la Foule s'exprime

Ma solitude maudite et bienveillante



Prabhu B Doss

Prabhu B Doss


 

A chaque moment de solitude, j’essaye de composer de nouvelles pistes.

Une partition musicale, rythmée de morceaux de vie que je n’avais pas encore imprimé. Elle est des variations orchestrales de sentiments contrastées, oscillant de bas en haut d’émotion crescendo.

Mes notes musicales se mêlent à mon intime confidence perturbant mes nuits dont, chacune d’elles abandonnent le sommeil.

Assise tête baissée, la lecture de ma vie s’enchaîne, l’une après l’autre, morceaux après morceaux, m’essoufflant et me tissant dans mon isolation encéphale.

Plongée dans mes profondeurs, elle devient murmure traînant, retraçant, rembobinant les projections de mon existence. Je visualise intérieurement les images au fur et à mesure qu’elles me rappellent ces moments de la vie qui m’ont échappé.

A leur tour, elles se relaient, s’enchaînent, s’entrechoquent aux rythmes du son de mes entrailles. Je me heurte à mes propres « grave et aigu »…

Parfois, l’écran de la vie me brutalise de souvenirs secrets que j’avais enfoui en moi et qui me sont terriblement arrachant.

Mon regard s’alourdit de douleurs, mes yeux se ferment au fur et à mesure que la peine m’envahit…

Comme si je voulais éteindre la lumière qui projette ces scènes dans ma mémoire, comme s’il suffisait de baisser le rideau de mes paupières pour que tout s’arrête, que ces images fantômes, qui me hantent, s’en aillent.

C’est souvent à ce moment que mes larmes s’intensifient à l’image de ces gouttes de pluies incessantes, sans trêve ni répit, qui tombent et frappent le sol produisant un son si sourd… Qu’il m’empêche d’en distinguer les tonalités.

Mes sanglots se lamentent par réflexe, brouillent ma bobine d’humidité, contre plonge mon regard de chagrin, mes éclats de cri semblent pelliculée la scène d’un film dramatique.


Ma solitude est, toutefois, un court métrage d’illusion blafarde, je la sais passagère, éphémère. Elle est un sentiment qui va et vient sans prévenir mais avec le temps, j’ai appris à l’accueillir sans lui laisser trop de place.

C’est pourquoi mes gouttes larmoyantes finissent toujours par frapper le sol…

Elles frappent le sol, une à une suivant un enchaînement rythmé, qui attire mon attention.

Elles se mettent en scène comme un jeu de claquette cadencée de clap- clap sur un parquet résonnant.  Attirée par son enchaînement musical, je m’évade dans une chorégraphie palpitante et empoignante, je me lance dans une danse désarticulée au rythme de mes semelles claquant de tam-tam, qui m’inonde d’exaltation.

Une improvisation passionnée et salvatrice, qui me vide, me libère de mes carcans et enfin… Me guérit.

Et c’est ici, chère solitude que tu redeviens alors étrangère. Ton passage me rappelle comme la vie m’est chère. Reviens moi quand tu veux, tu demeureras ma collation spirituelle.

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