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Revue de presse #30 : on perd le nord



CR : Alexandre Amrhein

 

Nos médias nationaux n’hésitent jamais à aller à contre-courant, à défendre des idées nouvelles, à sortir des sentiers battus, à… bon j’arrête. Leur conformisme rivalise plutôt avec leur capacité à traiter la même information de la même manière au même moment. Mais pas aujourd’hui, pour une fois ! Alors, qui est l’heureux élu ? Quel est le journal courageux ? Charlie Hebdo ? Marianne ? Non, Le Figaro Economie plutôt. Ce matin, la presse est à nouveau revenu en long, en large et en travers sur l’instauration de la taxe Tobin. Il s’agit d’un projet d’impôt sur les transactions financières. Pour résumer grossièrement (et en espérant que Marwan ne soupirera pas en lisant un résumé aussi vulgaire), à chaque fois qu’une transaction financière serait effectuée en Bourse, quand un trader vend une action ou achète un produit par exemple, la banque centrale prélèverait un petit pourcentage sur le montant de la vente. Le but consisterait à réduire le volume d’échanges et par conséquent la spéculation, car il faudrait payer la taxe à chaque fois, et distribuer l’argent ainsi récolté aux pays qui en auraient besoin au titre de l’aide au développement. Mais le projet fait l’objet de dissensions au sein de l’Union européenne : alors que Nicolas Sarkozy se dit prêt à l’appliquer en France même si les autres pays ne mettent pas la taxe Tobin en place, Angela Merkel se montre bien plus réticente sur ce sujet. Et pourtant… Alors que les autres journaux disaient que c’était mal barré, Le Figaro Economie a publié un article indiquant que le président français avait réussi à convaincre la chancelière allemande. Ouf, on est rassurés de savoir que le processus peut fonctionner dans les deux sens. Sauf qu’à la lecture des actualités d’aujourd’hui, difficile de dire si la taxe Tobin sera bel et bien établie au niveau européen. Pour l’instant, on tend plutôt vers la mesurette cosmétique. Tobin or not Tobin, telle est la question.

Pas besoin de boule de cristal pour prévoir qu’un autre sujet risque de faire parler de lui dans les jours qui viennent. Le vote de la loi contre les nourrices musulmanes va sûrement revenir sur le devant de la scène. Présenté par le Parti socialiste, le projet prévoirait d’interdire aux assistantes maternelles de porter le foulard chez elles quand elles gardent des enfants dans le cadre professionnel. Le Collectif contre l’islamophobie en France incite donc chaque citoyen(ne) à contacter son député et son sénateur afin de faire connaître sa désapprobation.

Dans le même temps, Libération a publié le 9 janvier une tribune de l’éditeur Christophe d’Astier qui laisse quelque peu perplexe. L’homme se dit en effet opposé à l’interdiction de la prostitution…au nom de la laïcité. Oui, vous avez bien lu ! Après avoir annoncé dès la première ligne qu’il avait lui-même payé des prostituées durant sa vie, il dénonce le point de vue religieux hérité du monothéisme qui condamne effectivement les relations en dehors du mariage. « Le problème du « service sexuel » n’est que la conséquence d’une morale religieuse, d’autant moins acceptable qu’elle ne respecte pas le principe de laïcité. »

Franchement, un tel article mériterait de figurer dans une pièce du théâtre de l’absurde cher à Ionesco.

Désolé, je ne fournis pas les anti-vomitifs.




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Commentaires


  1. Par L'etudiante le 10 janvier 2012 à 18:01

    Salam aleykoum, 
    Dommage pour les anti vomitifs. C’est affolant tout ça en dirait on joue sur le fait que tout le monde n’est pas instruit sur bon nombre de thèmes et ducoup on fait passer tout et n’importe quoi. On se justifie avec mauvaise foi, en jouant sur des fausses subtilités qui n’ont d’autres but que de noyer le poisson. Enfin bon, c’est une bien moche pagaille. Pour la question de l’interdiction du voile  pour les  assistantes maternelles, je comprends pas, ni l’initiatie, ni les justifications enfin bon pour le coup je n’ai même pas envie de comprendre….
      Merci pour cette revue de presse. 


  2. Par Marwan Muhammad le 11 janvier 2012 à 11:50

    Sur la taxe Tobin, c’est important de dire qu’elle ne pénalise pas les transactions simples et motivées par une réalité économique, mais plutôt celles spéculatives.

    Exemple: si elle est de 0.05% par exemple du montant échangé, elle est négligeable dans une transaction où j’achète 1000 actions Matsushita.

    Si par contre, j’ai l’intention de racheter/vendre ces mêmes actions des milliers de fois dans la même journée, en espérant tirer bénéfice des légères modifications de prix, alors cette taxe va commencer à me coûter pas mal d’argent puisqu’elle n’est pas fonction de ma position (le nombre d’actions Matsushita que je possède) mais de mes transactions (le nombre d’achats/ventes que j’ai éffectué).

    Dans ce deuxième cas, c’est bien le trading spéculatif et les automates qui sont visés (les automates des programmes qui repèrent des différences de prix instantanées et font des transactions pour en tirer bénéfice).

    Ca mérite plus de développement, mais en gros voila l’idée.


  3. Par Le Gounjou le 11 janvier 2012 à 17:58

    Alexandre, je voulais juste te dire que même si les nouvelles sont écœurantes, tu fais de magnifiques photos, voilà.

    #finirsurunenotelégère


  4. Par Alexandre Amrhein le 12 janvier 2012 à 9:23

    @L’étudiante : un des motifs parfois évoqués est que le port d’un signe religieux pourrait s’apparenter à du prosélytisme auprès des enfants.

    @Marwan : merci pour l’explication précise.

    @Le Gounjou : merci beaucoup ! c’est une des toutes premières photos que j’ai prises avec mon reflex. Mais cela fait des mois que je ne prends plus beaucoup de clichés…


  5. Par L'etudiante le 12 janvier 2012 à 21:42

    @alexandre: oui j’imaginais bien mais je trouve cet argument trop facile, et falacieu.  Que l’on porte un signe religieux ou pas le proselytisme est possible. Moi ce que je trouve « prosélytique »  c’est de proner une « dite » laïcité pour tout le monde. Car  ne pas prendre parti pour quelque chose c’est deja une position. Et je trouve honteux et lache de tenter »bloquer » toutes les issues pour les femmes voilées. Surtout a cette epoque feministe ( si ce mot veut dire quelque chose aussi,  car je ne vois pas pourquoi se poser en clan… enfin c’est un peu un autre debat), où l’on dit que les femmes doivent « s’emanciper » via le travail. Je met des guillemets a s’emanciper car le travail comme source d’emancipation mérite également d’être discuté.   
    En resumé ce qui me mine c’est ces actions plus qu’hypocrites, visant a reduire nos marges de manoeuvres nous musulmanes.je situerais  ma réaction présente comme celle d’une personne indignée, mais qui éspère qu’un jour nous vivrons dans le respect de chaque être humain dans son entiéreté, hincha’Allah. 
    Wa salam aleykoum.