la Foule s'exprime

L’inde: un voyage à faire rembourser par la sécu.



crédit photo: punky brewster pour Foulexpress

crédit photo: punky brewster pour Foulexpress

Objet : Petit témoignage / conseil de votre amie qui nous veut du bien.

À l’attention du ministère de la santé, et même celui de l’éducation s’il est dispo…

Petite, lorsque je devais vérifier qu’un stylo écrive, le mot-test était « Regarde », comme persuadée de ce devoir, sans savoir quoi. Il y a quelques années, en arrivant sur Paris, j’étais heureuse de constater qu’un inconnu ressuscitait les murs de la ville en développant mon intuition : « Regarde… le ciel ». Une invitation à voir, au delà du visible. Regarder le ciel c’est se défaire du terre à terre, et partir à la quête du sensible. Ce petit machin-chose oublié par beaucoup d’entre nous, à cause de la routine, mes chéris.

crédit photo: flickr, Denis Bocquet

crédit photo: flickr, Denis Bocquet

Comme persuadée de ce devoir, sans savoir comment…

Mon chemin, un jour, a emmené mon regard vers l’est, des terres bien différentes de ce que mon regard-coeur avait foulé jusque là : l’Inde. Un pays que j’assimilais aux restos-folklos, les viols des reportages bien intentionnés, et la fameuse misère envers laquelle TOUT le monde m’avait mise en garde avant de partir voir par moi-même.

Je m’attendais donc à la rencontrer, sans imaginer en revanche que la véritable misère que je rencontrerai serait celle de… chez moi.

REGARDE LEUR CIEL

Dans mes bagages, mon bien le plus précieux en allant là bas, était donc mon regard, évidemment. Tu remarqueras que si on se contentait d’embarquer essentiellement nos yeux dans l’avion, on voyagerait aussi légers qu’en revenant…

Cadre universitaire oblige, j’avais donc pris soin d’embarquer mes yeux d’anthropologue en herbe. « Je-m’voyais-déjà » avec la gabardine de Colombo, allant dans un petit village à la Levy Strauss, sous l’œil averti d’une caméra d’ARTE. « Redescends sur terre », je me suis dit, fière de ma blague, quand j’étais encore dans l’avion…

En premier lieu, il y a le bruit. Un brouhaha exotique, rythmé par les klaxons, utilisés dans la plupart des cas, pour signaler, même à ceux qui le voient, qu’on est là, tout simplement. Au début, c’est très ch… pénible. Des klaxons qui feraient le bonheur des firmes pharmaceutiques. Ces dernières, me disais-je, devaient aussi se frotter les mains grâce à la pollution qui m’empêchait d’avoir une vue dégagée, tant attendue par mon appareil photo et mes amis facebook.

punky brewster pour foulexpress , New Delhi

crédit photo: punky brewster pour foulexpress

Plus de repère. La langue, les routes, leurs panneaux, les bruits, des vaches partout. Pendant que la pauvreté réveille la curiosité des visiteurs, la mienne est stimulée par tous ces indices rappelant que je suis très loin de chez moi, et lorsque j’en prends conscience, c’est le moment de comprendre à quel point j’aime ça. Je suis dans mon élément lorsque je suis extirpée de mon cocon, c’est ce qui nous confronte le plus efficacement à nous-mêmes. Et je fais le point en moi en observant ce qui m’interroge.

Puis, il y a eu ce marchand de sandwich au bord de la route, qui servait un client en scooter. Ce dernier mangeait son encas assis dessus, et le vendeur, à côté, bienveillant selon mon ethnocentrisme spontané, lui éteignit son moteur. J’ai eu ma première baffe à ce moment là. Qu’il y ait bienveillance ou pas, là n’est pas la question. J’ai naturellement comparé leur proxémie à la notre → Au drive d’une chaîne de fast-food, t’achètes ton burger, tu le manges assis sur ton scooter devant l’hôtesse. Et elle, tu crois qu’elle va te dire de bouger ? Et nan, elle éteint ton moteur afin que tu apprécies ton petit sandwich. J’ai trouvé l’insignifiance de cet instant d’une rare beauté, qui m’a juste renvoyé à la congélitude qui caractérise nos échanges, ici, de l’autre côté de la mer Caspienne.

rue de Nizam Uddine / New Delhi

crédit photo: punky brewster pour foulexpress

Ma camarade de regard, elle, a eu un peu plus de mal à s’approprier le changement brutal de monde. Juste au bruit, nous étions obligées d’assimiler que nous avions été arrachées de notre monde aseptisé occidental. Notre journée de visites des premières 24h devait s’achever par Nizam Uddine, une mosquée de New Delhi 2. Nous demandâmes où est ce que nous pouvions faire nos ablutions. Comme nous n’avons pas fait anglais accent indien en première langue, nous avons mal interprété les propos de notre guide improvisé, et nous nous sommes aventurées dans un petit couloir menant à une cour. Nous étions seules, ma copine se mit à pleurer. Je la serrais dans mes bras, et la laissais seule quelques minutes, devinant son besoin de se retrouver. Quand elle revint vers nous, elle me raconta sa baffe : elle, assise dans cette cour. Ses larmes coupées par un: « Oh, no… don’t cry, don’t cry… ». En levant la tête elle  vit ce petit garçon d’une dizaine d’années. Il lui demanda pourquoi elle pleurait, elle se trouva tout de suite remuée par l’attention de ce petit bout d’humanité. Elle lui demanda où est-ce qu’elle pouvait faire ses ablutions. Il lui indiqua sa salle de bain, qui donnait sur la cour où elle était. Intriguée, elle lui demanda « But, where I am ?!? ». -Ben t’es chez moi, qu’il lui dit le gosse… → Tu trouves un inconnu dans la cour de ta maison, qui pleure, tu le consoles, il te demande où est ce qu’il peut faire sa toilette, et toi tu lui indiques ta salle de bain. Normal…

Bon, que se passe-t-il dans ce pays ? C’est moi, ou les gens ont des rapports complètement utopiques entre eux, avec les inconnus, les étrangers… ? 

Je pensais, ou plutôt, j’étais persuadée, qu’un être humain, indépendamment de tout fait social, était obligatoirement apeuré par l’inconnu, l’étranger, celui qui est différent de lui. Du coup, je me disais qu’en France par exemple, la question de racisme et du vivre ensemble se réglerait par des actions de comm’ et d’éducation visant à inciter les gens à se rencontrer. Rencontres faites, alors personne n’aurait plus peur de l’autre et la boucle bouclée, plus d’inconnus, plus de racisme. Forcément, les Indiens, fallait qu’ils bousillent ma théorie…

Plus tôt dans la journée. Visite d’un autre monument. Une jeune fille vient me voir, et me demande si j’accepte que sa copine nous prenne en photo toutes les deux. Étonnée mais amusée par la demande, j’accepte. Photos faites, s’en suit un guet-apens: une horde de gens accoure vers moi, comme sortis de nul part. Il faut imaginer la scène : je suis seule avec mon appareil photo, assise au pied de ce monument. En quelques secondes je me retrouve entourée par une vingtaine de gens d’une vingtaine d’années, filles et garçons, tous habillés de couleurs vives, 15000 portables et appareils photos (la séance s’annonce longue), et la première fille, installée désormais à mes pieds, me prend les mains et me demande de la prendre dans ses bras pour la photo. Un des hommes du groupe m’a ensuite proposé de faire une démonstration de danse bolywoodienne. Démonstration faite, ils nous ont demandé d’où on était, et nous ont dit au revoir avec les bras, les mains, les dents, les sourires colgate ultra bright. Et ils ont disparus.

punky brewster pour foulexpress , New Delhi

crédit photo: punky brewster pour foulexpress

Bon… C’est celui-ci le pays des viols et de la misère… Ok…

Et énième constat de la journée : ils se moquent de mon foulard. Dans la même journée, cette même demande farfelue m’aura été adressée par des musulmans (le groupe en question), mais aussi par des sikhs et des hindous. Peut-être qu’à cause des pics de pollutions, ils ont l’habitude d’avoir un ciel voilé et par conséquent, ils sont un peu plus habitués à ce concept, nan?

Bien que l’inconnu m’attire et me rassure même, puisqu’il me prouve l’infini de mon terrain de jeu, c’est dans ce temple que j’ai pu retrouver quelques repères. Et de l’espoir en l’altruisme de l’espèce humaine, puisque c’était désormais moi l’objet de leur curiosité, avec tant d’autres visiteurs.

Je suis attirée par une musique qui évoque un mysticisme qui m’est familier.

Quand ils rentrent, ils se prosternent, un geste qui m’est tellement cher. le voir être partagé par ces disciples bien différents de moi, disciples d’une religion que j’ignore totalement est une sensation apaisante. Je rentre feignant de ne pas être perturbée par l’ignorance des codes qui règnent en ce lieu où je me sens si bien. Et cela dépasse tout autre sentiment. Je m’assois, j’observe, je lis des phrases qui se terminent par: « … l’Unique, le Créateur ». Le rappel pour la énième fois que chacun d’entre nous fait parti d’un tout, universel. Même si différents, même si loin par la distance.

punky brewster pour foulexpress , New Delhi

crédit photo: punky brewster pour foulexpress

Loi du tourisme oblige, je ne peux me permettre d’y rester le temps instinctivement souhaité. Je sors, et profite comme si j’allais mourir dans les secondes qui suivent, des derniers décibels de cette musique, cousine des notes soufies. Puis apparaît un bassin, carré, pavé de blanc, peuplé de tissus de toutes les couleurs, d’hommes et de femmes colorant ce bassin qui encore une fois m’est familier par sa fonction. « Purification », donc cousin des ablutions. Je m’émerveille intérieurement en faisant à nouveau le point sur le nombre de choses que nous avons en commun.

punky brewster pour foulexpress , New Delhi

crédit photo: punky brewster pour foulexpress

Le différent m’attire et m’apaise, le jumelage aussi.

On me tapote sur l’épaule. Une femme, l’âge de ma mère, elle me tend son appareil photo. Je suis désormais habituée, j’accepte sans hésiter de poser à ses côtés pour qu’elle me montre un autre jour à qui elle veut. C’est ensuite à moi d’aller vers cette jeune fille qui accepte à son tour que je la montre aux miens. Sur le parvis de ce temple blanc, le monde est à moi. Il n’y a pas de barrière, juste l’évidence que « faut-se-calmer », parce qu’on est tous pareils, mais là bas, on est plus que ça, on est tous potes.

Je suis emportée vers une salle face au temple, c’est tant mieux car on entend encore cette musique qui continue de faire planer en ce lieu et cet instant un air de dimension parallèle, de faille spatio-temporelle. Je vois deux rangées de plusieurs dizaines de personnes alignées face à face, assises par terre, avec des plateaux en aluminium à leurs genoux. Pour le tea time, c’est dhal de lentilles et parrotha. Sadaqa de tous les sikhs du temple. Peut être parce que j’ai couvert ma tête d’un turban qui se croise sur mon front, laissant peut-être entrevoir à tort, la maladresse d’une touriste qui manifeste par cette coiffe une curiosité à propos de leur foi, sans avoir compris que ce sont les hommes qui la portent ainsi, ce monsieur semble vouloir m’accueillir avec plus d’attention que les autres visiteurs qui m’accompagnent. Il m’explique ces fameux codes que je ne maîtrise pas, avec bienveillance, je suis davantage chouchoutée que les autres, et comment ne pas aimer ça? Je le trouve magnifique avec ce sourire qui réchauffe ce visage barbu qui en mes terres ferait si peur.

sikh dans le temple à New Delhi Gurudara Bangla Sahib

crédit photo: punky brewster pour foulexpress

Il me propose une visite de la cuisine où préparent les bénévoles ce que je viens de manger. C’est chose faite. Je quitte ce lieu qui m’a rappelé tant de repères après avoir atterri là où je ne pensais en avoir aucun, croisant en guise de point final ce groupe de femmes qui m’offrent leurs sourires, comme si on se disait: « à toute à l’heure ». 

femmes sikh gurudwara bangla sahib

crédit photo: punky brewster pour foulexpress

Au bout de 24h, mon voyage prend une nouvelle tournure. Désormais, je sais quoi regarder mais surtout comment : vous pouvez vous moquer mais je décide ce soir-là de regarder désormais avec … mon cœur, plus d’anthropologie qui tienne.

HOMME QUI PRIE, HOMME À MOITIE DANS Son NID.

Des hindous, des sikhs, des musulmans, … Des multitudes de fois différentes, toutes sous le même toit (tu remarqueras qu’en France, généralement, quand ils sont nombreux sous un même toit, on appelle les flics, ça sent trop le Malien).  

Parmi les plus belles rencontres de ce voyage, il y a eu le patron d’un des hôtels où nous étions. Le premier soir, alors qu’il terminait son rituel quotidien consistant à écouter « My heart will go on » de Céline Dion, il est venu s’asseoir près de nous (mais pas trop). Pendant que nous mangions, il a répondu à quelques questions, plus ou moins volontairement naïves.

– Est-ce qu’il y a un problème entre religions ici?

– Non, pourquoi? Nous sommes tous Indiens non? Nous sommes fiers d’être Hindous, mais avant tout, nous sommes fiers d’être Indiens. Notre pays est grand, nos cultures sont variées, entre le Rajasthan, le Punjab etc. Mais nous sommes quand même Indiens.

Jalal Khan, son fils et son neveu, jouant des qawalis dans le désert.

crédit photo: punky brewster pour foulexpress

– Mais justement, si vos cultures sont variées, comment faites-vous pour sentir que vous appartenez au même pays?

– C’est là que la religion entre en compte: même si la culture dans le sud est très différente de la mienne, j’y trouverai quand même des adorateurs de Krishna ou de Shiva. La religion complète alors cette fonction de relier, de rassembler. La culture indienne est donc tellement variée que c’est la religion qui complète cette cohésion entre nos différentes régions. Par conséquent, foi et nationalisme se complètent sans que l’un prime sur l’autre.

– Mais comment faites-vous pour tolérer les autres? Car même si on peut comprendre qu’entre Indiens, vous êtes soudés, en raison soit de la culture, soit de la nationalité ou bien de la religion, on remarque aussi que vous (les Indiens) êtes très ouverts vis à vis des étrangers, bien que nous ne savons pas s’il s’agit d’un fait véritablement global?

– S’il y a bien une chose sur laquelle repose notre bonheur, c’est la famille. Nous vivons tous ensemble, plusieurs générations dans une même maison. Quand l’un d’entre nous a une baisse de moral, il trouve tout le temps du réconfort sous son toit. Chez vous en revanche, les gens vivent de plus en plus seuls ou bien ne vivent qu’à deux. Ces modèles rendent l’Homme beaucoup plus vulnérable. Vous savez demain, c’est la fête de Holi. Dans toute l’Inde on fête ça, c’est un moment qui nous rapproche les uns des autres. Même si à la base c’est une fête hindoue, tout le monde s’y met et ça rassemble. On se jette plein de couleurs vives dessus. Nous aimons les couleurs, et lié à notre mode de vie très attaché à la famille, nous sommes heureux, je pense que c’est ce qui nous rend aussi accueillants, souriants et curieux. Nous sommes heureux entre nous.

– Quelle est la signification de Holi?

– C’est le symbole de la fraternité. Cette fête nous unit tous, hindous, sikhs, musulmans, à travers ses couleurs et ses chants. Krishna aime beaucoup cette fête. Elle unit au-delà de nos religions car ce sont des philosophies de vies avant tout. 

crédit photo: punky brewster pour foulexpress

– Pour finir, je voulais avoir votre avis sur un film que j’ai vu au cinéma à Jaipur. Il y avait beaucoup de scènes de violences et de…

– Sexe?

– Oui, voilà. J’étais d’autant plus choquée et étonnée car je trouve les Indiens très droits et attachés aux valeurs que vous avez vous même évoqué. N’avez-vous pas peur de l’influence de ces médias, initialement de culture occidentale?

– Vous savez, en Inde, on a le Kama Sutra. On ose parler de sexualité, ce n’est pas un tabou normalement dans notre culture, car nous savons que l’union d’un homme et d’une femme notamment dans la sexualité, a quelque chose de sacré. Mais même si vous avez vu quelques personnes intéressées par ce genre de valeurs, elles restent encore minoritaires, mais pour l’instant ces films n’ont pas encore d’impacts profonds dans notre société…

LA VIOLENCE DU RETOUR VS (RE)GARDER LA VIE EN ROSE.

Puis le pire arriva. Le retour. Et là, il faut mettre des mots sur l »inqualifiable. Je me suis arrêtée à « médicament », je n’ai pas trouvé mieux. Puis il m’a fallu reprendre goût aux journaux bien de chez nous, aux discussions dans le métro, bien de chez nous, aux regards fuyants, pour ne pas dire vides, repenser aux « Namasté » qui me manquent, aux chapatis et autres cheese nans cuisinés par des fans de Justin Bieber… Mais impossible d’ignorer LE changement: je comprends désormais la signification de « voir la vie en rose ». Alors que je n’avais jamais osé frôler l’Inde de mes rêves, j’ai été embarquée malgré moi dans cet endroit de la planète… Et donc, comment je fais? Je pense en permanence à toutes ces personnes bousillées par la vie, qui méritent bien plus que moi ce type d’aventures, qui m’a donné une deuxième vie. Ce voyage m’a apporté deux choses: la certitude que tout est possible. Mais une certitude viscérale, que je peux tout faire, j’en suis désormais sûre. Je me souviens que je n’osais même pas imaginer voir le Taj Mahal dans ma vie, tellement cela me paraissait inaccessible.

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crédit photo: punky brewster pour foulexpress

 Taj Mahal: done.

La deuxième chose: qu’il reste des endroits sur terre où les gens se moquent d’où vous venez, de qui vous priez, comment, et ce que vous avez. Mais il semblerait que pour certains d’entre eux, le plus beau cadeau serait juste de vous recevoir, et de vous montrer leurs albums photo de famille. Et la dernière (jusqu’à mise à jour de ma prise de recul): que je suis parmi les plus chanceux de cette planète and beyond, et que je veux désormais consacrer ma vie à offrir ce que l’on m’offre: les outils nécessaires pour avancer sereinement, confiante, avec un voile rose sur les yeux et le coeur, pour regarder la vie en rose. 

petitesjardinmahal

crédit photo: punky brewster pour foulexpress

crédit photo: punky brewster pour foulexpress

petitsdansmosquee

crédit photo: punky brewster pour foulexpress

2 Cet article n’est pas un débriefing culturel mais uniquement un témoignage ayant pour vocation de partager 15 jours de bonheur et de se souvenir de pourquoi nous faisons tels choix dans nos vies. Pour le reste, il y a l’encyclopédie de votre choix.

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