la Foule s'exprime

W(e)Talk: un évènement au féminin pluriel



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Souvent la voix des dames est confisquée. Mais pas cette fois. Pour justement donner la parole à des femmes que l’on n’entend pas souvent, quatre d’entre elles, au tempérament très différent, ont choisi d’organiser le 7 juin un évènement qui leur était dédié: W(e)Talk. Nous sommes allés à la rencontre de l’une d’entre elle, Jehan Lazrak Toub (fondatrice de l’agence de communication Confluences et précédente rédactrice en chef de FoulExpress.com), afin de comprendre leur démarche.

FoulExpress: Est-ce que vous pouvez nous expliquer la genèse du projet (We)Talk?

Jehan Lazrak Toub: L’évènement W(e)Talk est né d’un constat d’uniformité des succes stories au féminin mises en valeur en France. Souvent, il est question de réussite de “la femme” sans tenir compte du caractère multidimensionnel de l’identité féminine. En voulant mettre en avant “la femme”, on en oublie les autres facettes des femmes que sont l’âge, le milieu social, le niveau d’études, l’origine ethnique ou encore les croyances religieuses.

Ainsi, à travers W(e)Talk, nous avons voulu pallier l’absence de pluralité dans les rôles modèles féminins, en mettant à l’honneur des réussites plurielles. Nous avons voulu mettre en lumière, celles que l’on a pas l’habitude de voir sur scène, celles qui n’ont pas la “gueule de l’emploi” et dont le parcours peut être source d’inspiration.

A cela s’ajoute l’envie de questionner le sens même de la réussite. Comment dépasser la reproduction de modèles de réussite standardisés, quel modèle de société souhaitons-nous promouvoir ? C’est pour cela qu’en filigrane, W(e)Talk propose de se pencher sur la subtile différence entre « réussir dans la vie » et « réussir dans sa vie », et quel sens donner à ces réussites.

FX: Pourquoi des femmes? pourquoi CES femmes là et pas d’autres?

JLT: Nous sommes 4 femmes organisatrices et il nous a semblé naturel de partir des “femmes” dans leur pluralité pour construire la journée W(e)Talk.

Pour cette première édition, nous avons choisi le thème “ne pas faire sienne les limitations des autres”. En effet, nous partons d’un constat que les premières barrières qui nous empêchent d’avancer sont celles de l’auto-censure. C’est cette petite voix qui nous inhibe et nous murmure à l’oreille : “Je n’y arriverai pas”, “je n’en suis pas capable”, “on ne va pas vouloir de moi”, “je ne suis pas légitime”…par exemple. Les femmes en sont souvent les premières victimes.

C’est à partir de ce prisme, que nous avons choisi ces 8 femmes qui vont se raconter et intervenir le 7 juin. Chacune à leur manière, dans leur métier, dans leur domaine de compétences, dans leurs sphères de référence, elles ont dépassé des barrières matérielles, sociales ou psychologiques. Face à ces obstacles, elles ont resisté et  resistent encore aujourd’hui pour aboutir dans leur projet personnel et/ou professionnel.

D’autre part, ces femmes sont porteuses de valeurs et d’une éthique. Loin d’une vision individualiste, elles ont à coeur de témoigner et de transmettre leur parcours.

FX: Est-ce qu’on en a pas un peu marre des discussions sur la condition de la femme… qui justement ne changent pas grand chose à la condition des femmes?

JLT: Nous avons voulu faire de W(e)Talk un évènement positif, un “ode” à l’action au féminin pluriel. Notre ambition est avant tout de décloisonner les esprits, déclencher le pouvoir d’agir dans le public et que chacun et chacune puisse se dire “pourquoi pas moi ?”.  L’envie de W(e)Talk, c’est de créer une émulation autour de ces femmes, de rendre l’action au féminin désirable, accessible, évidente – qui que nous soyons et d’où que l’on vienne.

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FX: A qui s’adresse cet évènement? Qu’espérez vous du public en organisant cette rencontre?

Cet évènement s’adresse aussi bien aux femmes qu’aux hommes. Nous souhaitons créer une dynamique d’action positive où chacun et chacune pourra prendre conscience de son auto-censure et surtout réaliser les ressources qui existent en chacun et chacune de nous.

FX: Y aura-t-il une suite à WeTalk et comment utiliser cette conférence pour provoquer du changement?

JLT: C’est une première édition pour W(e)Talk. A ce jour, nous avons reçu un très bon accueil du public. En effet, notre campagne de crowdfunding sur Ulule, qui s’est terminée le 17 avril, a été un franc succès. Un grande partie des places a pu être vendue lors de la pré-vente. Nous en sommes très heureuses. Nous espérons que cette journée du 7 juin pourra être le reflet de cet enthousiasme actuel et bien sûr pouvoir assoir W(e)Talk comme un évènement récurrent sur la durée. Nous avons aussi pour ambition de décliner W(e)Talk sur différentes thématiques, toujours à partir du prisme féminin.

 

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