Ma réponse aux (nombreux) commentaires sur rue89


Je pense que cette discussion est d’utilité publique. A l’heure où ce pays traverse une page peu lumineuse de son histoire, je crois qu’il y a de franches disputes qui sont salutaires. Celle-ci, il me semble, en fait partie. Quand je parle de pages sombres de l’histoire, je ne fais pas seulement référence à la situation des musulmans et des autres minorités, qui ne sont que des composantes de ce pays parmi d’autres (même si certaines sont souvent mises, pour des raisons plus ou moins louables, au centre de l’objectif). Il y a comme quelque chose de cassé en France, où le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les jeunes, où la consommation d’antidépresseurs atteint des records, où le cynisme des politiques et une forme d’individualisme décomplexé font que notre pays détruit plus de lien entre nous qu’il n’en crée ce qui est, je pense, l’un des symptômes d’une société en déclin. C’est, au minimum, notre responsabilité de faire en sorte que ça change et c’est, au minimum, pour cela que je reste.

A ceux qui me demandent pourquoi le ton de mes textes est incisif, je dis qu’il n’est qu’une réaction à l’hostilité ambiante et à l’atmosphère délétère qui nous entoure. 

A ceux qui me reprochent de parler de manière revendicative du droit d’existence de l’Islam en France, je rappelle qu’on tend rarement le micro aux musulman(e)s pour parler de solidarité ou de développement durable, deux sujets sur lesquels ils auraient pourtant beaucoup de choses à dire.

Dans les lignes qui suivent, j’essaie d’apporter les réponses les plus franches possibles à nombre des questions et critiques qui ont été adressées par les lecteurs. L’exercice est en général périlleux, car souvent on vient pour affirmer plus que pour entendre. Quoi qu’il en soit, plutôt que de répondre au lance flammes (ce qui, vu la teneur de certains des commentaires, n’a pas manqué de traverser mon mince –mais génétiquement vindicatif- esprit), je préfère avoir recours à un extincteur et à un dictionnaire pour vous faire part de mes idées. 

Sur la laïcité, la visibilité de l’Islam et la pratique de la religion

La laïcité, telle que définie par la loi française, s’applique aux services publics et à l’état. Elle ne s’applique pas à l’espace public. La laïcité n’est pas une interdiction de visibilité des religions dans l’espace public. Elle n’est pas un droit de bannir toute expression religieuse qui déplairait aux yeux d’une frange de nos concitoyens pour qui l’athéisme est vécu comme un acte de foi se nourrissant de la négation de celle des autres. Elle ne doit pas être détournée pour dissimuler, sous couvert d’un appel à des valeurs prétendument républicaine, une haine de ceux qui souhaitent exprimer de manière visible leur religion.

On a l’impression que le simple fait de porter un foulard ou une barbe est déjà perçu comme le geste de trop : « cachez cet Islam que je ne saurais voir !! » semblent indiquer des regards dépités et des soupirs désapprobateurs. Comme le tampon de modération, celui de l’ostentation est apposé à toute image qui déplairait. C’est pourtant un droit fondamental de choisir les formes d’expression de notre foi.

Donc non, l’expression religieuse ne doit pas être cantonnée à l’espace privé des individus. Ils ont le droit, comme ils le veulent, de l’affirmer dans la sphère publique tant qu’ils ne contreviennent pas aux lois républicaines. C’est le respect strict de ces lois que j’exige et tout républicain qui respecte un minimum les fondations de ce pays devrait me soutenir dans cette démarche. 

Concernant la pratique de l’Islam, et pour faire référence à l’accomplissement de la prière, il y a également bon nombre de malentendus. Alors oui, je sais bien que vu l’imaginaire collectif que construisent les séries télés et les films, ouuh comme ça fait peur un musulman qui se prosterne sur une pelouse… pourtant, s’agissant de l’espace public, chaque citoyen est libre de faire ce qu’il veut. Je dis une prière comme un passant dirait un poème. Je me prosterne comme quelqu’un d’autre ferait sa gymnastique, même si la signification et l’importance que cela revêt pour moi est intense. L’accomplissement d’un tel acte n’est aucunement assimilable à du prosélytisme. Donc sur ce point aussi, la loi est claire.

Il y a donc dans notre pays un cadre juridique, fruit de longs combats, qui garantit la neutralité des pouvoirs publics en matière de religion et la libre expression de leur foi par les citoyens. Il s’agirait maintenant d’en prendre connaissance et de faire la différence entre respect de la laïcité dans les instances publiques et négation partisane de l’expression religieuse. Connaître ce genre de lois, c’est un peu un smic républicain…

Sur la citoyenneté et la définition de l’identité française

Etre citoyen français, c’est disposer d’un document précisant que l’on est de nationalité française et que, à ce titre, on respecte les lois et bénéficie des droits qu’offre ce pays. Nulle part il n’est dit que je dois être solidaire de l’action menée par ce pays. Au contraire, je serais un piètre citoyen si je ne mettais pas en garde mes frères (rappelez vous de notre devise) contre les dérives qui menacent notre unité.

En même temps c’est un lien puissant de se dire qu’on vit ensemble, que nos enfants vont grandir ensemble et, pour la plupart, partager leur futur ensemble. Ca devrait nous faire ressentir la responsabilité de créer un cadre où chacun peut vivre sans avoir perpétuellement le sentiment d’être sur un strapontin, guetté par les contrôleurs d’une sombre identité.

Plusieurs lecteurs me demandent mon avis sur la situation des « pays musulmans ».

J’ai envie de répondre : Je ne sais pas trop, je vis ici. C’est quoi un « pays musulman » ? Et en quelle qualité pourrais-je m’exprimer sur ce sujet ? Est-ce en lien avec ma prise de position dans la tribune que Rue89 publie ?

Les musulmans de nationalité Française n’ont pas toujours de lien automatique avec un pays d’origine, ce qui d’ailleurs rend absurde la déchéance de nationalité. Par ailleurs, si vous faites référence aux pays arabes, la plupart d’entre eux sont des régimes autoritaires qui briment leurs citoyens, encore plus s’ils affirment leur religion, ce qui est souvent utilisé par les islamophobes comme un argument pour dire « Voyez ? Zêtes mieux traités ici alors la ramenez pas… ».

Il est également utile de préciser que si 90% des arabes sont des musulmans, 90% des musulmans ne sont pas des arabes. Ca permet de mettre en perspective les amalgames qui sont souvent faits entre religion, groupe ethnique/culturel et citoyenneté.

Me concernant, je pense que nous définissons tous l’identité française à notre façon. Elle est une mosaïque aux millions de facettes et pas un bloc monolithique, grisâtre et figé. Il est important aussi de préciser l’idée d’identité multiple : chacun d’entre nous ne se définit pas par une seule chose. Certains penchent plus pour leur emploi, d’autres pour leur drapeau, d’autre pour la passion qui les anime. Ces diverses parts de ce que nous sommes ne sont pas mutuellement exclusives, mais mutuellement enrichissantes.

Me concernant, je me sens français dans mon langage et mon sens de l’humour, ma capacité à râler en faisant la queue à la station d’essence, rire aux mêmes blagues des Inconnus, chanter les mêmes génériques pourris de dessins animés des années 80, me plaindre au restaurant, parler de sauver l’environnement en rêvant de conduire une Porsche et penser que demain ça sera pire mais que c’est de la faute des autres… 

Je suis Musulman, je suis égyptien dans mon lien à la terre de mes origines, algérien dans mes crises de nerfs, indien dans ma cuisine, américain dans mes baskets, japonais dans mon imaginaire d’enfant et je me porte très bien comme ça.

Et vous, qu’est ce qui vous définit ?

J’aimerais également revenir sur une expression qui revient souvent dans la bouche de chroniqueurs et de penseurs (ce dernier qualificatif reste à prouver) dont je ne citerai pas le nom ici pour ne pas faire affront aux lecteurs ni salir mon clavier, vu qu’il me reste encore quelques lignes à écrire : « A Rome, fais comme les Romains. »

Cette phrase, hymne à l’assimilation sans condition, dit plusieurs chose à celui à qui on l’adresse :

-       Là, tout de suite, tu n’es pas Romain

-       tu fais comme les autres, point

-       non au changement et surtout tu touches à rien

-       les Romains ont raison

-       …

Donc non, je ne ferai pas comme les Romains. Quand ON est citoyen d’un pays, ON définit autant que les autres ce qui fait l’identité de ce pays. Quand ON est en désaccord avec la politique de notre pays, ON l’exprime et on fait ce qu’ON peut pour la changer. Quand ON regarde rétrospectivement l’histoire de notre pays, ON a le droit de dire qu’il y a des passages qu’ON aime moins que d’autres et d’en tirer les conséquences pour le futur. C’est l’effort collectif des citoyens qui crée le changement.

Sur la méthodologie, les sondages et le discours médiatique

Concernant le sondage du Figaro que je commente à la fin de ma tribune, il y a une tournure qui est imprécise stricto senso. Quand je dis « 76% des Français… » je devrais plutôt utiliser l’expression « 76% des Français qui se sont exprimés dans ce sondage… ». Les conclusions que j’en tire sont pourtant justifiées. Preuve en est la misère des collectes des ONGs en faveur des sinistrés au Pakistan (300 euros pour la Fondation de France). Si l’échantillon des avis exprimés est biaisé en ce qu’il est le reflet du lectorat web du Figaro, les collectes sont recensées sans distinction d’appartenance à un groupe politique particulier.

Les biais dans les statistiques et les sondages peuvent venir de la manière dont l’échantillon est formé, de la date à laquelle le sondage est fait, de la manière dont la question est posée, de la méthodologie utilisée pour recenser les réponses, etc

Ces biais laissent une certaine marge de manœuvre aux instituts de sondage et à leurs commanditaires pour construire une analyse dans une direction plutôt qu’une autre, mais ne peuvent pas expliquer une telle asymétrie dans les résultats quand l’échantillon est plus nuancé, ce qui est le cas du lectorat du Figaro qui, certes, est plutôt à droite, mais pas dans ces proportions. Ensuite, la question posée invitait les gens sur un sentiment et pas sur un engagement de don, ce qui veut dire que l’état réel de l’opinion est sous évalué, les gens s’exprimant en général plus philanthropes qu’ils ne le sont réellement.

Le cas de ce sondage est intéressant à bien des égards, car il permet de déconstruire la manière dont l’empathie s’exprime. Plusieurs remarques pertinentes ont été faites dans les commentaires à ce sujet :

-       « On donne de préférence à ceux pour qui on a de la sympathie »

Très bien. Dans ce cas, qu’est ce qui fait qu’on a plus de sympathie pour les Haïtiens que pour les Pakistanais ? (ou plutôt moins de sympathie pour les Pakistanais)

Je pense que c’est l’Islam et l’association aux talibans. La manière dont le discours médiatique est construit autour des talibans et de leur supposée connivence avec les Pakistanais est ce qu’on appelle un épouvantail. Un tel dispositif permet de jouer sur les peurs des citoyens occidentaux vis-à-vis de ce qui est qualifié de « nébuleuse » et qui mêle, dans un monde imaginaire de peurs ressenties : terrorisme, pouvoir religieux et pratique rigoriste de l’Islam. C’est ce qu’alimentent en permanence les séries tv mettant en scène des luttes anti-terrorisme sous alerte permanente, ainsi que des reportages d’info-spectacle reprenant la même rhétorique.

Ces peurs sont ensuite utilisées pour exiger de nous, citoyens, l’acceptation de renoncer à toujours plus de libertés pour retrouver un sentiment de sécurité.

Plus proche de chez nous, notez comme le mot « burka » a été introduit dans le débat sur le voile intégral pour convoquer ce sentiment de crainte et de rejet vis-à-vis du monde des talibans. Je n’ai personnellement jamais vu la moindre burka en France. Et vous ?

Dans leur malheur, les Pakistanais peuvent en vouloir à ceux qui les ont déshumanisés dans notre imaginaire au point que leur désastre ne soit pas chez nous une cause populaire, Jack Bauer en première ligne.

-       « Les collectes pour le tsunami ont été massives, alors que les zones touchées comptaient de nombreux musulmans. »

C’est que, comme le notait un lecteur, l’image des Indonésiens n’est pas celle des Pakistanais. Par ailleurs, le thème de collecte à l’époque était centré autour de plusieurs pays, notamment la Thaïllande et le Sri Lanka et a permis de plus facilement sensibiliser les Français à cette cause.

J’avoue que c’est insupportable de comparer ces malheurs les uns avec les autres. Une vie humaine vaut la même chose, où qu’elle soit et c’est par manque de connaissance de l’autre qu’on perd le minimum d’empathie qui nous ferait réaliser que les mamans et les enfants (et leurs papas, barbus ou non) du Pakistan ont besoin de nous, là tout de suite.

De manière plus générale, sur les mécanismes de l’empathie, il y a beaucoup de choses à dire mais qui seraient injustement traitées par un simple survol.

Ce que je dis

Je dis que nous vivons une période difficile de notre histoire où plusieurs lignes de fracture apparaissent dans notre société : l’islamophobie grandissante, l’aggravation des inégalités dans la distribution des richesses, la détérioration du lien social et la perte d’espoir de plus en plus visible chez les jeunes.  

Il y a une profonde incompréhension et une méconnaissance de l’autre, qu’il faut résoudre par un dialogue dépassionné et un respect de l’autre, qui commence par une acceptation inconditionnelle de ce qu’il est, quelle que soit sa tenue, sa religion, ses idées. Quand on parle d’islamophobie, il ne faut plus faire comme si ça n’existait pas. C’est sur notre sol qu’on mitraille des mosquées et qu’on lacère au cutter des femmes qui portent le foulard.

Ensuite, nous traversons une crise morale : les gouvernants et ceux qui nous proposent de les suivre ne se comportent pas comme des modèles. Ils sont aux antipodes des valeurs qu’ils disent défendre. Quand un ministre condamné pour injure raciale nous parle de légitimité, quand le héraut de la transparence fiscale se retrouve au cœur d’un scandale financier, quand un président flambeur nous parle de république irréprochable et économe, on sait qu’il n’y a plus grand-chose à espérer d’eux.

Jamais le fait politique n’a été aussi fort dans notre société, c’est-à-dire l’espoir que l’action collective puisse améliorer la situation de notre pays. Pourtant, jamais on a eu si peu confiance dans les politiques pour participer à cette tâche.

Ce n’est pas si grave, c’est nous les citoyens et il y a tant de moyens d’actions pour changer les choses dans notre vie de tous les jours, à commencer par cette discussion si on en tire des enseignements réels.

Enfin, il y a une crise socio-économique : je mêle les deux car je pense que le lien social qui nous unit pâtit du modèle dans lequel nous vivons depuis que notre sort est dicté par des mécanismes purement économiques. J’ai consacré (en partie) mon livre à ça donc j’ai (pour un prochain article) ma petite idée là dessus. Nous vivons toujours plus proches les uns des autres, pourtant la distance entre nous ne cesse de s’agrandir. On n’a jamais autant eu envie de changer le monde, pourtant on se sent impuissants face à un système qui clame son inéluctabilité. Est-ce qu’il n’y a qu’à moi que ça pose problème ?

Si, comme l’un des commentateurs le notait, la stratégie de ceux qui nous gouvernent est de diviser pour mieux régner, alors à nous de les faire mentir.

Il est temps de poser les vraies questions.

 

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  1. as-salâmu ‘alaykum

    S’agissant du sondage sur Lefigaro.fr et de ceci « On donne de préférence à ceux pour qui on a de la sympathie », le problème n’est pas l’absence de sympathie ni même l’absence de dons. Chacun voit midi à sa porte et donne ou ne donne pas à qui il veut. Ce qui est effrayant, c’est de constater qu’il puisse y avoir autant de gens qui, sans complexe, affirme ne pas être sensible à cette situation. Ça, moi, ça me dépasse.

    Par Al-Kanz le 20 août 2010 à 12:36
  2. Salam’3alayk Marwan

    Je voulais t’exprimer mon soutien suite à ce déferlement de haine via les commentateurs des riverains.

    Lorsqu’on met les individus face à leurs contradictions… La seule réponse qui leur vient c’est la Haine gratuite.

    Par Ney le 20 août 2010 à 17:14
  3. salam alikoum,

    Merci Marouane pour ton article, triste paradoxe mais c’est une vérité qui dérange et les commentaires le prouvent.
    Toute cette énergie, ce temps consacré à hair les autres et à cracher leur venin à travers leurs commentaires. Je n’arriverais jamais à comprendre cette haine.

    En ce mois bénis de ramadan conssacrons notre temps et notre énergie non pas à la haine mais à l’amour pour Dieu. Multiplions les bonnes actions c’est la meilleure réponse que l’on peux donner.

    sonia

    Par sonia le 20 août 2010 à 18:03
  4. Une réaction digne et éclairée.

    Bravo Marouane.

    Je comprends que ça a du beaucoup déranger de voir surgir soudainement sur la scène publique, un Musulman qui s’assume qui n’hésite pas à dire des quatre vérités. Qui plus est, un bougre à l’aise dans ses baskets et dans sa jellaba, maniant le verbe avec brio et n’étant pas la moitié d’un abruti. Ca fait beaucoup à digérer…

     » sans la liberté de blâmer il n’est point d’éloge flatteur » ( c’est la devise du Figaro )

    Par Adel Z le 20 août 2010 à 19:17
  5. Je cherche toujours des solutions… petite être-humaine sans pouvoir (puisque sans argent) que je suis, surement existe-elle toute simple juste sous notre nez.
    Très belle article une fois de plus, c’est un vrai plaisir de te lire !

    Par Veganlove le 20 août 2010 à 20:04
  6. Salam aleykoum, je connai votre site par l’intermédiaire du site al kanz! Je tenais a dit que vou dites vraimen ce que l’on pense t que beaucoup d’entre nous refus d’accepter, ou nous trite de paranoïaque lorsque l’on tente de parler de cette réalité social propre a nous les minorités en France. Outre cela, vous avez du que chaque vie haine doit se valoir ce qui est tout avait just neanmoin la réalité elle ne l’est pas, les essai de traitement thérapeutique en circulation en Europe , St. Souven fai sur des malades ne possedan pa un sous et n ayant pour seul solution que c médicaments parfois danjreu voir mortels sur eux; comment en voyan cela peut on croir que l’on respect chaque vie humaine!! C gav déliant et triste !!! Mai le savoir l’intelligence des population et des blogs comme les vôtres apparaissent interessan et redonne l’espoir dune honnêteté reconquise et dun rspect de l’autre a venir!!!! Allah ouma amine.

    Par L'étudiante le 20 août 2010 à 23:39
  7. Salam aleykoum, je dirais juste merci et bravo, les gens n’aime pas que l’on parle de cette réalité sociale que représente la situation des « zimmigres » en France, et concernant vos propos sur notre système économique mondiale, un grand économiste (auquel j’ai eu la chance d’assister a une
    de ses conférences, )
    nommé samir amine a en effet repri cette idée que vous avez soulèver dun syteme qui échappe au contrôle de l’homme.En somme vos propos st Vrais et très très juste. Merci pour cette lucidité !!!!!!!

    Par L'étudiante le 20 août 2010 à 23:54
  8. INTÉGMILATION

    Ils n’ont pas de pouvoir financier, pas de pouvoir économique, pas de pouvoir militaire, pas de pouvoir politique, pas de pouvoir médiatique, pas de pouvoir intellectuel, pas de pouvoir sur les publications, pas de pouvoir cinématographique, pas de pouvoir artistique, pas de pouvoir sportif, pas de président de la république, pas de ministre, pas de représentant à l’assemblée nationale, pas de représentant au sénat, pas de président de conseil régional, pas de président de conseil général, pas de maire, pas de président de parti politique, pas de président directeur général d’une entreprise importante, pas de…
    Mais ils ont le pouvoir de Résister à ceux et à celles qui veulent les empêcher de faire de leur mieux pour Adorer Allah, comme Allah le demande.
    Ils sont reconnaissants à Allah pour ce pouvoir et pour tous les innombrables Bienfaits.
    La guerre menée contre les croyants et les croyantes ne date pas d’aujourd’hui.
    Dans cette guerre, tous les moyens sont mobilisés et les mots sont une arme des plus redoutables.
    Des mots comme intégration et assimilation par exemple (intégmilation), sont associés aux multiples autres moyens pour vaincre le pouvoir de Résistance.
    Cet arsenal et tout ce qui a servi, sert et servira contre les croyants et les croyantes, n’a pas anéanti, n’anéantit pas et n’anéantira jamais le pouvoir de Résistance.

    Par Bouazza le 21 août 2010 à 11:44
  9. Simplement pour ajouter un peu de « diversité » à ces messages de soutien.

    Par Le Cid le 21 août 2010 à 12:52
  10. Cher M Mohammad,
    Ma première réaction, en lisant vos deux textes, fut profondément indignée. Amalgames à la pelle, illogismes inattendus chez un ingénieur, simplifications à outrance, raccourcis fumeux. Des textes écrits sous le coup d’une émotion.

    Et puis… Les commentaires montrent que vous n’êtes pas le seul à penser cela. Il y a un problème.

    Cependant je n’arrive pas à identifier ce problème. Dans cette émotion, je ne suis pas sûr de le comprendre. Vous écrivez aussi, vous écrivez surtout, à des français non-musulmans, qui pour beaucoup ne connaissent rien de votre vie, qui vous croisent dans la rue sans soupçonner votre ressenti.

    Peut-être vois-je deux aspects. Certaines lois à l’encontre de certains aspects de votre culture d’origine, et ce que j’appellerais le syndrome de la grand-mère qui tient plus fort son sac-à-main quand elle croise un type qu’elle trouve étrange. Je laisse de côté le second aspect, nous pourrons en discuter si vous voulez.

    Donc, si je comprends bien, le problème majeur apparent (qui peut n’être pas le problème de fond) est que certaines lois sont en contradiction avec votre culture et vos aspirations. Je ne dirai pas que la loi a toujours raison. Les copinages de notre ministre du Travail montrent que ce qui est légal peut très bien être malhonnête. Mais l’avantage de ce schéma de pensée est que la loi, dans une démocratie qui fonctionne, est perfectible.

    Cher M Mohammad, l’atmosphère actuelle en France est délétère, même si j’ai personnellement vu bien pire en matière de racisme. Mais, je vous le demande, si vous êtes bien tel que je vous perçois, au-delà de l’émotion de vos textes, ou grâce à elle, ne partez pas. Peut-être que vous, moi, les commentateurs de votre blog et de rue89, arriverons à révéler la morale et le bon droit.

    Par Hector Sc. le 21 août 2010 à 22:33
  11. Bonjour,

    j’ai lu avec beaucoup d’intérêts ton article et tes remarques. Je pense que tes écrits sont légitimes et les nombreuses réactions parfois haineuses révèlent que tu viens de toucher des cordes très sensibles d’un pays qui se croit encore le phare mondial de la connaissance et des droits de l’homme (comme ce fut le cas pour d’autre civilisation qui sont plus modestes que la France). Avoir un passé prestigieux comme ce fut le cas pour la France ne garantit rien sur son devenir et sur son évolution dans le temps. J’en veux pour preuve le gouvernement de Vichy, la guerre d’Algérie et bien d’autres agissements tout aussi condamnables auxquelles la France et ses citoyens ont été plus ou moins impliqués.

    La réponse du dialogue, de la prose et de la sagesse est la meilleure à apporter dans ce genre de situation complexe. On cherche souvent à provoquer les musulmans en réussissant presque souvent à faire réagir les moins intelligents et les moins patients.

    Ne tombons pas dans ce piège minable et apportons à chaque interrogation, injustice ou inquiétude une réponse intelligente et argumentée (comme tu l’as fait et tu continues à le faire).
    J’espère que d’autres personnes te suivront dans cette voie et que cela prendra forme sous une forme plus cohérente et moins disparate et entraînera une réaction pertinente (sans doute politique, associative et humanitaire) de la part de l’ensemble des musulmans.

    Très cordialement.

    Par Rachid de Paris le 23 août 2010 à 1:30
  12. Bonsoir Monsieur,

    Je me permets de réagir brièvement à votre article.

    Vous dîtes : « La laïcité, telle que définie par la loi française, s’applique aux services publics et à l’état. Elle ne s’applique pas à l’espace public.  »

    Si la loi de 1905 ne s’applique certes pas à l’espace public, il n’en demeure pas moins que le respect de l’ordre public prime. Quel est-il cet ordre public? Vous estimez que prier dans un espace public ne regarde que vous. Vous avez raison, mais si des milliers de gens, font la même chose que vous, ils prennent possession de cet espace (une rue, un parc etc) qui est dévolu à tous, quelles que soient nos religions. Un espace public est par définition un espace partagé, on ne peut y faire ce que l’on veut. On ne se comporte pas de la même façon chez soi et à la vue de tous. C’est du simple bon sens.

    Toutes les demandes particulières pour telles ou telles religion doivent être proscrites dans des espaces publics financés par le contribuable, dont les deniers publics doivent être  « neutres religieusement ». C’est à dire, pas de viande Halal, pas de salles de prières, pas d’horaires aménagés durant le ramadan, pas de fêtes religieuses etc etc dans des espaces partagés.

    Pourquoi? Simplement pour éviter une séparation de fait et cliver la société dans des particularismes. Combattre les particularismes, n’est pas combattre les particularités. Nous sommes tous différents mais nous devons tous avoir un idéal commun, la république une et indivisible,sinon nous courons vers des affrontements.

    Ensuite vous n’avez pas tort d’écrire que certains voilent (pardonnez ce jeu de mots) derrière leur défense de la laïcité une xénophobie mal assumée, mais il ne faut pas oublier aussi que tout ceux qui s’inquiètent de la montée en puissance de l’islam, entendu comme une politique, ne sont pas des xénophobes en puissance. Un peu comme ceux qui considèrent tous ceux qui croient en Allah comme des terroristes en puissance, vous tombez, si je peux me permettre, dans l’amalgame et les généralisations faciles que vous dénoncez à juste titre.

    « Etre citoyen français, c’est disposer d’un document précisant que l’on est de nationalité française et que, à ce titre, on respecte les lois et bénéficie des droits qu’offre ce pays. »

    Ici vous confondez citoyenneté et identité. Les deux ne vont pas nécessairement de paire.
    Avoir une carte d’identité française ne fait pas de vous un français. Aussi qu’est ce qu’être français? Une foultitude de choses dont chacun à sa propre réponse et là je vous rejoins sur le fait que tout un chacun a une identité complexe, multiple, mais cela ne doit pas nous priver de hiérarchiser nos appartenances. On peut très bien ne pas vouloir être français.

    Ma définition de l’être français est simple : je pense que c’est d’abord une question de langue, « on n’habite pas un pays, on habite une langue » disait Cioran, maîtriser le français, ce vocable qui nous permet ici d’échanger, ensuite connaître l’histoire de ce pays dans toutes ces facettes, les pires comme les glorieuses, enfin vouloir transmettre cet héritage à nos descendants.

    Enfin, je pense que l’on est d’abord citoyen de la République française avant d’être d’une religion quelconque. Je pense que l’on doit d’abord adouber le triptyque républicain, liberté, égalité, fraternité, avant de se définir en tant que juif, chrétien ou musulman. Cela n’enlève en rien la force de nos croyances.

    Pour finir je dirai qu’en tant que fils de musulmans, je préfère la fidélité à l’ostentation.

    Cordialement,
    Karim

    Par karim le 23 août 2010 à 19:09
  13. Ce qui veut dire est fort compliqué, en 1906, à 16 ans comme age, mon papa s’est trouvé sur le front en 14-18, alors imagine le roman? , J’ai bataillé avec et contre de tas d’idées dans ce pays, et, c’est ce qui fait sa force, et nous avons toutes et tous des enfants pour assurer la suite dans la continuité de la réflexion Républicaine.
    Nicolas est acculé, il a des casseroles au cul, et il est de son devoir en tant que citoyen, d’assumer le reste. Les Français depuis les régionales ont constaté que c’est abritut est un incompétent pour assurer la charge. Ce message est juste pour dire que la France est saine, et elle va renvoyer les fauteurs de troubles vers leur ber cailles pour répondre poétiquement aux termes de racailles. Mais, elle est où la Racaille? Pour conclure, je veux juste dire que la France n’est pas un Pays de Racisme, mais, certes, c’est un pays qui a des problèmes. Elle en a vu d’autres.

    Par Ahmed REZGUI le 24 août 2010 à 0:40
  14. Bonjour,
    je m’adresse à toi Karim (en te tutoyant même si dans la langue de monsieur Molière c’est « hchouma »)pour te demander de m’expliquer ce que tu veux dire en écrivant:
    « En tant que fils de musulmans… »
    L’Islaam consiste pour chaque personne à faire de son mieux pour Adorer Allaah, comme Allaah le demande.
    Ce n’est pas une question de filiation.
    Allaah guide qui Il veut.
    Tu peux être « fils de musulmans » et ne rien avoir avec l’Islaam, comme tu peux être fils de non-musulmans et être un croyant (moumine).
    Qu’Allaah nous éclaire et nous couvre de Sa Miséricorde.

    Par Bouazza le 25 août 2010 à 17:16
  15. @ Bouzza,

    « Fils de musulmans » c’est simplement un fait, il n’y a rien à interpréter. Mes parents sont musulmans. Ils m’ont éduqué dans cette religion, l’instruction publique, elle, m’a inculqué les valeurs de la Républqique française. Cette éducation et cette instruction forment un tout.

    Est-ce que je suis musulman? Dieu seul le sait.

    Quand je dis que je répfère la fidélité à l’ostentaiton, c’est que la foi est selon moi strictement personelle reliant un individu à un tout transcendant.

    Par karim le 26 août 2010 à 10:46
  16. Un article toujours aussi d’actualité un an après sa rédaction.

    Par Alexandre Amrhein le 24 juillet 2011 à 8:06