square

Pas de cancres à l’école, tous au gouvernement



Crédits : magn3tik

 

Cet article est extrait de Charlot Hebdo, numéro spécial élections.

« Moi je pense que la véritable égalité (à l’école), c’est de donner plus à celui qui a moins. » dixit Nicolas Sarkozy, candidat à la présidentielle ce 12 avril au Parisien. Quelle assurance et quelle grandeur ! Quelle détermination à combattre les inégalités et à vouloir les corriger ! Enfin un candidat qui prend la question de l’éducation au sérieux…

Seul hic : ça ne colle pas vraiment avec ce qui se passe dans les bahuts de France et de Navarre depuis près de 5 ans, où le gouvernement d’un certain Nicolas Sarkozy (le même) s’est appliqué à faire le contraire.

Ce genre de déclarations montre l’idée que beaucoup d’hommes politiques se font de nous, piètres citoyens incapables d’analyse qui ingurgitons tout ce qu’on nous propose,  même de la tambouille avariée, déjà présente au menu cinq ans plus tôt.

Alors quèsaco ?

Eh bien c’est simple : dans la réalité, en matière d’éducation, l’Etat donne plus à ceux qui ont le plus et moins à ceux qui ont le moins. Et ce ne sont pas des Charlots comme nous qui le disons mais la conclusion du rapport de la Cour des comptes sur le sujet.

Deux ans plus tôt, un rapport accablant pour notre système éducatif avait déjà pointé les errances d’un système construit pour satisfaire l’offre d’emploi mais pas pour répondre aux besoins éducatifs, lésant les élèves en difficulté et concentrant ses moyens vers les plus nantis, à fort capital culturel, social et économique.

Bourdieu parlait déjà il y a quelques années d’un système élitiste qui valorise la culture légitime et dominante. L’Etat, au lieu de réduire les inégalités, s’évertue à entretenir ces injustices et à creuser les disparités de niveaux entre élèves.  Les dernières enquêtes de la PISA (Programme international  pour le suivi des acquis des élèves) ont ainsi à maintes reprises épinglé une école française « trop et trop tôt sélective ».

Ces inégalités se traduisent par plus de moyens aux académies favorisées tandis qu’on coupe la jambe à celles qui sont déjà handicapées. L’Etat allonge 47% de plus pour un élève de Paris intra-muros que pour un banlieusard du Mont-Mesly, de Créteil ou un Ulissien Versailles. Créteil compte 4000 élèves en plus en 2011 et perd 426 postes, tandis que Paname la préférée, avec 1000 élèves de plus, gagne 20 emplois. Ce deux poids deux mesures commence dès le primaire où l’Etat dépense 3134 € pour nos chères têtes blondes parisiennes contre 2861 € pour l’académie la moins bien dotée.

L’éducation un sujet délaissé de la campagne présidentielle ? Voyons ! Un sujet simplement sacrifié parce qu’il rapporte peu, périmé. La tendance mode de la saison est à l’économie des dépenses dans l’éducation, le nivellement par le bas des diplômes,  la logique marchande qui étend ses tentacules sur la société. Une collection printemps- été concoctée par Coco Chatel et Claude Néant qui s’annonce vilaine en plus d’être une belle escroquerie.




sep

Commentaires


  1. Par Adamsson le 7 mai 2012 à 15:15

    Vous m’avez explosé de rire, avec le style de rédaction surtout XD
    Mais c’est bizarre de voir comment on peut rire autant de choses aussi graves…
    Bonne continuation a vous Foulexpress, j’ai pas les moyens financiers d’adhérer.

    [Répondre]