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Répondre à la haine et au racisme



Comment gérer le racisme. Cr Flickr

 

« t’es blonde aux yeux bleus et alors? si t’es assez conne pour etre convertie a l’islam tu merites toute a fait ton surnom de bougnette. etant donné qu’on peut pas vraiment te renvoyer dans ton pays vu que t’en n’as pas (a moins de te considerer comme une traitresse a l’histoire de ton pays) il te reste l’option du suicide. et c’est quoi ce putain de nom Safiyya Bint Jean Louis totalement ridicule sans deconner !! machmalah bismiya et bonjour a tous les cyclistes »

Voila l’un des commentaires typiques qu’une femme musulmane reçoit quand elle ose s’exprimer librement. Pendant les dernières heures, nous avons reçu plus d’une soixantaine de commentaires en réaction à l’article publié par l’une de nos chroniqueuses, Safiyya Bint Jean Louis, intitulé « 24 heures dans la peau d’une bougnoule ».

Le site FdeSouche s’en est fait l’écho et il n’a pas fallu longtemps avant qu’une partie de leurs lecteurs ne vienne déverser son flot de haine dans la zone réservée aux commentaires de l’article. Leurs contributions varient de la paranoïa quasi pathologique à l’ignorance pure et simple d’une réalité factuelle. La plupart relèvent de l’émotion érigée en argument sans la moindre portée. Quelques uns montrent des interrogations sincères. Certains sont même revenus plusieurs fois dans la nuit pour compléter leur œuvre et se défouler. Ainsi, un certain Marcus a dû se relever plusieurs fois, jugeant utile de suggérer : « ce qui serait bien c’est que les musulmans fassent le ramadan même la nuit pendant un mois… ça en liquiderait plus d’un ».

Quelle attitude adopter face à ce genre de réactions ? Faut-il les censurer ? Faut-il les publier et répondre à la surenchère ?

C’est en tout état de cause une approche à la confluence de la psychiatrie, du journalisme et de la sociologie qu’il faudrait développer pour vraiment traiter ce genre de situations.

Nous avons pour notre part choisi une approche plus constructive : analyser les commentaires dans leur ensemble et y répondre, de façon argumentée et groupée. De cette manière, ceux qui cherchaient de vraies réponses à leurs questions les trouveront, les autres y verront un point final à la vacuité de leurs arguments, qui relèvent le plus souvent de l’incantation, mais parfois d’un racisme pur et simple, avec toute la haine et l’intolérance qui en découlent.

 

Le racisme anti blancs

Malinéa ouvre le bal : « Cet article est censé nous faire pleurer sur le triste sort des maghrebins en France… Les pauvres, tous les jours insultés dans la rue… Non mais quelle démagogie cet article… J’ai jamais entendu de ma vie quelqu’un dire « sale bougnoule » dans la rue… Mais combien de fous j’ai entendu: « sale blanc, sale francais… »

N’inversez pas les roles pour vous faire bien voir de la communauté maghrébine… Vous serez toujours pour eux qu’une « sale française » et pour les blancs vous serez toujours une soumise qui se prostitue à l’islam… »

Jojo déclare, péremptoire : « A quand 24h dans la peau d’un européen dans une zone de non droit autour d’une grande ville française. Le reportage semble de très mauvaise foi et réalisé il y a plus de 30 ou 40 ans ! »

Tandis que LB s’interroge, légitimement : « Sans renier votre nationalité ni vos racines, ce genre de réaction très « bas de plafond » se comprend par un prisme plus large: de plus en plus d’européens blancs se sentent victimes de tentatives allogènes de leur imposer la loi d’une culture, d’une religion qui ne sont pas les leurs. Sans excuser ce « courageux » cycliste ou les très « courageux » agresseurs de femmes voilées, je comprends tout à fait que ces personnes vous trouvent, en tant que musulmane, indésirable dans leur entourage géographique immédiat. Ils pressentent leur mode de vie entier en danger. Ce type de réaction, en soi regrettable, est tout simplement de la défense.

Pouvez-vous le comprendre? »

Il parait dans un premier temps étrange que, pour répondre à la réalité d’un racisme et d’une haine anti-musulmans, on invoque une quelconque réciprocité dudit racisme entre deux groupes construits comme s’ils étaient des réalités distinctes et homogènes : les arabes/musulmans/en zone de non droit d’un côté, les blancs/non-musulmans de l’autre. C’est pourtant ce que font Malinéa et Jojo, j’espère sans s’en rendre compte.

Quant à LB, non seulement je partage son questionnement mais je l’approuve et j’essaie d’y répondre dans chacune de mes interventions sur le sujet. Le site Les Mots Sont Importants a traité du sujet il y a peu dans un article et j’ai pour ma part essayé d’écrire sur ce thème il y a un peu plus d’un an dans un article fiction où je mettais en scène l’un de nos concitoyens en situation dans une construction du sentiment d’être oppressé, ostracisé, littéralement du fait qu’il se sent menacé dans son identité, sa culture, ses valeurs. Ca s’appelait la Mélodie des larmes

Bien sûr qu’il existe des actes de violence et de haine contre des êtres humain à la peau blanche. Certains de ces actes inacceptables répondent même à une construction idéologique de la race et de ce qu’elle représente. Il faut sans détour dénoncer ces actes, mais leur existence n’est EN RIEN un facteur justifiant l’islamophobie, la négrophobie ou le racisme, pur et simple. Il faudrait déjà recenser et quantifier de manière sérieuse et dépassionnée ces actes pour pouvoir lutter contre. Le jour où une organisation apolitique travaillera réellement sur cette problématique, je veux bien être leur statisticien bénévole…

D’ici là, il faut faire la part des choses et ne pas céder à des raccourcis faciles qui opposent les uns aux autres pour finir dans un amalgame qui, au fond, n’est pas autre chose qu’une reproduction locale d’un « clash des civilisations » qui n’a pas sa place dans un état se prévalant du droit et du respect des uns et des autres.

La symétrie du racisme

Un deuxième argument mis en avant est celui de la situation des Chrétiens là où ils sont minoritaires. Ainsi, Anna déclare : « Et pourtant il faut mieux etre musulmane en Europe que chrétienne dans le monde musulman » tandis que Moussa Abd al Nour, se présentant comme ex-musulman ajoute : « Ce n’est pas pire que ce que subissent les chrétiens ou les musulmans sont majoritaires » et que Denis09 interroge : « Vous avez essayé « 24h dans la peau d’une chrétienne » en Arabie Saoudite ? »

Puis Marcus (encore lui) revient en force nous expliquer :

« C’est vrai que dans les pays du maghreb le racisme n’existe pas, les juifs ont fuit la tunisie ( 100 000 en 1950 et moins de 2000 aujourd’hui ), il est vrai que l’islam dans les pays musulmans est particulièrement ouverte ! interdit de construire des églises, quasiment interdit de pratiquer sa religion autre que l’Islam…Ensuite dire que les francs sont les descendants des français et rajouter que la langue française comporte 300 mots arabes et 100 gaulois c’est éviter de comprendre que le français proviens du Latin principalement… Là où les musulmans, où l’islam est passée , c’est la pauvreté, la désertion de la culture à part l’islam. Combien de prix nobel musulman ? combien de scientifique musulmans qui ont une réelle influence dans le monde ? etc faut arrêter de croire ce que l’école de la république du métissage vous raconte, l’Islam n’a jamais été une religion d’amour et de paix, mais de haine, de racisme, d’antisémistime et de violence, il suffit de lire le coran !!! un livre qu’il faudrait brûler en enfer. Quand vos pays d’origines seront aussi ouvert que le notre, on en reparlera…Mais vous inquietez pas la france deviendra musulmane, vu la démographie, et comme d’habitude vous détruirez tout ! la France n’a pas eu besoin de l’islam pendant des centaines d’années et aujourd’hui non plus, seul les politiques achetés par les pays musulmans ( algérie, maroc en tête ) pensent l’inverse. Bientôt la guerre civile ! »

J’avoue avoir été bluffé par tant de discernement à une heure aussi tardive dans la nuit. Mais tout cela amène à une question simple : quel rapport ?

En quoi la situation des chrétiens en zone majoritairement musulmane est-elle un facteur explicatif dans la situation que dénonce Safiyya dans son texte, à savoir l’islamophobie ambiante qui fait le quotidien de nombre de nos concitoyens ?

Pourquoi comparer la France à des régimes autoritaires et dictatoriaux qui ont légitimé des violations des droits de l’homme indistinctement des religions des victimes ? Avez-vous si peu de considération pour ce qui fait l’état de droit au nom duquel vous vous exprimez, au point de prendre comme élément de référence, sur le terrain des libertés individuelles, des gouvernements qui ont longtemps réduit leurs citoyens à l’état de servitude (avec notre complicité, par ailleurs…) ?

Et surtout, pourquoi les musulmans de France seraient-ils comptables de ce qu’il se passe dans d’autres pays, dans d’autres contextes et pour d’autres raisons ?

Les islamophobes ont tendance à créer une symétrie entre la situation des musulmans en France et celles des chrétiens en « terre d’islam » (faudra m’expliquer ce que ça veut dire au passage, s’agissant de pays qui ont jusqu’à peu été sous dictature…). Cette symétrie ne se fonde sur rien, si ce n’est la vision fantasmée que les musulmans participent d’une réalité totalisante et globalisante, se concertant tous dans leur stratégie anti-chrétienne ce qui, bien sûr, est d’une absurdité confondante.

Invoquer des actes de racisme en Tunisie ou en Egypte est une bien piètre justification du délitement des libertés individuelles en France, sans même parler de la percée dans la sphère citoyenne de mouvements racistes. Je passe enfin sur la logorrhée anti-islam de Marcus, à qui je propose simplement d’offrir un livre d’histoire des sciences, ainsi qu’une visite guidée dans les centres de recherche des meilleures universités du monde, ce qui lui évitera le ridicule lors de ses prochaines méditations nocturnes web-diffusées…

 

Erreurs factuelles

Enfin, voici un florilège d’erreurs factuelles et de contre-vérités auquel il convient de prêter attention, tant elles sont répandues sans être dûment corrigées :

Royco (ça ne s’invente pas…) : « je trouve quand même assez gonflé de faire passer les musulmans français pour des victimes alors que 85% des détenus carcéraux sont eux-mêmes musulmans. jusqu’où iront-ils et surtout QUAND les français se rendront-iles enfin compte de la SUPERCHERIE ? »

Cette double critique est récurrente : d’un côté accuser les musulmans de victimisation puis de l’autre, mettre en avant la proportion supposée des musulmans parmi les détenus. Dans certains commentaires, l’auteure s’est même faite accuser d’avoir « inventé » cette histoire. Soit.

1) Sur la quantification de l’islamophobie, je vous recommande la lecture du rapport annuel du CCIF disponible ici : http://islamophobie.net/sites/default/files/file_attach/rapport_2012_CCIF.pdf

Vous serez particulièrement intéressés par la partie reprenant les statistiques de l’islamophobie (agressions, discriminations, insultes, profanations de cimetières et dégradations de mosquées, etc.). Les annexes présentent le listing individuel des cas. Il va sans dire que le CCIF vérifie de manière factuelle la véracité des cas avant de les comptabiliser, en relation avec les pouvoirs publics pour le suivi des dossiers. Ces chiffres sont ensuite repris et validés par l’OSCE, le Conseil de l’Europe ou encore des ONGs comme Amnesty International. Mais bon…, tous ces gens là doivent faire partie d’une conspiration victimaire islamiste. Notons enfin qu’il faut d’abord prendre conscience d’une situation d’injustice avant de pouvoir la dépasser. C’est précisément ce que sont en train de faire les musulmans de France à l’heure actuelle, sans demander le moindre traitement de faveur, mais sans accepter qu’il soit en aucune manière porté atteinte à leurs droits.

2) Sur le lien entre islam et criminalité. Il s’agit d’un cas d’école auquel je réponds quand j’enseigne les statistiques… en première année d’études. Il y a dans votre propos (ainsi que celui de nombreux commentateurs) une confusion manifeste entre corrélation et causalité. La corrélation entre A et B est leur probabilité de survenance de manière conjointe et n’induit pas, de fait, un lien de causalité entre les deux. Ainsi, dire que A et B sont corrélés peut vouloir dire que A cause B, B cause A, ou encore que C cause A et B de manière conjointe, sans qu’il existe le moindre lien explicatif direct entre A et B.

Confondre corrélation et causalité, c’est comme de dire des débilités du genre « les juifs sont tous riches » ou encore « les gens qui boivent du pinard et mangent du saucisson sont en général de bon gros racistes »…

C’est précisément ce genre d’erreur que l’on fait lorsqu’on lie, par ignorance ou par choix politique, la criminalité à une appartenance ethnique ou religieuse. Il n’y a pas de déterminisme religieux ni ethnique à la propension criminelle, par contre l’essentiel des études ont montré que la situation socio-économique était probante dans l’explication du passage à l’acte. Est-ce que cela excuse pour autant les criminels ? Non. Faut-il porter sur eux un regard dont l’humanisme conduirait à une légitimation ? Non plus, mais il ne faut pas faire dire aux statistiques ce qu’elles ne disent pas.

C’est le même argument qui rend sans objet l’attaque de Bob, qui se réclame du site FdeSouche, mettant en avant un reportage réalisé à Bruxelles selon lequel 95% des insultes visant des femmes dans la rue seraient le fait de maghrébins. En plus de la confusion entre corrélation et causalité, il faudrait prendre en compte les autres biais d’une telle « étude » : la propension à déposer plainte, le lieu géographique où elle a été faite et sa distribution ethnique/économique si tant est qu’il en existe une, etc…

Toujours dans la série « je ne comprends rien aux statistiques », je vous présente Toto (là aussi, ça ne s’invente pas…), qui nous alerte : « ne pas oublier que le racisme, et les remarques « désobligeantes, c’est dans tous les sens. Par le racisme de banlieue, largement anti-occidental et anti-sémite c’est bien 50% du racisme en France. »

On serait bien curieux de voir d’où sort ce chiffre et sur quoi il se base.

Une autre erreur sur le terrain des chiffres est très récurrente : le sens de la proportion et la surinterprétation de l’appartenance religieuse.

Par exemple, voici une déclaration de Castanic sur laquelle il convient de s’arrêter :

« Combien de français agressés par des musulmans ? combien de violence au nom de l’islam ? ( émeute de 2005 etc ), merah et ses meurtres ? et tout le reste, combien de femmes insultés, violentés par des musulmans, les prières dans les rues etc 80% de prisonniers en france sont musulmans !!! alors que vous représentez que 10% de la population française voir un peu plus…. moi à votre place j’aurais honte ! le racisme c’est vous, c’est votre religion ! Bientôt la guerre civile ! »

On voit ici à l’œuvre la surinterprétation de l’appartenance religieuse des coupables désignés. Je ne savais par exemple pas que les émeutes de 2005 étaient menées au nom de l’islam. Par ailleurs, je trouve intéressant que l’appartenance à l’islam soit considérée comme un facteur explicatif dans les actes qui sont imputés à Mohamed Merah, mais aucunement dans le cas d’Anders Breivik ou de Jack Holmes.

On brandit systématiquement le lien entre islam et terrorisme, sans se baser sur le moindre début de preuve, tandis qu’une simple étude sérieuse sur le sujet conduit à une analyse diamétralement opposée. Ainsi, Europol dans son dernier rapport mené sur les 15 dernières années note que moins d’un pourcent des actes terroristes perpétrés dans sa zone de juridiction sont le fait de personnes se revendiquant comme musulmanes. Le reste sont des indépendantistes, des déséquilibrés ou des idéologues comme Breivik par exemple, nourrit à ce que le racisme (notamment produit par des auteurs français qu’il cite dans son opus) produit de plus abjecte. Ce serait bien de garder cette proportion dans le traitement de ce qui fait le terrorisme aujourd’hui.

Erreur suivante : la généralisation du « moi je »

Beaucoup de personnes ont tendance à faire de leur expérience individuelle une vérité d’ordre général. Ils commenceront leur phrase par « Moi je… » ou « Moi par exemple… » avant d’en tirer une idée risquée. Ainsi, Loic nous propose sa vérité :

« Je n’ai jamais vu d’agression contre des arabes ou des africains »

Faut il en déduire que le racisme n’existe pas ? Ca serait vraiment une TRES bonne nouvelle. Il poursuit :

« Moi j’ai été victime d’une ratonnade raciste(haggra,non?) à 6 contre un,c’est ça votre bravoure? Des dizaines d’altercations qui dès qu’on quitte la France nous font retrouver la civilisation. Une ancienne voisine à été violée dans la rue sous les yeux de son copain,toujours les mêmes. Les racistes sont dans votre camp. Vous chialez tout le temps,mais votre pays la FRance l’a construit,maintenant la Chine… Vous n’avez jamais rien inventé,pillé quelques savoirs grecs,esclavagisé 14 millions d’européens et d’africains. Votre pays est riche,on a donné plus de 1000 milliards de dollars à l’afrique depuis 50 ans. VOUS NE CESSEZ DE VOUS PLAINDRE,mais nous on devrait accepter ce que vous amenez ici? Tous les quartiers où vous habitez sont délabrés,malgré le fric versé. Accrochés aux aides,vos gosses ratonnent,violent,volent tous les jours mais devant la caméra mouinnnnnn. Allez sur fdesouche.com,800 témoignages d’agressions anti-blanc répertoriées. La france est allée en ALgérie,pour mettre fin vos raids de pirates. Bref,c’est sans fin et en plus vous squattez les logements sociaux et bénéficiez de discrimination positive. »

Je tenais à citer ce commentaire in-extenso puisqu’il concentre à lui tout seul tous les préjugés que je décrypte dans cet article. Je me force à faire l’hypothèse de la bonne foi et du lecteur, peu ou mal informé qui, après une expérience personnelle difficile, en vient à voir les choses de manière caricaturale mais il faut bien reconnaître ces lignes pour ce qu’elles sont :

Un ramassis de tout ce que la haine peut produire en termes de préjugés, de racisme, d’erreurs d’analyse que les acteurs des plus sombres heures de l’histoire coloniale n’auraient point désavoué.

Je me contente juste de relever un chiffre : 1000 milliards de dollars donnés à l’Afrique depuis 50 ans. Et combien pris ?

Pour information, l’aide alimentaire totale accordée aux pays du Sud était en 2005 de 50 milliards. Pour la même année, les intérêts payés par ces mêmes pays étaient de 500 milliards. On est dans un rapport de 1 à 10.

 

Idéologie de l’assimilation

Je termine cet article par l’idée centrale qui subsiste une fois qu’on a écarté toutes les imprécisions, les erreurs factuelles, les déclarations faites suggérées par l’émotion et les déclarations haineuses :

Celle selon laquelle les musulmans devraient s’assimiler.

Elle est souvent exprimée sous la forme de l’adage : « A Rome fais comme les Romains »

Cette phrase a été ressassée dans tous les sens mais, malgré son agréable sonorité tautologique, elle est d’une débilité profonde :

Et si les Romains massacraient des enfants ou vivaient dans un système de caste, faudrait-il le cautionner ? En d’autres termes : le système d’accueil est-il à considérer, de fait, comme parfait et donc exclu du champ critique ? Dans notre contexte Français, l’appartenance nationale n’interdit EN RIEN la possibilité de critiquer des idées, des lois ou de porter un regard critique sur ce qui fait l’histoire du pays. On peut détester la Marseillaise sans perdre sa nationalité. On peut revendiquer l’héritage du système éducatif et sanitaire français tout en étant lucide par ailleurs sur les crimes qu’a commis la France dans le passé, et parfois aujourd’hui encore. L’allégeance inconditionnelle ne fait pas partie du contrat social qui nous lie.

Qui définit Rome ? En l’occurrence, en France, tous les citoyens ont le droit de définir ce qui fait le pays et son identité. A ce titre, personne n’est garant de l’identité française, elle se recompose au fil du temps en fonction des contributions de chacun. Elle n’est pas un bloc monolithique condamné à rester figé pour toujours depuis Clovis jusqu’à la fin des temps. Aucune personne n’est plus légitime qu’une autre pour définir ce qu’est la France, sa religion ou sa culture présupposées. La France est autant un pays musulman que chrétien ou juif et, au fil du temps, les mosquées côtoieront les églises et les synagogues dans l’héritage architectural du pays. Elle n’auront peut être pas de minarets, elle seront inspirées des savoirs faire de chaque région, mais nos enfants les visiteront. On y célèbrera des moments partagés. C’est le sens de l’histoire. A ceux qui ne veulent pas accepter cette réalité, je dis une vérité simple :

La France c’est nous (tous). Tu l’aimes ou tu la quittes… 

Donc non, je ne m’assimile pas, je suis déjà chez moi. Tout comme toi, toi et elle. Plus vite on aura accepté cela, plus tôt on pourra travailler, tous ensemble, à la construction d’une histoire commune et à la lutte contre des injustices qui, elles, n’ont ni couleur ni religion et nous visent tous : le démantèlement des systèmes d’éducation et de santé, la précarisation des couches sociales les plus fragiles, la distance grandissante entre des concitoyens qui ne se connaissent plus, ne s’acceptent plus et, finalement, n’avancent plus.




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Commentaires


  1. Par Staban Tuek le 29 juillet 2012 à 11:12

    Bonjour,

    Vous écrivez :

    - – - – - – -
    J’avoue avoir été bluffé par tant de discernement à une heure aussi tardive dans la nuit. Mais tout cela amène à une question simple : quel rapport ?

    En quoi la situation des chrétiens en zone majoritairement musulmane est-elle un facteur explicatif dans la situation que dénonce Safiyya dans son texte, à savoir l’islamophobie ambiante qui fait le quotidien de nombre de nos concitoyens ?
    - – - – - – -

    Tout le problème est là, justemment. L’islamophobie qui s’est installée dans les pays occidentaux (la France n’est pas un cas isolé) est directement liée à ce qui se passe dans les pays musulmans. Après la destruction des mausolés de Tombouctou (et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres) quelle image voulez-vous que nous ayons de votre religion ? Ajouter à celà que que de nombreuses personnes (comme moi) lisent maintenant le coran (texte parfois d’un grande violence) et vous comprendrez qu’une certaine défiance s’est installée envers l’islam.

    Ceci dit, les discours racistes et haineux de certains ne sont évidemment pas admissibles.

    Cordialement.

    Staban

    réponse de Marwan Muhammad

    Bonjour,

    Désolé Staban mais c’est méconnaître (un peu) les mécanismes de l’islamophobie en France. Il n’existait pas (jusqu’à très récemment) de lien entre des événements sur la scène internationale et la réalité islamophobe que vivent nombre de nos concitoyens. Lire à ce sujet la 1e partie du rapport du CCIF pour comprendre les logiques idéologiques qui sont à l’oeuvre dans le passage à l’acte islamophobe. Comme dans le cas des autres formes de racismes, ce qu’a fait la victime n’est pas une cause, mais plutôt la représentation que s’en fait l’agresseur/le discriminant. Il existe notamment une islamophobie de gauche qui est décisive aujourd’hui et qui s’alimente beaucoup plus d’un sentiment anticlérical que d’une surinterprétation du contexte international.

    Ce qui est par contre très vrai dans votre propos, c’est:

    1) la construction de l’image de l’islam à partir d’amalgames et de généralisations: prendre ce qui se passe à Tombouctou pour interpréter ce qu’est la communauté musulmane dans son ensemble.

    2) la lecture du Coran met en évidence des passages qui sont mal compris par des personnes qui s’en font alors une idée fausse, construisant ainsi une perception erronée de l’islam et des musulmans.

    Sur le point 1), encore une fois, il n’y a pas de lien automatique entre une frange rigoriste des musulmans à Tombouctou et la citoyenne musulmane française, les deux se déterminent de façon indépendante et faire un lien induirait une logique de jugement d’ensemble et une justification complètement absurde des uns par les autres, comme si je demandais à mes voisins chrétiens de s’excuser des prêches violents d’évangélistes néoconservateurs au beau milieu du Milwaukee…

    Par contre, il faut essayer de vraiment comprendre (sans l’excuser) la situation sur place. Ce mouvement qui détruit des mausolées est animé par l’idée que l’islam, dans sa croyance essentielle, est localement altéré par les pratiques de certaines confréries du pays (culte des morts, attachement aux personnes plus qu’aux idées liées à la foi, etc.). On peut comprendre leur volonté de protéger l’intégrité de leur foi sans pour autant cautionner les moyens choisis, qui risquent de mettre le pays en péril et de le faire sombrer dans la violence.

    Sur le point 2), il existe un certain nombre de passages du Coran qui ont besoin d’être rapportés à leur contexte de révélation (le Coran a été révélé en plusieurs fois, chacune dans un contexte différent). Quand on parle des passages qui interpellent (rapport avec les non musulmans en contexte de guerre, châtiments corporels, moeurs et règles d’engagement, etc.), il faut se poser la question du contexte, sans quoi on peut très vite se faire une idée fausse. Tous ces points, en général mis en avant par les détracteurs de l’islam, sont totalement évacués dès lors qu’une analyse sérieuse est menée. Tous, sans exception. Si le sujet vous intéresse, je vous recommande de poser vos questions sur ce thème à des spécialistes du texte, sur l’un des deux sites suivants:

    http://www.maison-islam.com/articles/ (articles classés par thèmes)

    et

    http://muslimfr.com/

    En conclusion, il y a un vrai effort intellectuel à faire pour comprendre l’autre. C’est vraiment le préalable auquel on doit tous se consacrer. Faute de quoi, on risque de rester dans nos clivages pour bien longtemps.

    réponse de Staban Tuek

    Marwan,

    L’islamophobie liée au contexte international est certes récente (il existe globlement depuis le 11 septembre 2001) mais elle n’en ait pas moins réelle. Je suis cependant d’accord avec vous sur l’existance d’une islamophobie (antérieure au 11 septembre) plus basée sur des sentiments anti-cléricaux. Les catholiques ont d’ailleurs aussi fait les frais de ces sentiments. La France a connu l’inquisition, le fondamentalisme religieux, les guerres de religions, la saint-barthélemy, la croisade contre les albigeois (j’en passe et des meilleures). Il faut comprendre que cette histoire violente a progressivement amené à un rejet de la religion et finalement donné naissance à la société laïque que nous connaissons. Le caractère ostentatoire de l’islam est vécu comme une atteinte à notre société laïque et amène une crainte diffuse (et peut être inconsiente) que les heures sombres de l’histoire (que j’évoque plus haut) pourraient ressurgir.

    L’argument du contexte est mis en avant dès que les versets les plus violents du coran sont évoqués (ce n’est pas la première fois que je suis confronté à cet argument). D’ailleurs, je suis plutôt d’accord. Le coran est un texte qui se doit d’être globalement placé dans son contexte historique (à savoir le monde arabe au 7 ème siècle). Mais cet état de fait amène une réflexion. Le coran est certes un témoin de son temps (et un témoin intéressant) mais n’est-il pas devenu caduque dans un monde qui évolue en permanence (nous devons l’accepter)? Lier le coran à un contexte ne correspond t’il pas à nier son caractère universel et donc son origine divine?

    Cordialement.

    Staban

    réponse de Marwan Muhammad

    Franchement, bonne question.

    Pour y répondre, il faut voir comment le Coran est construit, comment il est révélé, comment il est complété par l’exemple prophétique et, pour en venir à notre situation, comment certaines de ses règles sont prises en compte et mises en pratique à l’aune de NOTRE contexte, dans la France de 2012. Inutile de dire que c’est une vaste tâche qui requiert méthodologie scientifique, ouverture d’esprit et honnêteté intellectuelle.

    Plusieurs intellectuels contemporains et savants musulmans se sont penchés sur la question (notamment Tariq Ramadan, dont l’essentiel du travail a consisté à chercher des axes de contextualisation en Europe du message coranique, mais également les deux savants que j’ai cités plus haut en référence).

    Pour faire simple (sans faire simpliste), bien que ça mériterait un article étayé de quelques recherches, la portée du message coranique est universelle, dans le temps et dans l’espace. Mais pour justement pouvoir comprendre cette portée, le contexte de la révélation ainsi que les hadiths (dits, faits, silences du Prophète -asws) sont des outils essentiels.

    Ainsi, on saura que tel verset a été révélé avant une bataille, que tel autre a été abrogé par un verset révélé plus tard, que tel autre encore vient à la suite d’un événement douloureux… replaçant ainsi les choses dans leur cadre de référence.

    Une fois cela établi, il existe plusieurs tendances:

    L’une, apparaissant parfois comme rigoriste, refuse strictement la contextualisation du message, par crainte de le voir dénaturé dans son essence à l’aune d’une idée de progrès (social, économique, technique) qu’ils questionnent de façon critique.

    L’autre, diamétralement opposée, s’autorise à tout remettre en cause et à interpréter, au gré de son inspiration personnelle, le Coran et les textes de référence islamique.

    Entre les deux, l’essentiel des musulmans concilient au quotidien leur foi et leur contexte: la foi les animant d’espoir et d’une certaine idée de la Justice, le contexte leur permettant de trouver parfois un nouvel éclairage sur un des éléments de la foi. C’est le cas notamment dans notre société d’aujourd’hui, où toutes les préconisations de l’islam quant au respect de l’environnement prennent une importance nouvelle, au vu de la situation écologique.

    Pour plus de questions liées à l’islam comme religion, je pense que le site Maison Islam et MuslimFr seront de bien meilleures sources d’information.


  2. Par Sébastien le 29 juillet 2012 à 12:17

    @ Staban

    Bonjour,

    Étant donné la stratégie médiatique du moment je dirais plutôt que les médias utilisent les événements de l’étranger liés à l’islam, ou ce qui s’apparenterait à l’islam (auparavant ignorés en masse) pour instaurer un climat de peur et d’inquiétude face à un Islam jugé violent (comme vous le dites) et conquérant.

    Nées de ce climat, violences et agressions islamophobes se multiplient, parfois la haine se transforment même en tuerie préméditée (cf Anders Breivik). À qui la faute ? Des citoyens musulmans pratiquants leur religion en toute sincérité ont-ils profané, eux, des tombes (juives par exemple) ou pillé un temple bouddhiste sur le territoire de la République ? Replaçons chaque problème de société dans son contexte avant de conclure à une épidémie mondiale sur un seul et même sujet.

    En ce qui concerne le Coran, puisque vous l’avez lu (en français je suppose , qui n’est pas sa langue de substance), pouvez vous citer des passages violents appuyés par un argumentaire sérieux ? Pour rappel, l’Islam aborde la guerre pour parler d’injustice. Puisqu’il n’y a pas de paix sans justice. Pourquoi ne pas rappelez avant cela que dans l’ancien Testament (livre à la base du judaisme et du christianisme), le prophète Loth, étant saoul, a pratiqué l’inceste sur ses filles. A-t-on dénoncé l’inceste en France basé sur ce qui est écrit dans la Bible ?

    Cordialement.


  3. Par Staban Tuek le 29 juillet 2012 à 13:04

    Bonjour, Sébastien.

    Je tiens d’abord à préciser que, bien qu’étant issu d’un milieu chrétien, je suis agnostique. Je n’ai donc pas d’état d’âme à critiquer la bible aussi bien que le coran.

    N’étant pas arabophone, j’ai effectivement lu le coran en français et évidemment avec une vision d’occidental. Citer des passages pourrait amener à des débats très longs (mais pourquoi pas?).

    Je pourrais citer par exemple le verset 34 de la sourate 4 qui ne correspond guère à l’idée que je me fait des relations homme – femme mais peut-être répondrez-vous que ce verset doit être situé dans son contexte (tout comme d’autres versets d’ailleurs).

    Ce qui m’a le plus frappé dans le coran est le nombre de fois ou apparaît le mot « châtiment ». L’islam apparait être une religion de pardon et de miséricorde pour les musulmans mais de châtiment pour les autres. A ce titre, l’islam ne semble guère laisser le choix et n’apparait donc pas comme une religion d’acceptation de la différence.

    Verset 14 sourate 4 :
    Et quiconque désobéit à Allah et à Son messager, et transgresse Ses ordres, Il le fera entrer au Feu pour y demeurer éternellement. Et celui-là aura un châtiment avilissant.

    Pour le reste, vous semblez reconnaitre (contrairement à Marwan) un lien entre situation internationale (relayée par les médias) et islamophobie. Contrairement à vous, j’ai cependant l’impression que les médias (peut-être justemment pour ne pas jeter de l’huile sur le feu) relaient assez peu les exactions commises envers par exemple les chrétiens d’orient.

    Je tiens à préciser que je ne fais pas d’amalgame entre (je cite) « une frange rigoriste des musulmans à Tombouctou et la citoyenne musulmane française » pas plus que je ferais d’amalgame entre (je cite toujours) « mes voisins chrétiens et les prêches violents d’évangélistes néoconservateurs au beau milieu du Milwaukee… ».

    Cordialement.

    Staban

    réponse de Hassen

    @Staban

    Bonjour,

    Le coran n’a pas été révélé d’un bloc, c’est un livre qui est descendu au fur et à mesure, sur plusieurs années. A ce titre il doit être compris à la lumière de la tradition prophétique (Sunnah). Si son étude et les lois qui en découlent étaient aussi simples, nous n’aurions pas de juristes musulmans et il suffirait à chaque croyant d’appliquer littéralement le coran.

    Concernant les châtiments, aucun musulman n’a le droit de traiter injustement un non musulman, de le menacer ou le frapper. Le châtiment est entre Dieu et sa créature, et qu’est ce qu’un Homme qui a mis Dieu de côté toute sa vie peut espérer d’autre? Cela vous semble injuste?

    Dieu nous dit dans le Coran

    « Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent. » ; Sourate 51 [ad-Dariyat], Verset 56

    Libre à vous de ne pas croire, Dieu ne force personne, mais la rétribution est le châtiment.

    Pour finir, si l’Islam et les musulmans étaient aussi injustes avec les minorités comment se fait-il que lesdites minorités soient toujours présentes après plus de mille ans de co-existence? Tout simplement parce qu’elles sont chez elles, et que les exceptions n’ont jamais été confondues avec la règle qui est celle de la tolérance.

    réponse de Staban Tuek

    Bonsoir, Hassen.

    Pour faire court et répondre à votre question, je dirais que oui, je trouve profondément injuste cette notion de châtiment pour avoir laissé un dieu de coté.

    Cordialement.

    Staban


  4. Par Sébastien le 29 juillet 2012 à 15:38

    @ Staban

    Voici mes réponses sur les 2 points évoqués :

    - oui le contexte de marginalisation/diabolisation de l’Islam par les medias au travers de différents événements (guerres en « terre musulmane », terrorisme de réseau, etc) rendent l’atmosphère insupportable en France puisque beaucoup de gens utilisent ces événements pour imposer l’idée qu’une société laïque donc débarrassée de l’islam en particulier serait le modèle optimal pour le vivre ensemble, en occultant 10% de la population (voire plus) et en associant musulman à danger potentiel. Il y a un lien évident depuis le 11 septembre. la preuve en est : le FN explose le score. Auparavant Le Pen père faisait du racisme/islamophobie son thème favori puisqu’il voulait chasser les immigrés « à coup de babouches » mais il était à l’époque marginalisé.

    À propos du Coran, qui est le livre ne souffrant d’aucun doute possible pour les musulmans, je tiens à rappeler que parler de foi n’est pas du même niveau que la politique ou l’economie. Affirmer que c’est un livre violent parce qu’il parle de l’Enfer, c’est ne pas savoir que toutes les religions monothéistes en parlent, comme destination pour les pêcheurs. Cela dit, l’enfer, comme le paradis est dans notre esprit immatériel et il est récompense ou punition (pour le bien ou le mal) pour les croyants ou les non croyants. Il appartient donc à Dieu seul d’annoncer cette rétribution. Le prophète Muhammah rappelle dans l’une de ses paroles : « la vie d’ici-bas est un enfer pour les croyants et un paradis pour les non croyants ». Le paradis et l’enfer est un choix, fictif pour les uns mais bien réel pour les autres, bien avant d’être une destination.

    Le verset 34 de la sourate 4 parlant des relations homme femme n’est pas à replacer dans son contexte : l’homme par sa puissance physique est supérieur à la femme en ce point, c’est cela que confirme le verset. C’est un attribut indéniable. Mais il doit subvenir (en islam) a tout besoin venant de son épouse : c’est son devoir. Parler de parité homme-femme est une ineptie, parler d’égalité de droits est plus juste. Pour éviter le divorce qui est une calamité dans toute société (pas que chez le musulman), Dieu a enjoint les époux à respecter les droits de chacun, à savoir le respect mutuel et l’obeissance au sein du couple. Un couple vivant dans l’anarchie est voué à l’échec. Pour rappel, le prophète Muhammad n’a jamais levé sa main sur une femme et a condamné de tels actes, en disant : « comment pouvez vous taper une épouse dont vous aller partager ensuite le lit ? ». Il rajoute également : « le meilleur d’entre vous est celui qui se comporte le mieux avec son épouse ».

    Cordialement.

    réponse de Staban Tuek

    Bonsoir, Sébastien.

    Concernant le fait que Muhammad n’aurait jamis levé la main sur une femme, il y a un débat sur le sujet. Muhammad aurait en effet frappé Aïcha.

    Je n’ai pas dit que je trouvais le coran violent parce qu’il évoquait l’enfer. j’ai cité le verset 14 de la sourate 4 mais j’aurais pu citer (par exemple) le verset 5 de la sourate 9 qui lui ne parle pas d’enfer.

    Ceci dit, en associant croyants avec récompense et non croyants avec punition, vous confirmez tout à fait l’interprétation que je me fait du coran. Le problème est que cette interprétation est en total désaccord avec l’idée que je me fait de la spiritualité.

    Cordialement.

    Staban

    réponse de Sébastien

    @ Staban

    Bonjour,

    Même si Foul Express n’est pas un site de débat religieux, je voulais quand même répondre à un mensonge évident. Le fait que le prophète Muhammad n’ait jamais levé la main sur une femme à été rapporté justement par Aïcha, femme dans les bras de laquelle il est mort. Pour mémoire et pour rectifier toute calomnie.

    Cordialement.

    réponse de Staban Tuek

    Bonjour, Sébastien.

    Vous noterez que j’avais employé le conditionnel.

    Pour le reste, vouz avez raison. Foul Express ne semble pas être le lieu pour débattre de points spécifiques qui, d’ailleurs, divisent parfois les musulmans entre eux.

    Cordialement.

    Staban


  5. Par Oumm Yâssir le 29 juillet 2012 à 23:31

    As-Salam’alykoum

    C’est trop d’honneur que vous leur faites que de les citer vaut mieux les laisser en leur répondant par le silence et juste leur souhaiter qu’Allah les guide pour qu’enfin il découvre la beauté de l’Islam incha Allah. ça doit pas être marrant de vivre constamment dans la haine de l’autre, vous faites juste de la peine …


  6. Par Anouar le 29 juillet 2012 à 23:34

    Bonjour, sans entrer dans le débat j’aimerais clarifier quelques trucs surtout au sujet des fameux mausolées du Mali et des fameux « saoudiens » et autres rois du golfe. Premièrement faut-il rappeler que avant d’être un monument international c’était un monument musulman qu’on soit d’accord ou pas avec le fait de rendre hommage à des saints. Alors c’est la communauté islamique qui est touchée par des gens qui sont connus pour leurs actes de terrorisme et leur rapport très étroit avec l’idéologie du pouvoir saoudien.

    Quand les saoudiens ont détruit la quasi intégralité du patrimoine culturelle islamique du Hidjaz (actuellement Arabie saoudite, voir wikipédia la page sur la wahhabisme la liste des monuments détruits), j’ai vu personne en occident s’en émouvoir. Pour ma part ces gens se veulent bien plus royalistes que le roi. Ils prônent un « islam » bien plus rigoureux que ça ne l’as jamais été de toute l’histoire de la civilisation islamique même au temps du Prophète(saws). Et à l’instar des sionistes pour la communauté juive, ils sont la plus grande source de mal pour tout le monde musulman. Réfléchissez ces gens là ont toujours été nos ennemis, ils sont ignobles avec leurs peuple, et je parle même pas du traitement inhumain réservé aux chiites ou aux dissidents alors qu’ils font partie des cinq pays au plus grand pouvoir d’achat à l’heure actuelle. Et ils influencent tout le reste du monde musulman, mais ces gens là n’ont rien de musulman, de toute façon si on réfléchit bien, chaque foi qu’on a vu un « Roi » dans le monde musulman, on a eut affaire à un traitre. Ces fameux rois toujours mis en place par l’extérieur et protéger par l’extérieur pour mieux faire passer cette image de musulman sauvage et arriéré dans la tête des gens. Les mêmes rois qui sont si enclins à critiquer les répressions dans les dictatures voisines mais qui ont écraser leur peuples de façon impitoyable au même moment avec la complicité silencieuse de nos médias et d’Al-Jazira (Arabie saoudite, Bahreïn). Les mêmes qui viennent nous parler de démocratie en Libye et en Syrie alors que chez eux c’est la monarchie absolue et la théocratie(en plus pas la notre, ils ne respectent pas les musulmans et encore moins les autres confessions).

    Et en plus quand les wahhabites et assimilés font des conneries, on met ça sur le dos de la Oumma toute entière, alors que leurs actes vont à l’encontre de la Oumma donc s’il vous plait, ne les défendez pas. Ils sont une verrue sur la Oumma et devraient être désavoué par la communauté toute entière.

    Moi, je sais que le monde musulman se tiendra enfin debout lorsque le dernier de ces monarchistes s’écroulera. Malheureusement ils font partie de ce gouvernement mondial qui est surtout dirigé contre tous les peuples du monde et ils ne s’écrouleront pas avant lui.

    Le problème c’est que j’ai l’impression que tous les arabes musulmans (en l’occurrence) le savent mais personne n’ose jamais le dire. Maintenant si j’en ais troublés quelques-uns je porte l’entière responsabilité de mes propos et je peux développer et prouver ce que j’avance, je suis musulman comme la plupart ici. Je ne me suis jamais senti solidaire de ces gens là (saoudiens et autres). Tout ce que je sais de l’Islam me pousse à les dénoncer et à les renier.

    réponse de Marwan Muhammad

    Je ne comprend pas trop d’où sort cette violente charge anti-saoudienne ni son lien avec le thème de l’article (la situation au Mali est une info secondaire par rapport au sujet). Par ailleurs, je trouve grave le positionnement religieux que tu prends vis à vis de gens qui, s’il est tout à fait légitime (voire absolument nécessaire) de critiquer leur façon de faire et de gouverner, se revendiquent comme étant musulmans. Je te laisse donc la pleine et entière responsabilité de tes déclarations, notamment le fait de remettre en cause leur appartenance à l’islam. Par contre, je précise à toutes fins utiles que FoulExpress.com n’est pas un site de débat religieux et vise à aborder des questions de société d’une façon audible au plus grand nombre. Si par contre tu as des idées/questions liées au sujet du racisme, elles sont bien sûr les bienvenues dans la suite des commentaires.

    réponse de Staban Tuek

    Bonsoir, Anour.

    Je suppose que vous faîtes allusion (entre autres) à la destruction de la citadelle ottomane d’al ayiad. Le fait est que ce style d’événement n’a guère été médiatisé, sans doute parce que nos gouvernements n’ont guère envie de se facher avec les monarchies en question.

    Mias comme le fait remarquer Marwan, nous sommes peut-être hors sujet.

    Cordialement.

    Staban


  7. Par @vinzO_O le 30 juillet 2012 à 13:39

    Bonjour, l’exercice de cet article était très complexe, car c’est un terrain d’affrontement, et je trouve que Marwan nous livre un très bon décorticage de la situation et des exemples mis à l’appui. Il n’est pas évident de répondre à la haine car l’émotion peut flouter les débats. Cet article est source d’apprentissage et référence en la matière. Merci


  8. Par Staban Tuek le 30 juillet 2012 à 23:41

    Bonsoir, Marwan.

    Vous dîtes (je cite) que la France est autant un pays musulman que chrétien ou juif et, qu’au fil du temps, les mosquées côtoieront les églises et les synagogues dans l’héritage architectural du pays.

    Je trouve pour ma part cette vision bien réductrice mais cette vision est sans doute dûe à la difficulté que peuvent avoir les musulmans à concevoir qu’il existe autre chose que les religiions du livre.

    La france a fortemment été influencée par le christianisme, il n’empèche que les athées et les agnostiques sont maintenant nombreux sur le territoire et il faudra bien compter avec eux. D’autre part, il faut considérer que d’autres formes de spiritualité, comme le boudhisme par exemple, se portent plutôt bien et que pagodes et dojos zen cotoieront aussi les autres édifices.

    Pour ma part, je me demande si certains français (certains occidentaux d’une manière générale), déçus par le monothéisme, ne se tourneront pas vers d’anciennes croyances. A titre d’exemple, le druidisme compte de nombreux adeptes et est considéré comme religion officielle dans certains pays.

    Dans le melting-pot spirituel que sera sans doute la france (et l’occident d’une manière générale) dans le futur, quelle sera donc la place de l’islam? La tendance rigoriste que vous évoquez ne me parait guère avoir d’avenir. L’islam futur sera sans nul doute un islam qui aura évolué avec son temps.

    Pour conclure, je dirais que la france n’est ni chrétienne, ni juive, ni musulmane ni boudhiste et j’en passe. La france est un pays laïque ou chacun à le choix de pratiquer (ou ne pas pratiquer) la religion de son choix.

    J’insite sur cette notion de choix car elle est pour moi le fondement même de la spiritualité.

    Cordialement.

    Staban


  9. Par Hakima le 31 juillet 2012 à 0:37

    Salam aleykoum, 
    Je souhaitais rejoindre oum Yassir dans son commentaire. Je trouve tres courageux et honorable de la part de la redaction que d’ouvrir le dialogue avec chacun. 
    Mais on voit clairement que ça a tourner en une discussion de bistrot. Chacun
     y va de son avis ( sans l’appuier scientifiquement c’est a dire par des faits objectis et raisonnés), les questions s’enchainent avec les acusations qui vont avec… C’est honteux de la part de certains commentateurs.
     Nous musulmans bien qu’etant aux antipodes de leurs convictions nous ne nous permettons pas de critiquer leur choix, leur mode de vie et encore moins de justifier des actes immondes dont ils seraient victimes.
    Je souhaite seulement appeler au respect mutuel et a l’intelligence de chacun et surtout a l’humanité en esperant que cet « instinct » reste encré ne serait ce qu’un infime petit point fans le coeur de chacun. 
    Enfin de ce que j’ai pu voir jusqu’a aujourd’hui c’est qu’il n’y a pire auditeur que celui qui ne veut pas entendre… Aussi j’espere que les membres de la redaction, concentrez le plus de vos efforts avec des personnes qui sont heureuses de ce que vous offrez. A ce titre je vous remercie pour ce bolg, en esperant egayer un petit peu cet espace « commentaire » et apaiser un peu vos coeurs. 
    Que Allah swt vous assiste et vous facilite dans vos activités. Amine. 


  10. Par Marwan Muhammad le 31 juillet 2012 à 22:57

    Fin des commentaires sur cet article. Les commentaires haineux ou malhonnêtes n’ont pas leur place ici.

Les commentaires sont clos.