Rêves d’enfance, par Achraf A.

Par Rédaction

Voici le premier gagnant du concours d’écriture Foul Express. Il s’agit d’un poème proposé par Achraf sur le thème de l’enfance. Nous avons également retenu un second poème du même auteur que nous publierons plus tard. Le ton enfantin est bien présent au fil du poème, parfois drôle et parfois touchant.

 

Rêves d’enfance, par Achraf A.

 

Enfant je ne connaissais pas le gout amer du café

Recette face au ras le bol et aux airs de regrets

Tous mes petits déjeuners étaient en bols de lait

Soupe au lait, je faisais ma vie en patte à modeler

Enfant je ne connaissais pas la complexité  des adultes

Dans mes premiers pas, dans la cécité de leurs disputes

Dans les jupons de ma maman et sur les genoux de papa

J’apprenais la vie, son temps et tous ses bé abas

Enfant, j’avais pour cœur de vie la cour de récréation

Pan de toutes couleurs, de toutes envies et de toutes émotions

La face insouciante comme arme, et les étoiles en tour de tête

Très souvent, la pommette en larme, c’était pourtant toujours la fête

Enfant, j’étais fâché et vite réconcilié, faire la paix était ma grande quête

Un jour joyeux, un jour grincheux, dans le rôle de la petite peste

Cependant, tout heureux de partager le fameux tic de la sieste

Mes rêves d’enfant prennent origine dans ce quotidien d’amour

Et non pas dans des pseudos peines, dans un jean peu glamour

Je vivais de pseudos danses, gigotant comme en transe

Dans des cantines apprises en chœur, le cœur tout en balance

Les mains dans un bac à sable cherchant ma pépite de gadoue

Pas malin, peu importe, j’étais cet agréable bout de chou

Nos liens étaient des couloirs de profondeur, les lacets dénoués

On devrait donner le pouvoir aux bambins au regard niais

Je partageais le plus cher : de mon beau camion à mon délicieux goûter

L’enfant chéri est ce cadeau de passion nommé générosité

Enfant spontané, plein de maladresse mais sans discrimination

La goute au nez, parmi mille et un faciès d’illumination

Je ne distinguais pas les couleurs, le noir, du blanc ou du jaune

Je percevais seulement les noms des animaux dans leur faune

Enfant, je n’avais pas de rêves, je les vivais

Je ne faisais pas de trêves, en effet

La tête en l’air, un brin impertinent, mes lego en gratte ciel

Je voulais que la vie de mes égos soit tellement belle…

 

 

reve d'enfance

  1. Bravo à Achraf. Très joli texte. Impossible de le lire sans penser aux slams de « grand corps malade ».

    Par Katulu le 8 février 2010 à 16:57
  2. ‘Assalâm alaykum,

    C’est vraiment un joli texte. :)

    Par UmmSawsane le 8 février 2010 à 23:37
  3. Assalâm alaykoum,
    Magnifique texte, durant quelques secondes on est retourné en enfance… L’art de faire voyager vos lecteurs dans le passé( pas si lointain), procure une sensation ou tous les sens sont sollictés. Une jolie performance, continue comme ca avec l’aide de Dieu InshaAllah.

    Si la société évacue la poésie comme mode d’expression non productif, c’est peut-être que la poésie est un foyer de contestation, un acte de résistance, une incompatibilité fondamentale avec le système dominant ?
    [Jean Rouaud]

    Par samira M le 9 février 2010 à 13:00
  4. Assalamou ‘alaykoum,

    Un texte profond, où slam et islam se côtoient certainement. Tu écris « Enfant, je n’avais pas de rêves, je les vivais ». Adulte, que devient-on? Espérons (et surtout agissons) pour que ce ne soit pas « Adulte, je n’avais pas de vie, je la rêvais ». Vivement le deuxième poème, pour découvrir « ton » monde, un peu plus. Au passage, merci à l’équipe de Foul Express pour ces pépites de gadoue extirpées du bac à sable… ;)

    Par NEB le 9 février 2010 à 14:26
  5. Merci à tous, de vos commentaires et surtout merci à « foulexpress » qui m’a donné l’opportunité partager mes mots et de les faire raisonner en chacun des lecteurs!

    Par achraf le 12 février 2010 à 21:58
  6. … A le cœur dehors … Et ne peut que l’offrir … Le cœur tellement dehors … Qu’ils sont tous à s’en servir …

    Par marz le 12 février 2010 à 23:07
  7. Bonjour à vous,

    Un texte tout en versification, aussi inspirant que véritable…

    L’appel à l’enfance résonne dans notre vie présente et future, et je ne peux que penser aux gens souffrant de  » trous » dans leur histoire.

    Mais tes pensées en disent beaucoup ; entre nostalgie sourire et pensées peut être regrettées d’un temps candide, à l’innocence magique…

    Moi qui suis papa d’une petite fille de 9 mois…j’aimerais plus tard qu’elle écrive toutes ces choses effervescentes…

    Merci infiniment…

    Par Mickael B le 1 mars 2010 à 0:25