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Chroniques de Palestine 2 : La vie (presque) « normale » de Gaza



Voici la suite du journal de voyage de Nabil Ennasri, actuellement à Gaza. Pour rappel, vous pouvez retrouver l’épisode précédent en cliquant ici.

 

Réveil irréel

C’est l’heure de se lever. Un réveil avec une saveur particulière. On ne réalise pas encore que nous sommes entrés dans la bande de Gaza, comme une sensation d’être peut-être des privilégiés. Nous remercions Dieu pour ce cadeau. Un privilège d’autant plus beau que les Gazaouis, dans leur élan de générosité, ont cru nécessaire de nous offrir le meilleur hôtel de toute la bande de Gaza; un tel décalage avec la réalité de leur quotidien. Après le petit-déjeuner où se retrouve dans les sourires une partie de la délégation internationale, nous prenons le bus. Mais en quittant l’hôtel, la réalité nous rattrape. L’image d’un bâtiment complètement éventré par les attaques israéliennes.

Bâtiment bombardé / Cr Foulexpress.com / Nabil Ennasri

 

Eduquer la jeunesse pour reconstruire l’espoir

La journée débute avec la visite de l’association Widad. Cette association travaille à la prise en charge d’enfants en difficulté, en particulier ceux victimes de troubles psychologiques. Elle mène également des actions en direction de personnes âgées isolées. Pendant la réunion avec les membres de l’équipe, l’électricité s’arrête brutalement. Une fois, deux fois, trois fois. Finalement, on nous explique que c’est devenu une routine dans la bande de Gaza. Du fait des limitations drastiques imposées par les Israéliens et du bombardement des installations, l’électricité n’est distribuée qu’au compte-goutte. Parfois l’interruption peut se prolonger pendant 18h par jour. Je vous laisse imaginer la vie sans électricité dans un camp de réfugiés pour une population qui vit déjà dans le plus grand dénûment. Dans l’un des couloirs, une photo attire mon attention. Une jeune fille qui porte une pancarte : « Les enfants ont le droit de vivre en sécurité ». Un droit dont les enfants palestiniens semblent malheureusement privés pour longtemps.

"Les enfants ont le droit de vivre en sécurité" / Cr Al Widad

 

Vient désormais le moment de visiter deux universités. Nous sommes impressionnés par l’imposante « Université islamique ». Contrairement à ce que son nom semble indiquer dans nos références françaises, toutes les matières y sont enseignées. A côté du cursus de sciences islamiques, on trouve également des départements de génie mécanique, de sciences, de littérature et de biologie. 21 000 étudiants s’y côtoient. 62 % sont des étudiantes… Pendant le massacre de 2009, cette université subira les foudres de l’aviation israélienne. Elle sera détruite à 80%. Comme un défi à l’occupant, le directeur nous explique que  l’administration et le corps étudiant ont décidé de reprendre les cours 15 jours seulement après les bombardements. Reprenant les cours dans des tentes, cette détermination est certainement l’un des meilleurs signes révélant le courage d’un peuple déterminé à vivre malgré toutes les restrictions.

Université Islamique de Gaza / Cr Foulexpress.com / Nabil Ennasri

 

Un premier ministre « normal »

On nous explique qu’une surprise nous attend. Nous allons manger dans la résidence du premier ministre ! On s’arrête donc dans le camp de réfugiés « Ach-Chati’ », l’un des plus poussiéreux de la bande de Gaza. On s’infiltre dans les petites ruelles. Le camp de réfugiés a parfois des airs de bidonville. C’est ici, au milieu du peuple, que vit le premier ministre. Un homme qui souhaite vivre au milieu des siens. Simple, modeste et accessible. Un train de vie fait de mesure et de simplicité qui tranche avec les habituelles résidences gouvernementales bling bling de la région. La « moralisation de la vie politique », un des sujets de l’actualité à notre départ de France, trouve ici une résonnance toute particulière…

Le quartier où habite le premier ministre de Gaza / Cr Foulexpress.com / Nabil Ennasri

 

Moments de joie

Autre endroit, autre décor. On découvre un projet comme on les aime : celui d’une radio faite par des enfants et pour les enfants. L’équipe qui nous accueille est en pleine effervescence. C’est nous qui devons inaugurer le studio. Beaucoup d’enfants, de sourires et une impression de liberté qui se dégage des ondes. A notre retour dans le mini-bus, en roulant pour rendre visite à une clinique de Gaza, on écoute les chants et autres quizz animés par cette équipe de jeunes adolescents et d’enfants qui découvrent les joies du journalisme.

Radio des jeunes à Gaza / Cr Foulexpress.com / Nabil Ennasri

 

Le soir, une repas improvisé dans un majliss, un espace traditionnel dans lequel le chef de famille invite ses voisins pour discuter de sujets divers. Dans la douceur d’une soirée à Gaza, le repas est copieux. Les anciens discutent de tout et refont le monde. On sent un certain apaisement qui se dégage de ce moment intense, presque surréaliste.

L’espace d’un instant, on oublie que ce peuple est laissé à son propre sort, oublié du monde et  victime de l’une des pires blessures de notre temps. De cette journée, on se rappellera beaucoup de cet enfant, la main levée avec un message: le V de la victoire…

 

V de la victoire dans les rues de Gaza / Cr Foulexpress.com / Nabil Ennasri




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Commentaires


  1. Par fateema45 le 13 juin 2012 à 22:55

    maa shae allah soubhanallah comment leurs enfants débordent d’énergie! qu’ALLAH les protège !

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  3. Par Nadia le 14 juin 2012 à 19:34

    Salam aleikoum

    merci pour ce voyage et ce partage!

    la dernière photo m’a saisie et secouée au point de m’arracher une larme je l’avoue!

    Une telle fraicheur se dégage de vos rencontres, Vous devez vivre ces instants à 200%, profitez bien de ce souffle qui ne vous quittera plus!

    [Répondre]


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