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	<title>FoulExpress &#187; Marwan Muhammad</title>
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		<title>Les hommes sont-ils des femmes comme les autres ?</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Feb 2012 19:22:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marwan Muhammad</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; Tu ne rêves pas : le gars est bien en train de se raser le torse avec un Gillette Mach 3. Alors c’est à ça que ressemble un homme ? Un ramassis de muscles imberbe, la peau soignée à la crème de jour et  les cheveux ordonnés en un désordre subtilement organisé. De l’architecture capillaire au [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_3893" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a href="http://www.foulexpress.com/2012/02/les-hommes-sont-ils-des-femmes-comme-les-autres/2434151688_970d307756_z/" rel="attachment wp-att-3893"><img class="size-large wp-image-3893" title="Rasoir jetable" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/2434151688_970d307756_z-600x452.jpg" alt="" width="600" height="452" /></a><p class="wp-caption-text">CR : baptiste.franchina/Flickr</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Tu ne rêves pas : le gars est bien en train de se raser le torse avec un Gillette Mach 3.</p>
<p>Alors c’est à ça que ressemble un homme ? Un ramassis de muscles imberbe, la peau soignée à la crème de jour et  les cheveux ordonnés en un désordre subtilement organisé. De l’architecture capillaire au choix subtil des chaussures, en passant par la chemise cintrée et le jean moulant, il faut reconnaître que les dernières années ont vu s’opérer une multitude de changement dans l’archétype de l’homme moderne.</p>
<p>Plusieurs versions en sont disponibles :</p>
<p>- Brute civilisée, façon Chabal : une apparence de Cro-Magnon soignée à la crème Nivea, barbe hirsute et cheveux longs sur costume sur mesure. Ca roule en Toyota Yaris et ça mange du yaourt au bifidus. Des vacances au centre commercial Leclerc avant de se faire plier par un néozélandais fâché, façon origami post-haka.</p>
<p>- Veau de concours, style shooté aux stéroïdes mais gentil à la peau rose bronzée, fait du body building un jour sur deux et surveille sa ligne, porte des pulls en col v à même la peau, les bras souvent croisés sur les photos pour faire gonfler les muscles. Des fois une barbe de trois jours, style toujours disponible pour réparer l’évier du voisin, mais complètement désemparé devant une clé à molette…</p>
<p>- Dandy chic, sauce british sur veste de velours à coudières, souvent un gilet et un petit bouc sous ses lunettes rectangulaires. C’est l’intellectuel beau gosse qui lit Begbeider et traîne ses guêtres vers Saint-Michel. Ca a l’air négligé mais c’est tout le contraire : il n’y a pas plus sophistiqué que quelqu’un qui se donne du mal pour ne pas le paraître.</p>
<p>- Sensibilité à fleur de peau, limite androgyne. Une espèce de créature post-sexuée des milieux urbains. Quasiment tous les codes de la féminité, repris sauce 21è siècle, se réclamant d’un modernisme qui passe outre les théories du genre, dépassées.</p>
<p>Caricatural ?</p>
<p>Complètement.</p>
<p>Ces prototypes sont faits pour provoquer une réaction, de distanciation ou d’identification, mais il faut se poser la question : dans notre façon de construire notre identité masculine, pour ceux d’entre nous qui sommes des garçons, dans quelle mesure sommes-nous libres de ces modèles types que nous proposent le monde de la mode et la culture de masse ?</p>
<p>Quel homme aujourd’hui sait abattre et dépecer un animal ?</p>
<p>Qui sait réparer une voiture sans appeler l’assistance après trois tentatives de démarrage et un regard dépité sur le moteur ?</p>
<p>Qui a une idée du travail de la terre, de la navigation ou de la construction ?</p>
<p>Des choses que les hommes savaient faire, jusque-là au moins, pour ce qui est de notre petite caste bourgeoise urbaine post-moderne, mais qui sont désormais considérées comme barbares, rustiques ou dépassées.</p>
<p>La publicité de Gillette met en scène cet homme dont la puissance musculaire n’est qu’un attribut sans force utile, soucieux de la douceur de sa peau parce que désormais, lui aussi «<em> le vaut bien</em> ».</p>
<p>Lui aussi, comme l’avaient défini des stéréotypes et des clichés jusque-là féminins, s’occupe désormais de son apparence, de ses vêtements et de la coiffure qui le définit le mieux.</p>
<p>Ce qui pose une question fondamentale :</p>
<p>Mis à part une différenciation biologique, l’homme moderne, selon l’acception (presque) caricaturale que j’en donne ici, est-il devenu une femme comme les autres ?</p>
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		<title>Sexe, mensonges et idéaux, partie 1</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Jan 2012 13:01:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marwan Muhammad</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
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		<description><![CDATA[&#160; Cet article risque de vous choquer. Il parle de choses que l’on préfère trop souvent ignorer. Pourtant je n’ai pas l’intention de passer sous silence la réalité, crue et violente, que vivent des millions de femmes dans le monde lorsqu’elles sont réduites à l’état d’objets sexuels. La prostitution (le sexe tarifé) est un sujet [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_3831" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a rel="attachment wp-att-3831" href="http://www.foulexpress.com/2012/01/sexe-mensonges-et-ideaux-partie-1/dsc_9486/"><img class="size-large wp-image-3831" title="DESIR Confluence, Lyon" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/4692257557_d611a40ea5_z-600x399.jpg" alt="" width="600" height="399" /></a><p class="wp-caption-text">CR : carlinow/Flickr</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Cet article risque de vous choquer.</p>
<p>Il parle de choses que l’on préfère trop souvent ignorer. Pourtant je n’ai pas l’intention de passer sous silence la réalité, crue et violente, que vivent des millions de femmes dans le monde lorsqu’elles sont réduites à l’état d’objets sexuels.</p>
<p>La prostitution (le sexe tarifé) est un sujet d’étude complexe, en ce qu’il touche à la morale, aux normes sociales, à l’économie, à l’intimité et à la dignité des femmes. Pour autant, faut-il l’esquiver ? Je ne le crois pas.</p>
<p>De quoi parle-t-on ?</p>
<p>Du fait qu’en échange d’une quantité économique, un être humain consente à pratiquer un acte physique qui relève normalement d’une nature émotionnelle, intime, maritale.<br />
Qu’est-ce qui est le plus choquant  dans cette situation ?</p>
<p>Si c’est la transgression du cadre marital pour s’adonner à la pratique d’actes sexuels, elle est communément tolérée, voire encouragée par des sociétés qui jugent leur modernité comme positivement corrélée à la multiplication des partenaires sexuels. Je déplore et rejette profondément une telle idée, mais j’en prends acte. Aujourd’hui, « être marié » est associé à une posture presque traditionnelle, « être fidèle » une utopie désuète.  Reste la « liberté » : une façon polie de dire qu’on fait quand et comme on veut, donnant ainsi libre cours aux pulsions de l’instant et construisant au fur et à mesure une nouvelle norme et de nouvelles valeurs qui viendront valider à posteriori ce que la part la plus bestiale de l’homme a déjà décidé : JE suis, JE veux, JE consomme. La « libération des mœurs » s’est ainsi soldée par l’asservissement de chacun à ses propres instincts. Comme il est confortable de présenter comme progrès ce qui n’est rien d’autre qu’un renoncement à ce qui fait pourtant la spécificité de l’homme : sa capacité à résister à ses pulsions, à la différence des animaux.</p>
<p>Ce n’est pas ma conception de la liberté.</p>
<p>Je crois que l’homme vaut un peu mieux qu’une somme de viande et de sang livrée à elle-même. Je crois à l’amour sincère, à la construction d’une relation entre un homme et une femme, un époux et une épouse et au fait que fonder une famille soit la plus belle des façons de vivre, pour des êtres qui s’aiment.</p>
<p>A ceux qui penseraient que je vis dans un film, je pose la question suivante :</p>
<p>Qui d’entre nous se berce d’illusions : moi qui pense que la cellule familiale est le cadre idéal pour l’amour entre un homme et une femme ou ceux qui nourrissent l’indicible paradoxe, qui consiste à espérer la venue d’un(e) prince(sse) charmant (e) à l’amour éternel, tout en menant une vie aux antipodes de cela, avec l’espoir quasi-pathologique d’y trouver le bonheur ?</p>
<p>Mis à part la destruction progressive du cadre familial, la deuxième chose qui choque dans la pratique de la prostitution, c’est la violence du geste : le fait d’offrir ce qu’un être humain a de plus intime contre de l’argent porte atteinte à la dignité d’une femme. Ce geste touche à quelque chose d’essentiel dans ce qui différencie l’être humain de la marchandise. Il y a une forme d’aliénation et de modification profonde du rapport à soi dans le fait d’être réduite au statut d’objet. La prostitution est donc par certains aspects plus violente que l’esclavage, en ce qu’elle n’est pas une simple privation de liberté, ni un simple travail forcé, mais en plus de cela une grave atteinte à l’humanité d’une femme.</p>
<p>Enfin, l’aspect purement économique est probablement le plus important dans l’analyse, pas dans ses valeurs mais dans sa capacité explicative. En effet, la prostitution est souvent réduite à la simple idée d’une transaction, un échange entre un service, une prestation d’une part et, de l’autre une compensation, financière le plus souvent. Au-delà du côté abject d’une telle formulation, validant l’idée de marchandisation de la femme, il faut poser les questions suivantes :</p>
<p>Si la prostitution revient à échanger des sentiments et des « actes d’amours » contre une compensation, qu’en est-il des relations amoureuses de manière générale ?</p>
<p>Dans les sociétés dites modernes, quand une femme fréquente un homme pour son statut et son argent, est-ce de la prostitution ?</p>
<p>Existe-t-il une prostitution implicite et, si oui, répond-elle aux mêmes règles économiques ?</p>
<p>Dans la suite de cet article, nous verrons s’effondrer, chiffres à l’appui, nombre de mythes que l’on entretient à propos de la prostitution en particulier, mais surtout des relations hommes-femmes en général.</p>
<p>A suivre…</p>
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		<title>Quand une femme fait les soldes&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Jan 2012 08:00:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marwan Muhammad</dc:creator>
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		<description><![CDATA[On parle de moi partout, on me dédie des catalogues, on attend de moi que je fasse des miracles économiques dans un paysage au moral morose. Rose, la vie de mes suiveurs ne l’est pas pourtant ils s’acharnent et s’obstinent à croire que je leur veux du bien. Me posséder, ils en rêvent du matin au soir à en devenir possédés, comme des zombies en perte d’eux-mêmes face au miroir, le sourire décédé.  Décidés à me payer jusqu’à leur dernier sous, ils me veulent coûte que coûte quitte à plonger au 36ème dessous. (...)]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_269" class="wp-caption aligncenter" style="width: 548px"><img class="size-full wp-image-269 " title="Soldes !" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/soldes.JPG" alt="Soldes !" width="538" height="302" /><p class="wp-caption-text">CR : Marwan Muhammad</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>A l&#8217;occasion de la folie des soldes, FoulExpress vous propose un article tiré de nos archives et toujours d&#8217;actualité !</strong></p>
<p>Je suis une manifestation semestrielle célébrée à travers tout le monde civilisé. On me prédit et me détermine à l’aide d’un calendrier solaire. Icône quasi-religieuse, les adeptes de mon culte sont prêts à tout pour moi. J’unis tous ceux qui m’aiment, au-delà des races,  des langues et des cultures. Incarnant une société aux valeurs universelles, je propose un mode de vie que mes prédicateurs tentent d’appliquer à tous.</p>
<p>On me dédie des temples. On se bat pour moi. On part en weekend à ma recherche. On s’éclipse de son travail pour venir me trouver en secret.  Je cause des malaises parmi mes fidèles qui endurent queues interminables, ampoules  aux pieds et douleurs dorsales pour moi.</p>
<p>Graal des temps modernes, mon étendard est de couleur rouge et porte des inscriptions chiffrées dans lesquelles le 9 revient sans cesse.  Je crée des disputes conjugales, des irrégularités hormonales et quelques dysfonctionnements sociaux que l’on détaille dans les journaux.</p>
<p>On parle de moi partout, on me dédie des catalogues, on attend de moi que je fasse des miracles économiques dans un paysage au moral morose. Rose, la vie de mes suiveurs ne l’est pas pourtant ils s’acharnent et s’obstinent à croire que je leur veux du bien. Me posséder, ils en rêvent du matin au soir à en devenir possédés, comme des zombies en perte d’eux-mêmes face au miroir, le sourire décédé.  Décidés à me payer jusqu’à leur dernier sous, ils me veulent coûte que coûte quitte à plonger au 36ème dessous. Sous mon apparence je suis plus qu’un simple vêtement, une robe, une paire d’escarpins, un chemisier qui passe de mains en mains.</p>
<p>On m’affiche dans les vitrines, je suis pendue dans les rayons, on me laisse tomber dans les cabines puis me ramasse par peur des regrets. Je suis dans toutes les boutiques, un antivol planté sur le dos, ma vie commence dans l’étincelle d’un regard et fini dans la froideur de l’oubli. Sur mon arrêt de mort : « vieille fripes et autres, à descendre à la cave »…</p>
<p>Je suis, je suis, je suis ?</p>
<p><strong>Une bonne affaire, en période de soldes.</strong></p>
<p><iframe width="640" height="480" src="http://www.youtube.com/embed/ySbgagdG0cg" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Sabrina ne s’est pas réveillée ce matin avec l’envie soudaine et irrésistible de s’acheter une tunique mauve. Pourtant, quelques heures plus tard ce mercredi de janvier, son destin va basculer…</p>
<p>Sabrina est une fille comme tant d’autres. Sabrina rit, Sabrina pleure. Sabrina vit seule dans un petit appartement de la Plaine Saint Denis, décoré avec goût et patience, soigneusement rangé et ordonné les soirs où elle invite ses amies. La journée (et souvent le soir), Sabrina travaille comme juriste dans une compagnie d’assurance à la Défense.</p>
<p>Vivre seule, ce n’était pas un espoir particulier qu’elle nourrissait mais ça faisait partie du plan inconscient qu’elle semblait suivre : faire des études, trouver un job, avoir son appart’, passer du temps avec ses copines et trouver le prince charmant qui la rendrait heureuse. Pour toujours. Cette histoire d’une citadine diplômée à la vie sentimentale erratique n’est pas sans rappeler les héroïnes des séries TV que Sabrina regarde le soir, affalée dans son canapé en pyjama, espérant secrètement  que quelqu’un vienne frapper à sa porte pour changer sa vie.</p>
<p>Mais ce matin, en se réveillant, Sabrina ne pense à aucune de ces choses qui font sa vie : ni à ce prince charmant qui commence à ressembler à un fugitif en cavale, ni à l’absurdité de vivre dans un immeuble où chaque soir huit personnes seules dans huit appartements différents mangent huit plats surgelés en face de huit télévisions… Non, Sabrina ne pense à rien de tout ça.</p>
<p>Face à son miroir dans la salle de bain, elle observe cette jeune femme simple qui porte le t-shirt de son grand frère en guise de pyjama, garde de petites cicatrices en mémoire de ses jeux d’enfants et dort avec ses chaussettes pour ne pas avoir froid.</p>
<p>Puis vient le rituel des jours ouvrés : crème, fond de teint, fard à paupières, mascara à effet 3D, crayon et rouge à lèvre transparent. Tailleur et talons. Comme une actrice se prépare en coulisse avant d’entrer en scène, Sabrina se maquille et enfile son costume pour devenir celle que ses collègues connaissent : Sab’, fille sympa, to</p>
<p>ujours soignée, incollable sur les émissions TV (et accessoirement sur le droit des contrats),  visiteuse régulière du bar-à-salades à l’heure du déjeuner. Une représentation de plus au théâtre de la vie professionnelle.</p>
<p>Dans le métro, les panneaux publicitaires annoncent la grande nouvelle du jour : les soldes. Ce n’est pas un scoop pour Sabrina. La seule chose qui change, c’est que le wagon est encore plus bondé que d’habitude. Pour l’occasion, les magasins ouvrent à 8h du matin afin de permettre aux employés de venir faire quelques emplettes avant de se rendre au travail.  Pas pour Sabrina. Morning meeting oblige. Elle doit être présente à 8h30 pour faire le point sur les dossiers importants. Elle devra attendre la pause déjeuner. Pas de problème, Sabrina est pro.</p>
<p>Oui mais voila, Sabrina ressent un stress grandissant. Pendant qu’elle écoute distraitement ses collègues parler de la prochaine campagne de souscription à la nouvelle assurance-vie que propose son entreprise, elle pense à toutes ces bonnes affaires qui sont en train de lui passer sous le nez à chaque seconde qui passe. Son supplice psychologique vient de sa crainte que d’autres qu’elle, faisant la même taille, achètent des articles qu’elle n’imagine même pas mais qui auraient tout de même pu lui plaire. Elle regarde sa montre, puis l’horloge, puis sa montre… jusqu’à 11h59.</p>
<p>A 12h elle est déjà dans l’ascenseur…</p>
<p>Direction les Quatre Temps, le pas pressé. Sabrina est déjà en train d’imaginer l’itinéraire des boutiques qu’elle v</p>
<p>a parcourir. Sans même s’en rendre compte, son cerveau réalise des calculs complexes d’optimisation de son ratio d’utilité sous contrainte de temps, de budget et en tenant compte du positionnement géographique et tarifaire des probabilités de bonnes affaires.</p>
<p>La stratégie de Sabrina est bien rôdée :</p>
<p>- Ne pas essayer les vêtements. Ca ne sert à rien de perdre un temps précieux en faisant la queue  aux cabines d’essayage. Autant utiliser ce temps à faire des boutiques supplémentaires et étendre sa zone de couverture.</p>
<p>-  Acheter ce qui lui plait en première démarque et attendre avant d’enlever les étiquettes. De cette façon, elle s’accorde le choix de se faire rembourser puis de racheter l’article s’il existe encore à sa taille lors des dernières démarques. On a même vu des femmes ramener un article et le reprendre aussitôt une fois remis en rayon…</p>
<p>En rentrant dans sa boutique préférée, Sabrina n’a rien en tête. Si on lui posait la question:</p>
<p>« Sabrina, pourquoi entres-tu dans cette boutique ? »</p>
<p>Elle répondrait probablement qu’elle ne cherche rien en particulier, qu’elle est juste venue « faire un tour pour voir »…</p>
<p>Secrètement, presque inconsciemment, elle espère être tentée, avoir l’occasion d’hésiter avant de finalement s</p>
<p>uccomber à un achat impulsif. Mais si on lui disait ça à l’entrée de la boutique, elle serait peut être un peu vexée.</p>
<p>Méthodique, elle scanne les rayons un par un, avec précision, d’une extrémité à l’autre. Les pantalons. Les pulls. Les chemisiers. Les vestes. Toujours le même geste. Repérer l’article, puis le prix, puis la taille. Ne surtout pas survoler un rayon, pour ne pas ressentir le doute d’avoir laissé passer une affaire. Pour l’instant, rien en vue.</p>
<p>Une autre femme scanne le même rayon. Elle devient alors une concurrente potentielle. Elle vient d’une autre direction passant les articles en revue avec la même application. En plus elle a l’air de faire la même taille. Vite Sabrina, il faut se dépêcher d’atteindre la fin du rayon avant elle. Quand elles se croisent au milieu, elles échangent un regard méfiant et un sourire gêné, faussement bienveillant. Ouf.</p>
<p>Oui mais voila, en regardant derrière elle, Sabrina remarque une lueur mauve au milieu de la rangée de pantalons noir qu’elle vient pourtant d’analyser. Aurait-elle laissé passer quelque chose ?</p>
<p>L’ennemi remarque la cible mauve et s’en empare. Sabrina ressent un pincement au cœur. Elle observe sournoisement la scène, faisant mine de vérifier ses appels en absence (eux-même en absence…). La cible est en fait une tunique qui focalise maintenant toute l’attention de l’ennemi (et de Sabrina).</p>
<p>Il peut être utile à ce stade de préciser que Sabrina n’aime pas le mauve. Elle n’en porte pas. Cette tunique est trop bariolée par rapport à son style habituel faussement sobre. Si on lui avait demandé ce matin de faire la liste d’articles imaginaires qu’elle aimerait trouver en soldes, la tunique mauve n’y aurait pas figuré. Même si on lui avait proposé une liste d’articles avec des cases à cocher, elle aurait délaissé encore une fois la tunique mauve dans son choix.</p>
<p>Tandis que les secondes s’égrènent, dans les mains de l’ennemi, la tunique mauve prend une beauté inattendue. L</p>
<p>a rareté de l’objet lui donne un supplément de valeur. C’est très précisément ce que ressent Sabrina. Elle se prend à s’imaginer portant la tunique, parfaitement assortie avec son pantalon noir et ses chaussures grises.</p>
<p>D’un coup cette tunique devient exactement ce qui lui manquait dans sa vie. Elle s’imagine déjà avec sa super tunique au travail devenant grâce à elle une véritable working girl sérieuse, dynamique, belle et intelligente pour un boulot qu’elle n’aime pas mais auquel elle consacre beaucoup de temps et d’énergie.</p>
<p>Puis elle s’imagine que dans un dîner entre amies, cette jolie tunique mauve prétexte à la discussion va lui permettre de vaincre sa timidité et lui redonner confiance en elle.</p>
<p>La tunique a désormais un super pouvoir. Elle devient en l’espace de quelques minutes la pièce manquante dans l’existence de Sabrina. Malheureusement elle est encore entre les mains de l’ennemi, qui regarde, retourne, hésite, puis la repose enfin.</p>
<p>Sabrina s’approche à pas lents et assurés. Elle se saisit de la tunique et esquisse un sourire vengeur. Personne ne l’a remarqué mais elle vient d’acquérir un lourd trésor de guerre. Une guerre silencieuse, intérieure qui fait d’elle à la fois la victime et le bourreau d’un empire : celui de la consommation.</p>
<p>Elle garde précieusement ce trésor sous le bras, tandis que son regard de lynx scanne une dernière fois les rayons du magasin pour être sûre que rien ne lui a échappé.</p>
<p>A la caisse, de nombreuses femmes attendent elles aussi le moment si délicieux de vider leur compte bancaire pour cette noble cause que représentent les soldes : argent liquide, carte de crédit, chéquier. Sabrina est suffisamment armée pour obtenir sa tunique et le super pouvoir qui va avec. Se dire que l’on a fait une bonne affaire et que certaines l’ont acheté deux fois plus cher lui procure une certaine fierté. Elle ne réalise pas qu’elle vient de se faire <a href="http://www.foulexpress.com/2009/08/07/cherie-je-me-suis-fait-price-targetter/">price-targetter</a>…</p>
<p>Une des joie du shopping est de découvrir dans quel sac la vendeuse va mettre ce trésor, plus il est grand, plus il est voyant, plus Sabrina se sent importante en sortant du magasin. Elle va pouvoir arpenter la rue fièrement, son trésor à la main.</p>
<p>Jamais la tunique n’aura autant de valeur qu’à ce moment précis, au fond de ce sac en papier où, si on y réflechit, elle ne sert à rien. Etiquetée, pliée, elle n’existe que pour être possédée.</p>
<p>Pour déculpabiliser, Sabrina se dit qu’elle aussi a droit à son moment de bonheur et qu’il n’y a rien de mal à « penser à soi de temps en temps », comme le dit l’affiche publicitaire pour la salade Organic Biometric No Caloric. En plus, le questionnaire du magazine ‘Moi Moi Moi’ lui a révélé que le fait qu’elle ait obtenu plus de ronds que de carrés dans son score global signif</p>
<p>ie qu’elle est une « égoïste complexée » : ça veut dire qu’elle doit enfin « assumer » le fait de ne penser qu’à elle. Etre égoïste est, selon le test du moi(s), le meilleur moyen de mettre fin à la cavale d’u</p>
<p>n prince charmant qui a, à n’en point douter,  juste mal réglé le GPS de son carosse étoilé.</p>
<p>A la fin de la journée, épuisée, ruinée, Sabrina retrouve son appartement vide, repasse par la case miroir au passage et range sa tunique mauve à côté des dizaines d’autres vêtements qu’elle a achetés mais n’a jamais portés, suspendus à des cintres comme des pendus sans âmes. Elle allume la télé, sort un plat surgelé et s’installe sur son canapé. Là, mangeant son poisson au cœur gelé à la lumière furtive de la télévision, Sabrina attend encore le coup de foudre qui changera sa vie… lors des prochaines soldes.</p>
<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;</p>
<p><strong>Cet article a été écrit par Marwan et Sonia. Il est utile de préciser que nous parlons de femmes, mais que l&#8217;essentiel des comportements décrits s&#8217;appliquent aujourd&#8217;hui aux hommes également. </strong></p>
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		<title>Voyage au Pays du soleil levant</title>
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		<pubDate>Mon, 02 Jan 2012 13:23:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marwan Muhammad</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Découvrez une nouvelle série de photos commentées réalisées par l&#8217;équipe FoulExpress. Cette semaine, j&#8217;ai choisi de vous faire découvrir quelques images du Japon, prises quelques jours avant le tremblement de terre qui a provoqué le drame de Fukushima. Le Japon est (et reste) un pays merveilleux, avec des paysages d&#8217;une beauté à couper le souffle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Découvrez une nouvelle série de photos commentées réalisées par l&#8217;équipe FoulExpress.</p>
<p>Cette semaine, j&#8217;ai choisi de vous faire découvrir quelques images du Japon, prises quelques jours avant le tremblement de terre qui a provoqué le drame de Fukushima. Le Japon est (et reste) un pays merveilleux, avec des paysages d&#8217;une beauté à couper le souffle et un peuple d&#8217;une grande richesse et d&#8217;une grande ouverture, pour peu que l&#8217;on sache les écouter et les comprendre.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2 style="text-align: center;">Shibuya</h2>
<div id="attachment_3742" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a rel="attachment wp-att-3742" href="http://www.foulexpress.com/2012/01/voyage-au-pays-du-soleil-levant/dsc_0290/"><img class="size-large wp-image-3742" title="La foule" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/DSC_0290-600x401.jpg" alt="" width="600" height="401" /></a><p class="wp-caption-text">CR : Marwan Muhammad</p></div>
<p>Voici la place centrale de Shibuya, le quartier qu&#8217;on voit souvent dans les jeux vidéos où les passages piétons se croisent dans tous les sens. Des milliers de personnes traversent ce carrefour toutes les 60 secondes.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2 style="text-align: center;">Shinjuku</h2>
<div id="attachment_3743" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a rel="attachment wp-att-3743" href="http://www.foulexpress.com/2012/01/voyage-au-pays-du-soleil-levant/dsc_0408/"><img class="size-large wp-image-3743" title="L'original" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/DSC_0408-600x401.jpg" alt="" width="600" height="401" /></a><p class="wp-caption-text">CR : Marwan Muhammad</p></div>
<p>Cet homme vient à Shinjuku tous les soirs en sortant du bureau. Dans une société en perpétuel mouvement, il a choisi de protester en se tenant debout au même endroit, immobile au milieu des millions de voyageurs qui traversent la gare de Shinjuku chaque jour.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2 style="text-align: center;">Fukushima</h2>
<div id="attachment_3744" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a rel="attachment wp-att-3744" href="http://www.foulexpress.com/2012/01/voyage-au-pays-du-soleil-levant/dsc_0569/"><img class="size-large wp-image-3744" title="Temple à Fukushima" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/DSC_0569-600x401.jpg" alt="" width="600" height="401" /></a><p class="wp-caption-text">CR : Marwan Muhammad</p></div>
<p>Cette photo est celle d&#8217;un temple qui n&#8217;ouvre ses portes qu&#8217;une fois tous les 30 ans. Il siège sur une île qui a été ravagée quelques jours plus tard, à quelques minutes de&#8230; Fukushima.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2 style="text-align: center;">Roppongi</h2>
<div id="attachment_3746" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a rel="attachment wp-att-3746" href="http://www.foulexpress.com/2012/01/voyage-au-pays-du-soleil-levant/dsc_0342/"><img class="size-large wp-image-3746" title="La femme de l'escalator" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/DSC_0342-600x401.jpg" alt="" width="600" height="401" /></a><p class="wp-caption-text">CR : Marwan Muhammad</p></div>
<p>Tokyo est l&#8217;une des plus grande villes du monde. On y est de fait inconnus les uns aux autres. Cette photo montre l&#8217;atmosphère impersonnelle qui règne parfois dans le métro, un éclairage glacé dans une ville qui ne l&#8217;est pourtant pas.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2 style="text-align: center;">Odaiba</h2>
<div id="attachment_3747" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a rel="attachment wp-att-3747" href="http://www.foulexpress.com/2012/01/voyage-au-pays-du-soleil-levant/dsc_0628-2/"><img class="size-large wp-image-3747" title="Lustre étoilé" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/DSC_06281-600x896.jpg" alt="" width="600" height="896" /></a><p class="wp-caption-text">CR : Marwan Muhammad</p></div>
<p>Croyez-le ou non mais ceci est un lustre dans un centre commercial. En le prenant de cette façon, on oublierait presque où l&#8217;on se trouve: au milieu de Venus Fort, un immense mall au style italien construit sur l&#8217;île d&#8217;Odaiba près de Tokyo.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Sauve la nature, roule en Fiat 131</title>
		<link>http://www.foulexpress.com/2011/12/sauve-la-nature-roule-en-fiat-131/</link>
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		<pubDate>Mon, 26 Dec 2011 14:55:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marwan Muhammad</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Bob Keno]]></category>
		<category><![CDATA[Fiat 131]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; Cette semaine, j&#8217;ai piraté la rubrique publicitaire de Wahiba pour te présenter, cher lecteur, l&#8217;un de mes spots préférés. Tu cliques et tu découvres ce qu&#8217;il convient de qualifier de monstre de la route : l&#8217;unique Fiat 131 ainsi que son conducteur, le non moins unique Bob Keno. Savoure ce bruit d&#8217;un moteur sans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_3600" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a rel="attachment wp-att-3600" href="http://www.foulexpress.com/2011/12/sauve-la-nature-roule-en-fiat-131/4806039787_b6f9e31677_z/"><img class="size-large wp-image-3600" title="Fiat 131 de course" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/4806039787_b6f9e31677_z-600x400.jpg" alt="" width="600" height="400" /></a><p class="wp-caption-text">CR : FurLined/Flickr</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Cette semaine, j&#8217;ai piraté la rubrique publicitaire de Wahiba pour te présenter, cher lecteur, l&#8217;un de mes spots préférés. Tu cliques et tu découvres ce qu&#8217;il convient de qualifier de monstre de la route : l&#8217;unique Fiat 131 ainsi que son conducteur, le non moins unique Bob Keno. Savoure ce bruit d&#8217;un moteur sans pot catalytique, sans filtre anti-émissions de CO2, ces sièges sans airbags, ce châssis sans anti-patinage, sans ABS, sans correcteur d&#8217;assiette, sans rectificateur de trajectoire et sans détecteur de pluie.</p>
<p><iframe width="420" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/BXTnmZbW2z8" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Bref, la voiture essentielle.</p>
<p>Quatre pneus, un volant et un gros moteur, vestige d&#8217;une époque où l&#8217;automobile était perçue comme un outil de conquête de l&#8217;environnement, un instrument de la virilité.</p>
<p>C&#8217;est d&#8217;ailleurs pour cela que Bob est là. Tu noteras que Bob n&#8217;est pas un explorateur de la nuance. On veut montrer que la Fiat 131 est une voiture de bonhomme qui fait vroum vroum, crache de la fumée et éclabousse les piétons. Bob ne doute jamais, sauf à 1 minute 20 secondes, quand d&#8217;un geste pas surjoué du tout, il essuie dignement cette petite goutte de sueur que seul l&#8217;homme aux prises avec le risque connaît, quand il chancelle aux frontières de ses limites avant de calmer le jeu, d&#8217;un geste maîtrisé.</p>
<p>Si cette publicité est construite de cette façon, c&#8217;est que la voiture (et la monture de manière générale) a toujours été un marqueur socio-économique puissant, perçue comme un instrument de liberté qui permet, comme le cheval ou le chameau, de maîtriser la distance, d&#8217;explorer ce dont nos capacités physiques limitées nous privent. Avoir une voiture puissante, c&#8217;est aussi parfois une façon de vivre sa masculinité par procuration, comme si on pouvait construire une identité à partir de ce que l&#8217;on possède.</p>
<p>Rappelons aussi qu&#8217;au cours du siècle passé, la voiture est passée par des changements technologiques et sociaux de grande ampleur. Qui se rappelle aujourd&#8217;hui que les premières automobiles à essences étaient perçues comme une révolution écologique à la fin du 19ème siècle ? Elles venaient libérer les villes de l&#8217;insupportable présence des chevaux&#8230;et de leurs déjections. Les grandes villes étaient infestées de mouches et on construisait des immeubles toujours plus haut pour échapper (aussi) aux puanteurs des trottoirs. Il n&#8217;était pas envisageable de &laquo;&nbsp;<em>se balader en ville</em>&nbsp;&raquo; et il suffisait qu&#8217;un cheval meurt dans la rue pour que la circulation soit paralysée. Que fait-on pour déplacer un cheval sans grue, sans treuil, sans tracteur, sans mécanique ? Tu veux vraiment savoir la réponse? On le découpe ou on le laisse pourrir sur le bord de la rue.</p>
<p>C&#8217;est ainsi que la voiture est venue sauver les villes d&#8217;une pollution insoutenable. Une véritable révolution verte.</p>
<p>Quel chemin parcouru avant de retrouver Bob au volant de sa Fiat 131 virevoltant dans la brousse, comme un peu pressé d&#8217;arriver à l&#8217;heure pour regardez Dallas&#8230;</p>
<p><strong>Mon humble avis? </strong></p>
<p>Cette pub peut paraître drôle et anachronique dans sa forme mais elle n&#8217;a jamais été autant d&#8217;actualité dans son idée fondatrice : l&#8217;homme &laquo;&nbsp;moderne&nbsp;&raquo; construit son identité et sa masculinité par l&#8217;acquisition d&#8217;objets de puissance. La voiture en fait partie, au même titre que les armes, les téléphones, les montres, etc.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, les objets et les codes de communication sont différents mais les réflexes demeurent les mêmes. Reste à savoir, parmi les objets qui nous entourent, quels sont ceux que nous possédons et quels sont ceux qui nous possèdent.</p>
<div id="attachment_3601" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a rel="attachment wp-att-3601" href="http://www.foulexpress.com/2011/12/sauve-la-nature-roule-en-fiat-131/4262281923_1bd2d80b47_z/"><img class="size-large wp-image-3601" title="Fiat 131" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/4262281923_1bd2d80b47_z-600x450.jpg" alt="" width="600" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">CR : Basic Transporter/Flickr</p></div>
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		<title>Opération Charlot Hebdo lancée</title>
		<link>http://www.foulexpress.com/2011/11/operation-charlot-hebdo-lancee-a-minuit/</link>
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		<pubDate>Tue, 08 Nov 2011 20:06:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marwan Muhammad</dc:creator>
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		<category><![CDATA[caricature]]></category>
		<category><![CDATA[Charlie Hebdo]]></category>
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		<description><![CDATA[Voici le lien pour le numéro spécial de Charlot Hebdo : http://www.foulexpress.com/charlot-hebdo/ Vous pourrez retrouver un numéro spécial de Charlot Hebdo produit par l&#8217;équipe de FoulExpress et BDouin. Gratuit. Efficace. Mortel et hautement corrosif pour les langues de bois. A diffuser sans modération autour de vous. &#160;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Voici le lien pour le numéro spécial de Charlot Hebdo :</strong></p>
<p><strong><a href="http://www.foulexpress.com/charlot-hebdo/">http://www.foulexpress.com/charlot-hebdo/</a></strong></p>
<p>Vous pourrez retrouver un numéro spécial de Charlot Hebdo produit par l&#8217;équipe de <strong>FoulExpress</strong> et<strong> BDouin</strong>. Gratuit. Efficace. Mortel et hautement corrosif pour les langues de bois. A diffuser sans modération autour de vous.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-3192" href="http://www.foulexpress.com/2011/11/operation-charlot-hebdo-lancee-a-minuit/ch_dessin_cocktail1/"><img class="aligncenter size-large wp-image-3192" title="CH_DESSIN_cocktail1" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/CH_DESSIN_cocktail11-600x625.jpg" alt="" width="600" height="625" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a rel="attachment wp-att-3193" href="http://www.foulexpress.com/2011/11/operation-charlot-hebdo-lancee-a-minuit/ch_dessin_bilan-600x558/"><img class="aligncenter size-full wp-image-3193" title="CH_DESSIN_bilan-600x558" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/CH_DESSIN_bilan-600x5581.jpg" alt="" width="600" height="558" /></a></p>
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		<title>Le combat des réfugiés de la Tour Balzac</title>
		<link>http://www.foulexpress.com/2011/11/le-combat-des-refugies-de-la-tour-balzac/</link>
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		<pubDate>Thu, 03 Nov 2011 13:27:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marwan Muhammad</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; Ça se passe en bas de chez toi. Tous les jours. Toutes les nuits. Ça touche des êtres humains : des hommes, des femmes et des enfants. Ça s’appelle la « crise du logement », mais en vérité nul besoin de trouver un nom savant à une misère qui ne l’est pas : je te parle de souffrance [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_3034" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a rel="attachment wp-att-3034" href="http://www.foulexpress.com/2011/11/le-combat-des-refugies-de-la-tour-balzac/6159755737_bd0e8f9ac0_z/"><img class="size-large wp-image-3034" title="Les réfugiés de la Tour Balzac" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/6159755737_bd0e8f9ac0_z-600x400.jpg" alt="" width="600" height="400" /></a><p class="wp-caption-text">CR : Adel Zaïdi</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Ça se passe en bas de chez toi. Tous les jours. Toutes les nuits. Ça touche des êtres humains : des hommes, des femmes et des enfants. Ça s’appelle la « crise du logement », mais en vérité nul besoin de trouver un nom savant à une misère qui ne l’est pas : je te parle de souffrance au quotidien, de l’indignité moderne, de l’histoire d’hommes et femmes qui vivent dans la rue pendant que tu reprends du dessert en dissertant de la crise, les joues rougies d’être repu. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ces gens qui dorment dehors, ils ont un prénom comme toi. Un cœur, comme toi. Des larmes, comme toi, mais pas de toit. Pas d’eau chaude. Pas de toilettes. Pas de chauffage ni de baignoire. Pas de lit ni de fer à repasser. Pas d’évier. Pas de droits. Mais ils ont des devoirs. En premier lieu, celui de partir …loin de nos yeux, puisqu’ils sont déjà si loin de nos cœurs. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Au fil du temps, on se dédouane de la misère des autres. L’indifférence prend le pas sur l’indignation superficielle que convoquent les images symboles avec lesquelles on a été éduqués : le Somalien atteint de famine aux yeux exorbités, l’ivrogne de la Gare du Nord qui cache sa bouteille dans du papier avec l’illusion de tromper son monde, le sans-papiers qui vit dans des conditions insalubres et qui part en fumée sur le boulevard Vincent Auriol un soir d’avant-campagne. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">On donne des sacs de riz et on sert du café chaud pour acheter nos consciences. Elles ne coûtent pas cher tant elles ont été conditionnées à accepter la subsistance de la misère du monde, dont on postule qu’elle ne peut être portée ni trop longtemps, ni trop durement. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Existe-t-il un niveau de souffrance <em>suffisant </em>? </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Puisque l’on accepte l’idée que chaque année des gens meurent de froid ou de faim, il convient de poser les questions morales suivantes : </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Comment peut-on oser présider fièrement un pays dont on se fiche des souffrances les plus quotidiennes ? Quel goût a le saumon de l&#8217;Élysée les soirs d’hiver où le SAMU social ramasse des morts ? Quelle indécence et quelle arrogance faut-il pour soutenir la dépense du moindre euro à la sauvegarde d’un patrimoine militaire sans objet tandis que ceux-là mêmes que l’on est censés protéger font le deuil de leur dignité la plus élémentaire ? </span></p>
<p><span style="color: #000000;">A chaque fois qu’une personnalité politique prend la parole, on devrait lui répéter cette question. Et chaque personne doit aussi se la poser individuellement. Il n’existe de grandeur pour aucun d’entre nous tant que l’un d’entre nous souffre de ne pas avoir le strict minimum. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le système de consommation et de divertissement a pour vocation de nous faire oublier cette question simple et pourtant centrale dans nos vie : mon bonheur peut-il survivre au malheur des autres ? </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Chercher une réponse à ça, c’est réaliser l’hypocrisie dans laquelle nous vivons quand on dit qu’il faut combattre la misère dans le monde, car en vérité nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour maintenir ce statut qui fait de nous des privilégiés. Notre bonheur a un prix. On le paiera, tôt ou tard.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ceux dont j’ai envie de te parler aujourd’hui s’appellent « les réfugiés de la tour Balzac ». Ils sont noirs. Ils survivent depuis des mois dans des tentes sur la place de la Fraternité à la Courneuve. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Comme pour les artistes morts, on a dû donner ce nom à cette place le jour où la fraternité s’en est allée pour de bon. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ils ont des papiers pour une minorité d’entre eux. Les autres sont irréguliers. Beaucoup travaillent. Domiciliés à des anciennes adresses ou chez des amis. Des puces interchangeables dans les téléphones mobiles. Une vie ramassée dans quelques sacs plastiques, pendus aux branches des arbres et balancés par le vent.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<div id="attachment_3020" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a rel="attachment wp-att-3020" href="http://www.foulexpress.com/2011/11/le-combat-des-refugies-de-la-tour-balzac/6160285876_93b7485d21_z/"><img class="size-large wp-image-3020" title="Tentes du camp Balzac" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/6160285876_93b7485d21_z-600x400.jpg" alt="" width="600" height="400" /></a><p class="wp-caption-text">CR : Adel Zaïdi</p></div>
<p><span style="color: #000000;">Des enfants courent, d’autres jouent à même le sol, allongés sur le bitume. Ça griffonne sur des feuilles de couleurs avec des feutres essoufflés aux bouchons abonnés absents. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ils n’ont pas toujours été dans la rue. Ils avaient trouvé refuge dans la tour Balzac jusqu’à sa destruction. Ils y sont d’abord rentrés sans autorisation, puis ont stabilisé leur situation en commençant à payer des loyers, mais la situation n’était pas faite pour durer et ils se sont retrouvés à la rue. Expulsés. Déplacés. Abrités temporairement. Dispersés. Traînés par terre. Réfugiés.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Problème de logement.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">On ne veut pas d’eux. Ni de leurs bruits, ni de leurs odeurs. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Pourtant ils sont là de fait, vivant en France après des parcours divers, du simple visa étudiant au périple à travers mers et déserts pour atteindre cette terre promise qui s’est mise sur liste rouge. </span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<div id="attachment_3021" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a rel="attachment wp-att-3021" href="http://www.foulexpress.com/2011/11/le-combat-des-refugies-de-la-tour-balzac/6159750781_678b835633_z/"><img class="size-large wp-image-3021" title="Une vie dans des cartons" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/6159750781_678b835633_z-600x400.jpg" alt="" width="600" height="400" /></a><p class="wp-caption-text">CR : Adel Zaïdi</p></div>
<p><span style="color: #000000;">Qu’est-ce qui les différencie de nous ? Un bout de papier. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ça et le fait qu’ils doivent aller à quelques centaines de mètres de là au Quick pour utiliser les toilettes. Une fois là-bas, soit on connaît le code, soit on attend qu’un client arrive pour se faufiler derrière lui… Quand le Quick ferme, on attend le lendemain. Les enfants aussi. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Question pratique : qu’est ce que tu fais quand ton petit de 3 ans a fait caca sur lui en pleine nuit et que tu n&#8217;as nulle part où le laver ? Tu lui expliques que la France n’a pas vocation a accueillir toute la misère du monde, fut-elle celle d’un enfant dont la seule utilité est de venir légitimer par sa souffrance un discours politique visant la conservation du pouvoir par une élite en déliquescence. </span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<div id="attachment_3022" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a rel="attachment wp-att-3022" href="http://www.foulexpress.com/2011/11/le-combat-des-refugies-de-la-tour-balzac/6159711327_e1b64535a1_z/"><img class="size-large wp-image-3022" title="Une femme et son enfant" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/6159711327_e1b64535a1_z-600x400.jpg" alt="" width="600" height="400" /></a><p class="wp-caption-text">CR : Adel Zaïdi</p></div>
<p><span style="color: #000000;">A part ça, il faut aussi faire la vaisselle au-dessus des bouches d’égout. Conserver la nourriture dans des sacs plastiques qu’on range dans des cartons. Suivre les devoir des enfants en leur gardant leur manteaux. Mettre une croix sur la vie maritale dans son intimité la plus élémentaire. Travailler sans jamais entrevoir le choix d’une autre vie. Calfeutrer la tente qui prend l’eau une fois l’imperméabilisation des premiers jours passés. Négocier une prise pour recharger le téléphone. Faire sourire les gosses même quand ton cœur est déchiré et sauvegarder chez eux une graine d’espoir ou d’inconscience de ce qu’ils traversent. Faire face au regard des riverains partagés entre pitié, haine et indifférence. Sécher ses larmes sur la capuche du sac de couchage quand tout le monde s’est déjà endormi, puis recommencer le lendemain sans jamais se plaindre. </span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<div id="attachment_3023" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a rel="attachment wp-att-3023" href="http://www.foulexpress.com/2011/11/le-combat-des-refugies-de-la-tour-balzac/6159706725_3854ab5142_z/"><img class="size-large wp-image-3023" title="La vie du camp" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/6159706725_3854ab5142_z-600x400.jpg" alt="" width="600" height="400" /></a><p class="wp-caption-text">CR : Adel Zaïdi</p></div>
<p><span style="color: #000000;">La vie en groupe, c’est aussi la naissance et l’apprentissage de nouveaux codes sociaux. Quand on vit tente contre tente, la proximité sociale prend un autre sens. Au bout d’un moment, des côtés moches de la nature humaine commencent à être plus visibles. La jalousie, la polémique. La division, aussi. Plus la vie devient difficile, plus les tensions sont exacerbées et ont tendance à être exprimées dans le champ verbal et parfois physique.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Certaines associations viennent avec « l’envie d’aider ». Quelques-unes apportent de la nourriture (alors que beaucoup des habitants du campement ont un revenu). D’autres ramènent des vêtements ou des jouets. D’autres encore organisent des activités pour les petits. Au fil du temps, ces associations modifient l’auto-perception du groupe et des individus qui le composent. Ils traversaient une épreuve. Ils sont désormais assistés. </span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<div id="attachment_3024" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a rel="attachment wp-att-3024" href="http://www.foulexpress.com/2011/11/le-combat-des-refugies-de-la-tour-balzac/6160230858_76e3203bb8_z/"><img class="size-large wp-image-3024" title="La dame au sourire" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/6160230858_76e3203bb8_z-600x600.jpg" alt="" width="600" height="600" /></a><p class="wp-caption-text">CR : Adel Zaïdi</p></div>
<p><span style="color: #000000;">Plusieurs d’entre elles se sont servies de la situation des réfugiés pour s’arroger un rôle de coordinateur ou pour renforcer leur image militante, avant finalement de disparaître du terrain dès lors qu’ils n’ont plus d’avantage à tirer de la situation. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Quand il y a des distributions de cadeaux, on se dispute pour s’attribuer les colis. Ça ne va jamais bien loin, mais ça tranche avec l’idée quasi-coloniale dans son fondement qui voudrait que ces noirs se mettent en ordre pour la distribution et chantent les louanges de leurs bienveillants civilisateurs : nous. </span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<div id="attachment_3025" class="wp-caption aligncenter" style="width: 510px"><a rel="attachment wp-att-3025" href="http://www.foulexpress.com/2011/11/le-combat-des-refugies-de-la-tour-balzac/photo3/"><img class="size-full wp-image-3025" title="Les souvenirs du camp" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/photo3.jpg" alt="" width="500" height="332" /></a><p class="wp-caption-text">CR : Nicolas Ruscon</p></div>
<p><span style="color: #000000;">Certains d’entre nous sont choqués par la dureté des rapports ou par l’irresponsabilité apparente de certains parents, dont les enfants errent sur et autour du campement sans que leur vie soit structurée. D’autres sont frustrés de ne pas pouvoir tisser des liens durables avec les habitants, l’un et l’autre se voyant au travers d’une vision totalement biaisée, notamment par la posture d’assistance. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Comment porter un regard lucide et humain sur ce qui se passe sur la place de la Fraternité ? Comment garder espoir que les choses s’améliorent et que ce groupe de réfugiés puisse reconstruire des cellules familiales stables et heureuses, après avoir été logés ? </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Au travers de ces observations, on voit apparaître des portraits pleins de subtilités et de facettes différentes. Au bout du compte cette vie de groupe construite au fil du temps est si joyeuse par moments, si triste à d’autres, si humaine au fond, comme un miroir de ce que nous sommes en tant que société. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">C&#8217;est désormais sûr et certain, les familles vont être éjectées de la Place de la Fraternité, un avis d&#8217;expulsion ayant été rendu le mercredi 2 novembre par le tribunal administratif. Elle peut se produire à tout moment, sans préavis : demain, après-demain, la semaine prochaine ou dans un mois&#8230; Ça consiste à arracher les enfants des bras de leur mamans, à traîner par terre ceux et celles qui résisteront, à se retenir de les frapper comme si le fait de les rafler de la sorte n’était pas déjà une violence lourde. Même la bienveillance des associations n&#8217;y changera rien selon Youssouf, le porte-parole des expulsés, puisque le nombre des forces de police augmentera en conséquence. Le soir même, une centaine de personnes étaient sur place en soutien aux familles, mais évidemment ce ne sera pas toujours le cas.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">On fera nettoyer la place. Les équipes de la voirie auront été alertées à l’avance et passeront au kärcher les restes de vie, tandis que des proches tenteront de récupérer quelques objets personnels qu’on leur aura mentionnés. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le groupe des réfugiés de Balzac se reformera peut-être. Ou pas. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ils auront lutté, dans une relative indifférence générale, pour faire valoir leurs droits et nous donner une belle leçon de patience et d’humanité. Reste à savoir qui des « assistants » ou des « assistés » est le plus en détresse, quand le cœur ne bat plus à en déchirer la poitrine face à la misère du monde qui frappe sourdement à nos portes. </span></p>
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		<title>Qui vient au pot de départ de Sihem Habchi ?</title>
		<link>http://www.foulexpress.com/2011/11/qui-vient-au-pot-de-depart-de-sihem-habchi/</link>
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		<pubDate>Tue, 01 Nov 2011 07:14:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marwan Muhammad</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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		<category><![CDATA[ni putes ni soumises]]></category>
		<category><![CDATA[npns]]></category>
		<category><![CDATA[sihem habchi]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; Chers collègues, chers amis, C&#8217;est toujours un moment particulier de devoir dire &#171;&#160;au revoir&#160;&#187; à une personne avec laquelle on a travaillé, passé des moments forts, traversé des épreuves. Trop souvent, on oublie de dire merci. Trop souvent, on est submergé par la tristesse de l&#8217;adieu et on oublie trop vite les rires (parfois [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-3009" href="http://www.foulexpress.com/2011/11/qui-vient-au-pot-de-depart-de-sihem-habchi/sihem-degage/"><img class="aligncenter size-full wp-image-3009" title="Sihem, dégage (vite)" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/sihem-degage.jpg" alt="" width="400" height="537" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Chers collègues, chers amis,</p>
<p>C&#8217;est toujours un moment particulier de devoir dire &laquo;&nbsp;au revoir&nbsp;&raquo; à une personne avec laquelle on a travaillé, passé des moments forts, traversé des épreuves. Trop souvent, on oublie de dire merci. Trop souvent, on est submergé par la tristesse de l&#8217;adieu et on oublie trop vite les rires (parfois fous) et les moments de tension (zigomatiques). Car il faut avouer qu&#8217;avec toi Sihem, on aura bien rigolé.</p>
<p>(taisez-vous les gars, laissez-moi au moins finir mon speech, non mais&#8230;)</p>
<p>Je disais donc : avec Sihem, rigolade à gogo.</p>
<p>Je me rappelle encore ce jour de 2003 où, comme un soldat américain parachuté au milieu des Viêt-congs, tu débarquais sortie de nulle part au milieu des marécages de banlieue, le pas décidé, arrachant le micro à la hussarde pour crier ta vérité au monde : toutes ces emburquées enhijabées, auto-aliénées et ces barbus barbares violents, donc violant d&#8217;innocentes et éperdument éprises de liberté NPNSiques jeunes filles, devaient séant s&#8217;élancer sur leurs chameaux&#8230; et partir.</p>
<p>Pourtant, 28 ans plus tôt, un matin de mai 75 en Algérie post-coloniale, il eut suffit que tu ne naisses pas pour que nous soyons aujourd&#8217;hui privés de ta présence (et donc de ton départ), orphelins de ta vacuité et aveugles de ton absence (d&#8217;esprit).</p>
<p>Fausse couche intellectuelle, survivante d&#8217;une pensée mort-née, tarte à la crème idéologique pour décrépitude post-socialiste&#8230; vraiment, les mauvaises langues n&#8217;auront ménagé aucun effort pour minimiser ta &laquo;&nbsp;contribution&nbsp;&raquo; au débat citoyen.</p>
<p>Mais c&#8217;est qu&#8217;ils ne te connaissaient pas comme nous te connaissons, Sihem, toi qui, sans tomber dans l&#8217;opportunisme, n&#8217;as jamais profité de ta position ni pour vendre des livres, ni pour te placer à un poste important, ni pour être nommée porte-parole d&#8217;un candidat aux élections, ni pour te faire payer des balades en taxi. Non, pas de ça pour toi.</p>
<p>Ah Sihem, que ta mémoire en ces lieux soit saluée, toi qui, comme l&#8217;indique <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Sihem_Habchi">ta biographie wikipédique, est désormais <em>has been</em></a> dans le texte, à mi-chemin entre Sheila et Dick Rivers, échouée en politique comme un pneu crevé sur un rivage.</p>
<p>Toi qui auras bradé la dignité des femmes musulmanes pour quelques secondes d&#8217;antenne, toi qui auras servi d&#8217;alibi, comme d&#8217;autres avant toi, à l&#8217;antiracisme des maître-esclaves d&#8217;autrefois, toi qui auras créé un nouveau degré zéro dans l&#8217;engagement, te voici enfin à ta place : ailleurs.</p>
<p>On ne se fait pas trop de soucis pour la suite de ton parcours. Avec tes talents, tu devrais pouvoir continuer à mener sans trop de difficultés une honnête et modeste carrière de sous-fifre.</p>
<p>Avec les copains, on a longtemps cherché quoi t&#8217;offrir avec l&#8217;argent qu&#8217;on n&#8217;a pas. On voulait un cadeau à la mesure de l&#8217;estime qu&#8217;on n&#8217;a pas pour toi.</p>
<p>Alors finalement on t&#8217;a trouvé un truc sympa qui te sera, assurément, très utile pour la suite :</p>
<p><a href="http://www.france-cei.com/catalog/images/boite_cirage_sov.jpg">Cadeau spécial départ</a></p>
<p>Et qu&#8217;on n&#8217;entende plus jamais parler de toi.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Antiracisme &amp; humour : Chroniques d&#8217;un (long et pénible) voyage dans le désert journalistique de l&#8217;Atlas</title>
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		<pubDate>Fri, 07 Oct 2011 08:51:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marwan Muhammad</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Reflexion]]></category>
		<category><![CDATA[antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[atlas]]></category>
		<category><![CDATA[journalisme]]></category>
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		<description><![CDATA[&#160; Ce mois-ci, Le Courrier de l’Atlas nous gratifie d’un « dossier » sur les « dérives de l’antiracisme » dans lequel un certain Yann Barte, se présentant sous la fonction de « journaliste » dresse un petit bestiaire des mouvements antiracistes de France. Et comme il y a de tout dans l’antiracisme, l’auteur nous aide à faire le tri entre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-2757" href="http://www.foulexpress.com/2011/10/antiracisme-humour-chroniques-dun-long-et-penible-voyage-dans-le-desert-journalistique-de-latlas/marche/"><img class="aligncenter size-large wp-image-2757" title="marche" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/marche-600x515.jpg" alt="" width="600" height="515" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ce mois-ci, <strong>Le Courrier de l’Atlas</strong> nous gratifie d’un « dossier » sur les « dérives de l’antiracisme » dans lequel un certain Yann Barte, se présentant sous la fonction de « journaliste » dresse un petit bestiaire des mouvements antiracistes de France. Et comme il y a de tout dans l’antiracisme, l’auteur nous aide à faire le tri entre les bons et les mauvais. Qu’il soit salué ici pour cet édifiant travail qui, à n’en point douter, risque de lui valoir les foudres du pouvoir et de la bien-pensance.</p>
<p>Au début, je dois avouer que c’était un peu énervant à lire : approximations, critiques caricaturales, innombrables erreurs factuelles, attaques ad hominem sans le moindre fondement, discours condescendant sur ce que devrait être l’antiracisme acceptable et ses formes (modérément) militantes, etc…</p>
<p>Mais heureusement, j’ai vite compris qu’il s’agissait d’une blague, une espèce de gigantesque farce dans laquelle un « journaliste »  (ça fait partie de la blague) s’exprimerait dans un magazine beurisant pour jouer au donneur de leçons en endossant la caricaturale mais traditionnelle posture du laquais rappelant aux indigents les formes acceptables de leur insoumission.</p>
<p>En effet, comment comprendre autrement ce ramassis de commentaires très personnels d’une fine équipe d’acérés penseurs qui auraient pu s’adjoindre, à n’en point douter, les fulgurances non moins drolatiques d’une Sihem Habschi ou d’un Béhashel sans point dénoter, dans le ton ni dans la forme.</p>
<p>J’ai d’abord pensé à classer ces contributions bartésiennes dans la catégorie « pensées post-cérébrales », le genre d’œuvres que je lis pour me détendre quand j’ai les neurones un peu fatigués, sur l’étagère où les grands noms du journalisme de cour, dont leur ancien titre de  « bouffons du roi » semblait mieux les servir, se serrent les uns contre les autres en attendant le prochain incendie.</p>
<p>Mais c’eût été un gâchis, vous en conviendrez, de perdre une telle œuvre d’un auteur dont assurément, comme d’autres génies avant lui, on découvrira le talent une fois qu’il aura définitivement cessé de sévir.</p>
<p>Je fus ensuite saisi d’une grande inquiétude en me disant que peut-être, à travers ces lignes, dont déjà des mauvaises langues célèbrent la médiocrité, Barte était en train de nous lancer un appel au secours, dérivant vers un sinistre horizon, afin que quelqu’un vienne à son corps et à son esprit défendants, le remettre sur le droit chemin du SMIC journalistique qu’il semble avoir perdu de vue.</p>
<p>C’est donc par dépit que j’ai finalement classé les textes de Barte l’Auteur dans la catégorie tragi-comique. Permettez-moi enfin, pour clôturer ces remarques préliminaires, de saisir cette occasion pour saluer le talent de recruteur dont à fait preuve le rédacteur en chef du <strong>Courrier de l’Atlas</strong> qui, comme Bouvard en son temps, a su mieux que quiconque détecter les talents de demain. Ou pas.</p>
<p>Il faut, pour la décharge du Barte penseur, rappeler que sans être non plus de l’acabit du <strong>New York Times</strong>, <strong>Le Courrier de l’Atlas</strong> poursuit une honnête carrière dans le journalisme :</p>
<p>Allumeur de barbecue, nettoyeur de vitres, débarrasseur de chewing-gum usagé, emballeur de vaisselle, etc… Chacun sa préférence pour rendre justice à l’Atlas qui, il faut le reconnaître, a fait œuvre de salut public en offrant une (maigre) consolation à tous ceux qui, comme moi, ont déploré la disparition de feu (!) Paris Boum Boum et se sont retrouvés, non sans une certaine tristesse, obligés de sacrifier des pages de valeur aux basses œuvres papivores de l’intendance et du ménage. Merci, donc.</p>
<p>Passons maintenant à l’analyse de la pensée bartifère, si furtive soit-elle.</p>
<p>L’acceptable insoumission, selon Barte, c’est d’abord un vocabulaire. On peut créer un tas d’expressions à usage idéologique pour marginaliser toute personne en désaccord. Exemple :   islam modéré, changement immobile, antiracisme universaliste, révolution gentille, colonisation légale, etc.</p>
<p>Les mots sont importants en ce qu’ils convoquent, en même temps que le sens qu’ils portent, un champ de référence. Celui de Barte s’inscrit clairement dans le sillon des organisations qu’il approuve et valide comme légitimement antiracistes : SOS Racisme et la Licra. Soit.</p>
<p>Il est notoire que ces organisations sont des organismes satellites du PS et qu’elles ont participé, dans une large mesure, avec NPNS et d’autres, à la récupération de combats citoyens pour l’égalité des droits à des fins politiques. Pour elles, il n’existe ainsi pas d’islamophobie en France et la cause des femmes est à défendre contre l’archétype d’un agresseur qui serait principalement jeune, arabe, de banlieue, musulman, intrinsèquement violent.</p>
<p>C’est une ligne idéologique claire qui sépare l’antiracisme de salon que Barte de l’Atlas semble approuver de celui, plus sauvage et (donc) honni du susnommé.</p>
<p>Ce dernier antiracisme a sa place dans la rue. Il vocifère. Il est fâché, ne fait pas amende honorable, n’accepte pas qu’on lui dicte les modalités de son indignation ni le protocole de ses révolutions. C’est dans cette seconde catégorie que Barte classe, pêle-mêle, une série d’associations et d’intellectuels qui ont le malheur de vouloir définir pour eux-mêmes le cadre de pensée dans lequel ils s’expriment et les moyens d’action qu’ils souhaitent mettre en œuvre.</p>
<p>Les Indigènes de la République, le MRAP, les Indivisibles, Vincent Geisser, Rokhaya Diallo, Michel Collon, Esther Benbassa et Pascal Boniface (entre autres) se voient ainsi disqualifiés du champ de l’antiracisme acceptable, dans l’acception bartésienne du terme.</p>
<p>Si tout cela n’était pas une farce du facétieux scribouilleur de l’Atlas, on pourrait s’indigner que le travail de centaines de personnes pendant des années, souvent dans l’ombre, sans caméra et sans gloire, se retrouve ainsi mis en cause.</p>
<p>Heureusement, on est vite ramené au registre comique par la vacuité des arguments de Barte dont je ne résiste pas ici à vous gratifier d’un florilège, accompagné de quelques remarques que, sans aucun doute, l’auteur gardait dans son tiroir pour le jour où il écrirait un article crédible. Tous les humoristes ont des moments comme ça dans la maturité de leur carrière où ils se disent « Et si… » avant de partager avec leur aimant public des pensées graves sur la vie, publiées dans des ouvrages qui ne le sont pas moins.</p>
<p>Ainsi, Barte-a-dit.</p>
<p>Selon les mouvements qu’il critique, <strong>«l’universalisme, considéré comme « abstrait », ne serait plus qu’un destructeur rouleau compresseur des individualités, une déclaration de guerre contre la société multiculturelle. Pis, les droits de l’homme n’auraient pas d’autre but que d’assurer la domination de l’homme blanc catholique. Et qu’importe si c’est au nom de ces mêmes droits de l’homme que les peuples colonisés se sont libérés. »</strong></p>
<p>En lisant ça, on peut légitimement être saisi de tremblements et demander à l’auteur de relire un peu son histoire coloniale, car c’est précisément au nom d’un certain universalisme que les pays colonisés ont été envahis en premier lieu. Ce n’est pas tant l’idée (inoffensive en soi) qu’il existe des « valeurs universelles » qui est critiquée par les mouvements antiracistes, mais plutôt le fait que :</p>
<p>1)      ces « valeurs » sont déterminées par des aspirants à la domination (pouvoirs, colons, civilisateurs) afin de légitimer leur action et l’inclusion des populations cibles dans cette dernière</p>
<p>2)      les tenants de l’universalisme se placent dans un registre de neutralité, non lieu idéologique (puisque précisément universel) duquel ils se permettent de questionner les choix de société des autres</p>
<p>3)      c’est au nom de l’universalisme qu’on prétend expliquer aux opprimés comment ils doivent se libérer, aux femmes comment elles doivent vivre leur féminité, aux immigrés comment ils doivent s’intégrer selon des modalités qu’on aura pris le soin de déterminer</p>
<p>C’est donc cette vision d’un corpus de valeurs trop souvent dévoyées imposables à tous (souvent contre leur gré) et la prétention d’une neutralité humaniste pour couvrir des offensives idéologiques, économiques et militaires qui sont à proscrire.</p>
<p>Un peu plus loin, Barte-pense.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>« Les Indigènes de la République assimilent le Blanc, le « souchien », à un colon génétique, tandis que le Maghrebin reste chromosomiquement indigène à vie et éternelle victime. »</strong></p>
<p>L’auteur a probablement eu accès à des productions secrètes des Indigènes de la République, car une telle idée n’apparaît nulle part, ni dans leurs interventions publiques, ni dans leurs écrits. Ne faisant moi-même pas partie du mouvement, je crois comprendre de son positionnement que le statut d’indigénat n’est, selon le PIR, pas une appartenance génétique mais une situation de fait d’une population, autrefois marquée ethniquement par le clivage et la ségrégation coloniale, mais aujourd’hui identifiable par des critères socio-économiques beaucoup plus larges. En ce sens, tous les opprimés de nos sociétés modernes sont des  indigènes, qu’ils soient blancs, arabes, ou noir, à partir du moment où on les traite en tant que tels.</p>
<p>Quand un jeune de banlieue est présupposé moins qualifié que les autres (peu importe sa couleur) et qu’on lui applique un traitement différencié, il est traité comme indigène.</p>
<p>Quand une femme musulmane se voit exclue des sorties scolaires de ses enfants juste parce qu’elle porte un hijab, elle est indigène.</p>
<p>Quand on encercle des camps de Roms à renfort de cars de CRS pour les rafler en pleine nuit et les renvoyer du pays, on fait d’eux des indigènes.</p>
<p>Quand un pays entier est soumis au diktat du FMI et des banques et que ses choix de santé et d’éducation sont déterminés sous la contrainte des agences de notation, le peuple est indigène.</p>
<p>S’il existe bel et bien un « continuum colonial », il est surtout idéologique et économique. Si les « universalistes »  armées coloniales ont (presque) quitté l’Afrique (contre leur gré, c’est important de le rappeler), les registres de domination restent prégnants, notamment par les mécanismes de la dette, la tutelle du FMI sur nombre de pays et les réseaux, encore existants, de la Françafrique.</p>
<p>Sur le sol français, des procédés de maintien de l’ordre, de ségrégation sociale et de discrimination digne des temps coloniaux sont encore à l’œuvre dans certains quartiers. Mais il est vrai, et pour cela je réclame l’indulgence envers le zélé journaliste, qu’il ne convient pas de parler des choses qui fâchent quand l’heure est à la farce.</p>
<p>Il en reste qu’il n’est pas hors de propos, pour le PIR comme pour d’autres, de parler de continuum des valeurs coloniales pour décrire la constance des modes de domination.</p>
<p>De la même façon, Houria Bouteldja se retrouve accusée de racialisation du débat anti-raciste. Sur cette question, il faut être clair : si on sait aujourd’hui qu’il n’existe pas de race au sens biologique du terme, l’idée de race est un concept opérant dans la construction et la mise en œuvre du discours raciste. Il serait donc naïf et sans objet d’étudier le racisme sans chercher à comprendre son fondement. On sait également qu’en matière de discrimination et de violences raciales, il est tout aussi important, en plus de la situation de la victime, de comprendre le fonctionnement idéologique de l’agresseur ou du discriminant. Or, pour ce dernier, la notion de race est opérante. C’est donc à mon sens pour rendre compte de cette réalité qu’il peut être utile d’intégrer cette idée à l’analyse.</p>
<p>Pour suivre, Barte-imagine…</p>
<p>Vincent Geisser serait ainsi <strong>« le porte-parole officieux des islamistes »</strong> et<strong> « un chercheur très contesté au CNRS ».</strong> Plus loin, l’auteur professe que le parti Ennahda, principale force politique du pays,<strong> « pourrait bien mettre en échec la révolution tunisienne ».</strong></p>
<p>Sur le cas de Vincent Geisser, il convient de rappeler que ses travaux de recherche n’ont en rien été remis en cause (sinon par les analyses dominicales post-picnic du professeur Barte). Si Geisser a eu une différence de vue avec l’administration du CNRS, c’est (à moins que l’oracle ait une autre vision) pour avoir pris la défense d’une étudiante qu’il jugeait discriminée.</p>
<p>Quant aux conjectures sur le rôle d’Ennahda  dans les prochaines élections en Tunisie, affublé dans ces divagations (de l’Atlas) du vilain titre de « <em>parti islamiste</em> » (ouh les méchaaaaants barbus !!!), il convient, il me semble, de laisser le peuple tunisien décider pour lui-même de son avenir lors des prochaines élections. A moins qu’on veuille leur donner des leçons sur ce qu’est la démocratie selon Barte.</p>
<p><strong>Le Courrier de l’Atlas</strong> (Barte inclus) semble avoir un sérieux problème avec l’islam quand il représente autre chose qu’une obédience folklorique beurifiée, digne des voluptueuses « nuits du Ramadan » de Frédéric Mitterand où de joyeuses danses du ventre post-couscoussivores précédaient, selon que la lune était pleine (ou non) d’originales variations sur le thème « <em>l’islam, c’est comme on veut, tiens si on se remettait un peu de derbouka pour la spiritualité. Fatima, ramène le thé…</em> »</p>
<p>On est bien content qu’au <strong>Courrier de l’Atlas</strong> on célèbre la beuritude et l’antiracisme de salon (cela donne en effet une touche joviale lors de l’allumage du barbecue…) mais, de grâce Professeur Barte, merci de bien garder votre nez rouge quand vous vous exprimez sur l’islam, ça évitera qu’on vous prenne à tort pour ce que vous n’êtes pas : sérieux.</p>
<p>Enfin, Barte-accuse.</p>
<p>Rokhaya Diallo est selon lui <strong>« la nouvelle compagne de route des mouvements pro-hijab, se liant même à des mouvements de défense de la burqa comme le groupe Neutralité. La vice-présidente des Indivisibles a la même condescendance à l’égard des musulmans modérés que le chercheur Vincent Geisser qui fustige cet « islam light » contaminé par les valeurs de l’Occident. »</strong></p>
<p>Elle est drôle cette expression de « mouvements pro-hijab », comme si de tels mouvements seraient nés spontanément sans raison autre qu’un militantisme prosélyte. Or il semble, pour peu qu’on s’y penche, que c’est en réaction à des limitations de leurs libertés individuelles que se sont formés ces rassemblements.</p>
<p>C’est quand, pour des raisons politiques et une vision instrumentalisée de la laïcité on a fait passer des lois textiles venant restreindre la liberté des femmes, que ces mouvements ce sont formés.</p>
<p>Il est important de rappeler que le féminisme, c’est en premier lieu la liberté des femmes à disposer d’elles-mêmes et à choisir sans contrainte la vie qu’elles souhaitent avoir, de la carrière professionnelle qu’elles souhaitent (ou non) mener aux modalités de leur expression féminine.</p>
<p>C’est en faveur de cette liberté que se positionnent l’ensemble des intellectuels que Yann Barte fustige, et parmi eux Mlle Diallo.</p>
<p>Pour conclure sur une note positive, le journaliste de l’Atlas a raison de s’attaquer en la personne de Pascal Boniface à l’un des meilleurs analystes géopolitiques français à propos de son dernier ouvrage, «<strong> Les intellectuels faussaires</strong> ».</p>
<p>Il est en effet toujours bon, avant d’aller à la cour demander quelque subside, de ménager la réputation de ses plus proches courtisans. Et d’ainsi dénigrer leurs détracteurs. Barte qui s’en dédit.</p>
<p>Il y a tout de même une chose pour laquelle le talentueux journaliste de l’Atlas devrait remercier Pascal Boniface, c’est de ne pas avoir parlé de lui dans son ouvrage.</p>
<p>Yann Barte n’est pas un intellectuel faussaire.</p>
<p>En effet, il ne trompe personne.</p>
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		<title>Revue de presse #13: Quand la haine du musulman devient un argument électoral</title>
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		<pubDate>Wed, 14 Sep 2011 15:06:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marwan Muhammad</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>

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		<description><![CDATA[La politique c’est (trop) souvent l’indécence. Il en faut une bonne dose pour oser, comme l’a fait hier Manuel Valls, publier le tweet suivant : Là tu sens clairement le courage et l’héroïsme qu’il faut pour se porter au secours… du pouvoir dans sa stigmatisation des femmes portant le foulard. Luc Chatel, ministre de l’Education Nationale, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-2602" href="http://www.foulexpress.com/2011/09/quand-la-haine-du-musulman-devient-un-argument-electorale/1261832100_08ae62ebf8_o/"><img class="aligncenter size-large wp-image-2602" title="1261832100_08ae62ebf8_o" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/1261832100_08ae62ebf8_o-600x450.jpg" alt="" width="600" height="450" /></a></p>
<p>La politique c’est (trop) souvent l’indécence. Il en faut une bonne dose pour oser, comme l’a fait hier Manuel Valls, publier le tweet suivant :</p>
<div>
<p><a rel="attachment wp-att-2583" href="http://www.foulexpress.com/2011/09/quand-la-haine-du-musulman-devient-un-argument-electorale/capture-d%e2%80%99ecran-2011-09-14-a-14-24-05/"><img class="aligncenter size-full wp-image-2583" title="Capture d’écran 2011-09-14 à 14.24.05" src="http://www.foulexpress.com/wp-content/uploads/Capture-d’écran-2011-09-14-à-14.24.05.png" alt="" width="535" height="114" /></a></p>
<p>Là tu sens clairement le courage et l’héroïsme qu’il faut pour se porter au secours… du pouvoir dans sa stigmatisation des femmes portant le foulard. Luc Chatel, ministre de l’Education Nationale, voudrait les bannir des sorties scolaires. Valls et le Haut Conseil à l’Intégration (sic) voudraient également qu’elles soient exclues du monde du travail. Tout cela pour la « <em>liberté des femmes</em> », nous dit-on.</p>
<p>Question : si (en gros) une femme musulmane n’a pas le droit d’aller à l’école républicaine, ni de travailler, ni d’accompagner ses enfants lors d’une sortie scolaire, ni… qu’a-t-elle le droit de faire ? On aimerait bien savoir.</p>
<p>Mais heureusement, il y a d’autres sujets de divertissement dans la vie. D’ailleurs au PS on sait y faire question franche rigolade. Ainsi, Valls (toujours lui) commentait <a href="http://www.europe1.fr/Politique/Accusations-Bourgi-ca-pue-dit-Valls-713343/">sur Canal + (via Europe 1),</a> concernant les affaires liées à la Françafrique, que « ça pue ». Effectivement.</p>
<p>Dans cette quête d’assainissement de la politique, c’est bien que des citoyens fassent œuvre utile en aidant le PS à faire le ménage et en leur donnant de bons conseils pour s’adresser aux populations non encore pacifiées. Ainsi, Fatouche Ouassak offre au dit parti <a href="http://www.indigenes-republique.fr/article.php3?id_article=1415">quelques conseils qu’ils semblent déjà avoir mis en œuvre…</a>(Indigènes)</p>
<p>Pendant ce temps-là au château. Le triste sire semble (un peu) en galère. Tu te souviens de ce ministre qui disait que, concernant le nucléaire français, <a href="http://www.lemonde.fr/politique/video/2011/06/18/interoge-sur-la-securite-nucleaire-en-france-eric-besson-quitte-le-plateau-de-m6_1537702_823448.html">touvabienyarienàcraindresinonjmecasse</a> (M6 via Le Monde)? Bah en fait il aurait dû dire &laquo;&nbsp;presque&nbsp;&raquo;. Parce qu’en fait, là comme ça, sans trop faire de vagues, il se trouve qu&#8217;il y a eu une <a href="http://www.rue89.com/2011/09/12/une-explosion-nucleaire-a-marcoule-risques-de-fuites-radioactives-221607">explosion sur le site nucléaire de Marcoule</a> (Rue89). Mais « les autorités assurent qu’il n’y a aucun rejet ». Ouf.</p>
<p>Faut dire qu’on est un peu paranos aussi. Dès que ça fait boum près d’un réacteur nucléaire, tout de suite on se dit « Et si… ». Et comme notre <a href="http://lci.tf1.fr/science/sante/grippe-a-la-france-revend-ses-vaccins-5619320.html">gouvernement n’est pas forcément super digne de confiance</a>, forcément ça n’aide pas non plus&#8230; (LCI)</p>
<p>Après de telles nouvelles, tu voudras sûrement te détendre et tu auras raison. C’est pour ça qu’on a déniché pour toi un docu sympa qui devrait, sans mentir, de donner des crampes à l’estomac (ou pas) : il s’agit du film de Paul Moreira,<a href="http://www.metacafe.com/watch/7176653/reportage_islam_ant_christ_et_jambon_beurre/"> « Islam, antéchrist et jambon beurre »</a> <a>, </a>qui vient instantanément de passer dans mon top 10 et que le CCIF a eu la gentillesse de nous recommander.</p>
<p><embed type="application/x-shockwave-flash" width="600" height="338" src="http://www.metacafe.com/fplayer/7176653/reportage_islam_ant_christ_et_jambon_beurre.swf" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer" name="Metacafe_7176653" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" wmode="transparent" flashvars="playerVars=autoPlay=no"></embed></p>
<div style="font-size: 12px;"><a href="http://www.metacafe.com/watch/7176653/reportage_islam_ant_christ_et_jambon_beurre/">Reportage : Islam, Antéchrist Et Jambon Beurre</a> -</div>
<p>&nbsp;</p>
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