Une question morale
Dans l’introduction à cette série d’articles, nous avons analysé la prostitution sous l’angle des valeurs. L’équipe de Foulexpress.com condamne et dénonce la prostitution sous toutes ses formes mais, une fois qu’on a dit ça, on n’est pas plus avancés sur les moyens de l’arrêter. Il faut trouver un autre angle d’attaque.
Il est temps maintenant de faire parler les chiffres.
Pourquoi utiliser des statistiques ?
Parce qu’avant d’être un drame humain, la prostitution est pour ceux qui la contrôlent un enjeu économique. Les proxénètes, les têtes de réseaux qui organisent la traite d’êtres humains à des fins sexuelles et les responsables politiques et policiers qui profitent de cette situation le font moins pour des raisons idéologiques que par intérêt pour le pouvoir et l’argent.
Comme dans le cas du trafic de drogue, une approche socio-économique permet de comprendre ce que les arguments éthiques ne suffisent pas à expliquer.
Voir la prostitution comme un business, c’est imaginer des salariés indépendants et d’autres au service d’une multinationale fournissant des services d’une nature très particulière à ses clients, contre une somme d’argent et dans une illégalité très variable en fonction du contexte, allant de la peine de mort à la complaisance la plus cynique.
Ce dossier spécial, organisé en deux articles, vise à répondre à quelques questions essentielles :
La prostitution est-elle un « moindre mal » dans nos sociétés modernes?
Comment s’organise le business de l’esclavage sexuel et à qui profite-t-il?
Quels sont les moyens de lutter efficacement contre la traite des femmes et d’en finir avec la prostitution?
Le « plus vieux métier du monde », ou le mythe de la prostitution sympa
Si la télévision montre des femmes au foyer désespérées, c’est aussi pour mettre en valeur une certaine idée de la transgression. Le fait de casser les codes de la famille, du travail et de la féminité, parfois jusqu’à l’outrance, est montré (et donc perçu) comme une forme de libération de la femme.
La normalité télévisée fait violence à la femme, en ce qu’elle l’hyper sexualise, la ramenant le plus souvent à un statut d’objet du désir masculin, de faire valoir ou d’argument publicitaire.
Sur le petit écran comme au cinéma, la prostituée est un personnage complètement fantasmé (au sens propre comme au figuré). Ce qu’on montre d’elle est aux antipodes de la réalité du terrain : beauté fatale, glamour, femme « libre » et cultivée, convoitée par les hommes et jalousées des autres femmes plus « sages », qui voient en elle une forme extrême d’un mythe féministe post-68, dans lequel une évidence non-questionnée voudrait qu’on se « libère par l’accomplissement sexuel ». Tout un programme…
Malheureusement, la réalité montre un tout autre tableau. Celui d’une vérité sordide, violente, sale. Une vérité qu’on cherche à tout prix à occulter, tant elle dit de la condition des femmes dans nos sociétés modernes, de notre rapport à l’interdit et des « zones grises » de notre morale collective.
Dans une ville occidentale, une prostituée gagne en moyenne 2 à 3 fois le salaire horaire moyen des autres femmes, disons pour un poste d’ouvrière qualifiée. Cette prime de salaire est en large partie économiquement explicable par le renoncement au mariage et à la vie de couple, ainsi qu’un surplus de risque (santé et criminalité).
La vie d’une prostituée, c’est une moyenne de 12 agressions par an et de 300 relations non protégées. Assez pour être en bas de l’échelle de la dignité la plus élémentaire, qu’on les considère comme victimes ou comme coupables.
La situation est pour tout dire dramatique. Suffisamment pour devoir y faire face de manière coordonnée au niveau international, en commençant par déconstruire le discours de légitimation, puisque nos sociétés modernes s’arrangent plutôt bien d’une « zone grise » en matière de morale, capable de relativiser les pires atrocités dès lors qu’une motivation économique ou politique viendrait les justifier.
Trois principaux arguments sont mis en avant en faveur d’une tolérance vis à vis de la prostitution, que je cite ici sous leur forme la plus fréquente :
1) « Ce sont des femmes libres qui ont choisi, en devenant prostituées, un métier comme un autre… »
2) « La prostitution sert de soupape de sécurité aux frustrations sexuelles des hommes et évite de nombreux viols ».
3) « La prostitution permet de palier à la détresse sociale de certains hommes marginaux. Elle s’adresse à des personnes mises à l’écart, en grande solitude… »
Les chiffres permettent de détruire ces arguments l’un après l’autre.
La légende de la « femme libérée »
Sur la question des libertés des femmes, quelques informations pour comprendre : les deux causes principales qui mènent des êtres humains à la prostitution sont la traite des femmes et la précarité financière.
Hormis la prostitution monétarisée (contre de l’argent), il existe une prostitution beaucoup plus informelle qui ne s’exerce pas contre de l’argent, même si elle pallie le plus souvent à un manque matériel (contre un repas, contre un toit, etc.).
80% des prostituées sont aujourd’hui étrangères, alors qu’elles n’étaient que 20% au début des années 90. Cela donne une idée de l’importance de l’influx migratoire qu’a occasionné la traite des femmes.
Lorsqu’il s’agit de les dénombrer, la police indique le chiffre de 20000 prostituées, ce qui semble peu crédible quand on sait qu’un pays comme l’Allemagne en recense plus de 400 000. Cachez ces prostituées que je ne saurais voir…
Lorsqu’on observe leur situation familiale, on se rend compte que la moitié d’entre elles sont isolées de leur famille (privées de leurs enfants, mise sur le trottoir par leur conjoint ou leurs parents, etc).
La très grande majorité d’entre elles ont vécu des violences lourdes avant de devenir prostituées. Rien que durant l’enfance, 48% d’entre elles ont été violées ou battues à un âge précoce.
Leur entrée dans la prostitution augmente la violence dont elles sont victimes : en Union Européenne, elles ont par exemple, en fonction du pays, 60 à 120 fois plus de risques que d’autres femmes d’être battues ou assassinées.
Les deux principales causes de décès sont la violence et la toxicomanie.
Au niveau mental et émotionnel, 60 à 80% d’entre elles souffrent de troubles psycho traumatiques sévères, comme c’est le cas pour les personnes ayant subi des actes de tortures ou les prisonniers politiques.
68% des prostituées sont en situation de stress post-traumatique. A titre de rappel, ce syndrome s’applique habituellement aux survivants de guerres ou aux personnes exposées à des violences d’une grande intensité.
Pour répondre à cette violence, leur corps a appris à supporter. Le Dr Muriel Salmona montre ainsi que « les troubles psycho traumatiques ont des conséquences visibles au niveau du cerveau. L’exposition récurrente à une situation de stress conduit en effet le corps à produire des substances semblables à la morphine et à la kétamine, qui assurent alors une forme de disjonction et d’anesthésie physique et émotionnelle. Le cerveau, confronté à une situation violente, produit donc des drogues dures qui conduisent à un état dissociatif. »
Cet état dissociatif est une espèce d’état d’auto-anesthésie que développent les victimes de violences répétées, comme les enfants très régulièrement battus ou subissant des sévices.
On voit ainsi que le portrait type de l’immense majorité des personnes prostituées est bien loin du choix consenti d’une « carrière comme une autre ».
Par ailleurs, sur le plan moral, il est important de rappeler que le consentement ne supprime en rien le caractère violent des actes subis, à plus forte raison quand ce consentement est vicié.
La prostitution limite les viols ?
A ceux qui pensent que la prostitution limite les viols, je propose deux études édifiantes.
La première a été menée aux Etats Unis, dans l’état du Nevada.
Pourquoi là bas ?
Parce que le Nevada a fait le choix législatif de laisser l’autorité à chaque comté de décider de la pénalisation (ou non) de la prostitution. Cette variété des choix permet de faire des comparaisons sur ce critère précis, les comtés du Nevada se ressemblant sur les autres aspects (pouvoir économique, démographie, etc).
L’étude montre que le taux de viol est de deux à cinq fois supérieur dans les comtés qui ont légalisé la prostitution par rapport à ceux où elle est interdite. Cette différence s’aggrave avec le temps. Les chiffres explosent dans le contexte urbain.
La deuxième étude se déroule aux Pays Bas et porte, cette fois-ci, sur la traite des êtres humains :
On voit ainsi que la dépénalisation de la prostitution en 2000 n’a en rien été un facteur limitant dans la traite des femmes. Plus grave encore, elle s’est accélérée, notamment pour les mineurs. Les chiffres de viols dans les grandes villes du pays montrent une évolution similaire.
Par conséquent, les données démontrent que la tolérance de la prostitution n’est absolument pas un facteur limitant, ni du nombre de viols, ni de l’esclavage sexuel.
On pourrait rétorquer que l’un n’entraine pas forcément l’autre… il faut donc poser la question suivante :
Si ces deux réalités sont corrélées (prostitution dépénalisée <> plus de viols), peut-on également dire qu’elles sont causales ?
Oui.
Car quand on analyse les passages à l’acte de viol, on voit que la prostitution est perçue par les agresseurs comme « une ouverture de droits, non seulement sur le corps des personnes prostituées, mais aussi sur le corps d’autrui, notamment féminin, en entérinant dans les esprits l’idée qu’il s’agit d’un produit disponible que tout homme peut légitimement s’approprier. » (propos de Mme Claudine Legardinier et M.Saïd Bouamama).
C’est cette vision de la femme comme objet asservi à la satisfaction des pulsions masculines qui est l’un des catalyseurs du passage à l’acte chez les violeurs.
La prostitution comme thérapie sociale au mal-être des hommes ?
Beaucoup de défenseurs de la prostitution la présentent comme une réponse à la misère sexuelle des clients. Ces derniers sont présentés comme soumis à des pulsions sexuelles incontrôlables. On parle également des prostituées comme d’assistantes sociales étant de bon conseil pour de pauvres hommes en difficulté, à la marge de la société, en proie à un rejet social et amoureux.
Encore une fois, les données disent précisément le contraire. Les clients sont des gens comme les autres. La distribution socio-économique des clients est sensiblement la même que celle de l’ensemble du corps masculin dans la population française. Ils sont juste des hommes comme les autres, sans marquage à un groupe ethnique, religieux, social ou économique en particulier.
L’hypothèse du « client lambda » est renforcée par le fait que la fréquentation des prostituées augmente de 60% durant les jours fériés (une sur représentation qui touche indistinctement l’ensemble des classes professionnelles).
Par conséquent, la pratique de la prostitution ne répond pas à une problématique marginale, mais à une banalisation de la consommation sexuelle dans un cadre marchand.
Ainsi, 37 % des clients interrogés déclarent vivre en couple au moment des faits et 71 % l’ont déjà été. Par ailleurs, plus de 50 % des clients sont pères de famille. Une certaine forme de « polygamie informelle » semble donc être devenue une réalité en France, à la différence près que les prostituées ne disposent d’aucun droit ni d’aucune reconnaissance d’ordre marital tandis que leurs « devoirs » sont monnayés, voire extorqués sous la contrainte.
Ce qui est le plus choquant dans cette tentative de légitimation du fait prostitutionnel, c’est cette façon de ramener l’homme au statut d’un animal animé de pulsions sexuelles qu’il DOIT assouvir. On ne se pose pas cette question pour les femmes, et on cautionne sur cette base l’avènement d’une société différenciée et machiste, asservissant les secondes à la satisfaction des besoins biologiques présumés irrépressibles des premiers.
En plus de l’aliénation et de la violence faite aux femmes, c’est cette définition bestiale de la liberté qu’il faut aujourd’hui dénoncer.
La liberté, ce n’est pas de donner libre cours à ses pulsions puis de se trouver des raisons de l’avoir fait, mais plutôt accepter un certain nombre de limites morales jugées utiles et réaliser que notre liberté s’exerce pleinement dans le choix de s’y conformer. Il n’existe pas de libre arbitre sans contrôle des pulsions.
Comprendre cela, c’est déjà sortir du schéma homme-femme archaïque autour duquel s’articule la prostitution et remettre en avant la responsabilité du principal acteur : le client.
Reste maintenant à décrypter le sinistre business de la traite des femmes et les moyens de l’enrayer…
——
La suite de ce dossier dans un prochain article, accompagné d’une bibliographie sommaire pour mieux comprendre le sujet.





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Hi Marwan,
Comme toujours tu nous bluffe par ton ecriture, ton anlyse de ce fait est claire, nette et precise elle est digne des articles des grans quotidiens francais.
Ce que tu as mis en exergue est valable dans le monde entier helas. En tt cas, j’ai hate de lire la suite.
Merci.
Meriem
[Répondre]
le monde ne tourne plus rond depuis un moment, on parle d’assistance sexuelle médicalisé un peut comme au US avec la consommation de stupéfiant sur ordonnance,
Bientôt il faudra une ordonnance pour aller dans une maison close,
c’est exactement bien décrit c’est de la « polygamie occidentale »
[Répondre]
un article que j’avais lu
http://www.rue89.com/rue69/2011/11/29/handicap-lassistance-sexuelle-cest-de-la-prostitution-pas-de-lamour-226978
[Répondre]
Bravo excellent article !!! Ce qui le rend encore plus intéressant est que l’auteur soit un HOMME et un MUSULMAN. Ainsi, deux clichés sont balayés d’un coup de revers. Après « Pretty woman » qui a octroyé glamour et romantisme à ce « vieux métier », nous voyons fleurir depuis environ 2-3 ans des filles « franco-maghrébines » qui, à travers les médias, ont banalisée la prostitution en la rendant fun et tendance. Vous avez les Zahia, Ayem, Nabilla … ces filles toutes refaites, sans la moindre culture qui deviennent les nouvelles références sexy des jeunes françaises. Etre une prostituée (de luxe), aux yeux de notre société est devenu chic surtout lorsque Karl Largerfeld glorifie notre Zahia nationale. Nous savons tous l’impact que peuvent avoir les images. C’est dans ces moments-là que je me dis que nous, les femmes, sommes vraiment prises pour des imbéciles, et que derrière cette pseudo volonté de nous libérer,il y a une réelle volonté de nous asservir.
PS : les chaussures sont très belles (je reste une fille!!!)
[Répondre]
Merci pour cet article.
J’ai la vague impression que vous avez brillamment réussi à enfoncer des portes ouvertes. Vous avez sérieusement entendu des gens dans la vraie vie invoquer les arguments (2) et (3)? Parce que autant le (1), je veux bien dire que c’est un argument naturel mais les deux autres et surtout le dernier, je veux bien dire « LOL » à toute personne qui me le sortirait.
Plus sérieusement, je m’y suis un peu perdu. La dénonciation porte sur quoi : la prostitution (comme concept)? les prostituées (idem, comme concept)? ou la situation dans laquelle on a tout ça dans la pratique? L’argumentation, telle que je la comprends, est quelque chose comme « c’est une horreur dans la pratique, regardez-moi tous ces maux; la prostitution (entre autres choses) est donc un mal (késako?!) contre lequel il faut s’indigner ».
Concernant le (1) par exemple, auriez-vous la même position sur les maisons de passe ayant un certain standing? Id est, de la prostitution « à l’ancienne » avec une « maîtresse de maison » qui tiendrait « ses filles »? Ou les entreprises de call-girl (c’est assez différent quand même vu que c’est « on regarde mais on touche pas » à ce que j’ai compris, mais on peu voir ça vers un pas vers la professionnalisation du secteur)?
Vous soulignez à juste titre la précarité de leur situation mais c’est un argument qui va dans les deux sens : on peut rétorquer que l’illégalité de leur situation les empêche d’être en situation régulière, d’avoir une couverture sociale décente, de se voir appliquer les droits du travail (assurance, salaire minimal, congé, cotisation…) et j’en oublie surement.
(Et puis, où avez-vous une apologie de la prostitution dans les médias? Je veux bien croire qu’on présente ça comme quelque chose de banal (encore que, j’ai pas eu l’impression que « Engrenages » ou « The Wire » (pour ne citer qu’eux) incitaient à y voir quelque chose d’acceptable) mais carrément une apologie? Ca m’intrigue un peu…)
Pour moi l’argument (2) n’en est tellement pas un que je ne vois même pas pourquoi vous vous êtes embêtés à y répondre. Mais puisque vous vous êtes donné la peine…
Le « sur ce critère précis » m’a tout l’air d’une arnaque. Si tous les comtés sont si semblables, pourquoi n’ont-ils pas tous pris la même décision? Légaliser ou non la prostitution serait donc un choix indépendant de considérations politiques, économiques et démographiques? J’ose quand même espérer qu’ils n’ont pas tirer à pile ou face… J’attends de voir les sources pour essayer d’y voir plus clair sur ce point.
Pour les pays-bas, je ne vois pas l’argument puisqu’on ne sait pas (a-t-on seulement un moyen de le savoir?) comment aurait évoluer le trafic d’humains si la légalisation n’avait pas eu lieu. Dire « regardez, ça a augmenté » ne marche pas, ça aurait pu être pire s’ils n’avaient pas légalisés (sans qu’on le sache pour autant, c’est le propre des activités clandestines…).
Il est par contre très agréable (c’est assez rare pour le noter) de voir quelqu’un qui n’explique pas une causalité par une corrélation. Ouf, ça existe donc!
Par contre, sur la fin, je ne vous suis plus du tout. Mais c’est peut-être parce que vous commencez à parler de « moral », de « liberté,… mots dont les définitions me sont inconnues.
[Répondre]
Je n’ai rien compris du dernier commentaire!
[Répondre]
réponse de Kyle Butler
mai 16th, 2012 at 20:42
J’essayais tant bien que mal d’expliquer ce que je n’ai pas compris dans l’article. C’est peut-être parce que vous avez compris l’article que vous ne pouvez comprendre mes incompréhensions… C’est à l’honneur de votre esprit dans ce cas.
[Répondre]
Je ne comprends pas tes incompréhensions parce que je ne comprends pas ta position! Juste répondre pour un oui ou pour un non si tu condamnes la prostitution ou pas! Ton analyse ensuite sera peut être plus claire!
[Répondre]
réponse de Kyle Butler
mai 17th, 2012 at 14:26
Si je condamne ou non la prostitution? Honnêtement, je ne comprends pas le sens de la question. (Et je suis sérieux, ça n’est pas du tout sarcastique.)
De fait, sur cette question, je n’ai pas vraiment d’avis. Je n’essaie donc pas de « défoncer » le point de vue de l’auteur ou au contraire de « l’encenser ». J’essaie seulement de comprendre dans quelle mesure les arguments qu’il avance sont pertinents, l’avis qu’il émet cohérent.
[Répondre]
réponse de boubou
mai 17th, 2012 at 17:48
Voila c’est ce que je voulais savoir. Je n’étais pas sur la même longueur d’onde que toi car moi mon analyse de l’article s’est basé sur : premièrement une compréhension du sujet puis en second une prise de position par rapport au sujet ; c’est à partir de là que je pourrai rapporter mes commentaires. Dans ce cas je n’en avais pas, mais j’étais intéressé à comprendre le tiens vu qu’il y avait beaucoup de remarques.
L’analyse de la cohérence entre les propos et les arguments me paraissait évidente, surtout que je suis tout à fait d’accords avec l’opinion de l’auteur. Etant femme, je suis sensible au sujet.
Je viens de voir vos échanges ci-dessous, je trouve que tu as réussi à expliquer ton point de vue sur les 2 arguments qui te causaient problèmes. Je n’ai rien à dire maintenant, c’est très clair et je te remercie.
[Répondre]
@Tous: Merci pour vos commentaires. Il y a un certain nombre de choses intéressantes dans vos propos, dont certaines seront également traitées dans la 2e partie de ce dossier.
@Kyle Butler: Ce que j’aime bien dans tes commentaires de manière générale, c’est la tonalité constructive qui s’en dégage toujours. Si tu penses que l’article enfonce des portes ouvertes, c’est probablement que tu savais déjà toutes les informations qui y sont diffusées.
Dans ce cas, tu permettras aux autres lecteurs, moins savants que toi (sic), de s’en faire une autre idée. Je doute personnellement que l’opinion publique soit convaincue des positions que je défends ici, sinon Le Monde ne publierait pas, sans qu’elle suscite le moindre tollé, une tribune reprenant les 3 arguments que je dénonce ici. Par ailleurs, j’ai eu l’occasion d’avoir un échange musclé hier sur twitter la responsable du Strass (syndicat des travailleurs du sexe) qui montre que la porte est encore loin d’être ouverte…
Ma position est simple: d’un point de vue moral, je suis contre la prostitution (ce que j’évoque dans l’intro de l’article) mais je choisis de dépasser mon opinion pour voir l’impact réel du fait prostitutionnel sur la condition des femmes.
Pour finir, deux précisions sur tes arguments:
- Au sujet de l’étude dans le Nevada, je me suis bien gardé de parler de critères politiques identiques, mais j’ai identifié l’économie et la démographie comme des variables relativement groupées. C’est justement cette différence de politique locale et d’appréciation des moeurs, qui changent d’un comté à l’autre, qui donne à l’étude une valeur dans l’étude de l’impact de la prostitution.
- Sur la Hollande, je n’ai pas dit que la dépénalisation de la prostitution est un facteur d’augmentation de la traite (car l’étude en question ne permet pas de trancher sur ce point de manière causale) comme tu l’affirmes, mais qu’elle n’était en rien un facteur de limitation ou d’accalmie d’un phénomène migratoire réduisant des humains en servitude. Quant à tes conjectures: avec des « si »…
C’est bien d’avoir une opinion. C’est mieux d’avoir un argument.
Une dernière remarque: si tu veux avoir un échange utile et enrichissant avec les contributeurs de Foulexpress.com, je te recommande vivement de changer de ton et de sortir du dénigrement pour prendre une posture peut être plus respectueuse et plus humble, à moins que tu saches déjà tout sur tout, auquel cas la lecture de nos articles convenus ne risque pas de t’éclairer sur grand chose… Toutes les idées développées ici sont ouvertes à la critique, pour peu qu’elle se fasse de manière constructive.
[Répondre]
(1) L’absence de tollé montre que les gens ne sont pas convaincues par ce que vous dites? Pour ma part, j’y vois l’indifférence général vis-à-vis de cette question. Tout comme d’ailleurs l’indifférence généralisé réservée à tous les « exclus » (prostituées, prisonniers, drogués (ah, eux, un peu moins désormais), immigrés…). Il y a une différence entre des gens qui ne tiltent pas devant des arguments d’un cynisme inouïe (soit parce qu’ils sont malgré tout d’accord avec la conclusion soit parce qu’il s’en fiche et sont prêts à avaler n’importe quoi) et des gens qui s’en font les défenseurs.
Et vous me citez la responsable du Strass. C’est pas ce qu’on peut appeler un parti neutre. Ca vous étonne qu’elle défende sa paroisse?
(2) Votre position est avant tout morale. C’est donc la prostitution en tant que telle que vous n’admettez pas. D’autant plus que dans la pratique, ça se double de drames humains. Ok, ça me va.
(3) Mea culpa pour le Nevada, la méprise vient de moi. J’avais lu (plusieurs fois d’ailleurs) « pouvoir, économie, démographie ».
Pour la Hollande, je ne comprends pas où vous voulez en venir. L’étude montre que depuis 2000 (date de la légalisation) les trafics humains ont augmenté. Ok, donc ça montre que la légalisation n’a pas engendré une diminution des trafics d’humain. Mais puisqu’on ne peut pas savoir ce qu’il en aurait pas été s’ils n’avaient pas légalisés, en quoi c’est un argument « anti-légalisation »? Ou alors c’est juste pour montrer que dire « légalisation ==> diminution », ça marche pas?
(4) Comment avez-vous fait pour voir du dénigrement dans mon comm’? Et pourquoi pas de la condescendance tant qu’on y est? Il ne me semble pas avoir déjà insulté ou manqué de respect à qui que ce soit ici. J’admets volontiers que le ton est parfois un peu provocant, mais de là à parler d’orgueil… permettez-moi de trouver ça un peu exagéré. J’essaie juste de comprendre les positions ici défendues.
Maintenant, vous êtes le maître de ces lieux. Si vous n’acceptez pas une telle attitude, je m’en irais.
[Répondre]
réponse de Marwan Muhammad
mai 17th, 2012 at 15:55
Explications acceptées et commentaires bienvenus.
Sur la Hollande, tu as raison c’est bien comme ça qu’il faut comprendre.
@ bientôt
[Répondre]
assalamu aleykum,
Il m’ a été donné de soigner et de rencontrer de nombreuses prostituées… La réalité est affreuse, toute réalité dans l’ interdiction d’ Allah ta’ ala est affreuse.
Des femmes en très grande souffrance, très, très grande souffrance. Toxicomanes, malades alcooliques, bien souvent touchées par les MST, violentées, abusées, parfois torturées, humiliées quotidiennement, la peur omniprésente, les viols(évidemment), beaucoup de suicides aussi, et une souffrance psychologique intense.
Leur situation est épouvantable, il n ‘ y a aucun doute à ce sujet, les témoignages contraires sont en complète opposition avec la réalité vécue sur le terrain.
Je voulais saluer le Mouvement du Nid, leur site vous informera plus encore sur la réalité de la prostitution.
http://www.mouvementdunid.org/Prostitution-Apres-la-Resolution
[Répondre]
Heureusement tout va changer!! grâce au génie technologique de quelques humanistes, soucieux du bien être de leurs pairs, car « en s’accouplant avec une machine et non un être en chair et en os, les “clients ne seraient pas culpabilisés et n’auraient donc pas à mentir à leur partenaire”. »
Grands seigneurs, ils fondent également leur démarche sur la volonté d’éradiquer du monde l’esclavage sexuel. Ouf!
http://www.courrierinternational.com/article/2012/05/07/demain-a-amsterdam-des-prostituees-robots
[Répondre]
Cela me fait penser au père des mangas Osamu Tezuka, qui a passé sa vie à exprimer son scepticisme et avec une façon artistique, le lien entre la technologie (les robots), la science et l’avenir de l’être humain. Non, je ne pense vraiment pas que c’est une solution qui pourra arrêter la prostitution.
Ce que je reproche aux pays dites développés ou plutôt pays à forte consommation (Japon, Europe et Amérique) c’est se retour sans cesse aux solutions matériels pour régler ces problèmes alors qu’ils oublient tout le temps que le changement vient de l’intérieur, jamais de l’extérieur. Aucun scientifique ou psychologue ne pourra nier cette vérité.
Au lieu de changer les mentalités, ils préfèrent mettre des lois et garder comme même le bisness par ce que ça rapporte ! Argent, Argent, Agent… !
[Répondre]
réponse de boubou
mai 20th, 2012 at 01:02
C’était une réponse au commentaire de « Safiyya »
[Répondre]
Merci Boubou, je partage bien sûr ton opinion, je me permettais juste un peu d’ironie…
[Répondre]
réponse de boubou
mai 20th, 2012 at 11:54
hihihihihihi! il le faut!
[Répondre]
excellent article et analyse ! merci !
[Répondre]
Bonjour
Moi ce qui me choque dans cet article que je trouve pertinent c’est la photo qui est associé au sujet de la prostitution… ?
une fille parmi tant d’autres (sans vouloir paraître féministe!)
[Répondre]
réponse de Marwan Muhammad
juin 27th, 2012 at 15:27
Si tu as une meilleure proposition d’illustration libre de droit, elle est la bienvenue. Je ne voulais pas mettre une photo d’une prostituée.
[Répondre]