la Foule s'exprime

Paix à l’horizon



29326108553_c386091975_k

Jeudi dernier, au théâtre des colons à Bogota, le président colombien Juan Manuel Santos et le chef de guérilla marxiste des FARC ( Forces Armées Révolutionnaires Colombiennes) Rodrigo Londono, signent pour la paix.

“La paix va nous rendre l’espérance, la foi en l’avenir et la possibilité d’une vie meilleure pour nous et nos enfants” a déclaré le président colombien

Le chef des FARC quant à lui, a proposé un gouvernement de transition dont l’objectif principal sera l’application intégrale de l’accord.

Après un premier échecs des négociations en octobre 2012, celles-ci ont été de nouveau ouvertes en août 2016″.

La vision  de Juan Manuel Santos inspirée de Winston Churchill: “L’optimiste voit dans chaque difficulté, une opportunité” et a pensé pouvoir ainsi convenir d’un accord avec les FARC, il a fait de la paix une priorité, pour mettre fin à un combat vieux d’un demi siècle.

Il a fallu 4 ans de négociations pour parvenir à un accord avec les FARC, qu’il a appelés pour un grand dialogue national.

Le 2 Octobre 2016, il soumet son accord de paix à référendum , une majorité des électeurs colombiens rejettent l’accord.

Qui aurait permis le désarmement des guérilleros ?

Selon le président colombien, les adeptes du “Non” au référendum, mettent en avant la stratégie utilisée par ses adversaires, qui selon lui, ont usé d’arguments qui n’avaient rien à voir avec la paix. Ils auraient, toujours selon le président colombien, aussi répandu que “la théorie du genre” était encryptée dans le texte de l’accord. Les églises évangiles et les catholiques avaient aussi fait campagne pour le “Non” (1).

Le 7 Octobre 2016, le président colombien  reçoit le prix Nobel de la paix:

“Le prix Nobel de la paix a été un cadeau divin, comme la brise qui se lève pour pousser le bateau à bon port” (1).

Certains partisans du “Oui” pensent que ce fut une erreur, puisque en tant que président, il lui était possible, une fois le texte signé, de le valider par vote populaire, de le faire voter par le congrès ou de le soumettre de nouveau aux votes des conseillers municipaux.

Pourtant, la signature de l’accord devenait urgente, car si celui-ci n’était pas signé rapidement, le risque de rupture du cessez-le-feu augmentait en amont.

Les négociations avec la 2ème guérilla du pays L’ELN ( l’armée des libérations nationales) sont quant à elles, repoussées car l’exigence du président colombien qui est de libérer les otages, n’est pas respectée comme ils l’avaient promis.

À la différence des FARC très hiérarchisés , L’ELN, est une organisation plus horizontale ce qui rend le dialogue difficile.

Alvaro Uribe, chef de file des opposants, ex président et actuel sénateur, semble vouloir en faire l’un des enjeux de la présidentielle de 2018.

A la suite du texte ce jeudi, il envisage de faire une pétition en faveur d’un autre référendum sur plusieurs points, pour que les colombiens mettent des limites afin de préserver l’état de droit.

Il dénonce d’ailleurs à la radio RCN:

“L’impunité totale dont selon lui bénéficieront les guérilleros coupable de crime”.

Un accord de paix à été signé mais la situation reste encore fragile.

“La paix a été négociée, il appartient à mon successeur après 2018 de le mettre en place (…) il aura plusieurs défis à relever, les colombiens ont besoin d’un bon gestionnaire qui aille de l’avant.

La polarisation cessera entre les partisans de la paix et les détracteurs cesseront quand les gens vont voir et vivre les bénéfices de la paix et, se déplaceront sans crainte” (1)”.

Un espoir de paix à l’horizon la situation reste tout de même encore fragile, malgré l’accord conclu entre les deux partis opposants.

Les 5 points clés de l’accord:

  1. La réforme agraire : 3 millions d’hectares seront redistribués.
  2. La participation politique de la société civile : des efforts seront menés, notamment via les médias, pour permettre à tous les Colombiens de se faire entendre.
  3. La fin du conflit : les guérilleros se réuniront dans une trentaine de zones, où ils auront 180 jours pour déposer les armes.
  4. La lutte contre la drogue : une stratégie de substitution à la culture de la drogue sera mise en place, avec la coopération des Farc.
  5. La justice : à condition de dire « la vérité » sur les crimes commis, les Farc éviteront la prison et effectueront des travaux au service de communautés dans lesquelles ils seront assignés.
Enjeu électoral

Le parti de droite de M. Uribe a qualifié la procédure de «coup contre la démocratie», l’exécutif ne tenant selon lui «pas compte du triomphe du non» au référendum.

Faute d’explications suffisantes du contenu des 297 pages de l’accord, le scrutin avait été marqué par une abstention record de plus de 62 % et le «non» l’avait emporté avec à peine plus de 50 000 voix d’avance.

Les partisans de M. Uribe, qui agitent le spectre d’un régime castro-chaviste inspiré de Cuba et du Venezuela, ont fait de l’accord un enjeu électoral, dans la perspective du scrutin présidentiel de 2018.

Plusieurs pays, dont la France, l’Espagne et le Venezuela ont salué la signature de la paix, de même que le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, qui a jugé «essentiel de passer maintenant à son application».

Après la mort de deux rebelles dans des combats présumés avec l’armée et l’assassinat de leaders communautaires, M. Santos, comme les FARC, a souligné la «fragilité» du cessez-le-feu en vigueur depuis fin août, appelant à l’entrée en vigueur de l’accord de paix «le plus rapidement possible».

 

(1) “Le Monde” 13 Novembre 2016

Commentaires

commentaires




sep