la Foule s'exprime

Revue de presse #36: Que reste-t-il de la démocratie?



 

Cr Flickr / DafneCholet

 

On se demande souvent comment faire pour combattre les injustices et, comme cause emblématique parmi celles ci, la lutte contre la faim. Universcience nous donne des clés de compréhension pour qu’à l’échelle mondiale, on puisse efficacement combattre contre le fléau de la famine et éviter les gaspillages qui faisaient dire à Jean Ziegler que chaque enfant qui meurt de faim est en fait assassiné.

Côté international, à propos des révolutions arabes, Julian Assange de Wikileaks revient dessus dans un reportage explosif diffusé sur la chaine russe RT. Owni en propose une synthèse très intéressante. On y découvre le rôle qu’ont joué les Américains et les nouvelles technologies dans les soulèvements populaires. C’est très instructif de lire notamment, entre les lignes, la manière dont Assange et ses interlocuteurs perçoivent et animent ce questionnement.

Plus près de chez nous, dans le contexte européen, LeMonde.fr fait mine de découvrir, au lendemain des élections en France et en Grèce, que nous faisons face à une montée des extrêmes sur le vieux continent. Malheureusement, quand on note le score de Nicolas Sarkozy au 2e tour des élections présidentielles (>48%), on se rend compte que les idées xénophobes et racistes ne sont malheureusement plus à la marge mais au centre du jeu politique conventionnel. Et c’est bien là le problème: le populisme et la haine de l’autre sont de moins en moins minoritaires et les cas de violences ou de discriminations à l’encontre d’immigrés ou de minorités religieuses ne sont pas l’unique fait de sympathisants d’extrême droite mais, comme le montrent les rapports du CCIF ou d’Amnesty International, largement répartis dans l’échiquier politique.

A Londres, Boris Johnson a été réélu au poste de maire contre Ken Livingstone. C’est la victoire de la forme sur le fond, comme l’explique Dave Hill dans The Guardian.

Quand on voit ces résultats, ainsi que les 2% de la seule candidate aux présidentielles française qui avait décidé de faire campagne sur le fond, ou encore la mascarade du pouvoir Russe jouant aux chaises musicales depuis près de 20 ans entre Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev, on est en droit de poser une question simple: que reste-t-il de la démocratie? Est elle encore un système politique gouvernée pour et par le peuple?

A ces questions, on répond souvent en opposant, comme seules alternatives : le pouvoir autoritaire dictatorial façon Benalibarak, la junte militaire d’inspiration Birmano-Coréenne ou la théocratie mode taliban.

Alors c’est tout ?

Ces régimes, tous vécus au détriment des peuples, sont ils les seules formes de gouvernance que l’humanité est capable d’entrevoir?

En analysant les résultats des élections présidentielles, on se rend compte que même dans un système dit démocratique comme la France, le choix des citoyens n’est pas forcément une question d’intérêt général: il y a eu 1.12 millions de voix d’écart entre François Hollande et Nicolas Sarkozy, ce qui veut dire qu’un peu plus de 500000 voix, dans un sens comme dans l’autre, auraient fait basculer l’élections, changeant ainsi l’avenir du pays pour les 5 années à venir. Il parait surréaliste de se dire que le choix de 0.8% de la population du pays détermine, de manière décisive, le passage du pays dans deux réalités très différentes. Cette puissance d’arbitrage d’un nombre restreint d’électeur est une des failles fondamentales du système démocratique.

Ça remet sérieusement en cause l’idée selon laquelle le gouvernement d’un pays serait le reflet de la volonté du peuple.

On dit souvent que la démocratie n’est pas grand chose de plus qu’un moindre mal.

La question que j’aimerais poser aujourd’hui est la suivante: existe-t-il un moyen de la soigner?

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