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Comment réussir son examen de maths ?



Cr Flickr/Quinn.Anya

Avant l’examen

La première chose à dire est que pour vraiment réussir un examen il faut avoir étudié. Ca parait trivial, mais beaucoup d’étudiants arrivent le jour d’examen avec l’idée ridiculement bête qu’ils peuvent « s’en sortir » sans avoir travaillé.

Le travail de préparation d’un examen ne doit pas viser la moyenne mais l’excellence. On ne passe pas un examen pour « avoir la moyenne » et se mesurer aux autres, mais pour valider l’acquisition et la maitrise approfondie d’un sujet.

Etudier, cela veut dire, dans l’idéal : lire la leçon avant le cours, écouter de manière attentive pendant le cours et poser des questions. Veiller à ce que la leçon soit parfaitement comprise à la fin du cours (et donc ne pas accepter de rentrer chez soi sans avoir intégré le contenu du cours). Faire tous les exercices (ceux que le professeur a demandé et ceux que le professeur n’a pas demandé).

Tout le temps

Pour bien réussir ses études et ses examens, il faut comprendre quelque chose de fondamental à propos du système scolaire : il est construit pour permettre à un groupe d’élèves d’atteindre une compréhension moyenne d’un sujet. Qu’est-ce que cela veut dire ?  Qu’il n’y a pas besoin de beaucoup d’efforts pour avoir la moyenne et que toute bonne note ne sera jamais qu’une performance relative par rapport au groupe. Beaucoup d’élève visent ainsi « juste la moyenne » au lieu de viser 20/20. C’est ainsi que le niveau de difficulté des cours et des barèmes de notation est fixé, de manière à faire en sorte que la majorité des élèves puissent avoir la moyenne.

Observons ce graphe :

Que dit-il ?

Il indique potentiellement deux choses :

1) Que la plupart des élèves se situent « autour de la moyenne ».

2) Que les examens sont construits de façon à ce que les élèves se situent autour de la moyenne.

En réalité, les deux sont vrais, car il existe un mécanisme de co-intégration entre la performance des élèves et les méthodes d’évaluation de cette même performance. Ainsi, à propos du BAC par exemple, on essaie de faire en sorte que les élèves aient la moyenne et, dans le même temps, on essaie de proposer des sujets qui vont leur permettre d’atteindre ce même objectif. Et on essaie de faire tout ça sans être schizophrènes.

On aurait pu imaginer un autre système d’évaluation qui, au lieu de ressembler à ça :

 

Aurait plutôt ressemblé à ça :

 

On aurait dans ce cas juste choisi de :

1) Mieux préparer les élèves et maintenir le niveau de l’examen,

Ou

2) Maintenir le même niveau de préparation des élèves et donner un examen plus facile.

Les mêmes remarques s’appliquent dans le cas inverse (distribution des notes beaucoup moins glorieuses suite à un examen difficile/abaissement du niveau de préparation…).

Qu’est-ce que cela  veut dire pour les élèves ?

Simplement qu’il leur suffit d’être dans le troupeau pour ne jamais avoir à trop s’inquiéter.

Faut-il s’en satisfaire ?

Non. Absolument pas.

Mais nous sentons bien que les dernières années ont vu, concernant le BAC, deux dynamiques s’opérer sans grande résistance :

- La baisse des moyens alloués à l’éducation donc la baisse du niveau de préparation des élèves, malgré les efforts dévoués de beaucoup de professeurs.

- L’abaissement du niveau des examens pour compenser cette baisse de niveau de préparation.

Ainsi, le niveau des élèves baisse en même temps que les barèmes d’évaluation, ce qui a le bon goût d’apporter au gouvernement son argument  de légitimation essentiel : « voyez, nous avons réussi à transformer et moderniser le système éducatif, tout en maintenant le niveau de qualité ».

Dans le même temps, nous avons vu exploser le recours aux formations privées pour venir compléter les insuffisances du système scolaire, ce qui revient ni plus ni moins à privatiser une partie significative de la performance scolaire, avec la gravissime conséquence de doper les chances des élèves dont les parents auront les moyens économiques de financer leur préparation aux études supérieures (et inversement pour les élèves ayant une capacité financière limitée).

Que faut-il faire ?

Viser l’excellence pour les élèves le plus tôt possible dans leur parcours scolaire et tisser des liens forts entre parents et enseignants pour bénéficier de leurs conseils et de leurs suivis.

Pendant l’examen

L’examen de mathématiques est en général conçu pour valider le travail fait en cours. Pour les classes de première et terminale, nous retrouvons  en général :

- un gros exercice (9 à 11 points) sur les études de fonctions,

- plusieurs exercices sur les autres thèmes (entre 3 et 6 points) : trigonométrie, probabilités, etc.

L’essentiel des «points faciles» se trouve dans les premières questions de l’exercice principal. L’enseignant/examinateur aura veillé à penser son sujet de manière à ce qu’un élève ayant « à peu près  suivi le cours » s’en sorte avec la moyenne.

Cela veut dire qu’il faut se concentrer en premier lieu à sécuriser l’ensemble de ces points dans la première partie de l’examen avant de se concentrer sur des questions plus complexes.

Je recommande ainsi la stratégie suivante si on souhaite maximiser sa note :

1) Lire le sujet dans son intégralité et cocher les questions dont on sait immédiatement la réponse ou la manière d’y aboutir.

2) Repérer les questions difficiles ou non-immédiates et commencer à réfléchir à de possibles scénarii de résolution.

3) Commencer l’examen en ayant une feuille pour chaque exercice. Calme, déterminé, conscient des points de difficulté et de sa capacité à les résoudre.

4) Dans les questions où l’on connait à peu près la réponse, veiller à ce que l’exécution de la démonstration et/ou le calcul se fasse sans la moindre erreur (trop de points sont perdus par des erreurs triviales de raisonnement ou de calcul, malgré une bonne idée de départ).

5) Si un schéma de résolution/démonstration va de l’assertion A à l’assertion Z et qu’il nous manque des chaînons, commencer par démontrer

A>B, B>C, …,  K>L

Puis

P>Q, Q>R,… , Y>Z

Il sera ensuite plus aisé de résoudre les étapes manquantes entre L et P.  Si on ne trouve vraiment pas, tenter de conclure naturellement par un « Puisque L, donc P » qui aura une petite chance d’être toléré dans le cheminement de votre démonstration.

6) Une fois les questions faciles terminées, passer aux problèmes plus complexes : S’il y a 4 questions difficiles auxquelles on n’a pas (à priori) de réponse, se concentrer sur l’une une minute, puis sur l’autre, puis sur l’autre… jusqu’à ce qu’une idée de solution apparaisse (pendant que notre conscient se concentre sur un problème, le subconscient lui travaille AUSSI sur les autres). On maximise ainsi l’utilisation du cerveau pour résoudre les problèmes.

7) Si on peine à démontrer une assertion, penser à une démonstration par l’absurde, en montrant par exemple que « le contraire est impossible ».

8) Soigner la présentation et éviter les ratures. Cela ne maximise pas les chances d’avoir bon mais plutôt celles d’avoir un sentiment favorable et le bénéfice du doute de la part de votre correcteur (utile pour le point 5)

9) Ne pas faire les calculs au brouillon, se contenter d’y noter les idées de raisonnement pour ne pas perdre un temps précieux. Compenser par une application particulière lors de l’exécution sur la copie.

10) Relire soigneusement sa copie, en procédant dans le même ordre que pendant l’examen, afin de « verrouiller » l’ensemble des points faciles avant de passer à la suite. Compléter les éléments de syntaxe de vos démonstrations si besoin. Vérifier les calculs. Encadrer les résultats. Ne jamais sortir d’un examen avant la fin sans être sûr d’avoir tout bon.

Par expérience, cette stratégie permet de gagner 3 à 6 points sur une copie d’examen, en fonction de la qualité initiale de travail de l’élève avant/pendant son examen.

Reste à se concentrer sur l’essentiel, celui qu’aucune astuce ne permet de compenser le jour de l’examen : étudier.




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Commentaires


  1. Par Ibnadam le 31 mai 2012 à 17:17

    Assalam alaikum, bonjour,

    Hmmm, viser l’excellence dans un examen, pourquoi ? Tout dépend des causes, des motivations, des chemins et des objectifs de chacun. Quel est le sens de l’examen ? Devant qui est-il accompli ? Auprès de qui montrer ses preuves ? Pour quels besoins ? Quelles en sont les conséquences explicites et implicites ?

    Il se trouve que le savoir est indépendant des modes d’instruction et d’évaluation. C’est ce que vous montrez avec votre réflexion sur la moyenne, moyenne qui rappelons-nous n’est qu’un outil statistique qui ne prend sens qu’à l’intérieur même de la discipline statistique. Il est étrange d’ailleurs que personne n’ait mesuré les dégâts considérables de cette utilisation fallacieuse de la science statistique.

    Vous avez raison, ce n’est aucunement pour mesurer les performances que les examens ont été mis en place. En revanche, les examens sont des instruments particulièrement efficaces pour annihiler la personne. Alors même que la société occidentale prétend mettre en avant l’individu, elle détruit en réalité toute les caractéristiques et aspirations personnelles, et ce dans le but de réduire la personne à une série de données statistiques et booléennes.

    Or, à qui présente-t-on ces données supposées nous représentée ? C’est évident pour tout le monde, les examens permettent de trouver du travail, car bien entendu le travail et le rêve de tout un chacun et ça tombe bien qu’on en ait besoin pour vivre. Au passage, juste comme ça, rappelons-nous que la logique expliquant parfaitement le monde est une caractéristique du totalitarisme. Le diplôme apparaît donc dans ce cadre comme un certificat d’allégeance, assurant de la docilité de l’esclave candidat. Vous aurez certainement noté d’ailleurs les compliments et les reproches faits à l’école, qui ne se concentrent qu’exceptionnellement sur le savoir acquis, et s’expriment plutôt en jugement de valeur (très bien, peu faire mieux, manque de concentration, etc).

    Pardonnez-moi pour ce long commentaire et pour m’être accessoirement un peu éloigné des mathématiques.

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  2. Par Oumm Yâssir le 31 mai 2012 à 18:11

    As-Salam’alykoum

    ça me rappelle un débat concernant le redoublement sur une chaine de radio : un père de famille disait que l’école de sa fille avait demandé à chacun des parents leur approbation quant à un éventuel redoublement en cochant soit « oui » soit « non ». Et ce père disait que contrairement aux autres parents il a fait le choix de cocher les 2 cases et résultat sa fille à trouver là une motivation et a redoubler d’efforts et a eu largement au dessus de la moyenne. Tandis que les autres enfants ont eu eux une réaction tout autre étant donné que leur « destin scolaire » était déjà fixé …

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  3. Par Kyle Butler le 1 juin 2012 à 19:31

    « Si on ne trouve vraiment pas, tenter de conclure naturellement par un « Puisque L, donc P »  » >> Vous recommandez vraiment la tentative d’arnaque?!

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    réponse de Marwan Muhammad

    J’ai bien dit « si on ne trouve vraiment pas » et « si on cherche à maximiser sa note ». J’insiste par ailleurs dans l’article sur l’importance d’étudier correctement, préalable à tout examen. L’attitude morale face au Savoir n’est pas en question ici.

    Quant à la qualité des notes, il serait bien naïf de croire que les examens sont conçus pour évaluer justement les élèves…

    Lire sur l’effet halo pour comprendre les biais de notation des élèves.

    [Répondre]

    réponse de Kyle Butler

    Mon propos n’est pas moral, je me garderai bien de donner des leçons à ce niveau. Même d’un point de vue purement pragmatique, il n’est pas du tout clair que tenter l’arnaque soit une si bonne idée en général. Je ne pense pas non plus que « ne tentez surtout pas l’arnaque » soit une meilleure solution car je doute simplement qu’il y ait une réponse universelle; ça dépend trop de la copie : ma modeste expérience en la matière m’incite à penser que plus le « niveau de trivialité » de la copie est élevé et plus les raccourcis de raisonnements/rédactions seront acceptés, moins il l’est et moins ça aura tendance à passer. (Et les élèves moyens/mauvais sont ainsi doublement pénalisés par rapport aux bons…)

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  4. Par Nadir le 1 juin 2012 à 20:01

    Vous avez fait des maths dans votre vie?
    Si oui je comprends pas votre question à vrai dire!

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    réponse de Kyle Butler

    Il faut croire que non… Il me semblait que le moindre des respects envers le lecteur consistait à ne pas le prendre pour un imbécile. Surtout quand le lecteur en question est chargé de nous mettre une note et que s’il a l’impression qu’on essaie de l’enfumer, sa bienveillance naturelle risque de tourner court.

    Peut-être pouvez-vous m’expliquer comment vous concilier « tentatives d’arnaques (fussent-elles utilisées uniquement en dernier ressort) » et validation de « la maîtrise approfondie d’un sujet »?

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    réponse de Nadir

    Parlez-vous de lecteur ou de correcteur ?

    [Répondre]

    réponse de Kyle Butler

    Il me semble que pour corriger une copie, il faut à un moment ou à un autre la lire. Je parle donc bien des lecteurs mais, de fait, ça inclut les correcteurs.


  5. Par Mo7sen le 5 juin 2012 à 23:59

    Moi aussi, ce passage m’a interloqué ;-) Je me souviens bien la posture constante de mon prof de math quand j’étais jeune ;-)

    Toute tentative de raccourci interprétable comme une escroquerie intellectuelle fait perdre à l’élève une bonne partie de son crédit initial. Non seulement il aura zéro sur la question notée, mais en plus le prof restera vigilant sur tout le restant de la copie.

    Personnellement, je décourage fortement cette pratique pour deux raisons :

    1) éthique : si on ne sait pas ou si on n’est pas en mesure de démontrer que L–> P alors, inutile de faire croire le contraire, par respect à votre examinateur ;

    2) pratique : c’est contre-productif si on a un examinateur exigeant et qui a horreur qu’on essaie de l’arnaquer.

    Et dans les deux cas, avec tout mon respect pour Muhammed, quand bien même les examens ne seraient pas « conçus pour évaluer justement les élèves », il serait plus judicieux de s’efforcer à encourager les profs à changer de méthode (aller vers plus de justice des la conception des examens), plutôt que d’encourager les élèves à « se faire justice eux-mêmes » par des méthodes intellectuellement contestables.

    Je salut au passage, et en toute sincérité, l’effort et la qualité du billet par ailleurs.

    Mo7sen.

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  6. Par Meriem le 6 juin 2012 à 11:06

    Assalamoualaikoum, bonjour,

    Tout d’abord je pense qu’étudier est un point important, le fait de souligner qu’il ne faut pas sortir du cours (et c’est valable quelque le niveau de l’élève étudiant : collège-lycéee-université-grande école), avant de l’avoir compris est primordial. Donc, cela implique d’écouter et de poser les questions même si celles ci peuvent paraitre des questions de peu d’importances. En effet, il m’est arrivée d’en poser pas mal. Je n’ai jamais eu honte de les poser et j’ai toujours dis, je préferre poser mes questions ici plutot que de me prendre la tête dessus chez moi en revoyant le cours. En sortant des cours j’avais le droit aux réflexions suivantes, oh tu sais moi aussi je me la suis posée cette question mais j’avais trop honte de demander. Résulta: ne jamais avoir honte de les poser même celle qui peuvent paraitre le plus trivial.
    Concernant, les enchainements logiques, je suis d’accord avec Marwan car très souvent même ds les articles d’économie, de mathématique financière, les démonstrations intermédiares sont tronquées, il m’est arrivé de le faire et je n’ai jamais été sanctionné pour peu que je démontre correctement le début et la fin sans se tromper, en général, je dis bien en général on arrive à remonter par la fin i.e de P vers L (j’ai souvent fais ça et je comblais le vide). Ce que Marwan a indiqué c’est bien une solution de dernier ressort si par ex on est pris par le temps et qu’on veut réutiliser le résultat indiqué à la question suivante. J’ai aussi une autre piste, pour ceux que ça intéresse, en général les réponses des premières questions ds les pb de maths sont en milieu d’exercices pour rebondir sur la question suivante, donc il faut savoir décripter le pb et le lire entièrement avnt de le commencer pour savoir à peu près où on va. Cela est vrai à la fac pour toutes les matières.
    Sachant que je n’étais pas une lumière en math mais que je me suis toujours située dans 14-15 de moy à force de travail, j’ai quand même eu une très bonne note en suivant la méthode que Marwan indique au Bac que ce soit en Maths ou ds d’autre matière (et même à la fac).

    Merci,

    Salamoualaikoum wa rahmatou Allahi wa barakatouh.

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