la Foule s'exprime

War On Terror : Le Proche Orient en otage



Cr Flickr/helga tawil souri

 

Cet article est le deuxième d’une série consacrée au terrorisme. Après avoir posé la question morale et économique dans le premier article, j’aborde dans ce second volet le pendant géopolitique du terrorisme dans le cadre du Proche Orient.

Un peu plus proche de nous, examinons maintenant le cas d’Israël et de la Palestine. La situation y est tellement tendue que la plupart des commentateurs finissent invariablement par prendre l’une des deux attitudes suivantes :

– Choisir un bord idéologique et s’y tenir, soit en soutenant aveuglément Israël, quels que soient ses errements et aux dépens du droit international, en cautionnant les massacres de civils et la politique coloniale de « la seule démocratie du Moyen Orient », soit en basculant dans une critique non moins caricaturale, construisant une théorie du complot judéo-sioniste international qui serait la cause de tout mal dans le monde, y compris du dysfonctionnement de leur téléviseur, et pour lequel il faudrait tenir pour responsables « les sionistes » en général et, souvent, « les juifs » en particulier (nous reviendrons dans un prochain article sur le décryptage de ces théories du complot).

– Ne rien dire ou ressasser des  positions de principe qui n’ont plus qu’une valeur rhétorique, du type « il faut trouver une solution par la négociation », « les Israéliens ont droit à la sécurité et les Palestiniens ont droit à la souveraineté », bla bla bla…

La pression est énorme vis à vis des commentateurs et journalistes qui traitent du sujet et, quand on voit la campagne qui est menée depuis près de 10 ans contre Charles Enderlin pour avoir simplement fait son travail ou, plus récemment les pressions exercées pour forcer le juge Goldstone à revenir sur sa qualification des crimes de guerre de Tsahal, on comprend pourquoi les analystes y réfléchissent à deux fois avant de s’exprimer autrement qu’en reprenant la dialectique proposée par les communicants d’Israël. C’est, en partie, cette dérive qui pousse aujourd’hui quelqu’un comme Théo Klein à se distancier du CRIF.

Rajoutons à cela le travail qui est fait par des organismes comme le B’nai Brith ou l’Anti Defamation League au niveau international (OSCE et ONU) pour tenter de lier la qualification d’antisémitisme à toute critique d’Israël et on aura une idée de la façon dont toute discussion sur le sujet se retrouve prise en otage par des considérations partisanes, forçant la plupart des timides critiques de la politique israélienne à systématiquement commencer leurs phrases par « je ne suis pas antisémite MAIS… ».

Cr Flickr/al-saber

 

Posons donc à ce sujet les deux interrogations suivantes, sans forcément imposer une réponse au lecteur :

1) Le Hamas est il, comme le prétend Israël, un mouvement terroriste ou un mouvement de résistance ? Si on condamne de fait et par principe la violence, les colonisés et les opprimés ont-ils historiquement une chance de se libérer autrement qu’en convoquant un rapport de force ? Le recours à l’action armée, par le biais des tirs de roquettes sur des colonies, a-t-il été un moyen efficace de faire avancer la cause palestinienne durant les dernières années ?

2) S’il est désormais avéré qu’Israël s’inscrit hors du droit international, rejette les enquêtes de l’ONU sur les mauvais traitements des Palestiniens, applique une politique d’assassinats ciblés en usurpant les identités de citoyens d’autres nationalités, fait un usage disproportionné de la force dans le « maintien de sa sécurité », peut-on dès lors appliquer la qualification de « terrorisme d’état » à la politique menée par ce pays ?

Répondre à ces questions de manière dépassionnée, ce serait déjà un grand pas vers la compréhension de ce qui aujourd’hui fait barrage à la résolution de ce conflit.

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