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« This may change your life », ou comment planter des légumes en France à cause des accidents de la route en Angleterre…
Posted By William On 23 juin 2012 @ 01:20 In Articles,Une | 6 Comments
Aujourd’hui, je suis allé sur Internet passer en revue mes sites d’information habituels. Le Monde, Courrier International, l’Express, sans oublier PCImpact ou encore Oumma. Le monde tourne toujours avec ses hauts et ses bas, ses guerres, ses inquiétudes, ses espoirs et ses cartes graphiques GTX 690. Jusque là, tout va bien. Puis, je cherchais quelques informations sur les peuples de Sibérie dans le cadre d’un projet de reportage. Réflexe : je vais sur Youtube. De fil en aiguille je suis tombé sur les vidéos suivantes : la statue-vivante qui fait peur aux passants, l’azote liquide dans la piscine, Rémi Gaillard déguisé en radar et surtout la monumentale comparaison entre la voix de Shakira et celle d’une chèvre. Mince, je me suis encore perdu dans Youtube.
Bien entendu, je n’ai pas cliqué sur les fenêtres publicitaires que je ferme par réflexe. Je ne sais pas pourquoi, trois sujets sont récurrents dans les fenêtres de pub : les offres groupées avec de gros hamburgers, devenir trader facilement, et les photos de femmes. Je préfère encore suivre les aventures d’Orville, le chat transformé en quadrirotor. Forcément, à force de visionner tout ça, je fatigue. J’aime me détendre mais, de la détente, je me suis loti dans les méandres de la paresse et de la légumination spirituelle. Je saute alors regarder les nuages passer dans le ciel à travers ma fenêtre et ça me fait du bien.
Les nuages, ils sont simples. Là-haut, ils sont en paix. Le vent les pousse. Ils sont en harmonie. Pas moi. J’essaie, mais ce n’est pas facile… la vidéo de Shakira avec les chèvres, c’est perturbant, en vrai. Comment revenir à l’essentiel ? J’aimerais filer droit vers ma destination, comme ces nuages. Filer vers mes livres à lire, mes articles à rédiger, la maison à entretenir, le repas à préparer… Je n’arrive pas à me concentrer. C’est là que je tombe sur l’horrible, la monstrueuse mais dramatiquement vraie vidéo anglaise sur les accidents de voiture (à la fin de l’article). Et là, hors de question de regarder une seconde de plus cet écran. Je me retrouve seul devant mon PC les yeux remplis de larmes. Comme si la mort, tellement proche le temps de cette vidéo, m’avait rappelé à l’ordre. Mais pourquoi faut-il affronter une telle violence avant d’agir ? Cette vie n’a de sens que parce que tous autant que nous sommes, nous expirerons un jour notre dernier souffle. Alors qui suis-je ? Qui voudrais-je être ? Suis-je celui qui donne, ou celui qui prend ? Locataire de ce pauvre corps, de ce pauvre monde, prendre n’est-il finalement d’autre que voler le don que nous devons rendre ? Lorsque mes parents, mes proches, et moi-même mourrons, que restera-t-il que je puisse saisir dans ma main ? En vérité, l’essentiel ne subsiste que dans les cœurs. Je dois me bouger car demain il sera trop tard. Je dois dire à tous ceux que je côtoie combien je les aime.
Avons-nous déjà décidé de prendre en main notre existence ? Quand je dis ça, je parle de s’affranchir des barreaux du sempiternel chemin de croix de la vie. Pas celui du métro, boulot, marmots, vieux cliché sténotypé. La vraie prison n’est autre que celle de notre esprit. Nous sommes libres ; seulement voila: c’est notre paresse qui nous enchaîne. Celle qui, par découragement, nous met à genoux devant les plats surgelés édulcorés, les viandes industrielles en barquette, les produits financiers iniques, les jouets fabriqués du sang des enfants et… les chats transformés en quadrirotors. Cette prison qui nous fait croire qu’il n’existe pas d’alternative.
En réalité, nous n’avons pas appris à vivre mais à consommer. La sueur de l’effort s’est tarie à coups de gel et de sprays 48h. Courage, volonté… La vie se travaille comme on travaille la terre. Nul blâme à celui qui prend son caddie car certes, nous cheminons tous comme nous le pouvons. Seulement, quelle saveur goûtons-nous lorsqu’à nos lèvres arrivent les fruits du désert espagnol de Tabernas, gonflés aux engrais et aux ultraviolets ? Légumes du diable, pour qui les hommes ont asséché toute une région du pays, un désastre écologique. J’ai décidé de rompre avec moi-même. Voilà désormais un nouveau moi. Un moi qui se réalise. Qui ne fait pas que hocher la tête mais qui se bouge. Approuver est une chose. Mais sur quoi sommes-nous jugés si ce ne sont nos actes et leurs intentions ? Je vais bientôt mourir et – que Dieu m’en garde – ce sera peut-être demain sous les roues d’un bus. Ma vie, mes choix, je dois bouger un pied dans le sens de ma libération sans attendre.
1) J’ai commencé à chercher les légumes de saison biologiques pour commencer. Mais, voilà qu’aujourd’hui, je n’ai pas de salaire. Alors…
2) Je suis parti acheter des graines.
3) Je suis parti acheter un sac de terreau.
4) J’ai pris des pots pour plantes.
5) J’y ai mis le terreau, les graines, j’ai arrosé, j’ai mis devant une fenêtre.
6) J’ai patienté. Puis j’ai mangé. Enfin, j’ai partagé.
7) J’ai partagé par amour car comme ces plantes, ces fruits de l’Amour, j’ai grandi, mûri, et comme les fruits retournent à la terre pour semer d’autres graines, mes fruits retournent à ceux qui sont autour de moi. Car au-delà de moi, il y a nous.
Je n’ai pas fait pousser des plantes. Ce que je cultive, c’est ma propre révolution.
La vidéo anglaise sur les accidents de la route :
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