On connait presque tous le film à succès de George Miller: MadMax, dont le personnage principal est joué par Mel Gibson. Dans le deuxième opus de la série, sorti en 1981, il est question de l’épuisement planétaire des ressources en pétrole qui plonge le monde dans le chaos et la violence.
Cette angoisse que constitue la fin de l’exploitation des ressources mondiales en PETROLE est donc bien antérieure aux années 2000. C’est pour la première fois en 2007 qu’un membre de la Saudi Aramco s’exprime officiellement sur le sujet. L’ancien vice-président de la compagnie pétrolière nationale saoudienne, Sadad Al-Husseini, déclare que l’âge d’or de l’or noir est bel et bien révolu. Ses déclarations sur l’avenir de la production pétrolière potentiellement catastrophique pour l’économie mondiale ont jeté l’effroi sur les marchés boursiers et sur la communauté internationale. Il déclarait alors trois affirmations lourdes de conséquences :
- la production mondiale de pétrole et de gaz liquéfié va stagner jusqu’aux alentours de 2020, avant de décliner inexorablement ;
- les chiffres officiels « exagèrent » les réserves planétaires de 300 milliards de barils, soit un quart du total encore exploitable ;
- la stagnation de la production implique une augmentation minimale du prix du baril de 12 dollars chaque année, à mesure que se creusera l’écart avec une demande toujours plus forte.
Au cours des deux dernières années, nous avons pu constater la réalisation de cette dernière affirmation. En effet, le prix du baril de brent n’a fait que croître pour battre records après records. Lorsque l’on sait que les champs pétroliers géants du golfe persique sont désormais à 41 % vides, il est plus que temps de s’inquiéter.
Une fois le constat établit, que nous reste-t-il comme alternative pour changer le paradigme économique que nous connaissons aujourd’hui? De nombreuses alternatives énergétiques sont à l’étude, ces « autres » ressources sont parfois même déjà exploitées. Pour ne citer que les plus connues, il s’agit de l’énergie nucléaire, éolienne, solaire et hydraulique.
La question que l’on doit se poser est : l’atome ainsi que les trois énergies renouvelables peuvent-elles compenser la fin de l’exploitation du pétrole ? A l’heure où j’écris ce papier, la réponse est claire et unanime : NON.
Pour quelles raisons l’atome et les 3 sources d’énergie renouvelables, apparemment inépuisables, ne permettront pas de surmonter la fin de l’exploitation de l’énergie fossile ?
Nous allons tenter d’y répondre, chiffres à l’appui.
L’énergie atomique et l’exploitation de l’uranium
Si le pétrole est en réalité une ressource rare, épuisable et vouée à disparaître, l’uranium est encore plus précieux car il est présent sur Terre à des quantités encore plus faibles.
Les pays exploitant cette énergie sont peu nombreux et ce sont principalement des pays développés : Europe de l’Ouest, Russie, Ukraine, Amérique du Nord, Japon, Chine.
La consommation annuelle d’uranium naturel est de 67.000 tonnes pour une production d’uranium de 42.000 tonnes. Ainsi, les mines d’uranium satisfont moins des deux tiers des besoins, le complément devant venir des sources secondaires (stocks civils et transformation d’uranium très enrichi d’origine militaire pour l’essentiel, uranium de retraitement, reprise de l’uranium appauvri pour l’enrichir à nouveau, économies d’uranium naturel avec le combustible MOX). Les sources secondaires, qui comptent pour 25.000 tonnes d’uranium naturel (ou équivalent) chaque année sont cependant en voie de se tarir.
Par conséquent, on estime que la production d’uranium entrera en déclin vers 2025, entraînant le déclin de la production d’énergie nucléaire dans les années qui suivent.
L’énergie hydraulique
Cette ressource énergétique représente la troisième source de production d’électricité en Europe et l’hydroélectricité est amenée à se développer malgré les contraintes que l’on connait.
Par exemple en France, les contraintes en terme de protection des cours d’eau limitent les perspectives d’ouverture de nouveaux sites. Pour s’affranchir de ces contraintes environnementales, certaines opérations récentes exploitent l’énergie de l’eau déjà canalisée: réseaux d’adduction ou d’irrigation (encore faut-il que le potentiel en terme de puissance soit là).
La production totale annuelle en France grâce à l’énergie hydraulique est de 67 TWh d’électricité (ce qui correspond à la consommation moyenne annuelle de 15 millions d’habitants) et en comparaison, la production électrique issue du nucléaire est de 409,7 TWh (données 2009).
L’énergie éolienne
La construction d’une éolienne nécessite un investissement élevé (un peu plus d’un million d’euros pour 1MW). Les éoliennes off-shore sont encore plus coûteuses, étant exposées à la corrosion et aux conditions météorologiques. Cependant le prix d’achat et d’entretien est compensé par la durée de vie de l’éolienne, qui est d’environ 20 ans.
On compare assez facilement l’énergie éolienne à l’énergie atomique. En terme de coût, on considère que l’éolien à 0,0648€ le kWh/an est moins cher que le nucléaire à 0.0883€ le kWh/an. Néanmoins, une centrale nucléaire produit beaucoup plus et de manière constante par rapport à un champ d’éolienne.
En effet, les limitations de l’énergie éolienne sont les suivants:
- Il ne peut pas être exploité à tous les endroits.
- Il n’est pas disponible en permanence à un endroit donné.
Ces limites ne permettent pas de pouvoir s’appuyer sur cette ressource pour compenser l’énergie nucléaire ni fossile. La production totale annuelle en France grâce à l’énergie éolienne est de 7,8 TWh d’électricité, presque 10 fois moins que l’hydraulique.
L’énergie solaire
En Europe, les experts estiment que le coût de l’électricité produite à partir de panneaux photovoltaïques varie entre 0,150€ KWh dans les régions les plus favorables (Espagne) à environ 0,400€. Selon l’EPIA (European Photovoltaic Industry Association), les coûts devraient passer de leur niveau 2010 (évalué entre 0,160€ et 0,350€ Kwh) à une fourchette comprise entre 0,080-0,180€ Kwh en 2020. Ces tarifs tendent à se rapprocher de ce que l’on connaît avec les autres sources d’énergie mais malgré cela, cette électricité reste relativement coûteuse.
La production totale annuelle en France grâce à l’énergie solaire est de 0.16 TWh d’électricité.
Energie nucléaire + solaire + éolienne + hydraulique ≠ énergie fossile
Aujourd’hui le monde consomme déjà une très grande quantité de ces énergies renouvelables en plus des énergies fossiles. L’énergie solaire, éolienne et hydraulique ne contribue qu’à satisfaire 16.6% des besoins nationaux. La majeure partie provenant du nucléaire (82%). Et la demande en électricité ne fait que croître d’année en année.
L’énergie nucléaire, le charbon, le gaz sont voués à disparaître de même que le pétrole. Il est clair que les énergies renouvelables ne sont pas en mesure de compenser la fin du nucléaire (82% vs 16.6% de renouvelable). Dans ces conditions, comment pourrait-on compenser cette disparition de l’énergie nucléaire et en plus compenser la fin de l’exploitation du pétrole ?
La vraie question est : doit-on s’alarmer outre mesure ? Et si oui, se dirige-t-on vers une nouvelle ère d’ici 2050 ? Doit-on s’attendre à un retour aux sabres et aux chevaux ou à une ère futuriste de type MadMax ?
Je crois que les conclusions parlent d’elle-même bien que l’occident fasse la sourde oreille face au danger. Ainsi, prêtons attention aux paroles du Dr Hussein qui nous déclarait que ces avertissements visaient à « garder l’économie mondiale en vie, prévenir des guerres absurdes (NDLR : Guerre en Irak), ainsi que des troubles économiques ».
A votre avis a-t-il raison ? Faut-il aller plus loin que cette déclaration ? Quelles solutions entrevoyez-vous ?
Dans mon prochain article sur ce sujet, je traiterai la question suivante: quelles sont les perspectives énergétiques nouvelles à court, moyen et long terme ?



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C’est un beau rêve que le retour aux sabres et aux chevaux de l’islam conquérant. Hélas, l’histoire ne repasse pas les plats et, même ou surtout en situation de pénurie d’énergie, la maîtrise technologique restera fondamentale et déterminante dans l’équilibre des forces et le monde arabe est on ne peut plus mal placé de ce point de vue.
L’éducation, la culture de l’intelligence, tout ceci qui ne peut advenir sans un minimum d’émancipation des femmes afin qu’elles puissent le répercuter sur leurs enfants.
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réponse de Najib
août 6th, 2012 at 15:36
« la maîtrise technologique restera fondamentale et déterminante dans l’équilibre des forces ». Je pense plutôt qu’elle deviendra inutile le jour où il n’existera plus aucune source d’énergie fossile pour l’alimenter. On entrera dans un nouveau paradigme terrestre.
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Salam alaykoum,
Vivre sans nucléaire est possible pour cela il faut permettre aux énergies renouvelables de se développer ce qui est en cours mais qui avance à vitesse très très lente ….
Il faut également changer nos modes de consommations d’énergies nous en tant que citoyens (pas besoin de consommer des tomates au mois de janvier…), les promoteurs immobiliers (tour de la défense allumée toute la nuit…) et les industriels (réflexion sur les alternatives possibles…).
Au Japon suite à Fukushima, les 50 réacteurs ont été arrêté actuellement 2 réacteurs ont été relancé au mois de juin. Les habitants ont du faire face à de nombreuses coupures de courant mais pourtant ils sont toujours aussi nombreux à se réunir tous les vendredi pour demander l’arrêt des centrales nucléaires…
La transition au Japon a été violente plus rien du jour au lendemain, à nous de faire en sorte que notre transition soit progressive …
Wa salam
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réponse de Najib
août 8th, 2012 at 12:52
Il faut savoir que dans les douze mois qui ont précédé le désastre (avril 2010 à mars 2011), l’électricité produite par les centrales atomiques au Japon couvrait 28,6% des besoins. Depuis le drame, le déficit d’électricité provenant des installations nucléaires est en grande partie comblé par une augmentation de la production par les centrales thermiques (gaz naturel 39,5% aujourd’hui contre 29,3% l’année précédente). Les centrales thermiques au pétrole ont fourni 14,4% de la demande après le sinistre de Fukushima, contre 7,5% auparavant. La production issue de sites au charbon n’a pas changé (25%) ni celle venant des barrages hydroélectriques (9%).
Mais surtout les autres formes d’énergie (solaire, géothermique, etc.) n’ont apporté que 1,4% de la production totale de courant.
On est loin du changement de paradigme nécessaire puisse que 90% de l’énergie produite au Japon est d’origine FOSSILE.
La transition énergétique est-elle possible, là est la vraie question… sans vouloir être alarmiste !
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