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	<title>FoulExpress &#187; marwan</title>
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		<title>Josiane, la tour de contrôle</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Sep 2010 10:58:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>marwan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[David et Laurence étaient en train de déblatérer les mêmes âneries que n’importe quel autre soir de la semaine. Mais ça n’avait pas beaucoup d’importance pour Josiane, leur voix cathodique suffisait à lui donner une illusion de présence, au moins le temps de finir son plat surgelé, attablée seule face à 3 chaises vides.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>David et Laurence étaient en train de déblatérer les mêmes âneries que n’importe quel autre soir de la semaine. Mais ça n’avait pas beaucoup d’importance pour Josiane, leur voix cathodique suffisait à lui donner une illusion de présence, au moins le temps de finir son plat surgelé, attablée seule face à 3 chaises vides.</p>
<p>Josiane, c’est cette voisine qui surveille tout, se mêle de tout, se plaint de tout et ne supporte rien. Vous la connaissez sûrement, elle habite près de chez vous. Josiane accuse le gosse du 3<sup>ème</sup> d’avoir craché dans l’ascenseur, celui du 5<sup>ème</sup> de s’amuser trop fort et celui dans son cœur de n’avoir jamais existé. Elle manque de déposer plainte parce qu’elle tarde à retrouver sa plante verte posée dans la cour. Elle sort ses poubelles en cachette à 5h du matin pour ne pas qu’on lui reproche ce qu’elle reproche aux autres : vivre.</p>
<p>Quand on a personne dans sa vie, le bonheur des autres devient notre enfer. Plus on les observe, plus on voit notre vide. Au début, Josiane était occupée par son travail, toute affairée qu’elle était à régler des problèmes de secrétariat tous plus urgents les uns que les autres. Mais bon… assistante de direction embauchée dans les années 70, c’est dur de garder sa place face aux talons aiguille et aux nouvelles technologies, dans des sociétés où la secrétaire est rarement plus qu’un faire valoir pour mâles aspirant à dominer. On lui a gentiment proposé de partir avec un chèque.</p>
<p>Du coup, Josiane a du temps et de l’argent.</p>
<p>A ne plus savoir qu’en faire.</p>
<p>Forcément, au bout d’un moment, les petits détails du quotidien finissent par prendre une importance dramatique. Comme cette porte qui ferme mal et qui finit par un scandale avec le serrurier, ces petites écailles dans la peinture du salon qui lui font refaire tout l’appartement, ces persiennes vieillissantes qu’elle décide de restaurer pendant des semaines à n’en plus voir la fin.</p>
<p>Son rêve ?</p>
<p>Des murs insonorisés, un sas d’entrée avec écran de contrôle et une porte blindée fermée à double tour. Des enfants qui jouent sans faire de bruit. Des voisins qui déménagent sans avoir de cartons. Des livreurs qui marchent sur la pointe des pieds. Des étiquettes de boîte aux lettres aux inscriptions scrupuleusement normalisées. Un monde sans désordre, sans écorchure à une normalité qu’elle voudrait minutieusement réglementer.</p>
<p>Dans sa folie, Josiane a des moments de lucidité et d’humanité, qui sont pour elle des moments de solitude et de tristesse. Elle essaye alors d’aller vers les autres, pour demander aux voisins leur avis les uns sur les autres. Sur les nouveaux du deuxième, qui semblent être sans histoires, mais bon… mieux vaut quand même les garder à l’œil. Sur les deux garçons du premier, dont on ne sait pas trop s’ils sont des amis ou des « amis ». Sur la malheureuse vieille du troisième dont la vie lui fait voir la sienne comme une réussite. Sur les gens du septième dont on n’a vu qu’un germanophone stockant de l’essence dans sa cave et écoutant du heavy metal. Sur la bruyante famille du cinquième qui reçoivent des amis plus souvent que nécessaire et font des enfants plus souvent que nécessaire. Sur la petite du sixième qui joue du piano trop fort. Sur la quadra particulièrement sympa du quatrième, dont il faut noter qu’elle est absente 3 semaines par mois et sur l’indésirable voisin du troisième, pour qui elle a failli appeler les pompiers le jour où, pris probablement d’un accès mystique, il avait osé faire bruler un peu d’encens en laissant sa fenêtre ouverte.</p>
<p>Mais ces petits élans du cœur ne trouvent pas souvent de réponse, ce qui la replonge dans son agacement solitaire chronique. C’est fou l’ingéniosité et l’énergie qu’on peut déployer à empoisonner la vie des autres pour trouver un sens à la sienne.</p>
<p>On aimerait bien la secouer, lui dire de balancer son minitel, son téléphone et sa télé par la fenêtre, sans se préoccuper du nombre d’éclats que causera l’écran brisé sur le trottoir une vingtaine de mètres plus bas, ni du nombre de voisins que le bruit réveillera. Pas plus que de l’enquête que le commissaire divisionnaire mènera pour traquer les coupables d’un tel outrage.</p>
<p>On aimerait tant qu’elle se fiche de tout ça et qu’elle ne remarque même plus l’étiquette collée au scotch sur l’interphone par l’un des habitants de l’immeuble qui travaille jusqu’à l’épuisement et n’a pas le temps de se préoccuper de l’harmonie scripturaire et orthographique d’un poussoir sonnant.</p>
<p>On aimerait juste qu’elle vive et qu’elle soit heureuse, qu’elle jette ses obsessions en même temps que ses poubelles et qu’elle retrouve, enfin, un peu de ce qui fait d’elle, malgré toute le mal qu’elle se donne pour nous faire croire le contraire, un être humain.</p>
<p> </p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-463" title="josiane" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/josiane.jpg" alt="josiane" width="500" height="333" /></p>
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		<title>Ma réponse aux (nombreux) commentaires sur rue89</title>
		<link>http://www.foulexpress.com/2010/08/20/ma-reponse-aux-nombreux-commentaires-sur-rue89/</link>
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		<pubDate>Fri, 20 Aug 2010 09:21:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>marwan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>

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		<description><![CDATA[Je pense que cette discussion est d’utilité publique. A l’heure où ce pays traverse une page peu lumineuse de son histoire, je crois qu’il y a de franches disputes qui sont salutaires. Celle-ci, il me semble, en fait partie. Quand je parle de pages sombres de l’histoire, je ne fais pas seulement référence à la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je pense que cette discussion est d’utilité publique. A l’heure où ce pays traverse une page peu lumineuse de son histoire, je crois qu’il y a de franches disputes qui sont salutaires. Celle-ci, il me semble, en fait partie. Quand je parle de pages sombres de l’histoire, je ne fais pas seulement référence à la situation des musulmans et des autres minorités, qui ne sont que des composantes de ce pays parmi d’autres (même si certaines sont souvent mises, pour des raisons plus ou moins louables, au centre de l’objectif). Il y a comme quelque chose de cassé en France, où le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les jeunes, où la consommation d’antidépresseurs atteint des records, où le cynisme des politiques et une forme d’individualisme décomplexé font que notre pays détruit plus de lien entre nous qu’il n’en crée ce qui est, je pense, l’un des symptômes d’une société en déclin. C’est, au minimum, notre responsabilité de faire en sorte que ça change et c’est, au minimum, pour cela que je reste.</p>
<p>A ceux qui me demandent pourquoi le ton de mes textes est incisif, je dis qu’il n’est qu’une réaction à l’hostilité ambiante et à l’atmosphère délétère qui nous entoure. </p>
<p>A ceux qui me reprochent de parler de manière revendicative du droit d’existence de l’Islam en France, je rappelle qu’on tend rarement le micro aux musulman(e)s pour parler de solidarité ou de développement durable, deux sujets sur lesquels ils auraient pourtant beaucoup de choses à dire.</p>
<p>Dans les lignes qui suivent, j’essaie d’apporter les réponses les plus franches possibles à nombre des questions et critiques qui ont été adressées par les lecteurs. L’exercice est en général périlleux, car souvent on vient pour affirmer plus que pour entendre. Quoi qu’il en soit, plutôt que de répondre au lance flammes (ce qui, vu la teneur de certains des commentaires, n’a pas manqué de traverser mon mince –mais génétiquement vindicatif- esprit), je préfère avoir recours à un extincteur et à un dictionnaire pour vous faire part de mes idées. </p>
<p><strong>Sur la laïcité, la visibilité de l’Islam et la pratique de la religion</strong></p>
<p>La laïcité, telle que définie par la loi française, s’applique aux services publics et à l’état. Elle ne s’applique pas à l’espace public. La laïcité n’est pas une interdiction de visibilité des religions dans l’espace public. Elle n’est pas un droit de bannir toute expression religieuse qui déplairait aux yeux d’une frange de nos concitoyens pour qui l’athéisme est vécu comme un acte de foi se nourrissant de la négation de celle des autres. Elle ne doit pas être détournée pour dissimuler, sous couvert d’un appel à des valeurs prétendument républicaine, une haine de ceux qui souhaitent exprimer de manière visible leur religion.</p>
<p>On a l’impression que le simple fait de porter un foulard ou une barbe est déjà perçu comme le geste de trop : « cachez cet Islam que je ne saurais voir !! » semblent indiquer des regards dépités et des soupirs désapprobateurs. Comme le tampon de modération, celui de l’ostentation est apposé à toute image qui déplairait. C’est pourtant un droit fondamental de choisir les formes d’expression de notre foi.</p>
<p>Donc non, l’expression religieuse ne doit pas être cantonnée à l’espace privé des individus. Ils ont le droit, comme ils le veulent, de l’affirmer dans la sphère publique tant qu’ils ne contreviennent pas aux lois républicaines. C’est le respect strict de ces lois que j’exige et tout républicain qui respecte un minimum les fondations de ce pays devrait me soutenir dans cette démarche. </p>
<p>Concernant la pratique de l’Islam, et pour faire référence à l’accomplissement de la prière, il y a également bon nombre de malentendus. Alors oui, je sais bien que vu l’imaginaire collectif que construisent les séries télés et les films, ouuh comme ça fait peur un musulman qui se prosterne sur une pelouse… pourtant, s’agissant de l’espace public, chaque citoyen est libre de faire ce qu’il veut. Je dis une prière comme un passant dirait un poème. Je me prosterne comme quelqu’un d’autre ferait sa gymnastique, même si la signification et l’importance que cela revêt pour moi est intense. L’accomplissement d’un tel acte n’est aucunement assimilable à du prosélytisme. Donc sur ce point aussi, la loi est claire.</p>
<p>Il y a donc dans notre pays un cadre juridique, fruit de longs combats, qui garantit la neutralité des pouvoirs publics en matière de religion et la libre expression de leur foi par les citoyens. Il s’agirait maintenant d’en prendre connaissance et de faire la différence entre respect de la laïcité dans les instances publiques et négation partisane de l’expression religieuse. Connaître ce genre de lois, c’est un peu un smic républicain…</p>
<p><strong>Sur la citoyenneté et la définition de l’identité française</strong></p>
<p>Etre citoyen français, c’est disposer d’un document précisant que l’on est de nationalité française et que, à ce titre, on respecte les lois et bénéficie des droits qu’offre ce pays. Nulle part il n’est dit que je dois être solidaire de l’action menée par ce pays. Au contraire, je serais un piètre citoyen si je ne mettais pas en garde mes frères (rappelez vous de notre devise) contre les dérives qui menacent notre unité.</p>
<p>En même temps c’est un lien puissant de se dire qu’on vit ensemble, que nos enfants vont grandir ensemble et, pour la plupart, partager leur futur ensemble. Ca devrait nous faire ressentir la responsabilité de créer un cadre où chacun peut vivre sans avoir perpétuellement le sentiment d’être sur un strapontin, guetté par les contrôleurs d’une sombre identité.</p>
<p>Plusieurs lecteurs me demandent mon avis sur la situation des « pays musulmans ».</p>
<p>J’ai envie de répondre : Je ne sais pas trop, je vis ici. C’est quoi un « pays musulman » ? Et en quelle qualité pourrais-je m’exprimer sur ce sujet ? Est-ce en lien avec ma prise de position dans la tribune que Rue89 publie ?</p>
<p>Les musulmans de nationalité Française n’ont pas toujours de lien automatique avec un pays d’origine, ce qui d’ailleurs rend absurde la déchéance de nationalité. Par ailleurs, si vous faites référence aux pays arabes, la plupart d’entre eux sont des régimes autoritaires qui briment leurs citoyens, encore plus s’ils affirment leur religion, ce qui est souvent utilisé par les islamophobes comme un argument pour dire « Voyez ? Zêtes mieux traités ici alors la ramenez pas… ».</p>
<p>Il est également utile de préciser que si 90% des arabes sont des musulmans, 90% des musulmans ne sont pas des arabes. Ca permet de mettre en perspective les amalgames qui sont souvent faits entre religion, groupe ethnique/culturel et citoyenneté.</p>
<p>Me concernant, je pense que nous définissons tous l’identité française à notre façon. Elle est une mosaïque aux millions de facettes et pas un bloc monolithique, grisâtre et figé. Il est important aussi de préciser l’idée d’identité multiple : chacun d’entre nous ne se définit pas par une seule chose. Certains penchent plus pour leur emploi, d’autres pour leur drapeau, d’autre pour la passion qui les anime. Ces diverses parts de ce que nous sommes ne sont pas mutuellement exclusives, mais mutuellement enrichissantes.</p>
<p>Me concernant, je me sens français dans mon langage et mon sens de l’humour, ma capacité à râler en faisant la queue à la station d’essence, rire aux mêmes blagues des Inconnus, chanter les mêmes génériques pourris de dessins animés des années 80, me plaindre au restaurant, parler de sauver l’environnement en rêvant de conduire une Porsche et penser que demain ça sera pire mais que c’est de la faute des autres… </p>
<p>Je suis Musulman, je suis égyptien dans mon lien à la terre de mes origines, algérien dans mes crises de nerfs, indien dans ma cuisine, américain dans mes baskets, japonais dans mon imaginaire d’enfant et je me porte très bien comme ça.</p>
<p>Et vous, qu’est ce qui vous définit ?</p>
<p>J’aimerais également revenir sur une expression qui revient souvent dans la bouche de chroniqueurs et de penseurs (ce dernier qualificatif reste à prouver) dont je ne citerai pas le nom ici pour ne pas faire affront aux lecteurs ni salir mon clavier, vu qu’il me reste encore quelques lignes à écrire : « A Rome, fais comme les Romains. »</p>
<p>Cette phrase, hymne à l’assimilation sans condition, dit plusieurs chose à celui à qui on l’adresse :</p>
<p>-       Là, tout de suite, tu n’es pas Romain</p>
<p>-       tu fais comme les autres, point</p>
<p>-       non au changement et surtout tu touches à rien</p>
<p>-       les Romains ont raison</p>
<p>-       …</p>
<p>Donc non, je ne ferai pas comme les Romains. Quand ON est citoyen d’un pays, ON définit autant que les autres ce qui fait l’identité de ce pays. Quand ON est en désaccord avec la politique de notre pays, ON l’exprime et on fait ce qu’ON peut pour la changer. Quand ON regarde rétrospectivement l’histoire de notre pays, ON a le droit de dire qu’il y a des passages qu’ON aime moins que d’autres et d’en tirer les conséquences pour le futur. C’est l’effort collectif des citoyens qui crée le changement.</p>
<p><strong>Sur la méthodologie, les sondages et le discours médiatique</strong></p>
<p>Concernant le sondage du Figaro que je commente à la fin de ma tribune, il y a une tournure qui est imprécise stricto senso. Quand je dis « 76% des Français… » je devrais plutôt utiliser l’expression « 76% des Français qui se sont exprimés dans ce sondage… ». Les conclusions que j’en tire sont pourtant justifiées. Preuve en est la misère des collectes des ONGs en faveur des sinistrés au Pakistan (300 euros pour la Fondation de France). Si l’échantillon des avis exprimés est biaisé en ce qu’il est le reflet du lectorat web du Figaro, les collectes sont recensées sans distinction d’appartenance à un groupe politique particulier.</p>
<p>Les biais dans les statistiques et les sondages peuvent venir de la manière dont l’échantillon est formé, de la date à laquelle le sondage est fait, de la manière dont la question est posée, de la méthodologie utilisée pour recenser les réponses, etc</p>
<p>Ces biais laissent une certaine marge de manœuvre aux instituts de sondage et à leurs commanditaires pour construire une analyse dans une direction plutôt qu’une autre, mais ne peuvent pas expliquer une telle asymétrie dans les résultats quand l’échantillon est plus nuancé, ce qui est le cas du lectorat du Figaro qui, certes, est plutôt à droite, mais pas dans ces proportions. Ensuite, la question posée invitait les gens sur un sentiment et pas sur un engagement de don, ce qui veut dire que l’état réel de l’opinion est sous évalué, les gens s’exprimant en général plus philanthropes qu’ils ne le sont réellement.</p>
<p>Le cas de ce sondage est intéressant à bien des égards, car il permet de déconstruire la manière dont l’empathie s’exprime. Plusieurs remarques pertinentes ont été faites dans les commentaires à ce sujet :</p>
<p>-       &laquo;&nbsp;On donne de préférence à ceux pour qui on a de la sympathie&nbsp;&raquo;</p>
<p>Très bien. Dans ce cas, qu’est ce qui fait qu’on a plus de sympathie pour les Haïtiens que pour les Pakistanais ? (ou plutôt moins de sympathie pour les Pakistanais)</p>
<p>Je pense que c’est l’Islam et l’association aux talibans. La manière dont le discours médiatique est construit autour des talibans et de leur supposée connivence avec les Pakistanais est ce qu’on appelle un épouvantail. Un tel dispositif permet de jouer sur les peurs des citoyens occidentaux vis-à-vis de ce qui est qualifié de « nébuleuse » et qui mêle, dans un monde imaginaire de peurs ressenties : terrorisme, pouvoir religieux et pratique rigoriste de l’Islam. C’est ce qu’alimentent en permanence les séries tv mettant en scène des luttes anti-terrorisme sous alerte permanente, ainsi que des reportages d’info-spectacle reprenant la même rhétorique.</p>
<p>Ces peurs sont ensuite utilisées pour exiger de nous, citoyens, l’acceptation de renoncer à toujours plus de libertés pour retrouver un sentiment de sécurité.</p>
<p>Plus proche de chez nous, notez comme le mot « burka » a été introduit dans le débat sur le voile intégral pour convoquer ce sentiment de crainte et de rejet vis-à-vis du monde des talibans. Je n’ai personnellement jamais vu la moindre burka en France. Et vous ?</p>
<p>Dans leur malheur, les Pakistanais peuvent en vouloir à ceux qui les ont déshumanisés dans notre imaginaire au point que leur désastre ne soit pas chez nous une cause populaire, Jack Bauer en première ligne.</p>
<p>-       &laquo;&nbsp;Les collectes pour le tsunami ont été massives, alors que les zones touchées comptaient de nombreux musulmans.&nbsp;&raquo;</p>
<p>C’est que, comme le notait un lecteur, l’image des Indonésiens n’est pas celle des Pakistanais. Par ailleurs, le thème de collecte à l’époque était centré autour de plusieurs pays, notamment la Thaïllande et le Sri Lanka et a permis de plus facilement sensibiliser les Français à cette cause.</p>
<p>J’avoue que c’est insupportable de comparer ces malheurs les uns avec les autres. Une vie humaine vaut la même chose, où qu’elle soit et c’est par manque de connaissance de l’autre qu’on perd le minimum d’empathie qui nous ferait réaliser que les mamans et les enfants (et leurs papas, barbus ou non) du Pakistan ont besoin de nous, là tout de suite.</p>
<p>De manière plus générale, sur les mécanismes de l’empathie, il y a beaucoup de choses à dire mais qui seraient injustement traitées par un simple survol.</p>
<p><strong>Ce que je dis</strong></p>
<p>Je dis que nous vivons une période difficile de notre histoire où plusieurs lignes de fracture apparaissent dans notre société : l’islamophobie grandissante, l’aggravation des inégalités dans la distribution des richesses, la détérioration du lien social et la perte d’espoir de plus en plus visible chez les jeunes.  </p>
<p>Il y a une profonde incompréhension et une méconnaissance de l’autre, qu’il faut résoudre par un dialogue dépassionné et un respect de l’autre, qui commence par une acceptation inconditionnelle de ce qu’il est, quelle que soit sa tenue, sa religion, ses idées. Quand on parle d’islamophobie, il ne faut plus faire comme si ça n’existait pas. C’est sur notre sol qu’on mitraille des mosquées et qu’on lacère au cutter des femmes qui portent le foulard.</p>
<p>Ensuite, nous traversons une crise morale : les gouvernants et ceux qui nous proposent de les suivre ne se comportent pas comme des modèles. Ils sont aux antipodes des valeurs qu’ils disent défendre. Quand un ministre condamné pour injure raciale nous parle de légitimité, quand le héraut de la transparence fiscale se retrouve au cœur d’un scandale financier, quand un président flambeur nous parle de république irréprochable et économe, on sait qu’il n’y a plus grand-chose à espérer d’eux.</p>
<p>Jamais le fait politique n’a été aussi fort dans notre société, c&#8217;est-à-dire l’espoir que l’action collective puisse améliorer la situation de notre pays. Pourtant, jamais on a eu si peu confiance dans les politiques pour participer à cette tâche.</p>
<p>Ce n’est pas si grave, c’est nous les citoyens et il y a tant de moyens d’actions pour changer les choses dans notre vie de tous les jours, à commencer par cette discussion si on en tire des enseignements réels.</p>
<p>Enfin, il y a une crise socio-économique : je mêle les deux car je pense que le lien social qui nous unit pâtit du modèle dans lequel nous vivons depuis que notre sort est dicté par des mécanismes purement économiques. J’ai consacré (en partie) mon livre à ça donc j’ai (pour un prochain article) ma petite idée là dessus. Nous vivons toujours plus proches les uns des autres, pourtant la distance entre nous ne cesse de s’agrandir. On n’a jamais autant eu envie de changer le monde, pourtant on se sent impuissants face à un système qui clame son inéluctabilité. Est-ce qu’il n’y a qu’à moi que ça pose problème ?</p>
<p>Si, comme l’un des commentateurs le notait, la stratégie de ceux qui nous gouvernent est de diviser pour mieux régner, alors à nous de les faire mentir.</p>
<p>Il est temps de poser les vraies questions.</p>
<p> </p>
<p>réponse postée sur: <img class="aligncenter size-full wp-image-456" title="rue89_logo" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/rue89_logo.gif" alt="rue89_logo" width="227" height="110" /></p>
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		<title>Un Paradoxe français</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Aug 2010 13:26:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>marwan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a des musulmans plus sympas que d’autres.
La France n’a pas de problème avec ceux pour qui l’Islam n’a pas grand-chose de plus qu’une valeur symbolique. Par contre, les choses se gâtent si tu es une femme qui porte le hijab, si tu pries 5 fois par jour ou si ta religion représente plus pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a des musulmans plus sympas que d’autres.</p>
<p>La France n’a pas de problème avec ceux pour qui l’Islam n’a pas grand-chose de plus qu’une valeur symbolique. Par contre, les choses se gâtent si tu es une femme qui porte le hijab, si tu pries 5 fois par jour ou si ta religion représente plus pour toi qu’un pendentif en or sur un décolleté.</p>
<p>Cette semaine, un article sur rue89 fait débat : Mohamed, ingénieur marocain, athée, déclare vouloir quitter la France pour rentrer chez lui. 200 000 lecteurs et 1200 commentaires plus tard, on comprend que la question interpelle les Français, partagés entre quelque chose comme « t’as raison, casse toi » et « oh Momo s’il te plait reste, on a besoin des gens comme toi ».</p>
<p>Tout au long de l’article, on ne peut pas s’empêcher de se dire,  avant de vite chasser cette pensée : « heureusement qu’il n’est pas Musulman », sinon le débat n’aurait même pas lieu d’être, on lui dirait que partir, c’est le choix de la maturité, que c’est vrai qu’il y a une limite de compatibilité entre Islam et vie en France, que s’il est pas content c’est effectivement mieux qu’il rentre chez lui, là bas de l’autre côté de la Méditerranée, là où le peuple islamisant se trouve dans son élément naturel.</p>
<p>Peu importe si Marrakech est une maison de retraite géante pour franchouillards bronzants et un bordel pour pédophiles low cost.</p>
<p>Peu importe si Casablanca est une ville quasi-colonisée où l’on parle français et où les sujets importants se discutent en euros.</p>
<p>Cet Orient fantasmé qui est sur le méridien de Bruxelles suffit à l’imagination d’un peuple de France qui se regarde pour la première fois dans le miroir qu’on lui tend. L’Orient, c’est cette farandole ramadanesque qui peuple les catalogues des supermarchés glissés dans ta boîte aux lettres par  un Sri Lankais sans papiers ce qui est, tu en conviendras, un comble pour un distributeur de prospectus. Dans cet univers, couscous et danse du ventre sont servis autour d’un Sidi Brahim. Merguez et arabesques, grotesques comme cette pub où des arabes souriants et affamés se jettent sur des boites de raviolis en conserve, enfin libérés de la prison alimentaire qui les empêchait jusque là d’être des consommateurs comme les autres.</p>
<p>La France, en l’espace de quelques semaines, est épinglée par le Conseil de l’Europe, par l’OCDE, par l’ONU et même à l’intérieur de ses frontières par la Commission Consultative des Droits de l’Homme sur  sa gestion des minorités, avec, parmi les grands points négatifs, un rôle de l’Etat non négligeable dans l’aggravation de certaines discriminations. Le traitement insupportable qui est infligé aux Roms et la honteuse déchéance de nationalité qui fait (de moins en moins) débat en sont des manifestations récentes.</p>
<p>Pendant la même période, les affaires impliquant des membres du gouvernement se suivent depuis des mois sans faire de pause estivale : l’un s’octroie un généreux permis de construire pour sa maison, l’autre se fait payer ses cigares, une autre se fait héberger en suite 5 étoiles et explose son budget voyage, tandis que le Mr Propre du pouvoir se retrouve englué dans une sordide affaire ou il aurait fait embaucher sa femme par le gérant de fortune d’une milliardaire dont il avait la responsabilité de faire surveiller les comptes, alors que dans le même temps cette dernière faisait de larges contributions financières au parti dont ledit Mr Propre est le trésorier et qui, Ô miracle, se trouve être celui du président Rolex-portant, mannequin-mariant, Fouquet’s-dînant, et yacht-voyageant qui appelle, à qui veut bien encore l’écouter,  à l’avènement d’une république exemplaire. Entends-tu ce glorieux chant ?   </p>
<p>Belle moralité Française, boîte 6 vitesses et bouton de siège éjectable pour chaque passager.</p>
<p>La France est la risée du monde, elle qui endosse l’étendard des droits de l’Homme dans les instances diplomatiques et sombre côté obscur dès qu’on parvient (difficilement, mais pistonné) à pénétrer à l’intérieur de ses frontières.</p>
<p>Entre les gloussements moqueurs des « alliés » de la France et les articles très critiques produits par des médias qu’on pourrait, au moins, qualifier de sérieux,  le New York Times en première ligne, il serait temps de réaliser que le pays des Droit$ de l’Homme (blanc à garder sa nationalité, autre à se la faire piquer – ce qui me permet de rappeler que, comme disait l’aut’ dans la cour de récré « donner c’est donner, reprendre c’est voler ») suit une évolution bananofascisante qui mêle un pouvoir politico-financier qui contrôle en grande partie les médias à un gouvernement démocrate dans ses instances, autoritaire dans ses intentions, discriminant et raciste dans sa vérité.  </p>
<p>Là, normalement, c’est le moment du texte où j’explique qu’un tel gouvernement est en décalage total avec son peuple, comme devrait l’être tout régime injuste qui va à l’encontre des intérêts de ses citoyens. Mais j’ai beau chercher, ce n’est hélas pas le cas. Le peuple français soutient ce gouvernement dans ses dérives. J’aimerais croire que c’est parce qu’il est acculé à des difficultés économiques, à la souffrance d’un quotidien où l’espoir d’une vie meilleure peine à paraître.</p>
<p>A droite, on rejette les musulmans non-fadelamarisants dès qu’ils entendent pratiquer leur religion sur le thème de la non-compatibilité avec l’identité française.</p>
<p>A gauche, on rejette les musulmans non-malekboutisants dès qu’ils entendent pratiquer leur religion sur le thème de la non-compatibilité avec la laïcité française.</p>
<p>Elle a bon dos, cette fameuse laïcité qui permet de préjuger du libre arbitre de millions de femmes à choisir librement leur façon de se vêtir, d’exclure des mamans des sorties scolaires de leurs enfants, de discriminer toute personne présentant des signes jugés comme liés à l’Islam (barbe, tenue, etc), de refuser tout droit à la visibilité à 10% de la population du pays.</p>
<p>Laïcité est le nom d’une cape sous laquelle se drape le racisme d’autrefois pour sortir en milieu autorisé.</p>
<p>Sur le site du Monde, un commentaire traduit l’état d’esprit du moment à l’égard des musulmans :</p>
<p>« Quand on les voit obéir aux prescriptions de leur religion, comme en ce moment pour le ramadan, on est en droit de se poser la question de savoir si on peut encore les qualifier de modérés »</p>
<p>Traduire : « en matière d’Islam, le ramadan c’est déjà trop ».</p>
<p>Qui donc détient ce précieux tampon de la modération ? Où est-il, qu’il puisse m’indiquer quel degré d’abandon de notre foi nous devons concéder pour être des musulmans acceptables sur notre propre sol ? Où est-il, que je lui demande qui l’a mis à ce poste, et si lui-même satisfait aux critères de l’appartenance nationale dont il entend m’exclure ?</p>
<p>J’ai une mauvaise nouvelle pour ceux qui espèrent que, comme le gentil Momo hébergé en attendant son départ chez rue89, nous allons abandonner notre religion et quitter le navire pour aller vers des cieux plus ensoleillés :</p>
<p>Je reste (encore un peu au moins).</p>
<p>Pas que l’hospitalité française m’ait positivement marqué le moins du monde (elle est d’ailleurs jugée catastrophique par les touristes du monde entier), mais après 32 ans en territoire hostile, il faut croire que, comme tout bon microbe qui se respecte, je suis devenu relativement résistant. Et tout porte à penser que je ne suis pas le seul…</p>
<p>J’entends pratiquer ma religion librement. J’entends marcher dans la rue habillé comme je veux. J’entends donner une éducation religieuse à mes enfants. J’entends jeûner quand et comme je veux. J’entends prier quand et comme je veux. Dans la rue si je veux. Dans les parcs si je veux. J’entends défendre la sécurité de ma femme et de mes enfants contre tous ceux qui oseraient porter atteinte à leur intégrité et j’entends exiger de mon pays qu’il me garantisse ces droits fondamentaux. J’entends, en tant que Français, définir, autant que n’importe quel autre de mes concitoyens, une fraction de l’identité de ce pays. Et j’attends de mes concitoyens qu’ils respectent cela.  </p>
<p>Il est 14h35 et, à l’heure ou je termine d’écrire ce texte, 20163 personnes ont voté sur le site du Figaro pour répondre à la question : « Etes vous sensible à l’appel à la solidarité en faveur des sinistrés du Pakistan ? »</p>
<p>76% des personnes ont répondu NON.</p>
<p>76% des Français qui ont jugé utile de s’exprimer considèrent que NON, les sinistrés du Pakistan ne méritent pas notre solidarité.</p>
<p>76% des Français qui ont pris le temps de cliquer puis de valider puis de recliquer puis de revalider considèrent que NON, les « barbus » ne valent décidément pas « notre sympathie » car « c’est eux qui nous fournissent des terroristes » (je cite les commentaires des votants).</p>
<p>Chris Zorg nous propose une analyse constructive : « Les aides profiteraient d&#8217;abord à la multitude terroriste qui squatte le pays. Qu&#8217;ils règlent ce problème et on ne parlera plus de l&#8217;Afghanistan. On verra ensuite pour les aides » ce qui, tu en conviendras, n’est pas du tout un amalgame injuste infligé à la population du Pakistan, femmes, enfants et vieillards compris (ne parlons pas ici des hommes en âge de marcher qui, comme chacun sait, concédons le au sieur Zorg, sont des talibans en puissance).</p>
<p>On découvre au fil des commentaires ce qui motive les gens à voter NON et à ainsi refuser à une population sinistrée leur solidarité : une haine et un refus profond de l’Islam et des musulmans, et ce sur l’acrobatique amalgame émotionnel suivant:</p>
<p>Pakistanais=musulmans=talibans=terroristes=pas humains=pas besoin de leur porter secours, qu’ils crèvent.</p>
<p>Curieux, ce deux poids deux mesures en fonction de la foi qu’embrassent les victimes d’une catastrophe naturelle.</p>
<p>Dangereuse, cette capacité à déshumaniser les hommes et les femmes qu’on n’aime pas jusqu’à leur dénier même le droit à la survie.</p>
<p>Abjecte, cette concurrence dans les horreurs et la souffrance humaine qui veut qu’une vie dans un gratte ciel à New York vaille tellement plus que mille vies au Rwanda, que mille vies au Pakistan, que mille vies en Tchétchénie.</p>
<p> <img class="aligncenter size-full wp-image-440" title="pakistan" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/pakistan.jpg" alt="pakistan" width="556" height="300" /></p>
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		<title>Sur le banc&#8230;</title>
		<link>http://www.foulexpress.com/2010/08/09/sur-le-banc/</link>
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		<pubDate>Mon, 09 Aug 2010 21:31:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>marwan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>

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		<description><![CDATA[Elle était là, seule sur le banc, la tête entre les mains. Sur le sol, ses larmes s’écrasent comme des tâches noires sur le bitume. L’amertume gagne son cœur, la détresse en habitude. La vie tue, en silence, d’un sourire comme un rictus. Aphone, comme un cri qui résonne dans l’indifférence, Maria pleure son espoir perdu, la fin de son enfance…]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Elle était là, seule sur le banc, la tête entre les mains. Sur le sol, ses larmes s’écrasent comme des tâches noires sur le bitume. L’amertume gagne son cœur, la détresse en habitude. La vie tue, en silence, d’un sourire comme un rictus. Aphone, comme un cri qui résonne dans l’indifférence, Maria pleure son espoir perdu, la fin de son enfance…</p>
<p>Tu pleures Maria? </p>
<p>Oui, de rires et de larmes. Car quand je ris, c’est le drame et quand je vis, c’est de l’âme que viennent mes ires et mes lames. Triste, comme le soupir de l’âme qui vit sans sourire, de l’homme qui vit sans mourir, du fruit qui vit sans mûrir. Si les rimes sont des armes, c’est que le rire nous désarme ou que les mots viennent aux larmes comme la pluie tombe sur le macadam, versant les larmes d’une foule nombreuse et invisible. </p>
<p>Triste, je le suis depuis que j’ai vu ma sœur Anja partir. Depuis, chaque jour vient et s’achève pire que le précédent. Décédant, ma mère m’a fait promettre, le sang entre les dents, d’être à Anja le mur qui protège les soirs où souffle le vent. Cédant, c’est dans ces moments durs qu’on grandit plus qu’il ne faut. C’est dense et intense à la fois, parfois c’en est trop. Malheureusement Anja a péri dans ces danses macabres, un petit matin on a trouvé son corps allongé sous un arbre.    </p>
<p>Quand je pense à notre vie, les regrets et les remords entourent mon cœur. Une histoire noire, une histoire triste, de celles qui font pleurer quand on les raconte, de celles qui font regretter de poser trop de questions, de celles qui rappellent à quel point la vie est précieuse et fragile, à quel point on la piétine pourtant chaque jour sans lui donner plus de valeur qu’à une balle perdue.</p>
<p>Je me sens comme à cet instant où tout bascule, comme à la croisée des chemins, quand le choix d’une vie peut faire changer les choses du tout au tout. Je me prend à rêver que ma sœur Anja est encore vivante et qu’une seconde chance nous est donnée. Elle est juste là, à côté de moi. On pense à tout ce qu’on aurait pu faire et qu’on n’a pas fait. On imagine cette vie qu’on aurait pu mener mais qu’on a laissé passer. On se dit qu’on aurait pu être d’autres personnes ailleurs, mais qu’on doit faire face à nous même. On aimerait qu’un tourbillon de feuilles vienne nous emporter, nous fasse nous élever au dessus des arbres, portées par les vents, caressant les nuages, comme ces songes enfantins qu’on croyait confinés au Palais des Rêves. Effleurées par les vent, on sent circuler à l’intérieur de nous un peu de vie, comme une contenance retrouvée qui nous fait espérer des jours meilleurs. Tout ça en l’espace d’une seconde. A l’aurore d’une nouvelle vie, d’un nouveau départ, d’une route encore inconnue à explorer. Un chemin sur lequel reprendre tout à zéro, construire la maison qu’on aurait voulu avoir, tirer un trait sur un sombre passé et recommencer, là ou personne ne nous connait, là où s’effacent les mémoires.</p>
<p>On recommencera de nouveau, on oubliera tout, on changera tout ce qu’on regrette, mais peu importe tant qu’on sera ensemble, je lui dirai que je tiens à elle plus fort qu’à mon souffle, je lui dirai que je la protégerai comme je n’ai jamais su le faire, je lui dirai que je regrette ce jour où je n’ai pas voulu jouer avec elle, je verserai les larmes de mon sang pour la retenir après que se soit dissipé mon rêve, je lui dirai qu’elle est tout ce que j’ai, ma sœur tant aimée que Dieu m’a laissée pour ne plus être seule au monde.</p>
<p>Elle sera là à mon réveil, m’adressant son tendre sourire, me tirant les cheveux pour me taquiner et me rappeler que malgré la vie d’adultes que nous menons, nous ne sommes pourtant que des enfants. A l’âge où d’autres jouent à la poupée, nous sommes devenues ces femmes objet que le monde convoite sans vivre notre servitude. Ce corps que je ne veux plus voir à force de l’avoir trop montré, ces yeux sans espoir qui ne montrent que des émotions éteintes, cette bouche blessée par trop de gifles et par trop de coups.</p>
<p>Cette enfant au corps de femme. Cette femme au cœur d’enfant que je ne veux plus voir. Cette mémoire que j’aimerais tant arracher. Même si je le voulais, les stigmates sont écrits comme des pages sur ma peau, me rappelant à chaque instant qui je suis et ce que l’on attend de moi, enfant meurtrie. Je suis morte il y a bien longtemps. Il reste de moi cette histoire. Il reste de moi cette mémoire dont je supplie le monde de me soulager, pour l’amour d’Anja et de toutes ces enfants arrachées à l’innocence avant même d’avoir su la prononcer, pour ces sourires maladroits que ponctuent des éclats de rire incontrôlés. Incontrôlable, comme le jaillissement de vie d’un cœur d’enfant. Cette même vie que je sens quitter mon corps au moment ou j’écris les derniers mots de ce triste conte moderne, triste comme la mort, triste comme mon sort.  </p>
<p>Je revois les miens, je revois maman, je sens encore la chaleur de sa main tenant la mienne. On dit que le film de notre vie défile en quelques secondes avant de mourir. La mienne, cette série noire, défile en boucle depuis ce triste matin où on m’a séparée d’Anja.</p>
<p>Une enquête ? Quelle enquête… les gens comme nous naissent et meurent sans même qu’on écrive leur nom. Qui se soucie de nous ? Qui sait même que nous existons ? Qui a tué Anja ?</p>
<p>C’est toi. Toi qui lis ces lignes. Toi qui n’as rien fait. Toi qui regardes cet écran de télévision, cherchant l’acceptation de ton quotidien en te divertissant de l’horreur de celui des autres. Toi qui votes pour des hommes en costume qui te promettent de te faire payer moins de taxes. Toi qui te demandes si le réchauffement climatique aura des conséquences sur la faune sous marine alors que le sort de ton voisin t’indiffère. Toi. Toi qui transpires à la gloire d’un système qui s’effondre et te soucies de savoir comment faire partir les traces que laisse ton cou puant sur ces élégants cols blancs que tu arbores. Toi qui tries tes poubelles alors que tu devrais t’y jeter la tête la première. Toi qui crois être libre depuis que tu portes un t-shirt Che Guevara acheté dans un supermarché de la culture. Toi qui présentes tous les signes du parasite proliférant mais qui as l’arrogance d’expliquer au reste du monde comment il doit vivre et mourir. Toi qui as besoin qu’on te chante des chansons à la gloire de la solidarité pour déculpabiliser ton cœur de ne jamais l’avoir ressentie. Toi qui parles de la misère de l’Afrique en cherchant une note heureuse pour mettre fin à ta discussion. Toi qui te regardes dans cette glace, cherchant quel mélange de couleurs sied à ton humeur, qui pars en vacances sur des plages accessibles sans sortir de ton hôtel, où l’on sert des cocktails portant des noms qui trompent la normalité de ton palace de béton, où l’exotisme se consomme à l’heure, où tu t’évades par carte bleue, d’un samedi au suivant. Toi qui te demandes quelle voiture te définit le mieux et qui espère que la prochaine recrue de ton équipe sera une fille, mignonne si possible, souriante si possible, libre si possible. Qu’as-tu fait pour sauver Anja ? Ou étais-tu ?  Ou plutôt c’est moi qui ai tué Anja. J’aurais dû y aller à sa place. J’aurais dû la cacher. J’aurais dû être sous cet arbre ce matin froid de Novembre. J’aurais du tenter quelque chose, l’emmener loin d’ici. Elle serait encore en vie et elle te dirait peut-être, comme moi, que des gens naissent et meurent tous les jours. Le problème c’est qu’on peine à distinguer les morts des vivants.</p>
<p> </p>
<p><img class="size-full wp-image-431 alignnone" title="bougie" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/bougie.jpg" alt="bougie" width="508" height="298" /></p>
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		<title>Choses vues au Kazakhstan</title>
		<link>http://www.foulexpress.com/2010/07/08/choses-vues-et-entendues-au-kazakhstan/</link>
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		<pubDate>Thu, 08 Jul 2010 14:47:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>marwan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>

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		<description><![CDATA[Si tu n’es pas fan de dance-music des années 80, si Dr Alban n’est pas ton médecin traitant, si tu n’aimes pas trop te réveiller en Pump it up après une soirée de travail, alors saches que visiter une grande ville d’Asie centrale va te faire mal aux oreilles (et la Chine aussi, et la Russie, etc…).
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J’ai eu l’honneur d’être invité à représenter le CCIF à la conférence annuelle de l’OSCE, consacrée à la lutte contre l’intolérance et la discrimination.</p>
<p>Le Kazakhstan présidant cette année l’OSCE, c’est à Astana que s’est déroulée la conférence, sous le patronage du président Nursultan Nazarbayev et de son gouvernement. Joli prénom, Nursultan. Presque aussi joli que Zine el Abidine, Abdallah ou encore Mohamed Hosni. Curieuse, cette habitude qu’ont les despotes à faire l’opposé de ce que leur dicte leur prénom…</p>
<p>En arrivant à l’aéroport, dans la voiture qui m’emmène à mon hôtel, je découvre la ville et ses avenues. Des bâtiments neufs. Personne dans les rues, mis à part les ouvriers des travaux publics qui s’activent à regoudronner la chaussée, à repeindre les panneaux de signalisation et à préparer la ville en vue de l’arrivée d’étrangers à qui on veut montrer à quel point le Kazakhstan est devenu moderne et développé. Immeubles en forme de missiles, monuments ovoïdes élancés vers le ciel. Si Goldorak avait une ville, ce serait assurément Astana.</p>
<p>Mis à part être un non-lieu sociologique (une ville sans habitants), Astana fait office de ville vitrine à la gloire d’un pouvoir (juste un tout petit peu) mégalomane.</p>
<p> 72 heures plus tard le bilan de la conférence est plutôt positif, tu pourras en juger par toi-même en lisant <a href="http://www.foulexpress.com/2010/07/08/la-ou-les-medias-francais-netaient-pas/">ceci</a> ou <a href="http://www.al-kanz.org/2010/06/30/osce-islamophobie/">cela</a>.</p>
<p>Mais quelques autres questions m’ont traversé l’esprit pendant cette semaine au Kazakhstan, après avoir quitté Astana pour Almaty, la capitale historique.</p>
<p>Vois tu, si tu n’es pas fan de dance-music des années 80, si Dr Alban n’est pas ton médecin traitant, si tu n’aimes pas trop te réveiller en Pump it up après une soirée de travail, alors saches que visiter une grande ville d’Asie centrale va te faire mal aux oreilles (et la Chine aussi, et la Russie, etc…).</p>
<p>Le plan B, si tu veux échapper à ça, c’est une chanteuse russe qui reprend les tubes de Patricia Kaas sur l’esplanade du palais d’Almaty qui est, comme chacun sait, un passage obligatoire pour tout visiteur qui chercherait à se rendre de Gorky Park (le grand jardin) à Kok Tobé (le téléphérique qui offre une splendide vue sur tout Almaty). Après que mademoiselle eût chanté le bluevskaya, qu’elle nous eût parlé de son mec à elleski qui lui-même lui parle d’aventure et de voitures, et dont elle déplore (quelle sotte) croire tout ce qu’il dit, je dois avouer que c’est la mine dépitée et les tympans proches de l’hémorragie ruskomusicale que j’ai finalement rejoint le centre ville. Et là, même spectacle qu’à Astana : alcool à profusion, technotron ringard et quasiment toutes les filles en minijupes, montées sur talons aiguilles et apprêtées comme pour un défilé de carnaval, si bien (ou plutôt si mal) que mes principaux souvenirs d’Almaty et Astana sont la couleur du macadam ainsi que la géométrique perfection de mes lacets entrecroisés.</p>
<p>Ce qui m’amène à poser la question suivante :</p>
<p>Mais où donc est passé l’Islam ?</p>
<p>Bah oui, parce qu’en planifiant mon voyage, j’avais cru comprendre que le Kazakhstan était un pays musulman. Du coup, j’ai été un peu étonné de ne trouver qu’une grande mosquée par ville, ainsi que quelques salles de prière disséminée. Quant à la pratique de l’Islam au quotidien, elle est invisible, mis à part aux abords de la mosquée.</p>
<p>Pour comprendre, il faut faire un petit tour dans l’histoire et la géographie du pays : quand l’Union Soviétique a été formée en 1917, le territoire kazakh a été annexé et incorporé. Le pouvoir soviétique a tenté de sédentariser de force le peuple, ce qui s’est soldé par des massacres et une grande famine dans les années 1929-33. Un tiers de la population du pays a été tué dans ces terribles événements. La religion, déclarée comme ennemi d’état par le pouvoir soviétique, a été progressivement détruite et effacée de la vie publique du pays. Tout opposant était arrêté, jugé, tué ou envoyé dans un camp de détention.</p>
<p>Quatre générations plus tard, il est compréhensible que les traces de l’Islam soient faibles, parfois réduites à une dimension symbolique. Par ailleurs, l’essentiel des populations tenant à l’Islam se sont regroupées dans l’Ouest du pays, sauvegardant autant que possible leur mode de vie et leur pratique religieuse. Comme ailleurs dans le monde, on sent un renouveau de l’Islam avec une génération de kazakhs musulmans qui sont conscients des enjeux du monde moderne et entendent bien affirmer leurs convictions, avec le risque de répression par un pouvoir toujours sous influence russe, si d’aventure ils se montraient trop entreprenants.</p>
<p> </p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-389" title="choses vues" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/choses-vues.JPG" alt="choses vues" width="508" height="332" /></p>
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		<title>Là où les médias français n&#8217;étaient pas</title>
		<link>http://www.foulexpress.com/2010/07/08/la-ou-les-medias-francais-netaient-pas/</link>
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		<pubDate>Thu, 08 Jul 2010 14:33:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>marwan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>

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		<description><![CDATA[Si on n’est pas trop fan de football et qu’on n’attend pas grand-chose de l’affaire Woerth-Bettancourt dans une société où la morale et l’intégrité sont foulées au pied, on serait tentés de croire que le monde s’est arrêté. Les médias français n’ont pas l’air de vraiment s’intéresser à autre chose récemment.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Si on n’est pas trop fan de football et qu’on n’attend pas grand-chose de l’affaire Woerth-Bettancourt dans une société où la morale et l’intégrité sont foulées au pied, on serait tentés de croire que le monde s’est arrêté. Les médias français n’ont pas l’air de vraiment s’intéresser à autre chose récemment.</p>
<p>On pourrait croire qu’une <a href="http://www.osce.org/conferences/tolerance_2010.html">conférence internationale de l’OSCE</a>, réunissant 56 états et 120 ONGs autour de la lutte contre l’intolérance et la discrimination aurait pu être d’un certain intérêt pour les médias d’un pays qui, comme la France, prétend incarner une certaine idée des droits de l’Homme.</p>
<p>Apparemment pas, si on se fie aux journalistes français présents à la conférence annuelle de l’OSCE qui avait lieu du 28 au 30 juin à Astana (Kazakhstan). Leur compte, très précisément : zéro.</p>
<p>C’est pas faute d’avoir cherché, ils n’étaient ni dans la salle de presse aux cotés de leurs collègues européens, ni au buffet à volonté tenu au sous sol, pas même au stand de distribution de pin’s et accessoires gratuits.</p>
<p>J’ai essayé de trouvez quelques excuses possibles à une telle absence, que j’offre amicalement à notre excellente presse nationale :</p>
<p>-          On savait pas. Bah oui, le quai d’Orsay n’a pas communiqué dessus. Et comme on cherche pas si on nous dit pas. Alors on y est pas allés.</p>
<p>-          Yavait plus de vols pour Astana. J’ai bien cherché mais le seul truc que j’ai trouvé, c’est par Prague, puis Almaty avant d’arriver finalement à Astana après 36h. Tu comprends 36h c’est pas possible…</p>
<p>-          J’avais une invit’ pour regarder le foot au Ritz avec Rama Yade et j’ai trouvé personne à qui l’offrir. Ca se fait pas de refuser les invitations sur papier en-tête « république française ».</p>
<p>-          C’est pas très important cette conférence. Nous on préfère s’occuper de Paul le poulpe, une espèce de nouveau prophète  qui ne se trompe apparemment jamais. Peut être qu’il pourra prédire pour nous le prochain scoop…</p>
<p>Ne me remerciez pas. On tient vraiment à vous, on ne voudrait pas que vous soyez virés et remplacés par des pires. Et puis, il faut le reconnaître, face à la déprogrammation de toutes mes émissions TV préférées, scanner vos sites webs et lires vos œuvres  est une délectable forme de divertissement. Mais je m’égare. La conférence, donc.</p>
<p>Si on vous pose la question, voici un résumé de ce qui s’y est dit et fait :</p>
<p>-          Le 28 juin, 120 ONGs et acteurs de la société civile se sont réunis pour élaborer des recommandations à soumettre aux 56 états membres de l’OSCE sur les thèmes principaux de la conférence : la lutte contre l’islamophobie, contre l’antisémitisme, contre la violence à l’égard des Roms et les discriminations dues au sexe ou au handicap.</p>
<p>-          Le 29/30 juin, les recommandations ont été faites en séances plénières aux délégations des états membres qui sont invités à les mettre en œuvre en prévision des prochaines assemblées.</p>
<p>-          Quelques organisations sionistes ont tenté de faire pression pour inclure une recommandation qui considèrerait toute critique d’Israël comme assimilable à de l’antisémitisme. La commission des ONGs ne s’est pas laissé influencer et à clairement séparé la critique politique de l’état sioniste des atteintes antisémites dont sont victimes des membres de la communauté juive.</p>
<p>-           La France a été marginalisée devant les autres pays membres par son déni quant à l’islamophobie grandissante au sein de ses frontières. Une attitude dénoncée par plusieurs délégations, dont la représentante américaine chargée de la lutte contre l’anti-sémitisme, qui note que c’est parfois ceux qui en parlent le plus qui en font le moins en matière de droits de l’Homme. L’ambassadeur des droits de l’Homme envoyé par le quai d’Orsay, François Zimeray, a ainsi prononcé, pendant l’une des séances plénières spécifiquement consacrée à l’islamophobie, un discours totalement hors-sujet dénonçant l’anti-sémitisme et l’homophobie, provoquant l’embarassement d’une partie de l’assemblée. Il a quitté la conférence sitôt son dernier mot prononcé, après avoir commencé son allocution par « il est très important pour la France d’être là ».</p>
<p>-          La situation des Roms est plus qu’alarmante et souffre d’un déficit d’image et de représentation dans les instances internationales. Une stratégie à l’échelle européenne doit être pensée pour contourner les intérêts individuels des pays qui, pour l’instant, pratiquent une politique de l’autruche en rendant difficile la sédentarisation des Roms et en les incitant à se déplacer de ville en ville.</p>
<p>-          La lutte contre l’islamophobie a été mise au premier plan comme un défi à relever conjointement. Les dérives inquiétantes auxquelles nous assistons en Europe de l’Ouest ont attiré toute l’attention de l’assemblée :  le premier assassinat islamophobe dont a été victime Marwa El Sherbini en Allemagne, le vote contre les minarets en Suisse, le quasi triplement de la représentation islamophobe au parlement néerlandais, l’ampleur que prend l’English defense league au Royaume Uni et les débats chroniques visant, indirectement ou non, les musulmans de France (voile intégral, polygamie, Ilham Moussaid, etc…) et les instrumentalisant à des fins électorales.</p>
<p>-          Plusieurs associations de lutte contre les discriminations et violences à l’égard des Musulmans, dont le <a href="http://islamophobie.net/">CCIF</a> et le <a href="http://www.cojep.com/">COJEP</a> pour la France, ont pu ainsi alerter les instances internationales sur une situation de plus en plus grave dont les autorités nationales peinent à prendre la mesure.</p>
<p>Dans ce sens, quelques recommandations ont été adressées aux états par le conseil des 120 NGOs réunies lors de la réunion de la société civile, dont les plus emblématiques sont les suivantes (traduction de la section du rapport final de la conférence OSCE qui traite des mesures de lutte contre l’islamophobie):</p>
<p>-          Condamner toutes les formes d’intolérance et de discrimination à l’égard des musulmans et prendre des mesures pour lutter contre l’islamophobie et les stéréotypes.</p>
<p>-          Garantir le droit des musulmans de pratique leur religion et de l’afficher librement, sans discrimination, en accord avec les standards internationaux des droits de l’Homme. Cela inclut le droit de construire des mosquées et de s’habiller comme ils le souhaitent tant que leurs décisions sont prises librement.</p>
<p>-          Respecter le droit international en matière de lutte contre le terrorisme et prendre les mesures nécessaires pour éviter les discriminations que cette lutte occasionne, notamment le profilage racial et religieux.</p>
<p>-          Adapter la législation pour prendre en compte les crimes et agressions commit contre des musulmans du fait de leur appartenance religieuse.</p>
<p>-          Collecter des données publiques sur les crimes et violences à l’égard des musulmans. Ces  données doivent être compilées avec un souci scrupuleux d’exactitude, de méthodologie et de transparence.</p>
<p>-          Faire un effort d’éducation de la société civile autour de l’Islam et des musulmans pour réduire l’ignorance qui renforce la crainte et l’incompréhension. Ces initiatives doivent donner la parole à des femmes musulmanes, sous représentées aujourd’hui dans l’analyse de questions qui les concernent.</p>
<p>-          Adopter une définition inclusive de l’identité nationale, plus en ligne avec la réalité et la diversité du peuple européen. Reconnaître et diffuser l’héritage (passé et présent) que les musulmans laissent au monde et au pays où ils vivent en particulier.</p>
<p>-          Développer des programmes éducatifs de lutte contre l’intolérance et la discrimination à l’égard des musulmans et veiller à ce que les livres scolaires n’incluent pas de préjugés islamophobes.</p>
<p>-          Adopter une décision interministérielle des pays de l’OSCE pour lutter contre l’intolérance et la discrimination à l’encontre des musulmans à un niveau national, régional et international.</p>
<p>-          Utiliser le terme « islamophobie » pour désigner une forme de racisme et de xénophobie à l’égard des musulmans du fait de leur appartenance religieuse.</p>
<p>Alors je sais bien que défendre les musulmans ne constitue pas une cause nationale en France et qu’il fait bon vendre du papier en faisant peur à la ménagère bienpensante en lui montrant à quel point « ouh ça fait peur ces zéstrémistes musulmans » mais peut être qu’à un moment donné il va falloir se regarder dans la glace et voir que la chemise de tolérance et de respect des droits de l’Homme que nous arborons pour nous rassurer, fut-elle de bonne facture, n’est plus si blanche.</p>
<p>A bon entendeur&#8230;</p>
<p> </p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-388" title="osce" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/osce.JPG" alt="osce" width="504" height="332" /></p>
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		<title>Jack Bauer avait raison&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 20 May 2010 13:04:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>marwan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>

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		<description><![CDATA[Jack Bauer est une espèce d'évangéliste moderne qui prêche la sainte parole («God Bless Amerikkka») à l'aide d'un révolver, d'un cable électrique et d'une cisaille de jardinage. Son intérêt pour les plantes vertes étant limité, ce sont orteils, dents et oreilles ensanglantées d'arabes qui voltigent sous ses mains expertes.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Paris-New York</span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Gabriella est d&#8217;origine équatorienne, elle vit à Miami avec sa fille de 15 ans et gère une entreprise de vente de fruits de mer (que son frère produit en Équateur).  Gabriella a besoin de parler. Elle rentre d&#8217;une tournée commerciale en Europe et a été un peu froissée de ce que nous appellerons poliment « l&#8217;hospitalité française ». La pauvre ressemble à s&#8217;y méprendre à une maghrébine. Forcément, une beurisante qui ne parle pas français et qui essaie de vendre des calamars dans des salons alimentaires en douce France&#8230; ça passe mal. </span> </p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Gabriella avait, tu en conviendras, pris un mauvais départ dans une relation avec nos compatriotes qui aurait pu être tout à fait cordiale, ce que confirmerons les nombreux invités que notre ministre de l&#8217;immigration a pris le soin de faire raccompagner par de bienveillantes équipes de chauffeurs ayant la tape fraternelle et le salut taquin. </span> </p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Trop occupé à analyser et à répéter mentalement les scénarios possibles au moment du prochain contrôle des passeports une fois arrivés à JFK (l&#8217;aéroport de New York, ça fait bien de connaître le sigle), je n&#8217;ai pas vraiment prêté attention  à ses remarques, jusqu&#8217;au moment où Gabriella me dit qu&#8217;elle « comprend la situation des arabes en France ». Elle même immigrée dans un pays où on la renvoie souvent à ses origines, elle est particulièrement sensible à l&#8217;exclusion, aux discriminations, aux tentatives d&#8217;assimilation forcée et aux petites remarques du quotidien qui en disent plus sur le racisme ambiant que tous les discours. </span> </p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Forcément ça ne m&#8217;a pas laissé  indifférent, alors on a d&#8217;abord commencé par échanger des recettes de cuisine, puis elle m&#8217;a confié son sentiment mitigé sur la &laquo;&nbsp;très surfaite&nbsp;&raquo; hospitalité parisienne. </span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Pour elle, la religion fait partie des points litigieux à aborder avec les Français. Gabriella « croît en Jésus-Christ et pense qu&#8217;il est en chacun de nous ». S&#8217;ensuit une discussion franche durant laquelle je lui explique l&#8217;Islam et la place que Jésus y trouve parmi les prophètes. Elle me confie qu&#8217;en tant que croyante, elle n&#8217;a jamais cru à l&#8217;église catholique comme vecteur d&#8217;une fois monothéiste. </span> </p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Personnellement, en tant que musulman, c&#8217;est toujours pour moi un peu confus cette « présence de Jésus en chacun de nous », ainsi que la décomposition entre Père, Fils et Saint Esprit qui ruine la pureté de la foi en un dieu unique, Créateur incréé de toute chose. </span> </p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Gabriella reconnaissait volontiers qu&#8217;elle évitait de se poser certaines questions afin de rester en paix avec sa croyance. Le fait est que, comme beaucoup d&#8217;autres chrétiens, elle croit en un dieu unique, reconnaît les prophètes, de Adam à Muhammad et pense que la Bible dont nous disposons aujourd&#8217;hui est une fabrication de l&#8217;église et non un texte révélé, mais l&#8217;habitude et l&#8217;attachement à une certaine tradition la maintiennent dans le culte catholique, dans un pays où l&#8217;Islam est expliqué au bon peuple américain par Jack Bauer. </span> </p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Forcément ça fait peser quelque crainte sur les épaules de ceux qui penseraient à devenir musulmans&#8230; </span> </p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Avant que tu demandes, Jack Bauer est une espèce d&#8217;évangéliste moderne qui prêche la sainte parole (« God Bless Amerikkka ») à l&#8217;aide d&#8217;un révolver, d&#8217;un cable électrique et d&#8217;une cisaille de jardinage. Son intérêt pour les plantes vertes étant limité, ce sont orteils, dents et oreilles ensanglantées d&#8217;arabes qui voltigent sous ses mains expertes. </span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Bah c&#8217;est obligé&#8230; parce que, vois-tu, l&#8217;arabe est fourbe et têtu (et aussi profondément méchant). Alors oui, je sais bien que c&#8217;est pas super sympa de faire ça à des taxpayers arabisants qui jusque là ne semblaient avoir rien fait de mal mais, comme nous l&#8217;apprend Jack Bauer, ce sont justement ceux qui paraissent les plus sympas qui manigancent le plus avec des organisations Zestrémistes. Leur côté « bon voisin qui offre les gâteaux pour l&#8217;aïd » est justement une couverture&#8230; </span> </p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Jack Bauer est un vrai statisticien dans l&#8217;âme: pour sauver des vies américaines (les seules qui comptent) avec une probabilité incertaine, il est prêt à sacrifier et à faire souffrir, avec certitude, un nombre non-borné d&#8217;hostiles hurlants, barbusants et arabisants. Car (le sais-tu?), dans la pensée bauerienne, un arabe, ça complote, ça complote, ça complote.  </span> </p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Par ailleurs, l&#8217;arabe vise l&#8217;extension du domaine de la lutte, en s&#8217;alliant aux forces de l&#8217;impérialisme chinois, aux fournisseurs d&#8217;armes russes ainsi qu&#8217;au régime coréen pour causer du tord à la patrie de Tom Sawyer, Rick Hunter et &#8230;Magnum. </span> </p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Tu as sûrement remarqué que j&#8217;utilise indistinctement « arabe » et « musulman » alors que ce sont deux appartenances différentes. C&#8217;est que dans l&#8217;arithmétique bauerienne, un arabe = un musulman. </span> </p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Pour reconnaître un musulman? Rien de plus simple: il porte une barbe et a la peau mate. Pas de chance pour ce sikh enturbanné qui s&#8217;est fait lyncher après le 11 septembre. Faut dire qu&#8217;il avait tout du prototype de l&#8217;arabe hostile (excuse ce pléonasme, qui peut être attribué à ce que nous autres, arabes, ne maîtrisons de la langue que le cri « Allaaaaah akbar!!!!! » qui est l&#8217;équivalent du « banzaï !!!!!» que tout kamikaze japonais se doit de hurler – comme chacun sait). </span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Episode après épisode, saison après saison, la vérité s&#8217;affiche sur ton écran, entrecoupée par des interludes publicitaires (voire l&#8217;inverse). Piraté et imprimé sur des DVDs vendus à Hong Kong, téléchargé illégalement sur <a href="http://thepiratbay.org/" target="_blank">thepiratbay.org</a>, affiché sur des t-shirts en nylon fabriqués en Chine et portés en Egypte, le dogme bauerien se répand et gagne chaque jour de nouveaux esprits avec un message clair: </span> </p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;"><strong>Quand on ne comprend pas quelque chose, on gagne toujours à le supprimer. Surtout si ça parle arabe&#8230;</strong></span> </p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;"> </span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Dans le pays où vit Jack:</span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- le président est noir donc vous pouvez pas nous accuser de racisme, </span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- le monde se fait et se défait en 24h, </span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- les arabes s&#8217;appellent Achmed, Habib ou Hassan</span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- les blessures par balles cicatrisent en moins de 20 minutes</span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- pas besoin d&#8217;aller aux toilettes, on a pas le temps pour ça</span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- tous les gens qui t&#8217;aiment vont te trahir, mourir ou être kidnappés</span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- si un musulman à l&#8217;air gentil, c&#8217;est qu&#8217;il prépare un sale coup</span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- tu peux rentrer dans une mosquée avec tes pompes pour tuer des mecs si tu dis « pardon » en sortant</span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- tout le monde veut tuer Jack</span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- si tu tortures quelqu&#8217;un et qu&#8217;il n&#8217;avoue pas, c&#8217;est qu&#8217;il a encore trop de doigts ou trop de dents</span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- si tu penses que Jack a tord, c&#8217;est que tu es musulman</span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- si tu es musulman c&#8217;est que tu es (au minimum) suspect</span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- manger ça sert à rien</span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- les vêtements sont auto-nettoyants</span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- la voiture a toujours le plein d&#8217;essence</span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- le monde se divise en deux groupes: les gentils et les méchants. Entre les deux il y a les morts. </span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- si tu montes dans ta voiture et que quelqu&#8217;un t&#8217;appelle sur ton portable pour te parler d&#8217;un truc sympa, c&#8217;est qu&#8217;il y a une bombe sous ton siège qui va exploser dans 3, 2, 1&#8230;</span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- les verts ont perdu les élections. Sinon ils rouleraient pas tous en 4*4. </span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- le racisme, c&#8217;est quand tu n&#8217;as pas <strong>encore </strong>la preuve que ton voisin arabe complote, complote, complote</span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- de l&#8217;autre côté de la frontière, le monde entier nous déteste et veut  nous tuer. C&#8217;est pour ça qu&#8217;il faut se protéger&#8230; </span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- si la fille de Jack est amoureuse de toi, tu vas mourir dans les prochaines 24h</span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- si Jack t&#8217;a appelé pour te poser une question ou pour emprunter ta voiture, tu vas mourir dans les prochaines 24h</span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- si tu travailles avec Jack et que tu questionnes ses méthodes, c&#8217;est que tu es incompétent et que tu n&#8217;es pas un patriote. Donc forcément tu vas mourir dans les prochaines 24h</span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">- si le président de Jack fait une déclaration télévisée pour dire qu&#8217;il faut venir libérer ton pays de la dictature, alors toi, ta femme, tes enfants, tes voisins, les mecs qui te doivent de l&#8217;argent et les mecs qui leurs doivent de l&#8217;argent, vous allez mourir dans les prochaines 24h &#8230;mais au moins vous serez libres. Et ça c&#8217;est cool, pas vrai? </span> </p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Cher lecteur, tu m&#8217;as l&#8217;air un peu déconfit. Et ça, vois-tu, ça pourrait être le signe d&#8217;un manque de patriotisme. </span> </p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Quoi les droits de l&#8217;homme? </span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Quoi la convention de Genève? </span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Quoi le droit des peuples à disposer d&#8217;eux même?</span> </p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;">Pour Jack, tout ça n&#8217;a été  inventé que pour rassurer les enfants en attendant l&#8217;age où ils pourront eux aussi participer à la « défense de la liberté ». Alors viens, toi, madame et les petits, rejoindre les rangs&#8230;</span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;"> </span></p>
<p><span style="font-family: Calibri; font-size: small;"><img title="24" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/24.jpg" alt="24" width="432" height="305" /></span></p>
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		<title>Vous pourriez au moins dire merci&#8230;</title>
		<link>http://www.foulexpress.com/2010/04/27/vous-pourriez-au-moins-dire-merci/</link>
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		<pubDate>Tue, 27 Apr 2010 14:50:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>marwan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>

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		<description><![CDATA[Bah oui parce que là c’est le minimum. A force de vous servir des musulmans comme d’un paillasson pour rentrer dans les studios télés, placer vos têtes en première page des journaux, réciter vos psaumes savants sur les antennes radios, il va bien falloir, à un moment donné, rendre à Mouloud, Oussama, Khaled et Fatima les honneurs dus à leur fonction d’unificateurs du bon Parti Islamophobe de France (P.I.F).]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p><strong>Petit message sympa à l’honorable attention de la classe politique et des journalistes à grand spectacle.</strong></p>
<p> </p>
<p>Vous pourriez au moins dire merci…</p>
<p>Bah oui parce que là c’est le minimum. A force de vous servir des musulmans comme d’un paillasson pour rentrer dans les studios télés, placer vos têtes en première page des journaux, réciter vos psaumes savants sur les antennes radios, il va bien falloir, à un moment donné, rendre à Mouloud, Oussama, Khaled et Fatima les honneurs dus à leur fonction d’unificateurs du bon Parti Islamophobe de France (P.I.F).</p>
<p>Unificateur national, un métier d’avenir au service d’un marché florissant : celui du lynchage des musulmans, au sens figuré (mais pas seulement…).</p>
<p>Et en plus, comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, il se trouve que les candidats recherchés pour ce type de poste sont justement surreprésentés parmi les chercheurs d’emploi. Voyez comme c’est opportun ?</p>
<p> Bon… je caricature un peu, mais je pense qu’il y a là une vraie piste à creuser…</p>
<p> Revenons à nos moutons (égorgés dans la baignoire ou planqués dans le coffre d’Harry) .</p>
<p> Je disais donc : vous pourriez au moins dire merci.</p>
<p> Grâce aux musulmans, la France change pour une France meilleure. Jugez vous-même :</p>
<p>-          Disparition du chômage, à moins qu’il soit causé par une immigration non choisie</p>
<p>-          Finie l’insécurité à l’école, à moins qu’elle soit du fait des racailles beurisantes voire islamisantes qui pullulent dans les banlieues, où l’on trouve également (le saviez vous ?) l’Islam des caves, l’enfer des tournantes, le marché des armes et un tas d’autres trucs un peu craignos, vous en conviendrez, que personnellement je n’ai jamais vus mais que tout bon journaliste et intellectuel respectable semble avoir dûment explorés.</p>
<p>-          Adieu le déficit budgétaire, à moins qu’il soit aggravé par l’escroquerie aux allocations familiales par une famille nombreuse par période de Aïd el Kebir.</p>
<p>-          Au revoir la crise, bonjour les bonus. En séance de rédaction chez nos quotidiens nationaux (Le Monde, Libération, France Soir, …) : entre un Nantais polygame et le scandale de Goldman Sachs dont le monde entier paye les conséquences, le choix de la première page est facile : gros plan sur le barbu, silence sur les banquiers… </p>
<p> </p>
<p>Comme vous pouvez l’imaginer, unifier le PIF n’est pas chose facile. C’est un travail de longue haleine. Mais chez nous autres musulmans, c’est presque une vocation.</p>
<p>Au moyen-âge (voyez comme le temps passe…), nous avions déjà à cœur d’unifier l’Europe. Jusque là, cette terre n’était rien d’autre qu’un rassemblement géographique de peuples belligérants : Germains, Francs, Anglais, … chacun son identité définie par l’alter-ennemi : l’Autre,  de l’autre côté de la Manche, de l’autre côté du Rhin, de l’autre côté des montagnes. Cet Autre avec qui on faisait la guerre et par opposition auquel on se définissait, retombant sans cesse dans de sempiternelles querelles frontalières.</p>
<p>C’était sans compter sur l’aide des musulmans. Car voilà que dans ces hordes barbares d’outre Méditerranée, les peuples d’Europe avaient trouvé un ennemi commun, diabolique, sournois et affublé de tous les vices que quelques intellectuels et editocrates du moyen âge pouvaient imaginer en regardant dans la glace pour s’en inspirer dans leur pamphlets anti-mahométans qui, au fil du temps, ont aiguisé la rage, la haine et ont servi de base idéologique au feu de la guerre.</p>
<p>La haine de l’Islam et des musulmans : le ciment unificateur de l’Europe née des croisades.</p>
<p>Tout cela ne nous rajeunit pas, n’est ce pas ?</p>
<p>Mais, vous en conviendrez, quand on nous dépeint les musulmans comme des analphabètes bégayants n’étant sur terre que pour satisfaire leurs instincts primaires par l’asservissement des femmes (emburquées), le prosélytisme en direction de nos petites têtes blondes (embrigadées dans des groupes djihadistes), l’acquisition en quantité de viande rouge (halal) et la pratique d’un mode d’expression gesticulo-vocifératoire (qui fait uper-peur), on se rapproche plus de la Chanson de Roland que de l’analyse journalistique.</p>
<p> </p>
<p>A suivre…</p>
<p> </p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-370" title="Islamophobie" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/Islamophobie.jpg" alt="Islamophobie" width="320" height="240" /></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Concours d&#8217;écriture : à vos plumes</title>
		<link>http://www.foulexpress.com/2010/01/26/grand-concours-decriture-a-vos-plumes/</link>
		<comments>http://www.foulexpress.com/2010/01/26/grand-concours-decriture-a-vos-plumes/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 26 Jan 2010 11:48:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>marwan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.foulexpress.com/?p=283</guid>
		<description><![CDATA[Nous avons le plaisir de vous annoncer le premier concours d'écriture Foul Express. Pour y participer, c'est très simple. Il vous suffira d'avoir une pincée d'inspiration, quelques idées et l'envie de les partager avec nous. 5 livres à gagner. Voici les instructions. 

A vos plumes et claviers... jusqu'au 5 Février]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Nous avons le plaisir de vous annoncer le premier concours d&#8217;écriture Foul Express. Pour y participer, c&#8217;est très simple. Il vous suffira d&#8217;avoir une pincée d&#8217;inspiration, quelques idées et l&#8217;envie de les partager avec nous. Voici les instructions.<br />
 </p>
<p>1) Ecrivez un texte de votre choix parmi l&#8217;un des 3 thèmes suivant:</p>
<p>- identité<br />
- rêves d&#8217;enfance<br />
- économie critique</p>
<p> 2) Faites-le parvenir à l&#8217;adresse: <a href="mailto:contact@foulexpress.com">contact@foulexpress.com</a> avant le 5 février.    </p>
<p>3) Les 5 meilleurs textes seront publiés sur <a href="http://www.foulexpress.com">FoulExpress.com</a> et recevront un exemplaire gratuit du livre <a href="http://www.foulexpress.com/le-livre/">Foul Express</a>.</p>
<p>N&#8217;hésitez pas à diffuser l&#8217;info autour de vous.</p>
<p>A vos plumes et claviers&#8230;</p>
<p> </p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-282" title="stylofoul" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/stylofoul.jpg" alt="stylofoul" width="592" height="333" /></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Quand une femme fait les soldes&#8230;</title>
		<link>http://www.foulexpress.com/2010/01/14/quand-une-femme-fait-les-soldes/</link>
		<comments>http://www.foulexpress.com/2010/01/14/quand-une-femme-fait-les-soldes/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 14 Jan 2010 12:03:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>marwan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[On parle de moi partout, on me dédie des catalogues, on attend de moi que je fasse des miracles économiques dans un paysage au moral morose. Rose, la vie de mes suiveurs ne l’est pas pourtant ils s’acharnent et s’obstinent à croire que je leur veux du bien. Me posséder, ils en rêvent du matin au soir à en devenir possédés, comme des zombies en perte d’eux-mêmes face au miroir, le sourire décédé.  Décidés à me payer jusqu’à leur dernier sous, ils me veulent coûte que coûte quitte à plonger au 36ème dessous. (...)]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je suis une manifestation semestrielle célébrée à travers tout le monde civilisé. On me prédit et me détermine à l’aide d’un calendrier solaire. Icône quasi-religieuse, les adeptes de mon culte sont prêts à tout pour moi. J’unis tous ceux qui m’aiment, au-delà des races,  des langues et des cultures. Incarnant une société aux valeurs universelles, je propose un mode de vie que mes prédicateurs tentent d’appliquer à tous.</p>
<p>On me dédie des temples. On se bat pour moi. On part en weekend à ma recherche. On s’éclipse de son travail pour venir me trouver en secret.  Je cause des malaises parmi mes fidèles qui endurent queues interminables, ampoules  aux pieds et douleurs dorsales pour moi.</p>
<p>Graal des temps modernes, mon étendard est de couleur rouge et porte des inscriptions chiffrées dans lesquelles le 9 revient sans cesse.  Je crée des disputes conjugales, des irrégularités hormonales et quelques dysfonctionnements sociaux que l’on détaille dans les journaux.</p>
<p>On parle de moi partout, on me dédie des catalogues, on attend de moi que je fasse des miracles économiques dans un paysage au moral morose. Rose, la vie de mes suiveurs ne l’est pas pourtant ils s’acharnent et s’obstinent à croire que je leur veux du bien. Me posséder, ils en rêvent du matin au soir à en devenir possédés, comme des zombies en perte d’eux-mêmes face au miroir, le sourire décédé.  Décidés à me payer jusqu’à leur dernier sous, ils me veulent coûte que coûte quitte à plonger au 36ème dessous. Sous mon apparence je suis plus qu’un simple vêtement, une robe, une paire d’escarpins, un chemisier qui passe de mains en mains.</p>
<p>On m’affiche dans les vitrines, je suis pendue dans les rayons, on me laisse tomber dans les cabines puis me ramasse par peur des regrets. Je suis dans toutes les boutiques, un antivol planté sur le dos, ma vie commence dans l’étincelle d’un regard et fini dans la froideur de l’oubli. Sur mon arrêt de mort : « vieille fripes et autres, à descendre à la cave »…</p>
<p>Je suis, je suis, je suis ?</p>
<p><strong>Une bonne affaire, en période de soldes.</strong></p>
<p>Sabrina ne s’est pas réveillée ce matin avec l’envie soudaine et irrésistible de s’acheter une tunique mauve. Pourtant, quelques heures plus tard ce mercredi de janvier, son destin va basculer…</p>
<p>Sabrina est une fille comme tant d’autres. Sabrina rit, Sabrina pleure. Sabrina vit seule dans un petit appartement de la Plaine Saint Denis, décoré avec goût et patience, soigneusement rangé et ordonné les soirs où elle invite ses amies. La journée (et souvent le soir), Sabrina travaille comme juriste dans une compagnie d’assurance à la Défense.</p>
<p>Vivre seule, ce n’était pas un espoir particulier qu’elle nourrissait mais ça faisait partie du plan inconscient qu’elle semblait suivre : faire des études, trouver un job, avoir son appart’, passer du temps avec ses copines et trouver le prince charmant qui la rendrait heureuse. Pour toujours. Cette histoire d’une citadine diplômée à la vie sentimentale erratique n’est pas sans rappeler les héroïnes des séries TV que Sabrina regarde le soir, affalée dans son canapé en pyjama, espérant secrètement  que quelqu’un vienne frapper à sa porte pour changer sa vie.</p>
<p>Mais ce matin, en se réveillant, Sabrina ne pense à aucune de ces choses qui font sa vie : ni à ce prince charmant qui commence à ressembler à un fugitif en cavale, ni à l’absurdité de vivre dans un immeuble où chaque soir huit personnes seules dans huit appartements différents mangent huit plats surgelés en face de huit télévisions… Non, Sabrina ne pense à rien de tout ça.</p>
<p>Face à son miroir dans la salle de bain, elle observe cette jeune femme simple qui porte le t-shirt de son grand frère en guise de pyjama, garde de petites cicatrices en mémoire de ses jeux d’enfants et dort avec ses chaussettes pour ne pas avoir froid.</p>
<p>Puis vient le rituel des jours ouvrés : crème, fond de teint, fard à paupières, mascara à effet 3D, crayon et rouge à lèvre transparent. Tailleur et talons. Comme une actrice se prépare en coulisse avant d’entrer en scène, Sabrina se maquille et enfile son costume pour devenir celle que ses collègues connaissent : Sab’, fille sympa, toujours soignée, incollable sur les émissions TV (et accessoirement sur le droit des contrats),  visiteuse régulière du bar-à-salades à l’heure du déjeuner. Une représentation de plus au théâtre de la vie professionnelle.</p>
<p>Dans le métro, les panneaux publicitaires annoncent la grande nouvelle du jour : les soldes. Ce n’est pas un scoop pour Sabrina. La seule chose qui change, c’est que le wagon est encore plus bondé que d’habitude. Pour l’occasion, les magasins ouvrent à 8h du matin afin de permettre aux employés de venir faire quelques emplettes avant de se rendre au travail.  Pas pour Sabrina. Morning meeting oblige. Elle doit être présente à 8h30 pour faire le point sur les dossiers importants. Elle devra attendre la pause déjeuner. Pas de problème, Sabrina est pro.</p>
<p>Oui mais voila, Sabrina ressent un stress grandissant. Pendant qu’elle écoute distraitement ses collègues parler de la prochaine campagne de souscription à la nouvelle assurance-vie que propose son entreprise, elle pense à toutes ces bonnes affaires qui sont en train de lui passer sous le nez à chaque seconde qui passe. Son supplice psychologique vient de sa crainte que d’autres qu’elle, faisant la même taille, achètent des articles qu’elle n’imagine même pas mais qui auraient tout de même pu lui plaire. Elle regarde sa montre, puis l’horloge, puis sa montre… jusqu’à 11h59.</p>
<p>A 12h elle est déjà dans l’ascenseur…</p>
<p>Direction les Quatre Temps, le pas pressé. Sabrina est déjà en train d’imaginer l’itinéraire des boutiques qu’elle va parcourir. Sans même s’en rendre compte, son cerveau réalise des calculs complexes d’optimisation de son ratio d’utilité sous contrainte de temps, de budget et en tenant compte du positionnement géographique et tarifaire des probabilités de bonnes affaires.</p>
<p>La stratégie de Sabrina est bien rôdée :</p>
<p>- Ne pas essayer les vêtements. Ca ne sert à rien de perdre un temps précieux en faisant la queue  aux cabines d’essayage. Autant utiliser ce temps à faire des boutiques supplémentaires et étendre sa zone de couverture.</p>
<p>-  Acheter ce qui lui plait en première démarque et attendre avant d’enlever les étiquettes. De cette façon, elle s’accorde le choix de se faire rembourser puis de racheter l’article s’il existe encore à sa taille lors des dernières démarques. On a même vu des femmes ramener un article et le reprendre aussitôt une fois remis en rayon…</p>
<p>En rentrant dans sa boutique préférée, Sabrina n’a rien en tête. Si on lui posait la question:</p>
<p>« Sabrina, pourquoi entres-tu dans cette boutique ? »</p>
<p>Elle répondrait probablement qu’elle ne cherche rien en particulier, qu’elle est juste venue « faire un tour pour voir »…</p>
<p>Secrètement, presque inconsciemment, elle espère être tentée, avoir l’occasion d’hésiter avant de finalement succomber à un achat impulsif. Mais si on lui disait ça à l’entrée de la boutique, elle serait peut être un peu vexée.</p>
<p>Méthodique, elle scanne les rayons un par un, avec précision, d’une extrémité à l’autre. Les pantalons. Les pulls. Les chemisiers. Les vestes. Toujours le même geste. Repérer l’article, puis le prix, puis la taille. Ne surtout pas survoler un rayon, pour ne pas ressentir le doute d’avoir laissé passer une affaire. Pour l’instant, rien en vue.</p>
<p>Une autre femme scanne le même rayon. Elle devient alors une concurrente potentielle. Elle vient d’une autre direction passant les articles en revue avec la même application. En plus elle a l’air de faire la même taille. Vite Sabrina, il faut se dépêcher d’atteindre la fin du rayon avant elle. Quand elles se croisent au milieu, elles échangent un regard méfiant et un sourire gêné, faussement bienveillant. Ouf.</p>
<p>Oui mais voila, en regardant derrière elle, Sabrina remarque une lueur mauve au milieu de la rangée de pantalons noir qu’elle vient pourtant d’analyser. Aurait-elle laissé passer quelque chose ?</p>
<p>L’ennemi remarque la cible mauve et s’en empare. Sabrina ressent un pincement au cœur. Elle observe sournoisement la scène, faisant mine de vérifier ses appels en absence (eux-même en absence…). La cible est en fait une tunique qui focalise maintenant toute l’attention de l’ennemi (et de Sabrina).</p>
<p>Il peut être utile à ce stade de préciser que Sabrina n’aime pas le mauve. Elle n’en porte pas. Cette tunique est trop bariolée par rapport à son style habituel faussement sobre. Si on lui avait demandé ce matin de faire la liste d’articles imaginaires qu’elle aimerait trouver en soldes, la tunique mauve n’y aurait pas figuré. Même si on lui avait proposé une liste d’articles avec des cases à cocher, elle aurait délaissé encore une fois la tunique mauve dans son choix.</p>
<p>Tandis que les secondes s’égrènent, dans les mains de l’ennemi, la tunique mauve prend une beauté inattendue. La rareté de l’objet lui donne un supplément de valeur. C’est très précisément ce que ressent Sabrina. Elle se prend à s’imaginer portant la tunique, parfaitement assortie avec son pantalon noir et ses chaussures grises.</p>
<p>D’un coup cette tunique devient exactement ce qui lui manquait dans sa vie. Elle s’imagine déjà avec sa super tunique au travail devenant grâce à elle une véritable working girl sérieuse, dynamique, belle et intelligente pour un boulot qu’elle n’aime pas mais auquel elle consacre beaucoup de temps et d’énergie.</p>
<p>Puis elle s’imagine que dans un dîner entre amies, cette jolie tunique mauve prétexte à la discussion va lui permettre de vaincre sa timidité et lui redonner confiance en elle.</p>
<p>La tunique a désormais un super pouvoir. Elle devient en l’espace de quelques minutes la pièce manquante dans l’existence de Sabrina. Malheureusement elle est encore entre les mains de l’ennemi, qui regarde, retourne, hésite, puis la repose enfin.</p>
<p>Sabrina s’approche à pas lents et assurés. Elle se saisit de la tunique et esquisse un sourire vengeur. Personne ne l’a remarqué mais elle vient d’acquérir un lourd trésor de guerre. Une guerre silencieuse, intérieure qui fait d’elle à la fois la victime et le bourreau d’un empire : celui de la consommation.</p>
<p>Elle garde précieusement ce trésor sous le bras, tandis que son regard de lynx scanne une dernière fois les rayons du magasin pour être sûre que rien ne lui a échappé.</p>
<p>A la caisse, de nombreuses femmes attendent elles aussi le moment si délicieux de vider leur compte bancaire pour cette noble cause que représentent les soldes : argent liquide, carte de crédit, chéquier. Sabrina est suffisamment armée pour obtenir sa tunique et le super pouvoir qui va avec. Se dire que l’on a fait une bonne affaire et que certaines l’ont acheté deux fois plus cher lui procure une certaine fierté. Elle ne réalise pas qu’elle vient de se faire <a href="http://www.foulexpress.com/2009/08/07/cherie-je-me-suis-fait-price-targetter/">price-targetter</a>…</p>
<p>Une des joie du shopping est de découvrir dans quel sac la vendeuse va mettre ce trésor, plus il est grand, plus il est voyant, plus Sabrina se sent importante en sortant du magasin. Elle va pouvoir arpenter la rue fièrement, son trésor à la main.</p>
<p>Jamais la tunique n’aura autant de valeur qu’à ce moment précis, au fond de ce sac en papier où, si on y réflechit, elle ne sert à rien. Etiquetée, pliée, elle n’existe que pour être possédée.</p>
<p>Pour déculpabiliser, Sabrina se dit qu’elle aussi a droit à son moment de bonheur et qu’il n’y a rien de mal à « penser à soi de temps en temps », comme le dit l’affiche publicitaire pour la salade Organic Biometric No Caloric. En plus, le questionnaire du magazine ‘Moi Moi Moi’ lui a révélé que le fait qu’elle ait obtenu plus de ronds que de carrés dans son score global signifie qu’elle est une « égoïste complexée » : ça veut dire qu’elle doit enfin « assumer » le fait de ne penser qu’à elle. Etre égoïste est, selon le test du moi(s), le meilleur moyen de mettre fin à la cavale d’un prince charmant qui a, à n’en point douter,  juste mal réglé le GPS de son carosse étoilé.</p>
<p>A la fin de la journée, épuisée, ruinée, Sabrina retrouve son appartement vide, repasse par la case miroir au passage et range sa tunique mauve à côté des dizaines d’autres vêtements qu’elle a achetés mais n’a jamais portés, suspendus à des cintres comme des pendus sans âmes. Elle allume la télé, sort un plat surgelé et s’installe sur son canapé. Là, mangeant son poisson au cœur gelé à la lumière furtive de la télévision, Sabrina attend encore le coup de foudre qui changera sa vie… lors des prochaines soldes.</p>
<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8211; </p>
<p><strong>Cet article a été écrit par Marwan et Sonia. Il est utile de préciser que nous parlons de femmes, mais que l&#8217;essentiel des comportements décrits s&#8217;appliquent aujourd&#8217;hui aux hommes également. </strong></p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-269" title="soldes" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/soldes.JPG" alt="soldes" width="538" height="302" /></p>
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