Cet article est le deuxième d’une série consacrée au terrorisme. Après avoir posé la question morale et économique dans le premier article, j’aborde dans ce second volet le pendant géopolitique du terrorisme dans le cadre du Proche Orient.
Un peu plus proche de nous, examinons maintenant le cas d’Israël et de la Palestine. La situation y est tellement tendue que la plupart des commentateurs finissent invariablement par prendre l’une des deux attitudes suivantes :
- Choisir un bord idéologique et s’y tenir, soit en soutenant aveuglément Israël, quels que soient ses errements et aux dépens du droit international, en cautionnant les massacres de civils et la politique coloniale de « la seule démocratie du Moyen Orient », soit en basculant dans une critique non moins caricaturale, construisant une théorie du complot judéo-sioniste international qui serait la cause de tout mal dans le monde, y compris du dysfonctionnement de leur téléviseur, et pour lequel il faudrait tenir pour responsables « les sionistes » en général et, souvent, « les juifs » en particulier (nous reviendrons dans un prochain article sur le décryptage de ces théories du complot).
- Ne rien dire ou ressasser des positions de principe qui n’ont plus qu’une valeur rhétorique, du type « il faut trouver une solution par la négociation », « les Israéliens ont droit à la sécurité et les Palestiniens ont droit à la souveraineté », bla bla bla…
La pression est énorme vis à vis des commentateurs et journalistes qui traitent du sujet et, quand on voit la campagne qui est menée depuis près de 10 ans contre Charles Enderlin pour avoir simplement fait son travail ou, plus récemment les pressions exercées pour forcer le juge Goldstone à revenir sur sa qualification des crimes de guerre de Tsahal, on comprend pourquoi les analystes y réfléchissent à deux fois avant de s’exprimer autrement qu’en reprenant la dialectique proposée par les communicants d’Israël. C’est, en partie, cette dérive qui pousse aujourd’hui quelqu’un comme Théo Klein à se distancier du CRIF.
Rajoutons à cela le travail qui est fait par des organismes comme le B’nai Brith ou l’Anti Defamation League au niveau international (OSCE et ONU) pour tenter de lier la qualification d’antisémitisme à toute critique d’Israël et on aura une idée de la façon dont toute discussion sur le sujet se retrouve prise en otage par des considérations partisanes, forçant la plupart des timides critiques de la politique israélienne à systématiquement commencer leurs phrases par « je ne suis pas antisémite MAIS… ».
Posons donc à ce sujet les deux interrogations suivantes, sans forcément imposer une réponse au lecteur :
1) Le Hamas est il, comme le prétend Israël, un mouvement terroriste ou un mouvement de résistance ? Si on condamne de fait et par principe la violence, les colonisés et les opprimés ont-ils historiquement une chance de se libérer autrement qu’en convoquant un rapport de force ? Le recours à l’action armée, par le biais des tirs de roquettes sur des colonies, a-t-il été un moyen efficace de faire avancer la cause palestinienne durant les dernières années ?
2) S’il est désormais avéré qu’Israël s’inscrit hors du droit international, rejette les enquêtes de l’ONU sur les mauvais traitements des Palestiniens, applique une politique d’assassinats ciblés en usurpant les identités de citoyens d’autres nationalités, fait un usage disproportionné de la force dans le « maintien de sa sécurité », peut-on dès lors appliquer la qualification de « terrorisme d’état » à la politique menée par ce pays ?
Répondre à ces questions de manière dépassionnée, ce serait déjà un grand pas vers la compréhension de ce qui aujourd’hui fait barrage à la résolution de ce conflit.




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Salam Alikom,
J’aime beaucoup. C’est un sujet qui me passionne et j’aime la maniere dont tu as intégré toutes ces différentes perspectives.
Pour les prochains développements sur le sujet est ce que je peux suggérer les éléments suivants qui sont en partie tirés de la présentation de Noam Chomsky New war on terror qui peut être visualisée sur youtube ou le site du MIT:
Pourquoi n’y a t il pas de traité sur le terrorisme? Ni définition au niveau international? Je pense que tout le monde peut donner la réponse, mais il faut quand même dire qu’un processus a été engagé au niveau international et ceux à plusieurs reprises mais deux Etats ont a chaque fois bloqué le processus. Toujours les deux mêmes.
Ensuite, est ce qu’un Etat a déjà été condamné pour des actions menés sur un territoire étranger? Oui les Etats Unis pour des actions menés via des mercenaires en Amérique latine et les US ont même été condamné à plusieurs reprises mais on refusé l’autorité des Cours de justice qui les ont condamné.
Apres qu’y a-t-il de nouveau dans la violence du 11 septembre? Et bien simplement les personnes vers qui l’arme est tournée car comme tu le dis si bien en quantité de morts il y a bien pire. La seule différence entre le colonialisme et le terrorisme est que le premier se couvre d’une « mission civilisatrice » alors que le second assume pleinement ses objectifs.
Une dernière citation de Noam Chomsky que je trouve très intéressante est un sondage sur le thème de pourquoi « ils » (les musulmans) nous détestent, publié aux USA par deux journaux différents et à grand tirage le même jour. En fait le premier est un article qui dit que les musulmans détestent les USA car ces musulmans terroristes n’aiment pas la modernité et ne veulent pas rejoindre le monde civilisé. Le second journal publie un sondage effectué parmi les « élites » du monde musulman, pourquoi vous détestez l’occident? La réponse majoritaire est parce qu’ils nous empêchent d’accéder à la démocratie et a la modernité en nous mettant sous la coupe de dictateurs sanguinaires.
Noam Chomsky développe tous ces points et je trouve qu’il est un des rares à avoir une argumentation non teintée de complotite sur le 11 septembre.
Apres le terrorisme est une arme d’Etat avant tout. Pendant la guerre froide c’était l’instrument privilégié pour éviter tout conflit direct qui aurait pu conduire a une guerre nucléaire. Et la je rejoins ton premier article, ou il s’agit ni plus ni moins d’un instrument de contrôle. Avec la chute du mur de Berlin il n’y a plus de menace rouge alors il a fallu en créer une nouvelle de toute pièce. C’est peut-être la seule partie amusante, comme on ne savait pas comment organiser ce fatra de groupes nés des mains expertes de chaque service secret national on a organisé ça comme on le ferait pour un fast food, après la franchise McDo la franchise alqaeda. Comme ça, les bombes peuvent péter en Algerie et au Maroc pour préserver les pouvoirs en place ça sera alqaeda ou des bombes peuvent être découvertes dans une métropole occidentale pour continuer a faire peur au gens ce sera aussi alqaeda donc on fait d’une pierre deux coups, on résout un problème local tout en créant un climat de tension au niveau global. Cette magnifique franchise est donc organisée de sorte que l’on puisse réaliser des économies d’échelles tout cela veut on nous faire croire sans aucune concertation entre Etats puisque ces derniers sont victimes je vous rappelle.
Le problème est réellement que l’on est dans un système ou il faut un ennemi commun pour être réuni. Oui hier l’ennemi commun était le juif, oui car l’antisémitisme n’a pas été inventé par hitler et encore moins par un musulman, ensuite l’ennemi commun a été l’union soviétique, maintenant qui est l’ennemi commun? Le musulman. Mais le problème est que personne ne semble se demander pourquoi ils nous faut un ennemi commun pour être tous réunis et a qui profite toutes ces divisions.
Sinon très bonne article, j’ai hâte de voir la suite.
Ali
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[...] foulexpress.com : War On Terror : Le Proche Orient en otage [...]
Dans le cas d’Israël, il ne faut pas oublier non plus le terrorisme utilisé au temps du colonisateur britannique, les attentats à la bombe et l’assassinat du représentant de l’ONU, le comte Folke Bernadotte qui a eu aussi comme victime un colonel français que tout le monde a oublié.
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Salam a’aleykoum,
Je trouve l’article très intéressante, il faut analyser avec un oeil critique et non passionnel, dans le système voulu malheureusement c’est deux poids deux mesures et à qui profite le crime ?
Où c’est de nos jour et sous nos yeux, que l’opprimés devient l’assassin, et le terroriste d’Etat qui est la soit disant victime, quelle paradoxe, nous soyons pas aveuglé par ce que on voudrait nous faire croire !
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