la Foule s'exprime

La Révolution invisible, voyage vers le nano-monde



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Sans transparence, il est impossible d’avoir confiance

Les nanotechnologies sont partout autour de nous, présentes dans notre quotidien mais nous sommes très peu à savoir de quoi il s’agit. A l’échelle humaine, les nanomatériaux, nanoparticules sont des objets invisibles à l’œil nu.  Suivez-moi, je serais tout au long de ces lignes votre guide durant notre petite excursion vers le monde du « tout petit» voir même de l’infiniment petit.  


Tout d’abord, qu’est-ce qu’une nanoparticule ou nano-objet ?

Les nano-objets sont des matériaux dont une, deux ou trois dimensions se situent à l’échelle nanométrique, c’est-à-dire approximativement entre 1 et 100 nm.

Il en existe de toutes sortes : Oxyde de cérium (terre rare), Oxyde de zinc et d’aluminium, Oxyde de silicium, Noir de carbone, Dioxyde de titane, Nanocristal d’oxyde de  zinc, Oxyde de silicium, Dioxyde de titane, Oxyde de zinc, Nanotubes de carbone, et de toutes formes : boîtes quantiques, nanotubes, nanocouches, nanofiltres, nanocapteurs, nanovecteurs, nanomachines.

Une nanoparticule est composée de 400 à 500 atomes environ, plus de la moitié se trouve en surface.

Elles recouvrent d’étranges propriétés, c’est-à-dire qu’à l’échelle nanométrique, les forces sont démultipliées. Dans un monde en mouvement perpétuel, les réactions sont plus qu’amplifiées et la gravité n’a pas le même impact sur les nanoparticules. Elles y sont très peu sensibles. En revanche, elles sont soumises à la force de Van der Waals, interaction  attractive répulsive  entre atomes, molécules.


Les nanoparticules et Nous …

La Nature produit depuis des milliards d’années, voire la nuit des temps, des particules de structures de taille nanométrique. La Faune et la Flore ont su évoluer, s’adapter et développer des arrangements nanométriques de leur matière qui leur ont attribué des propriétés indispensables à leur existence voir même à leur survie.

Quelques exemples de nanoparticules que l’on trouve dans la Nature.

La feuille de Lotus, dont la surface n’est jamais mouillée, possède des propriétés « superhydrophobes ».

Les industrielles via leurs départements « Recherche et Développement » s’y intéressent pour ses caractérisques autonettoyantes et antisalissures. Les applications sont nombreuses : vitres de voitures, de gratte-ciels, et toutes autres surfaces autonettoyantes. Pour ma part la seule application à laquelle je pense est : « finie la corvée des vitres à la maison » !

Le gecko est un petit lézard connu pour la particularité qu’il a de se coller à toutes surfaces grâce à ses nanopoils. Ce qui permettrait  la fabrication de vêtements adhérents à toutes surfaces (bottes, gants), par exemple le « pyjama » super adhérent de Spiderman, les combinaisons de pompiers, de soldats. Cette particularité nanométrique permet également de concevoir des robots tout terrain pour l’armée et l’industrie aérospatiale.

Les papillons, les poissons, la nacre avec leurs surfaces iridescentes (goniochromisme : couleur changeante selon l’angle sous lequel on la regarde ou selon l’angle selon lequel elle est éclairée), ont inspiré l’industrie des cosmétiques dans le développement des « nanocristaux photoniques multicouches ». Elles sont capables de reproduire toutes les nuances que l’on connait sans recourir au moindre pigment.  A nos trousses à maquillages telles des Picasso face à ses œuvres ! Des rouges à lèvres, des fards à joues et à paupières avec la promesse d’une meilleure tenue et multicolore à souhait.

Les nanoparticules envahissent également nos bouches au quotidien. De quelle manière me direz-vous ? Les pâtes de dentifrices contiennent toutes des nanocomposants (abrasifs et antibactériens) afin de rendre nos dents toujours plus blanches et saines. Elles ne nous quittent pas non plus durant nos vacances, avec les crèmes solaires que l’on a mis volontairement et consciemment dans nos valises, pour filtrer les méchants UVA et B.


Quelques avancées en termes de nanotechnologie…

La médecine fait partie des secteurs-clé de la nanotechnologie.

L’infiniment petit offre aux professionnels de la santé, aux chercheurs et aux médecins, de nombreuses perspectives dans la prévention en terme de dépistage de maladie et dans le curatif.

Il est question d’étudier les caractéristiques des virus, leur capacité d’infiltration. En effet, étant de taille nanométrique, ils permettent l’infiltration dans les cellules malades. Les virus sont mis à profit par la médecine comme vecteurs en « thérapie génique » afin de  soigner différentes maladies. De soigner comment ?  Via des nanocapsules de médicaments qui pourraient agir directement sur des cellules cancéreuses par exemple.
Dans le secteur de la Chimie, une grande partie des peintures et vernis sont composés des nanomatériaux afin de les rendre plus résistants aux micros rayures, anticorrosifs et plus brillants.

Des nanoparticules jusque dans nos voitures. Dans le secteur de l’automobile et l’aéronautique également, les nanomatériaux sont utilisés à cause de leurs propriétés qui confèrent aux matériaux plus de légèreté et de résistance.

Mon téléphone (l’extension de moi-même) et tous ces appareils qui se composent d’un écran et de puces (ordinateurs, appareils photos, téléviseurs, lecteurs mp3) : cellules solaires, ordinateurs, technologies sans fil, processeur miniaturisé) sont issus de nanoproduits. On les retrouve également dans les systèmes de surveillance miniaturisés, et les systèmes de guidage. Les nanos sont là tout autour de vous, de moi mais les avions-nous invités ?

La liste n’est pas exhaustive car tous les secteurs d’activités sont « potentiellement » touchés.

Les secteurs clés des nanotechnologies sont l’Environnement, la Chimie, la Technologie de l’information,   les Matériaux, l’Electronique, la Médecine et la Défense.

Sur les dernières années, le nombre de produits incorporant des nanomatériaux à plus que triplé…

Pour information, pour les cosmétiques, la réglementation européenne impose de mettre l’inscription  « nano » sur les boîtes des produits afin d’informer le consommateur.


Les « possibles » effets sur la santé…

Les bases de connaissances sur la toxicité des particules et leurs effets sur la santé prennent modèle sur les effets de la Silice cristalline, l’Amiante et autres fibres, phase particulaire de la pollution atmosphérique (particules diesel) et d’autres modèles tels que le Tabac, la poussière de bois et d’autres particules minérales et métalliques.

Certaines nanoparticules possèdent des caractéristiques prédictives d’un effet pathogène car elles sont dites particules « inhalables ». Des études ont montré quelles pénètrent dans les alvéoles pulmonaires sans pour autant ressortir et provoquer des effets néfastes.


Les nanotechnologies et le débat public…

L’opinion publique reste encore à l’écart de ce sujet qui pourtant devrait tous nous préoccuper.
C’est pourquoi la Société doit se poser les questions suivantes : les nanotechnologies sont-elles un pas en avant ou une prise de risque ? Quels impacts sur l’environnement ? Sur nos vies futures ? Comment gérer les nanomatériaux aujourd’hui présents dans notre vie quotidienne.

« Une question peut être complexe ou incertaine au point d’être indécidable du point de vue scientifique, et le public a le droit de le savoir » B. H. Bazin

En 2010, dans le cadre d’une campagne internationale de promotion du travail décent, sûr et salubre l’Organisation internationale du travail (OIT) a consacré sa « Journée mondiale de la santé  et de la sécurité au travail » aux risques émergents en milieu de travail et aux nouvelles formes de prévention dans un monde du travail en mutation.

L’étude des nouveaux risques qui émergent fait l’objet de beaucoup d’attention ces dernières années. Les nanotechnologies prennent une place de plus en plus grande dans des secteurs d’activité très variés et souvent insuffisamment identifiés. On prévoit qu’en 2020, environ 20 % des produits seront réalisés en partie grâce aux nanotechnologies (source de l’OIT).

L’impact à long terme de ces nouveaux matériaux sur la santé humaine et l’environnement demeure malheureusement encore méconnu (de nombreux séminaires apportent des données de plus en plus préoccupantes). C’est pourquoi les projets d’études sur les risques émergents de l’O.I.T. et l’ANSES  (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail)  qui traitent des nanomatériaux y sont particulièrement attendus et nombreux. Les acteurs de la Santé au travail ainsi  que les partenaires institutionnels souhaitent éviter un scandale sanitaire comme celui de l’amiante.


Les nanotechnologies face à l’éthique…

L’organisation du contrôle et du suivi des nanomatériaux, la caractérisation de l’exposition et l’évaluation de la toxicité sur l’Homme et les écosystèmes font polémique depuis quelques années. L’information et la protection du travailleur et du consommateur, les modalités de soutien à la recherche et aux innovations dans ce domaine également.

La prise en compte des aspects éthiques des nanotechnologies par les autorités publics ainsi que les citoyens apparaît comme légitime est souhaitable. Il permettra d’être mieux informé des enjeux de cette révolution technologique qui est en marche.

Bien que les questions sur les nanotechnologies se soulèvent concernant la protection des citoyens et leur exposition à long terme, la difficulté est d’avoir une vision prospective en adéquation avec des enjeux économiques, santé public-santé travail, éthiques et environnementaux.

Ces nouveaux enjeux éthiques incitent toutes les parties intéressées (organismes de la société civile, groupements de défense des intérêts publics, organismes environnementaux et syndicaux, consommateurs, industriels, chercheurs…) à se préoccuper des diverses conséquences envisageables de l’utilisation des nanotechnologies tels que les impacts sanitaires selon le Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE) : « Face aux conséquences imprévisibles de l’application des nanotechnologies, notamment dans les sciences de la vie et de la santé ».


Terminus tout le monde descend…

Il est très difficile de faire du repérage auprès des industriels qui utilisent des nano-objets dans leurs procédés de fabrication. De nombreux freins ont été signalés notamment une insuffisance d’appuis réglementaires. Il existe une difficulté technique à repérer et d’identifier les nanoparticules présentes. Une absence le plus souvent de notification sur les Fiches de Données de Sécurité (FDS) et les fiches techniques en serait à l’origine.

La communication, le manque de transparence, d’informations et de recherches sur les risques associés de certaines entreprises concernées par la fabrication ou l’utilisation de nanomatériaux est indéniable.

Le fait de parler des nanotechnologies se traduit bien plus en discours, recommandations et propositions qu’en actes concrets et mesures.

Quand bien même l’apport des nanotechnologies est incontestable, il est  important de rester vigilant quant aux produits que nous consommons. Les nanomatériaux, les nanotechnologies sont bien là autour de nous…Ouvrons grand les yeux afin de les repérer.

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