square

Revue de presse #31 : preuve d’achat et vies à regagner



CR : Coblat/Flickr

 

Soldes, soldes, soldes !

Quand l’être humain tombe au stade animal pour obtenir une satisfaction futile, on se dit que notre société a encore beaucoup, beaucoup de progrès à faire avant d’atteindre le haut degré de civilisation qu’elle prétend incarner.

En France, on se prive parfois de sorties ou de nourriture pour acheter le dernier sac à la mode ou les chaussures qui épateront les copains. En Chine, malgré une croissance fulgurante, des pans entiers de la population ne profitent toujours pas des bienfaits éphémères (et parfois hors de prix) qu’offre la société de consommation. Mais l’être humain aime bien avoir des modèles et s’inspirer d’eux dans leur comportement, et même dans leurs achats. Ainsi, des sites Internet proposent aux Chinois d’acheter des étiquettes, des tickets de caisse ou des sacs d’emballage griffés aux noms de marques de luxe célèbres. Le pire, c’est que ça fonctionne à merveille nous explique Courrier International dans son édition du 12 décembre. A tel point que les stocks de sacs en bon état sont pour la plupart épuisés. L’article parle de « consommation » pour sauver la face, comme si les objets permettaient de valider la prospérité financière de celui qui les possèdent. Il souligne également que bien souvent ceux qui réussissent en Chine, et en premier les hommes politiques, affichent leur  arrogance et leur bien-portance par l’exhibition de produits onéreux, et que les autres citoyens tentent de combler illusoirement ce fossé en achetant des miettes de luxe. Et sans tomber dans la sinophobie, je me souviens d’un reportage diffusé il y a quelques semaines dans l’émission L’effet papillon sur Canal +, où une école pour enfants en bas âge de couples riches inculquait aux enfants la passion pour l’argent. Tout était bon pour leur graver dans l’esprit que la fin justifie les moyens et que tout s’achète à coup de billets. Absolument effrayant.

Dans Le Figaro du 11 janvier, l’archevêque d’Alep en Syrie Jean-Clément Jeanbart tient des propos un peu surprenants. « Malgré les violences, il faut encore donner sa chance à Assad » estime le religieux, arguant que « nous sommes très préoccupés par les conséquences d’un renversement du régime », autrement dit l’arrivée au pouvoir des Frères musulmans par exemple.Et d’ajouter qu’un nombre non négligeable de Syriens soutiendraient toujours à l’heure actuelle le pouvoir en place. Vu le nombre de victimes et la violence de la répression, je ne sais trop que penser face à de telles allégations.

Le lendemain, le journal a publié un article concernant les assassinats de scientifiques iraniens travaillant sur le nucléaire. C’est un secret de polichinelle, l’état israélien tente par le sabotage et le meurtre de mettre un coup d’arrêt au programme nucléaire iranien. Le professeur Efraim Inbar de l’université Bar-Ilan à Jérusalem dit même que « faire disparaître les scientifiques est l’une des manières de rendre les choses plus difficiles et de gagner du temps. On aurait du commencer plus tôt. » J’imagine que si les Iraniens appelaient au meurtre de scientifiques israéliens, l’article du Figaro aurait légèrement plus déchaîné les passions.

Le Monde et La Croix du 11 janvier ont chacun publié un dossier sur la non-fermeture du camp de Guantanamo, pourtant promise par Barack Obama. Des détenus retenus sans charges, sans preuves et sans procès, et qui une fois libérés sont laissés dans un néant juridique. C’est le cas des Algériens Lakhdar Boumediene et Saber Lahmar, accueillis en France en 2008 après avoir passé sept années dans l’horrible geôle. Tous deux envisagent de porter plainte contre le gouvernement nord-américain afin de faire reconnaître leur statut de victimes innocentes. Mais ils sont tous deux coincés en France car les gouvernements français et algériens refusent de leur livrer des papiers d’identité. Les deux hommes font leur possible pour se reconstruire, pourtant le cauchemar de Guantanamo n’est jamais bien loin dans leur esprit, et la France constitue désormais leur prison à ciel ouvert.

Lakhdar Boumediene et Saber Lahmar, qu’allons-nous faire pour vous aider ?




sep

Commentaires


  1. Par oum Nazha le 19 janvier 2012 à 11:50

    salamu3alaykum wa rahmatuLAH,
    les secrets de Polichinelle ont le fâcheux caractéristique de rendre le public indifférent :
    « La mort des hommes n’a pas de prix (et même la vie, pour ceux qui viennent de la retrouver après être marginalisé en prison) , pour le reste il y a Euro Card Master Card » …

    yahdihumuLLAH wa hdina.

    Enfin je dirai il faut s’armer de mots et de questions pour asséner ceux qui nous accusent. Nul besoin de crier ou de donner des coups, la justice fera mal car elle vise toujours précisément la cible. Les plus plus forts sont ceux qui interrogent les tortionnaires pas ceux qui doivent se justifier. Apprenons comme vous le faites Alexandre Amrhein (et toute l’équipe Foulexpress) à nous poser des questions, à traiter les informations dans le fond, sur le choix éditorial etc.

    Dite comme ça, ma vision semble réduite mais essentielle.
    Bonne continuation!

    [Répondre]