la Foule s'exprime

Martin Luther King et Malcolm X : 2 approches pour 1 combat



Martin Luther King, Jr. et Malcolm X le 26 Mars 1964

Le Hastag #Black Lives Matter est devenu aujourd’hui un mouvement social et politique qui rappel que les noirs ont aussi le droit de…vivre.

Pour comprendre ce mouvement il est important de connaître l’histoire de l’activisme noir américain à travers le parcours de deux grandes figurent qui ont œuvré pour que Black lives matter:

Martin Luther King et Malcom X

Vous connaissez tous le discours de Martin Luther King devant le Lincoln Memorial à Washington, où il a prononcé « I have a dream ».

C’est étonnant que l’histoire officielle a retenu ce personnage, au détriment d’autres acteurs tout aussi majeurs tels que Malcom X. Si tous deux étaient des militants majeurs des années 1950-60 pour les droits civiques des noirs d’Amérique, leurs approches étaient différentes. Toujours est-il que des résultats significatifs ont été atteints depuis, et leur dévouement à la cause y a contribué fortement.

Notons que si l’esclavage est officiellement aboli depuis 1863, les noirs américains n’ont obtenus leurs droits civiques il y a une cinquantaine d’années à peine et les inégalités persistent. Mais qu’est ce qui différencie ces deux grands hommes ?


Martin Luther King est un pasteur baptiste militant comme Malcom X mais avec une approche non-violente et des actions d’envergure, comme le boycott des bus de Montgomery en 1955, suite à l’arrestation de Rosa Parks, une noire américaine qui avait refusé de céder sa place à un blanc dans le bus.

Malcom X quant à lui, a eu un cheminement complexe, qui l’a amené à revoir son approche tout au long de son combat. Après avoir connu la délinquance et la prison, où il apprendra beaucoup en autodidacte, il intègre à sa sortie l’organisation Nation of Islam, à l’époque une secte se revendiquant de l’islam mais prônant un nationalisme noire. Ses qualités d’orateurs et son dévouement feront de lui un militant connu dans tout le pays et dans le monde pour son combat pour la défense des noirs, mais emprunt d’une grande haine contre les blancs.

Malek El-Shabazz, de son autre nom, finira en 1964 par quitter le mouvement, jugé trop raciste, pour adhérer à l’Islam sunnite, sans pour autant réduire son militantisme en faveur des noirs.

Le pèlerinage à La Mecque qu’il fera la même année l’amènera à changer sa vision de l’Homme. S’il prônait auparavant le repli identitaire et le séparatisme noir, après ce voyage il condamnera le racisme anti-blanc de Nation of Islam. Il écrira ainsi à propos de son pèlerinage :

« Chaque heure passée ici en Terre Sainte m’a permis de mieux comprendre le problème racial en Amérique. On ne saurait blâmer le noir pour son agressivité dans ce domaine. Il ne fait que réagir à quatre siècles de racisme conscient de la part des blancs. Mais si le racisme américain mène au suicide, je crois que les jeunes blancs de la nouvelle génération, ceux des universités, verront ce qui crève les yeux. Je crois que nombre d’entre eux opteront pour la vérité spirituelle. C’est le seul moyen qu’ait encore l’Amérique d’éviter le désastre.»

Cependant, un point commun que partagent ces deux grand hommes est leur incorruptibilité, le New York Times écrira en 1964 « les noirs (Negroes dans le texte) respectent Dr King et Malcolm X parce qu’ils sentent chez ces hommes une intégrité absolue et savent qu’ils ne les trahirons jamais. Malcolm X ne peut pas être corrompu et les noirs savent cela et donc le respectent. Ils savent également qu’il vient des bas-fonds comme eux, et le regardent comme l’un des leurs. »


Malcolm X a souvent été taxé d’incitateur à la violence, mais il s’en défend: « c’est un mensonge. Je ne suis pas pour la violence, je suis pour la justice. »

Il explique que la loi a failli en ne protégeant pas les noirs contre les attaques des blancs, alors que le contraire s’applique. L’homme blanc, dit-il, peut lyncher, bruler et battre les noirs, devrait-on alors simplement réagir en se disant patience, les choses vont aller mieux ?

Martin Luther King, dans la lignée de Gandhi et Mandela, étaient des militants pacifistes, mais cela n’a pas empêché ce dernier, après des années de résistance non violente, de passer à la lutte armée quand cela n’a pas suffi, après le massacre de Sharpeville en 1960. Il est aujourd’hui un héros dans son pays et dans le monde pour ce combat.

Malcolm X a beaucoup reproché aux pacifistes leurs méthodes, leur reprochant par exemple d’utiliser la population comme bouclier humain. Il est pour les méthodes pacifistes (vote, grèves, manifestations) mais pas si elles renvoient les solutions aux calendes grecques. Lorsque Martin Luther King disait résistance, lui disait autodéfense. La liberté ou la mort, la liberté pour tous ou la liberté pour personne. Faces aux révolutions, les autorités choisissent généralement les interlocuteurs les plus modérés pour arriver à des solutions, et c’est en substance ce que révèle Malcolm X dans son autobiographie: « C’est grâce à nous extrémistes que vous les modérés êtes aujourd’hui écoutés. »

Référence : autobiographie de Malcolm X

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