</p>
<p>Tellement grande que les questions sur une République corrompue ou encore sur l’évasion fiscale (dont la disparition serait « peut être bien » une réponse à la crise) ont été reléguées aux oubliettes.</p>
<p>Sans parler de l’aspect très démocratique de cette loi qui laisse « sans voix » la moitié de l’hémicycle, qui était bien entendu contre cette loi contre les femmes, mais qui a décidé que ce n’était pas la peine de le dire…</p>
<p>On ne va pas leur jeter la pierre, on n’a pas fait mieux aux élections passées…</p>
<p>Bon, je vous laisse, c’est pas tout mais moi je commence à sérieusement m’inquiéter alors je vais me pencher sur les autres actes, paroles, agressions, opérations, lois liberticides, activités, oppressions batailles, guerres contre 10 % de la population Française.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-398" title="burqa" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/burqa.jpg" alt="burqa" width="480" height="244" /></p>
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		<title>Rencontre/Dîner le 25 avril 2010</title>
		<link>http://www.foulexpress.com/2010/04/02/rencontrediner-autour-de-foul-express/</link>
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		<pubDate>Fri, 02 Apr 2010 16:39:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rédaction</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>

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		<description><![CDATA[Nous avons le plaisir de vous inviter à une rencontre originale autour de Foul Express, le 25 avril 2010 à 19h30. Après la publication du livre et le lancement du site, nous souhaitons créer un lien réel avec les lecteurs et tous ceux qui, de près ou de loin, ont contribué à faire de Foul Express un projet porteur de quelque chose de positif.
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Nous avons le plaisir de vous inviter à une rencontre originale autour de Foul Express, le 25 avril 2010 à 19h30.</p>
<p> </p>
<p>Après la publication du livre et le lancement du site, nous souhaitons créer un lien réel avec les lecteurs et tous ceux qui, de près ou de loin, ont contribué à faire de Foul Express un projet porteur de quelque chose de positif.</p>
<p> </p>
<p>Si vous avez aimé le livre ou si vous souhaitez le découvrir, si vous avez envie d’en savoir plus sur nos projets ou si vous souhaitez tous simplement nous rencontrer, vous êtes les bienvenus à cette rencontre.</p>
<p> </p>
<p>Le programme :</p>
<p> </p>
<p>-          Une petite présentation dans un style foulistique</p>
<p>-          Un dîner ensemble (autant rompre le suspens, il Y AURA du foul)</p>
<p>-          Echanges et questions…</p>
<p> </p>
<p>Pour des soucis d’organisation, ce dîner rencontre est accessible uniquement sur invitation.</p>
<p> </p>
<p>Pour vous inscrire : rien de plus simple, il suffit d’envoyer un mail à <a href="mailto:contact@foulexpress.com">contact@foulexpress.com</a> avec votre nom et votre no de téléphone (juste pour vous joindre par sms si nécessaire).</p>
<p> </p>
<p>Le nombre d’invités étant limité à 100 personnes, nous comptons sur vous pour vous inscrire uniquement si vous comptez réellement être présents, afin de ne pas pénaliser les autres.</p>
<p> </p>
<p>@ bientôt,</p>
<p> </p>
<p>L’équipe Foul Express</p>
<p>contact@foulexpress.com</p>
<p>www.foulexpress.com</p>
<p> </p>
<p>PS : quelques réponses aux questions usuelles :</p>
<p> </p>
<p>- NON, aucun frais n’est à prévoir, c’est nous qui vous invitons donc…</p>
<p> </p>
<p>- OUI, c’est totalement gratuit</p>
<p> </p>
<p>- NON, nous n’attendons rien de votre part, mis à part votre présence et vos idées. Pas de quête, pas pétition, pas d’adhésion à un parti politique, etc…</p>
<p> </p>
<p>- OUI, il y aura de quoi dîner et nous espérons que ça vous plaira</p>
<p> </p>
<p>- NON, Fadela Amara ne sera hélas pas présente et NON et reNON, on ne passera pas le dernier disque de cheb Foulan…</p>
<p> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" title="repas foul" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/repas-foul-300x160.png" alt="repas foul" width="300" height="160" /></p>
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		<title>Portrait de famille, par Nabil E.</title>
		<link>http://www.foulexpress.com/2010/03/05/portrait-de-famille-du-metis-sage-par-nabil-e/</link>
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		<pubDate>Fri, 05 Mar 2010 09:58:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rédaction</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>

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		<description><![CDATA[Voici le cinquième et dernier gagnant du concours d'écriture Foul Express. Il s'agit d'un très touchant portrait de famille écrit par Nabil, qui nous rappelle à quel point chaque famille, au fond, est un mélange d'influences. Entre Rahho et Mama Corsica, on se dit que fonder une famille est un geste qui transcende les conditions sociales, les appartenances ethniques et culturelles.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Voici le cinquième et dernier gagnant du concours d&#8217;écriture Foul Express. Il s&#8217;agit d&#8217;un très touchant portrait de famille écrit par Nabil, qui nous rappelle à quel point chaque famille, au fond, est un mélange d&#8217;influences. Entre Rahho et Mama Corsica, on se dit que fonder une famille est un geste qui transcende les conditions sociales, les appartenances ethniques et culturelles. Le style d&#8217;écriture est également très agréable et touchant, ce qui renforce l&#8217;effet voulu de transmettre l&#8217;idée qu&#8217;une famille, ça éclaire tout un chemin&#8230;</p>
<p><strong>Portrait de famille du métis-sage, par Nabil E.</strong></p>
<p>La vie, à  quoi ça tient ? Une question simple en apparence. Une question existentielle. Une question universelle. J’imagine que cette idée, même fugace et fugitive, vous a tous traversé l’esprit, au moins une fois au cours de votre existence… Dans le cas contraire, un peu de patience, c’est imminent !</p>
<p>Métissage du corps et du cœur, héritage de sons et de couleurs… Mon existence a pris naissance sur les deux rives de la mer blanche intermédiaire, la mer méditerranée. Un franco-italien d’origine marocaine, un marocain d’origine franco-italienne, que sais-je encore ? Poursuivez la liste si ça vous amuse… Les nations, quelle importance ? La médiocrité nous y attache, l’Islam nous en détache. Le métissage n’est pas une fin en soi, quoiqu’en pensent celles &#8211; ou ceux &#8211; qui cherchent et recherchent à tout prix des converti-e-s pour se lancer dans l’aventure… du mariage ! Ce métissage est encore moins un drame. Il est simplement l’une des routes que l’on suit pour arriver à destination…</p>
<p>La vie, à  quoi ça tient ? Aujourd’hui encore, cette idée s’est frayée un chemin à travers les méandres de mes pensées. Aujourd’hui encore, elle frappe à ma porte. Aujourd’hui encore, je lui ouvrirai…</p>
<p>France, 1970.</p>
<p>En ce mois de janvier, l’air est glacial mais ni plus ni moins qu’à l’accoutumée. D’ailleurs, personne ne semble particulièrement troublé. Les passants se croisent, souvent sans un regard, sans un bruit. Le froid semble les avoir envahis. Pourtant, parmi cette multitude, il est un homme dont le corps et le cœur sont saisis à vif. Un manque d’habitude sûrement…</p>
<p>Qui est-il ? D’où vient-il ? Où va-t-il ? Nul ne le sait encore… Et personne ne se le demande, pas même lui. Il sait simplement qu’il vient de quitter sa terre natale, pour un ailleurs dont il ne rentrerait jamais. Une éducation autonome, un père parachuté haut fonctionnaire par les colonialistes français (protectionnistes, pardon !), un grand frère (puisqu’il faut l’appeler comme ça) qui vit en France, un asthme rebelle qui l’empêche de vivre dans cette ville marocaine qui l’oppresse physiquement (tout un symbole) : pêle-mêle, voilà quelques-unes des raisons de son départ. Voilà donc quelques-unes des raisons de ma naissance. Celui qu’aujourd’hui, nous surnommons affectueusement « Rahho ». Mon père…</p>
<p>Vingt ans. Je t’imagine fier, enthousiaste, passionné, rebelle, orateur, excessif, meneur, révolté, bouleversant, rêveur, bouleversé, vivant tout simplement. La vie t’a élevé et tu lui ressembles. Tu es plein de certitudes et tu veux révolutionner le monde. Un idéaliste, voilà ce que tu es ! Un idéaliste, voilà ce que tu resteras…</p>
<p>France, 1971.</p>
<p>Tu as quitté  le Maroc. Tu y as laissé tes proches, tes amis, ta famille, une partie de ton cœur… Tel un arbre élagué qui poursuit sa course vers le ciel avec plus d’aplomb et une force régénérée, ton cœur « amputé » s’en est trouvé renforcé. Libre arbitre et prédestination… « Mektub », un mot magique, presque mystique, qui permet à une communauté de résumer cette équation insoluble qu’est la Vie. Quoiqu’il en soit, nul ne saura jamais la profonde raison de ton exil en France mais ici-même tu as rencontré la Vie justement, l’Amour, la Moitié de ta Foi. Celle qu’aujourd’hui, nous surnommons affectueusement « Mamma Corsica » malgré (ou peut-être à cause de) ses origines italiennes. Ma mère…</p>
<p>Le paradoxe et la beauté d’une Union. Vous n’avez cure des obstacles qui se présentent pour briser une unité naissante et ces insignifiantes poussières sont effacées d’un revers de la main, par la jeunesse et la vigueur de votre Amour. L’avenir vous appartient…</p>
<p>L’avenir, justement parlons-en ! Ou plutôt, le passé… Le nord italien ne lui prédisait rien de bon dans ces années 20. Mon grand-père, auquel je ressemble parfois sur les rares photos que j’ai de lui, avait décidé de tenter sa chance en France. Je n’ai jamais compris pourquoi… Seul, parmi de nombreux frères et sœurs, il a franchi cette frontière naturelle que sont les Alpes et s’est établi comme maçon, la puberté à peine achevée… J’aurais aimé le connaître mieux, mais j’observe ma mère et bien souvent, en arrière-plan je le devine. Tout autant que je devine ma grand-mère, de famille bien ancrée dans le « terroir » français, que je n’ai pas connu… Ce furent les éducateurs de ma mère, cette littéraire autodidacte des travaux manuels, talentueuse et modeste, altruiste au plus haut point tout autant que travailleuse infatigable. Qu’Allah la récompense pour les bienfaits qu’elle distribue tout autour d’elle.</p>
<p>France, 1975.</p>
<p>Tu es belle. Belle comme les Univers, voilà ce que Rahho se plaît à répéter. Voici quatre ans que vous partagez vos vies, votre vie même car vous n’êtes plus qu’Un. « 1+1=1 », la curieuse équation du Bonheur… Le bonheur décuplé, c’est un enfant qui naît. Mon frère…</p>
<p>Un vrai petit Parisien ! Si, je vous assure qu’il y est né, c’est marqué sur sa carte d’identité… N’en déplaise à certains ! La France… Elle change, elle bouge, elle est de toutes les couleurs pour notre plus grand bonheur, du moins on en rêve. Le bonheur, il est dans les yeux et dans le cœur de ses parents… La vie s’accordera désormais aux sons de ce nouveau-né !</p>
<p>Maroc, 1978.</p>
<p>Chamboulement. Autre lieu, autre temps. La vie réserve bien des surprises. Avez-vous hésité à franchir le détroit de Gibraltar, maigre séparation (tant convoitée) entre l’Europe et l’Afrique ? Je ne vous ai jamais posé la question. Je ne la poserai jamais d’ailleurs… « Le passé doit être un ornement, pas un fardeau », se plaît à répéter un frère de cœur ! Impoli, je le suis puisque je parle de moi sans m’être présenté… La famille s’agrandit au crépuscule de l’été. Un casablancais de naissance, le « petit dernier ».</p>
<p>De ces premières années de ma vie, je vous avoue à regret que les souvenirs sont inexistants… A moins que certaines anecdotes ou photographies m’aient permis de matérialiser des images enfouies au fond de mon âme ?! Il paraît que j’y ai au moins pris goût pour la gastronomie marocaine, grâce à ma « nounou » de l’époque. Merci à toi pour tes petits soins à mon égard !</p>
<p>France, 1981.</p>
<p>Je pourrais reprendre la même prose quant aux surprises de la vie, au détroit de Gibraltar, au passé qui doit être un ornement… Rassurez-vous, je ne le ferai pas ! Simplement, après quatre années passées au Maroc, la rupture est brutale et la cassure, définitive. Les idéaux sont révolus tout autant que la révolution reste un idéal… Elle n’aura pas lieu, à tout jamais. Fuir pendant qu’il en est encore temps, fuir avant que LE poisson pourri gangrène tout le panier.</p>
<p>Quelques destinations s’offrent à nous. Mantes-la-Jolie vous avait séduits par ce nom champêtre et bucolique, contrastant avec la réalité bétonnée… Finalement, ce fut le 92 (9-2 dirait-on aujourd’hui) ! Je ne m’embarrasse pas de votre avis et c’est avec un ridicule assumé et un sourire sincère que je me plais à taquiner quelques amis en qualifiant ma ville de « plus belle ville du monde » ! J’y ai grandi non ? Rien que pour ça, la ville vaut le détour. Elle a accueilli l’essentiel de mes jeux, de mes joies, de mes peines. Elle est chargée de souvenirs… La rivière par exemple, ça vous dit quelque chose ? Demandez à Rahho… Les yeux pétillants de bonheur, il vous en parlera et des sanglots muets de nostalgie lui déchireront le cœur… Mais fier comme un « ogre de berbérie », il n’en laissera rien paraître. La rivière, c’est une longue histoire… Toujours est-il que nous la franchissons chaque jour qui passe ! Merci.</p>
<p>Je ne peux me résoudre à refermer ce chapitre. Je pense encore à « ma » première adresse de « banlieusard »… Le début de l’école et de la cantine, un vrai bonheur : sans ironie bien sûr, ce n’est pas mon genre ! Que voulez-vous, il n’y a pas que du bon à la « civilisation »… Les souvenirs sont tous là, au bout de mes doigts prêts à virevolter avec fougue sur ce clavier. Un à un j’ouvrirai les coffres stockés dans mon grenier à souvenirs. Incha Allah…</p>
<p>D’ici là, n’oubliez pas, le bonheur est à portée de mains et la vie n’attend pas. A bon entendeur, salam paix pace.</p>
<p align="justify">
<p align="justify">
<p style="text-align: center;" align="justify"><span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: small;"><img class="size-full wp-image-351  aligncenter" title="metissage" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/metissage.jpg" alt="metissage" width="398" height="400" /><br />
</span></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Celtophobie, par Eric F.</title>
		<link>http://www.foulexpress.com/2010/02/21/celtophobie-par-eric-f/</link>
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		<pubDate>Sun, 21 Feb 2010 17:02:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rédaction</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>

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		<description><![CDATA[Voici le 4e gagnant du concours Foul Express. Nous avons beaucoup apprécié la qualité et l'humour de ce texte. Très élégante, la façon dont l'auteur analyse l'invective islamophobe dont il fait l'objet pour tourner la situation actuelle en dérision. Cela montre aussi à quel point ce genre de positions est grotesque.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Voici le 4e gagnant du concours Foul Express. Nous avons beaucoup apprécié la qualité et l&#8217;humour de ce texte. Très élégante, la façon dont l&#8217;auteur analyse l&#8217;invective islamophobe dont il fait l&#8217;objet pour tourner la situation actuelle en dérision. Cela montre aussi à quel point ce genre de positions est grotesque. Les musulmans convertis semblent poser beaucoup de problèmes à un discours jusque là basé sur des clivages ethniques. Le racisme anti-arabes et noirs des années 80 se transforme ainsi aujourd&#8217;hui en &laquo;&nbsp;racisme&nbsp;&raquo; anti-musulmans&#8230; </p>
<p> </p>
<p><strong>Celtophobie, par Eric F.</strong></p>
<p>Tellement de fois nous avons crié au monde ce que nous sommes réellement en tant qu&#8217; individus, en tant que communauté, justifiant à chaque fois notre droit à l&#8217;existence. On nous prend souvent pour ce que nous ne sommes pas, nous confondant avec un autre jusqu&#8217;à ce que notre véritable identité disparaisse au cours de cette confusion. Ainsi, de ce que je suis, il ne reste que ce que je ne suis pas&#8230;</p>
<p>Et c&#8217;est précisément celui que je suis, que nous lisons dans l&#8217;une des pages du journal de ma vie, un jour comme les autres:</p>
<p>La première fois que j&#8217;ai entendu la douce voix de l&#8217;un de mes concitoyens me déclarer sa flamme en ces termes tellement simples et illustratifs :</p>
<p>“Eh Ben Laden!!&#8230; retourne dans ton pays!!!”</p>
<p>Je dois bien avouer que cela ne raisonna pas telle une harmonieuse mélodie chuchotée avec amour au creux de mon oreille. En revanche il me vint immédiatement à l&#8217;esprit une autre mélodie, ou plutôt un tube de l&#8217;été 1789&#8230; sans aucun doute premier au top 50 à cette époque. Ca se chantait en cœur sur un air entrainant plein d&#8217;espoirs de lendemains ensoleilles&#8230; et je ne parle pas de météo. Ca faisait quelque chose comme:</p>
<p>“liberté ,égalité,fraternité”&#8230;.</p>
<p>vous savez&#8230; c&#8217;était sur le même air que “We are the world”. Tout de même, c&#8217;est fou comme les tubes commerciaux de l&#8217;été peuvent rester en tête, on le chantonne sans même savoir d&#8217;où cela sort. Et bien évidemment, mon courageux et intrépide frère de nationalité a disparu aussi vite qu&#8217;il était apparu. Ai-je rêvé ou était-il vraiment là??? Etait-ce le son de sa voix ou le simple écho du doux message de paix diffusé à la TV???</p>
<p>Puis l&#8217;ode de cet amoureux de la liberté d&#8217;expression pourtant si courte mais pleine de sens, me revint comme le flash info du 6 minutes d&#8217;M6&#8230;. Eh Ben Laden!!&#8230; Ah bon?? Alors je serais Oussama Ben Laden?? Mais non Monsieur, vous faites erreurs, je ne suis pas ce Monsieur Ben Laden et la CIA ne vous donnera pas dix millions de dollars si vous me capturez&#8230;</p>
<p>D&#8217;ailleurs, je ne suis pas natif d&#8217;Arabie Saoudite, mais de Lyon 3eme près de la mairie. De plus, mes origines ethniques ne sont ni du Moyen Orient, ni d&#8217;Afghanistan mais du côté de Saint-Malo en Bretagne&#8230;. Et pourtant, malgré toutes ces différences ethniques, physiques, linguistiques et géographiques c&#8217;est pour moi monnaie courante que d&#8217;être confondu avec ce Monsieur. Peut-être devrais-je me faire broder un maillot de foot avec mon nom dessus, ainsi les gens y verraient plus clair.</p>
<p>Puis la deuxième partie de ce poème lyrique: “Retourne dans ton pays!”. Bon sang, c&#8217;est fou la haine des parisiens pour les bretons!! Et aveuglés par leur rage, ils pensent que la Bretagne a obtenu l&#8217;indépendance&#8230; “TON pays”, un pays distinct, certainement que les indépendantistes bretons se réjouiraient de cette nouvelle si elle était vraie!! KENAVO!!!! Vive la Bretagne libre!!!!</p>
<p>Et chose étrange, lorsque je voyage dans le reste de la France, je retrouve cette même haine du breton que je suis&#8230; peut-être devrais- je monter un collectif de la dénonciation de la “celtophobie”&#8230; Nous autres descendants des celtes avons toujours subi. Cela dit, j&#8217;aurais pu être grisé par cette confusion faite avec l&#8217;homme le plus recherché du monde américain, tel Mesrine, on aurait fait un film sur moi&#8230; A Moi Hollywood !!!! Mais tous ne partagent pas mon enthousiasme cinéphile, tel mon ami Amar-pauvre de lui- qui m&#8217;affirme que mes admirateurs anonymes m&#8217;appelant Ben Laden, savent que je ne suis pas lui et ne veulent par cela qu&#8217;insulter ma religion, mon apparence et sous-entendre que je ne suis qu&#8217;un terroriste.</p>
<p>-Mais voyons Amar, comment peux-tu avoir une si mauvaise opinion de mes concitoyens?? Nous sommes tous enfants de la République unis dans l&#8217;amour de la liberté laïque ( Je sais que ça ne veut rien dire mais c&#8217;est comme les additifs en “E” que l&#8217;on trouve dans la liste des ingrédients des produits que l&#8217;on absorbe sans comprendre ce qu&#8217;ils signifient) cela est impossible! Et c&#8217;est, illuminé par la sacrosainte vision d&#8217;un nain de 1m40, au slogan si philosophique: “ La France on l&#8217;aime ou on la quitte”, que me fut révélée la véritable explication de la tirade du début que je lui transmis en ces termes:</p>
<p>-Me prenant pour Monsieur Ben Laden, ils savent qu&#8217;il est recherché et bien évidemment, se font énormément de souci pour lui. Alors, tel un ami sincère qui veut vous préserver d&#8217;un danger imminent ils m&#8217;appellent et m&#8217;ordonnent avec amour de retourner à Araboland (Entre Burkaland et Terroristeland) car c&#8217;est dangereux pour moi ici.</p>
<p>Autrement dit, le “Eh Ben Laden retourne dans ton pays!” signifie “ attention à toi cher concitoyen, c&#8217;est extrêmement dangereux pour toi ici, il vaut mieux que tu partes pour te protéger!! &#8230;pfff quel esprit mal placé ce Amar! Je le soupçonne même d&#8217;avoir été contaminé par ce virus médiatique qu&#8217;est la victimisation et la perception de l&#8217;islamophobie dans tous les actes du peuple français, qui a l&#8217;évidence a toujours été un farouche défenseur des droits de l&#8217;homme&#8230; blanc et non musulman diront certains médisants. C&#8217;est comme si les Amar et autres n&#8217;avaient jamais écouté le tube de 1789 : “ Liberté, égalité, fraternité, tous les hommes naissent libres et égaux, chacun est libre de sa pratique religieuse etc&#8230;” Pourtant les droits d&#8217;auteur de ce morceau sont du domaine publique, et je n&#8217;arrive plus à dénombrer le nombre de remix servis dans des compiles à la mode par DJ De Gaulles, DJ Chirac et le dernier en date sur un bit funky par DJ Sarko feat les zoulous de l&#8217;Elysée.</p>
<p>La maison de disque “escroquerie&amp; Co”a toujours fait dans le commercial, et on dirait que je suis le seul ringard rétro à écouter encore ce morceau la larme à l&#8217;œil. J&#8217;ai même retrouvé un disque collector à la fnac, uniquement disponible en vinyle, caché entre “viens boire un petit coup a la maison” et “c&#8217;est la danse des canards”. Il était soldé,car plus personne n&#8217;achète un tube vieux de 220 ans&#8230;sauf moi peut-être.</p>
<p> </p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-346" title="celte" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/celte1.jpg" alt="celte" width="500" height="333" /></p>
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		<title>Le Bonheur, par Mickaël B.</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Feb 2010 08:42:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rédaction</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce texte plein d&#8217;humour proposé par Mickaël B. est très agréable à lire. Il détourne une scène de la vie quotidienne pour nous interroger sur la nature du bonheur, sa rareté, sa valeur et les moyens de l&#8217;obtenir. L&#8217;auteur utilise très bien le dialogue entre le client et la vendeuse, parfois désabusée sur l&#8217;usage que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce texte plein d&#8217;humour proposé par Mickaël B. est très agréable à lire. Il détourne une scène de la vie quotidienne pour nous interroger sur la nature du bonheur, sa rareté, sa valeur et les moyens de l&#8217;obtenir. L&#8217;auteur utilise très bien le dialogue entre le client et la vendeuse, parfois désabusée sur l&#8217;usage que font les gens d&#8217;un bonheur si précieux. Chapeau&#8230;</p>
<p><strong>Le Bonheur, par Mickaël B.</strong></p>
<p>10h30 , Paris</p>
<p>Sorti du métro, Montreuil…Enfin…</p>
<p>Quelques sourires dans ma poche… Je les garderais jusqu’à ce soir…Ils sont éphémères, ne durent guère plus qu’une journée, malheureusement…Quelquefois, en fermant longuement les yeux, j’arrive à les faire durer jusqu’à tard dans la nuit. Mais c’est rare.</p>
<p>J’ai faim…Je vois un fast-food pas loin, je vais tenter le coup…</p>
<p>-« Bonjour, je voudrais du bonheur s’il vous plait.</p>
<p>- Sur place ou à emporter ?</p>
<p>Quelle question ! A emporter évidemment ! Je ne veux pas d’un bonheur que je ne peux  garder avec moi. Et encore moins partager. Je veux l’emporter avec moi, le chérir, l’entretenir, le faire vivre…Un bonheur, ça doit vivre non ? C’est quoi du bonheur sur place ? […]</p>
<p>- A emporter…</p>
<p>Elle me tend un paquet marron, soigneusement refermé…</p>
<p>- Qu’est ce qui me prouve que c’est du bonheur ?</p>
<p>- Bah vous savez à quoi cela ressemble non ? Vérifiez vous-même !</p>
<p>Le fait est que je ne sais pas vraiment à quoi ça ressemble du bonheur. J’ai bien vu chez les autres des semblants de bonheur mais je n’étais jamais sûr…Et puis mon bonheur, ce n’est pas forcément celui des autres…</p>
<p>- Je ne sais pas, j’hésite quand même…Je voudrais pas que ce soit du mauvais bonheur…Du malheur pourrait-on dire…Y a rien de pire que le mauvais bonheur, n’est ce pas ? On croit qu’on est heureux, et puis on n’ose pas imaginer qu’on pourrait l’être encore plus, alors on n’ose pas se débarrasser du sac, vous comprenez…</p>
<p>- Bah, dans ce cas, ne prenez pas du bonheur, prenez de la joie. La joie c’est plus visible, ça se manifeste tout de suite. Ca fait pleurer, mais différemment. Et c’est éphémère, mais on le sait, on n’est pas surpris ! On a un menu joie en ce moment, avec en cadeau des amis d’enfance sans aucun intérêt que de vous faire rire…</p>
<p>- Non, non je vais prendre le bonheur… Mais qu’y trouve t-on à l’intérieur ?</p>
<p>- De la vie, des sourires d’adultes et d’enfants, quelqu’un qui vous rend beau, qui vous fait rire, qui aime vos blagues débiles.  De la musique, des feuilles qui tremblent dans les arbres, du soleil, des étoiles, deux regards qui voient le même horizon, des paroles, […], de l’oubli, …</p>
<p>- C’est bon, c’est bon, je crois que je vais le prendre… Mais ça fait beaucoup tout ça…Je veux dire…C’est pas dangereux au moins ?</p>
<p>- Je ne crois pas…En tout cas, personne n’est encore mort du bonheur jusqu’à maintenant…</p>
<p>- Oui, tant qu’on l’a…</p>
<p>- Si vous le perdez, c’est votre problème…On rembourse pas de toute façon…</p>
<p>- Même si je n’aime pas ?</p>
<p>- Vous n’aurez qu’à en prendre un autre ?</p>
<p>- Mais je vais le payer ?</p>
<p>- Oui, on paye toujours pour les bonheurs ratés. C’est ainsi. On ne peut pas se permettre de rembourser les gens pas heureux ! Vous imaginez l’argent que ça nous coûterait ?</p>
<p>- J’imagine…je suis tenté…Les gens qui sortent de chez vous ont l’air heureux, ils ont le sourire.</p>
<p>- Ils sont satisfaits surtout.</p>
<p>- Satisfait de quoi ?</p>
<p>- De leur bonheur…Ils croient l’avoir mérité !</p>
<p>- Oui et c’est marrant, ils partent chacun de leur côté…Avec leurs sourires…C’est bizarre, ils pourraient se regrouper, en parler…</p>
<p>- Pourquoi faire ? Y a que le malheur qui se confie ! Le bonheur fait rarement parti des confidences !</p>
<p>- Cela vous ferait de la publicité, pourtant…</p>
<p>- Oui mais bon, peut être que le bonheur des uns grandit quand les autres sont malheureux. Trop de pub, cela nous tuerait le bonheur, à coup sûr…</p>
<p>- Vous êtes dure là ! Je pense qu’ils n’osent pas l’exhiber c’est tout… C’est de la pudeur…</p>
<p>- Peut être oui… Je suis un peu aigrie par ce boulot…Si vous saviez tout les gens à qui j’ai donné du bonheur et qui l’ont saccagé ! Ca me dégoûte !</p>
<p>- Oui, je pense que peu de gens sont conscients de ce qu’ils ont…J’en parlais tout seul tout à l’heure dans le métro…</p>
<p>- Bon, vous m’êtes sympathique, et tout, et tout, mais…Vous le prenez ce bonheur ou pas ?</p>
<p>- Non…Finalement, je vais aller me promener…Je vais pas l’acheter votre bonheur…Je vais le croiser. »</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-331" title="RondCouleurs" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/RondCouleurs.jpg" alt="RondCouleurs" width="550" height="550" /></p>
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		<title>Belle Sous Ville, par Ahmed B.</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Feb 2010 17:00:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rédaction</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>

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		<description><![CDATA[Au delà de sa qualité de rédaction, nous avons choisi ce second texte pour la précision de la description qu&#8217;il fait du quartier de Belleville. Peu d&#8217;auteurs ont la légitimité pour présenter un quartier de manière fidèle, sans les artifices d&#8217;une mise en scène excessive.  C&#8217;est pour cela qu&#8217;il nous a paru important de mettre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify">Au delà de sa qualité de rédaction, nous avons choisi ce second texte pour la précision de la description qu&#8217;il fait du quartier de Belleville. Peu d&#8217;auteurs ont la légitimité pour présenter un quartier de manière fidèle, sans les artifices d&#8217;une mise en scène excessive.  C&#8217;est pour cela qu&#8217;il nous a paru important de mettre ce texte en avant, proposé par Ahmed qui, en plus de son coup de plume, a mis au service des autres ses qualités dans le cadre de l&#8217;association &laquo;&nbsp;<a href="http://actionvertlavenir.com">Action Vert l&#8217;Avenir</a>&nbsp;&raquo; qui développe des projets de développement durable. C&#8217;est donc une raison supplémentaire pour soutenir une telle initiative&#8230;</p>
<p align="justify">
<p><strong>Belle Sous Ville, de Ahmed B.</strong></p>
<p>Je ne me sens pas Bellevillois, je n’ai jamais aimé les étiquettes. Maintenant, il est un fait, j’y ai toujours vécu, j’y ai même galéré, perdu du temps, gagné des tunes. J’ai du y faire tout ce qu’il est possible de faire dans son quartier, quand on est jeune en construction et avec parfois, l’irrépressible envie de détruire. À Belleville, je connais les halls, les cours d’immeubles, les trottoirs, les parcs, les parkings, les coins et recoins, et j’ai la certitude que nombreux encore me restent secrets. Je connais les restaurants, les bars, les associations, les cafés du coin ; les incontournables et classiques, ceux aussi qui restent déserts à l’exception de rares habitués qui font toujours extraordinairement raccords avec le mobilier, et les autres, plus en vogue, qui surfent sur la vague Bobo, design, vintage. Ceux-là respirent le concept jusqu’au zinc… Aujourd’hui je pourrais être à des années lumières de mon enfance à Belleville, cependant, ce n’est pas le cas. Mes multiples activités associatives, professionnelles, ainsi que mon bagage universitaire m’éloignent d’une jeunesse rythmée par les aléas d’un ancrage particulier au territoire du quartier. Et pourtant Belleville est le dénominateur de la plupart de mes nouveaux projets.</p>
<p>Un quartier évolue, il est souhaitable (?) aussi qu’on évolue, seulement je ne sais pas dans quelle mesure on évolue avec son quartier. Quand j’observe les nouvelles générations, celles qui, toutes prétentions et proportions gardées, arpentent les chemins qu’on a empruntés jadis, j’ai clairement l’impression que Belleville est un éternel recommencement pour ses jeunes. Malheureusement, on peut raconter sa vie aux plus jeunes, mais il semble que l’expérience qu’on leur communique est condamnée à rester une torche sans pile. Tous vont avec plus ou moins de succès, de persévérance, de croyance, de bêtise, s’essayer à la carrière de délinquant. Dans ce cas, à Belleville comme ailleurs, il faut accepter tout ce qui va avec.</p>
<p>Par exemple. Dans les quartiers dits « sensibles », les violences policières, corporelles et humiliations, sont classiques et font partie du quotidien. Elles n’étonnent que les étrangers à ce microcosme lorsqu’ils daignent ouvrir les yeux sur le sort de ces populations.  Moi-même j’ai été, déterminations sociologiques obligent, familier des mauvais endroits et mauvais moments, où, les altercations musclées avec les forces de l’ordre sont si banales que lorsqu’elles n’engendrent pas les circonstances gravissimes, donnent simplement naissance, une fois essuyées, aux rigolades et moqueries. Pourtant mon cas est bien éloigné des parcours marqués par les violences les plus extrêmes, et reste tout communément ponctué par la routine des contrôles et des nombreuses visites au poste. Et il fut seulement deux fois tristement récompensés par deux simples « outrage et rébellion ». Sans avoir attendu mes études pour qu’elles jettent le doute sur ma nature foncièrement mauvaise, elles fournirent au moins, la cynique consolation que nous sommes aussi le fruit des cadres sociaux. Alors, à moins d’être frappé de cécité, nul besoin d’être sociologue pour avoir une idée, même sommaire, des circonstances à l’œuvre dans les quartiers dits « défavorisés », « prioritaires », « sensibles », « difficiles » ou encore, de « l’immigration ». Aux dernières nouvelles, paroles d’élus, tout ceci est en voie d’amélioration. La voie est d’ailleurs, depuis des années, bien engagée. Aujourd’hui, où l’on donne la température des quartiers chauds comme on diffuse les bulletins météos, l’intensification des mesures de l’insécurité montre bien la primauté donnée à la thématique de la sécurité. Elle affecte concrètement mon quartier. La relation entre délinquance et urbanisme n’est pas une corrélation simple et directe ; le climat d’insécurité n’est pas tant un problème de forme que de fond. Pourtant les politiques de la ville semblent accorder une large part à la restructuration. On a pu voir durant la dernière décennie, marquée notamment par la thématique de l’insécurité, des politiques de travaux visant à améliorer le confort d’une partie des habitants, à limiter le champ d’action des indésirables et, dans le même temps, à faciliter l’accès des zones dites de non-droit aux forces de police. Sur le terrain, dans les quartiers de l’Est parisien où j’ai pu les constater le plus nettement, l’accomplissement de ces mesures se réalise par la destruction – rénovation des habitations sensibles (pour cause l’insalubrité et la faune qui y gravite) ; la condamnation – ouverture d’accès ; et la reconfiguration des remparts, barrières, grilles,… La suppression des murets, marches d’escaliers, et autres infrastructures susceptibles de favoriser le squat d’une population de « sauvageons », à qui l’on avait clairement affiché la véritable campagne qu’on menait contre elle, ainsi que la destruction des immeubles et la constitution de nouvelles voies (rue, passage) au sein des blocs d’habitations, comptaient parmi les mesures les plus inattendues et spectaculaires.</p>
<p>Avant de revenir de manière plus fine à ce folklore, on peut faire un tour dans le quartier de Belleville qui est très loin de s’y limiter. Le quartier de Belleville manifeste une grande diversité culturelle. Il présente différentes minorités « visibles » (Attention : je ne pense pas qu’on les voie plus que les autres…) qui divergent par leur ancienneté et leurs modes d’implantation. On pourra apprécier le caractère autonome ou soumis de leurs positions sociales par le nombre et les domaines que recouvrent les commerces, services, lieux de cultes, etc… Ainsi on observe une forte communauté asiatique (à majorité chinoise), juive (séfarade), africaine (constituée en grande majorité de Maliens, Sénégalais, et Maghrébins principalement Tunisiens), indienne, portugaise, espagnole, d’Europe de l’Est, turque et comorienne. Malgré l’illusion de brassage culturel, on constate que les individus vivent chacun au sein de leur groupe culturel respectif et que les contacts interculturels sont peu fréquents. Pas très révolutionnaire comme information ; à l’image de nombreux animaux et autres insectes sociaux, les hommes vivent entre eux. (Je ne parle pas des souches, invisibles par définition…)</p>
<p>Belleville fait l’objet d’un morcellement en une multitude de microterritoires exclusifs, révélateurs des identités des groupes qui en marquent l’appropriation et les identifications. Au sein du quartier où les différents groupes humains sont amenés à cohabiter se jouent les mécanismes d’attractions/répulsions, stratégies d’appropriations, d’évitements, et autres rapports de coopérations, de négociations, de tolérances… Ainsi, les jeunes teneurs de murs sont amenés à composer dans et avec ce microcosme bellevillois cosmopolite où chacun semble étranger ou étrangement invisible à l’autre.</p>
<p>Certes le restaurateur du coin n’est pas forcément plus grec que l’épicier est marocain… Mais là où il était facile d’assigner ce genre de clichés à certaines minorités, la communauté asiatique s’est énormément diversifiée dans son implantation par les services qu’elle propose, et on la retrouve dans des domaines aussi variés que la santé, la presse, les multimédias, l’alimentation, le textile,… Cela étant dit, il faut noter qu’en dehors de la population asiatique, qui, du moins en apparence, se suffit à elle-même (la population s’autonomise et se dégage d’une position soumise envers la terre d’accueil), ce sont les communautés juives, maliennes, sénégalaises et maghrébines qui peuplent le plus le quartier.</p>
<p>Une familiarisation avec Belleville, au risque de flirter avec l’impressionnisme, se doit d’effleurer ces composantes structurantes de son environnement. En nombre, les manifestations urbaines que le quartier accueille sont bien plus compliquées et complexes que le très succinct tableau brossé ici. Seulement, à défaut de précisions, il semble nécessaire d’en donner au moins un aperçu pour en saisir l’originalité. Avec sa voirie fréquemment jonchée de déchets, et cela de manière critique dans certaines ruelles, le sale atteste de ce trait particulier propre au quartier.</p>
<p>À plus d’un aspect, il est limite, théâtre des déviances, de vies et d’économies parallèles. Les phénomènes abordés ont en commun les aspects de la précarité, l’illégalité ou le caractère informel de la ville en général et plus particulièrement de Belleville. Le quartier populaire en est l’hôte, cela est rendu possible par sa propension à tolérer ces aspects marginaux de la ville. Sans entrer dans une lecture écologique on peut affirmer que jusqu’à maintenant, tant que ces manifestations y trouvent place, Belleville est apte à assurer cette fonction dans la capitale. Généralement, c’est sans complexe que ces pratiques se déroulent aux yeux de tous. Avec la routine du quotidien, l’anodin est à peine anecdotique, il n’y est plus prêtée attention. D’autre fois, l’invisibilité est un luxe. Lorsque les signes extérieurs (vestimentaires, faciès, langage) ont une valeur de stigmate, l’expérience de l’altérité peut se révéler une véritable aventure pour les inconnus reconnus, aux traits des « populations visibles ». Aussi, même si elle reste à nuancer, il ne faut pas occulter la dimension protectrice inhérente au quartier. La concentration de populations issues de l’immigration, immigrées et supposées étrangères font de Belleville un quartier multiculturel idéal pour passer inaperçu. À l’échelle mondiale, il est sans doute un des nombreux phares qui rayonnent pour les filières migratoires. L’attraction qu’il génère, chez les populations, repose en grande partie sur les ressources culturelles qu’il propose. Elles y trouvent les pairs, ainsi qu’une offre commerciale et de services spécifiques. Les signes manifestes ailleurs discriminants le sont nettement moins au sein du quartier. Cependant, les forces de l’ordre ne l’ignorent pas ; Belleville est une aire de prédilection pour la traque aux sans-papiers. Pour ces derniers, au caractère protecteur du quartier pluriethnique s’ajoute un aspect non négligeable : la dangerosité des rondes de police et de l’embuscade des contrôles. Stratégiquement, la police opère aux points névralgiques que sont les boulevards, les sorties de métros ou d’écoles et plus rarement dans l’enceinte même des foyers de travailleurs migrants… Écrit sur banderoles multicolores parsemées en de multiples recoins du quartier, on lit le soutien des Bellevillois sensibles à ces questions. Les réseaux d’entraides et les manifestations en faveur des sans-papiers ne sont pas rares. Le quartier reste animé pour le meilleur comme pour le pire…</p>
<p>Si le quartier est vivant, c’est aussi parce qu’il réunit un certain nombre d’activités économiques assimilables aux stratégies de survie. Elles constituent en quelque sorte aussi une part du pittoresque et du folklore local. Leur développement est tout aussi visible dans le quartier populaire où se croise une diversité de situations précaires. Différents publics sont concernés, avec des motivations et des moyens tout aussi variés, chacun s’adonnant aux pratiques de « subsistance ». Pour ces questions de vie et de survie, les moyens déployés et la transgression qu’ils portent sont plus ou moins marginaux, officieux, tolérés, organisés, dissimulés… Les activités se distinguent par leur régularité et leur constance dans les manières de s’établir. Sédentaires si elles disposent d’un endroit relativement attitré pour les accueillir, sinon nomades quand elles parcourent le quartier. Une chaîne de télévision « engagée » a par exemple produit un documentaire d’ « investigation » sur la prostitution de femmes asiatiques à Belleville. En donnant quelque chose de romanesque à son titre, elle l’a intitulé « les marcheuses de Belleville »…</p>
<p>Pour ce qui est de faire vivre la rue, prend malheureusement part au tableau le cas de ceux qui littéralement y vivent. À deux niveaux de la rue Fontaine au roi, installés depuis quelques années déjà, non loin des tentes du canal St Martin rendues célèbres grâce aux Enfants de Don Quichotte, tente et matelas à même le sol constituent l’habitat permanent de sans abris, six ou sept environ. Sans doute trop peu nombreux pour susciter l’intérêt des médias, ils ne sont pas moins présents profitant du souffle chaud et gratuit des bouches d’aérations. Ils sont calmes et la rue semble indifférente à leur présence. À l’exception de rares passants enjambant et s’aventurant au travers du campement de fortune, la plupart quittent le trottoir pour rejoindre la  large chaussée… À l’endroit où les vendeurs pakistanais et africains du foyer se disputent pacifiquement les clients pour la vente de maïs ou de marrons chauds, selon la saison. C’est-à-dire, un peu plus haut, à hauteur du métro Belleville, côté rue de Belleville et boulevard de la Villette, au carrefour où se situe la station ; un groupe de clochards d’une petite douzaine s’est installé de manière tout aussi durable. Ils stationnent principalement sur la rue de Belleville, mais on peut parfois les retrouver dans le métro, surtout l’hiver, sur les quais de la ligne 11. Impossible de situer dans le temps leur enracinement, ils semblent toujours avoir siégé sur place. Cela dit, ils n’ont pas pris la rue pour habitat, du moins ils ne couchent pas à cet endroit occupé la journée et à la tombée du jour, qu’ils finissent par quitter une fois la nuit bien entamée. Avec leur omniprésence, ils sont connus des Bellevillois, sans compter que vifs et remuants, leur turbulence les range difficilement parmi ceux qu’on ignore. Fortement alcoolisés, ces derniers sont autrement bruyants, ils comptent parmi eux des clochards célèbres pour leurs pitreries quand ils miment et interpellent les passants pour demander de l’argent ou pour le plaisir de l’invective. Fait remarquable à Belleville carrefour de cultures, à ce carrefour (boulevard de Belleville &#8211; rue de Belleville) prend place le groupe comptant une femme et des hommes de types européens, noirs, asiatiques et maghrébins. C’est le seul groupe où se réalise une réelle mixité ; la proximité sociale facilite le dépassement des barrières culturelles…</p>
<p>Cultures, pauvretés et barrières, toujours il est instructif d’examiner les multiples rapports qu’ils entretiennent dans les quartiers populaires. Au sein des enclaves ethniques, la teneur ethnique enrobe jusqu’aux manifestations de la misère. La mendicité orientée vers un segment des Bellevillois illustre bien cet aspect, lorsque les mendiants formulent explicitement leur demande dans la langue de la communauté à laquelle ils s’adressent. Aux abords des mosquées, il n’est pas rare d’y trouver assis des mendiants, hommes et femmes voilées. D’autres, plus organisés, aux « salam alaikoum » approximatifs et accoutrés de sorte à être fondus dans la masse des mendiants, semblent avoir trouvé un filon certain dans la charité…</p>
<p>Par ailleurs, sur la rue de Belleville, en territoire asiatique, un autre type de phénomène illustre les discrètes économies intragroupe. Le placardage d’annonces calligraphiées non traduites assure une communication interne. Les deux trois murs inondés d’affiches, toujours fraîchement renouvelées, attestent de la vivacité de ce moyen de communication, accessible et efficace. On peut y lire des propositions d’emplois et fréquemment des Marlboros à vendre&#8230;</p>
<p>À visibilité variable il est vrai, cependant, si l’on y regarde de près, il s’avère que chaque groupe a développé ses trucs et astuces internes de fonctionnement. À l’inverse, les vendeurs ambulants à la sauvette font figures de franchisseurs de barrières. Ils vendent à tous et à toutes, allant au contact des clients potentiels, sillonnant les rues, restaurants, bars et terrasses. Certains Asiatiques en ont fait une spécialité, parcourant Belleville avec les gadgets qu’ils offrent ; briquet téléphone, briquet couteau, briquet Tour Eiffel, briquet voiture de course…Les Pakistanais vendeurs de roses, Tunisiens de bouquets de jasmin et Maghrébins de Marlboro usent d’un mode opératoire identique.</p>
<p>Le plastifieur de pièces d’identité et autres papiers est un personnage atypique. Il travaille seul et depuis des années il tient fidèlement son poste. Il a installé son stand au carrefour de Belleville, côté onzième, à l’embouchure de la rue Faubourg du Temple. Équipé d’une petite table recouverte d’une nappe rose et de sa machine à plastifier, pour quelques euros, il propose de  recouvrir les documents d’un film plastique. Il occupe un espace de transit où la circulation est abondante. On le retrouve alors chaque jour et non uniquement à ceux du marché.</p>
<p>Le mardi et le vendredi a lieu le marché de Belleville. Il dure jusqu’au tout début d’après-midi, mais les maraîchers les plus rapides remballent aux alentours de treize heures leurs stands. À la clôture du marché, la marchandise non écoulée est laissée sur place. C’est là que débute la récupération pour les habitués de l’après-marché. Le public est varié, les différentes populations bellevilloises là encore semblent représentées, cela dit les personnes âgées sont les plus nombreuses. Tous ne sont pas munis de sacs ou de chariots, chacun y va méthodiquement, sélectionnant les fruits et légumes, décortiquant les abîmés, fouillant et retournant les cagettes, les emportant parfois pleines, en cas d’heureuse trouvaille, ou vides, lorsqu’elles serviront de paniers pour l’occasion. Même s’il faut aller vite, il y a assez de place pour tous. Répartis sur toute la surface, ils ramassent les aliments de leur choix au gré de leurs déambulations en évitant de se marcher sur les pieds. Y mettant progressivement fin, l’arrivée des agents de nettoyage accélère le bal qui se déroule sur le terre-plein central.</p>
<p>Profitant de l’agitation du marché, des fins de marché, et, des va-et-vient des marcheurs lors de ces jours d’encombrements, une équipe de quatre à six hommes et femmes s’invite à la fête. Toujours sur le boulevard, côté vingtième, au niveau du croisement de la rue Bisson, tout près du vidéoclub d’Achour, ils entassent soigneusement, les uns sur les autres, deux ou trois cartons. Ainsi, ils s’improvisent un support stable et aisément démontable. La densité sur les trottoirs fournis en badauds et passants est une aubaine. De l’équipe, chacun connaît son rôle et prend place. Une partie de Bonneteau peut commencer. Rapidement, curieux, joueurs et commentateurs se joignent à eux et viennent grossir les rangs. Les compères du Bonneteau ne font pas régulièrement acte de présence, difficile de saisir une logique dans leurs arrivées. Toujours est il qu’ils profitent et participent eux aussi à l’attraction de ces jours.</p>
<p>Un marché parasite s’est greffé au marché officiel. Sur le boulevard de Belleville, parallèlement au terre-plein central, le marché spontané occupe le trottoir côté vingtième. Initialement ses instigateurs ont profité de l’affluence des jours de marché pour entreposer leurs stands improvisés à même le trottoir. Les contenus sont parfois surprenants, tout y est vendu, le recyclage est de mise, les objets et vêtements de seconde, troisième et énième main sont à la vente. Peignes édentés, mousses à raser, magazines et vidéos pornographiques, livres quelconques, manuels spécialisés, transistors et appareils d’époques incertaines, poupées démembrées et autres jouets aux séquelles rappelant leurs ex-propriétaires enfants terribles, s’empilent vêtements, jeans, pantalons et chemises, montres, lunettes et piles… en définitive un réel bric-à-brac. L’illégalité de ce marché impose  chaque fois le même rituel d’installation. Les vendeurs se rassemblent, attendent, en chiens de faïence, ils tiennent leurs marchandises près d’eux ou les entreposent à quelques pas, nul n’installe son emplacement tant qu’ils ne sont pas en nombre, assez pour que l’un d’entre eux daigne s’y risquer. De manière plus ou moins frileuse, les stands se suivent, les uns près des autres, solidaires dans la transgression, ils organisent la densité de leur occupation. Comme tout ne doit pas être clair c’est une sorte de mêlée qui prend forme. Pour présenter leur étal un drap fait souvent l’affaire ; saisi par les extrémités, d’un seul coup, il est facile d’emporter tout son contenu si l’urgence se présente. En vain la police multiplie les descentes pour saisir vendeurs et marchandises. Visiblement, ces luttes ne sont jamais parvenues à empêcher la tenue du marché parasite, pire encore, au fur et à mesure, le marché ne s’est plus contenté ni des jours de marché, ni de sa place initiale. Lorsque le marché officiel n’occupe pas le terre-plein central, généreusement, il s’en charge. Aux dires de certains Bellevillois, ce recyclage à l’extrême n’a plus grand-chose à voir avec une grande ville européenne comme Paris. Ils y voient là le signe d’une paupérisation inquiétante. Pourquoi pas, mais que dire alors des cigarettes vendues à l’unité, n’a-t-on pas là un autre signe ?</p>
<p>Belleville le jour et Belleville la nuit, c’est le jour et la nuit. À la fin du jour, dans nombreuses rues, l’activité ne fait pas même mine de ralentir. Le quartier est toujours aussi sonore, tard les bruits se laissent encore entendre, mieux entendre, les sources en sont moins diverses. Les rues raisonnent des circulations motorisées, des volumes élevés des notes s’échappant des bars, des automobiles en marche ou à l’arrêt dont les sonos vrombissent des basses grasses, et bien sûr, des cris de Bellevillois qui s&#8217;apostrophent ou communiquent à distance raisonnable pour s’entendre. Chaque groupe constitué a son coin dont il est familier, où ses membres sont assurés de se retrouver, pour discuter, chamailler, disputer, s’encanailler. De temps en temps, des fenêtres, provient l’exaspération hurlée de voisins dont les jeunes enfants dorment, ou dont le travail les attend à l’aube, et qui sait peut-être, les deux…</p>
<p>Les nuits de Belleville sont aussi aux ramasseurs de nuit. Ces femmes et hommes de sorties aux heures tardives, arpentant les rues et examinant les poubelles, traînent leurs chariots pleins des trouvailles de leur excursion nocturne. On les voit fréquemment les soirs où les poubelles débordantes sont sur la chaussée. Préparés pour l&#8217;événement, les mains gantées, parfois même un mouchoir ou un masque sur la bouche et le nez, ainsi que les sacs et chariots qu’ils ont prévus signalent la régularité de leurs escapades pensées jusqu’à l’équipement. Certains des objets retrouveront une autre vie, peut-être les circuits de la consommation. Ils seront proposés le jour, sur les draps tapissant les trottoirs pour la circonstance du marché parasite.</p>
<p>Mais, il n’y a rien à dire, le folklore dont je suis le plus familier avec Belleville c’est : ces rues et ces ruses, celles de ses jeunes qui animent ses rues. Par exemple, en termes d’occupation et d’appropriation à Belleville, les champions de la sédentarisation de l’économie parallèle sont de loin les dealers de shit, pour lesquels est décisive la question du territoire. Ce dernier porte d’ailleurs le nom de « terrain », ou dans l’argot moderne, de « ter-ter ». Il est parfois défendu jusqu’aux dernières extrémités… Un jeune de Ramponneau affirme : &#8211; Ici on l’a tous tétée la rue, cette mère qui ne pleure pas ses morts. Le commerce repose sur la connaissance du « terrain » par les clients, seule garantie de son attractivité et de la bonne marche des affaires. De sorte que dans la rue, être dealer, c’est avant tout la capacité de former, tenir et défendre son « ter-ter ». Entre dealers, les concurrences sont si intenses qu’il peut être inconcevable de le quitter, même peu de temps. Le « terrain » n’est jamais neutre, il va recouvrir de multiples dimensions en étant l’espace où se tissent les relations amicales, de complicités, commerciales, et d’adversités. Il fait l’objet de convoitises manifestées de façon différemment violente…Ainsi, qu’elles aient du temps à perdre ou de l’argent à gagner, le temps d’une journée sur le ter-ter, plus d’une tête se croisent ; amis, compagnons, acolytes, potes, associés… Les interminables stations debout sur le trottoir résument bien ces journées. Les trottoirs sont occupés, jour et nuit, à toutes saisons, durant l’hiver tenace ou sous le soleil de plomb. L’assemblée est peu mobile, mis à part quelques mouvements, rires et discussions…</p>
<p>On peut rappeler les longueurs prises par les sempiternelles joutes verbales. Il serait intéressant d’étudier leurs fonctions sociales ; outre les registres sur lesquels elles portent, les champs lexicaux dans lesquels elles puisent et  l’imagination, la circonspection et l’adresse qu’elles appellent ; comment elles signifient les rôles et statuts (du meneur au bouc émissaire) au sein du groupe. Intéressant aussi de relever les fonctions du rire et de l’ironie auxquelles on peut les relier. Contraste avec ces séances l’atmosphère incroyablement pesante des longs silences que souvent personne ne s’aventure à rompre. Dans ce cas, rarement jovials, les yeux rougis des nuages qui s’échappent de cônes fumants, les visages fermés ont infatigablement les regards projetés dans le vide. Il faut rappeler que la plupart des pensées sont imbibées des vapeurs de t.h.c. ou  d’alcools. En témoigne l’amoncellement de bouteilles vides au sol. La «galère », et les moments d’absence qu’elle impose. La « galère » c’est aussi les patientes et inlassables attentes de « rien du tout ». Invariablement les jeunes donnent le même spectacle sur chacun des microterritoires qui composent Belleville. Le mien c’est Ramponneau, ou c’était, je ne sais plus…</p>
<p>On peut aussi scinder le secteur Ramponneau – Tourtille en deux sous-secteurs : le segment de la rue Ramponneau délimité par la rue Tourtille et le Boulevard de Belleville qui fait office de territoire des plus vieux (25 ans en « moyenne ») et le reste est strictement réservé aux plus jeunes toutes les tranches d’âges confondues. Les jeunes eux-mêmes opèrent ces distinctions en nommant le sous-secteur des plus vieux, « Ramponneau », « le trou », « la Zone », ou « Ramponneau Zoo » (ou Zoo, prononcé à l’Américaine) ; l’autre côté attribué aux plus jeunes est appelé de manière englobante « la Place », ou en verlan, « la Cepla », ou l’ « Autre côté ».</p>
<p>Les « grands » sont potentiellement plus mobiles dans la mesure où l’on peut rattacher la mobilité des acteurs à l’aire d’influence et au capital social dont ils disposent. Deux éléments qui modulent leur ancrage. Les dénominations qu’ils lui attribuent évoquent l’ambivalence du territoire. Ils sont attachés au quartier où se déroule l’essentiel de leurs activités ; mais ils symbolisent aussi leur attachement au territoire de leur relégation. Sorte de condamnation. Leurs appellations sont ironiques, à travers elles ils rient de leur misère. Elles soulignent la marginalité des lieux qu’ils pratiquent et ainsi, ils authentifient leurs identités marginales. « Le trou » est peut-être aussi le gouffre dans lequel ils sont enfouis et « Ramponneau zoo » le théâtre de leurs conduites « immorales », pour ne pas dire inhumaines. À moins qu’il ne faille voir dans ces noms que de simples jeux de langages ? On voit comment ces jeunes ont endossé leurs stigmates, ces noms qu’ils donnent montrent qu’ils en ont relativement conscience, mais jusqu’à quel point ?  Historiquement la rue Ramponneau a longtemps été un repère pour les marginaux et les fêtards, le théâtre de débordements, échauffourées et abus d’alcool. Elle tient son nom d’un certain Jean Ramponneaux, le corpulent aubergiste, si célèbre il paraît. De là est né le verbe dérivé, ramponner, qui signifie frapper et l’expression prendre « un ramponneau », une correction. Aujourd’hui, elle est une zone de passage et de vie pour les habitants de Belleville, mais les Bellevillois n’ignorent pas que la rue Ramponneau est un territoire « sensible » du quartier, là où traînent les jeunes. Ils squattent leur parcelle de rue, y fument et y trafiquent le cannabis, y consomment aussi bières, whisky et champagnes sans motifs apparents. Leur présence et la crainte qu’elle suggère parfois, repousse les habitants loin d’eux ; on change de trottoir, les regards évitent de rencontrer les leurs et l’on presse le pas. D’autres au contraire passent et saluent, parfois même chaleureusement. Les jeunes proposent un coup de main ; ils aident une femme à porter ses courses, un autre homme à charger son auto, etc. Les relations sont variables. Pour certains les jeunes sont la population productrice de l’insécurité, bruyante et délinquante, qui squatte la rue. Pour d’autres, ce-ne-sont-que-des-jeunes, « ils ne sont pas méchants » et font véritablement partie du « paysage » et de l’ambiance du quartier.</p>
<p>Le quartier est occupé du matin au soir, les jeunes commencent à l’animer le plus tôt. Dans la matinée, dès 10h quelques-uns sont déjà levés. Comme ils ne sont pas nombreux, ils stationnent moins et arpentent le quartier à la recherche d’un compère de galère ou d’un « billet à faire ». Les plus vieux de la rue Ramponneau, eux, sont rarement là avant-midi, voire 13 heures. La veille, les plus téméraires ne l’ont pas quitté avant quatre ou cinq heures du matin. Souvent les « tôliers » sont les mêmes, selon l’expression, ceux qui « ferment et ouvrent le quartier ». Mystérieuse est l’origine de cette référence au « tôlier » ; peut-être pour la rudesse de l’emploi. De tout temps aussi, ni la pluie, ni le vent, ni le froid ne gênent son occupation. Les jeunes se montrent inflexibles, inlassablement ils « tiennent les murs ».</p>
<p>Avec l’hiver, on assiste à l’occupation des halls et des cages d’escaliers devenant pour l’occasion de véritables aquariums de fumée. C’est aussi là qu’ils vont prendre un sacré coup de déco. Jamais le projet de les détériorer n’est formulé, je crois que c’est de l’ennui que naît l’amoncellement de traces, débris, tags… Que leur accès soit interdit est insupportable et d’expérience de squatteur de hall, aucune porte ne résiste à un middle-kick bien placé. Les murs ostensiblement blancs semblent formuler une invitation…</p>
<p>L’été, les trottoirs sont largement investis ; les jeux de balles sur la chaussée, les barbecues s’organisent sur les terrains adjacents disponibles, le ghetto-blaster est de sortie et ajoute à l’animation. Mais pour compléter ce tableau, il ne faut pas oublier les traditionnels et bruyants défilés des bécanes de cross. Un été sans les CR, KX, YZ, Piwi, qui brûlent leurs caoutchoucs sur l’asphalte et déchirent la rue des pétarades hurlantes de leurs moteurs nerveux, ne serait plus un été bellevillois. Dès que les premiers rayons de soleil annoncent les beaux jours, tout le monde est à l’affût du premier casse-cou qui inaugurera le bal…</p>
<p>Alors, leur seule présence marque le territoire, à laquelle s’ajoutent quelques détériorations. Les nombreuses bouteilles vides et les mégots de joints, les détritus et les restes d’emballages quelconques, sont au sol. Les portes des halls, nouvellement sécurisés afin d’en limiter l’accès, sont forcées, les rendant à nouveaux accessibles. Sur les murs ont lit quelquefois les inscriptions « Belleville en force », « Belleville Zoo, tu peux pas test », « Belleville si si », etc…</p>
<p>Bref…Voilà un tour, bref et sincère, de mon environnement aussi étroit qu’il puisse sembler. Ici l’élément fondamental qui sert à sa description est ces populations, en effet, c’est ce qui me parle le plus.  Il est vrai aussi que je parle principalement des jeunes de Belleville, des jeunes des quartiers de Belleville. La formule « jeunes de quartiers » que j’utilise ici inonde l’actualité. La population qu’elle désigne est censée aller largement de soi. Les évènements de novembre 2005, ceux qui les ont précédés et succédés, ont mis au premier plan, et à la Une, cette population stigmatisée ou passée sous silence. En dehors de la dénonciation de sa violence ou de ses « incivilités », il est rarement d’usage de porter l’attention sur cette population. Elle est souvent rattachée à toute une constellation de propositions telles que « quartiers de l’immigration », « banlieue », « délinquance », « bandes de jeunes », etc. De telle sorte que lorsqu’il y est fait allusion, il faut fréquemment entendre « les jeunes des quartiers à problèmes ». L’amalgame que concentre cette énonciation est alors loin de retranscrire une réalité rigoureuse, pas plus qu’il rend compte de la diversité des « quartiers ». Apparemment, s’il peut sembler clair que les « marginaux » ne sont pas tous des jeunes de quartiers, il n’est pas toujours évident que les jeunes des quartiers ne sont pas tous marginaux. Toutefois, il existe sans doute des tentatives de retranscrire cette diversité, ou encore, avec les flambées de violences, les journalistes se plaisent généralement à montrer les « modèles d’intégration issus des quartiers ». Je suis moi-même issu des quartiers, d’un Belleville en tout cas, et je ne doute pas de leur richesse, pas plus que je crois en une fatalité. Si certains s’en « sortent », qu’ils s’en félicitent, c’est très bien, ils ont su s’en donner les moyens. Pour les autres, cela ne légitime pas le flirt avec des explications qui supposeraient leur manque de désir de s’en sortir, ou comme je l’ai souvent entendu dire, leur manque de volonté. Voilà pourquoi, mise à part la place qu’ils occupent dans cette modeste ethnographie, il m’a semblé juste d’insister sur leur mode de vie. Cette vie, telle qu’ils la mènent, est une véritable spirale étourdissante, ou plutôt, cet environnement particulièrement étourdissant pour cette vie. Les générations se succèdent et parmi elles, personne n’est à l’abri de ce vertige. Rien ne sert de filer la métaphore et de persévérer dans ce déplacement. Belleville, c’est Belleville, et celui-ci reste le mien…</p>
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</strong></p>
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<p align="justify"><span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: small;"><img class="alignnone size-full wp-image-320" title="belleville1" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/belleville1.jpg" alt="belleville1" width="620" height="472" /></span></p>
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		<title>Rêves d&#8217;enfance, par Achraf A.</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Feb 2010 15:18:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rédaction</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>

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		<description><![CDATA[Voici le premier gagnant du concours d'écriture Foul Express. Il s'agit d'un poème proposé par Achraf sur le thème de l'enfance. Nous avons également retenu un second poème du même auteur que nous publierons plus tard. Le ton enfantin est bien présent au fil du poème, parfois drôle et parfois touchant.
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Voici le premier gagnant du concours d&#8217;écriture Foul Express. Il s&#8217;agit d&#8217;un poème proposé par Achraf sur le thème de l&#8217;enfance. Nous avons également retenu un second poème du même auteur que nous publierons plus tard. Le ton enfantin est bien présent au fil du poème, parfois drôle et parfois touchant.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Rêves d&#8217;enfance, par Achraf A.</strong></p>
<p> </p>
<p>Enfant je ne connaissais pas le gout amer du café</p>
<p>Recette face au ras le bol et aux airs de regrets</p>
<p>Tous mes petits déjeuners étaient en bols de lait</p>
<p>Soupe au lait, je faisais ma vie en patte à modeler</p>
<p>Enfant je ne connaissais pas la complexité  des adultes</p>
<p>Dans mes premiers pas, dans la cécité de leurs disputes</p>
<p>Dans les jupons de ma maman et sur les genoux de papa</p>
<p>J’apprenais la vie, son temps et tous ses bé abas</p>
<p>Enfant, j’avais pour cœur de vie la cour de récréation</p>
<p>Pan de toutes couleurs, de toutes envies et de toutes émotions</p>
<p>La face insouciante comme arme, et les étoiles en tour de tête</p>
<p>Très souvent, la pommette en larme, c’était pourtant toujours la fête</p>
<p>Enfant, j’étais fâché et vite réconcilié, faire la paix était ma grande quête</p>
<p>Un jour joyeux, un jour grincheux, dans le rôle de la petite peste</p>
<p>Cependant, tout heureux de partager le fameux tic de la sieste</p>
<p>Mes rêves d’enfant prennent origine dans ce quotidien d’amour</p>
<p>Et non pas dans des pseudos peines, dans un jean peu glamour</p>
<p>Je vivais de pseudos danses, gigotant comme en transe</p>
<p>Dans des cantines apprises en chœur, le cœur tout en balance</p>
<p>Les mains dans un bac à sable cherchant ma pépite de gadoue</p>
<p>Pas malin, peu importe, j’étais cet agréable bout de chou</p>
<p>Nos liens étaient des couloirs de profondeur, les lacets dénoués</p>
<p>On devrait donner le pouvoir aux bambins au regard niais</p>
<p>Je partageais le plus cher : de mon beau camion à mon délicieux goûter</p>
<p>L’enfant chéri est ce cadeau de passion nommé générosité</p>
<p>Enfant spontané, plein de maladresse mais sans discrimination</p>
<p>La goute au nez, parmi mille et un faciès d’illumination</p>
<p>Je ne distinguais pas les couleurs, le noir, du blanc ou du jaune</p>
<p>Je percevais seulement les noms des animaux dans leur faune</p>
<p>Enfant, je n’avais pas de rêves, je les vivais</p>
<p>Je ne faisais pas de trêves, en effet</p>
<p>La tête en l’air, un brin impertinent, mes lego en gratte ciel</p>
<p>Je voulais que la vie de mes égos soit tellement belle…</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-310" title="reve d'enfance" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/reve-denfance.gif" alt="reve d'enfance" width="580" height="314" /></p>
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		<title>Les gagnants du concours d&#8217;écriture</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Feb 2010 13:48:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rédaction</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>

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		<description><![CDATA[Notre idée initiale en lançant ce concours était de déclencher un déclic chez ceux et celles qui avaient envie de prendre la parole sans jamais oser le faire.
 
Les dizaines de textes que nous avons reçu nous ont montré, à notre plus grande joie, que cet objectif avait été atteint. La variété des textes, leur qualité, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Notre idée initiale en lançant ce concours était de déclencher un déclic chez ceux et celles qui avaient envie de prendre la parole sans jamais oser le faire.<br />
 <br />
Les dizaines de textes que nous avons reçu nous ont montré, à notre plus grande joie, que cet objectif avait été atteint. La variété des textes, leur qualité, leur intensité ainsi que leur sincérité nous ont profondément émus.<br />
 <br />
Il y a eu des textes très drôles, d’autres plus sérieux, d’autres encore qui révèlent des souvenirs enfouis au fin-fond des mémoires, certains très intimes, probablement trop pour être publiés. <br />
 <br />
Pour être sélectionné, un texte devait passer les filtres suivants :<br />
 <br />
-         Porter sur un sujet qui se rapproche plus où moins de ceux que nous avions suggérés<br />
-         Présenter des idées originales, jolies, drôles ou touchantes<br />
-         Etre écrit dans un style correct<br />
-         Ne pas soutenir des valeurs que l’équipe Foul Express ne peut encourager en les diffusant à ses lecteurs.<br />
 <br />
Là plupart des textes ont passé ces filtres. Ensuite, il a fallu choisir, parfois parmis des textes plus poignants les uns que les autres, ceux que nous voulions vraiment mettre en avant.<br />
 <br />
Il est important de préciser que ce ne sont pas forcément les textes les mieux écrits qui nous ont le plus touché. Par ailleurs, pour ceux qui souhaitent avoir un retour plus détaillé sur leur texte, adressez nous un mail avec vos coordonnées téléphoniques et nous ferons notre possible pour vous contacter.<br />
 <br />
<strong>Donc les gagnants sont :<br />
</strong> <br />
Abou Soundouce pour &laquo;&nbsp;Celtophobie&nbsp;&raquo;<br />
Nabil E. pour &laquo;&nbsp;Portraits de famille du métis-sage&nbsp;&raquo;<br />
Ahmed B. pour &laquo;&nbsp;Belle sous ville&nbsp;&raquo;<br />
Achraf A. pour &laquo;&nbsp;Rêves d&#8217;enfance&nbsp;&raquo;<br />
Mickael B. pour &laquo;&nbsp;Le bonheur&nbsp;&raquo;.<br />
 <br />
Les textes seront publiés au fur et à mesure dans le courant de la semaine.<br />
 <br />
Au delà du concours, n&#8217;hésitez pas à nous adresser dans le futur vos textes et articles.</p>
<p>Foul Express entend être un espace d&#8217;expression pour vous.<br />
 <br />
Merci encore de votre participation.<br />
 <br />
L&#8217;équipe Foul Express.<br />
<a href="mailto:contact@foulexpress.com">contact@foulexpress.com</a></p>
<p> </p>
<p><img title="plumeor" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/plumeor.jpg" alt="plumeor" width="592" height="330" /></p>
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